10 avril 1302: l'Assemblée de Notre-Dame, à l'origine des Etats généraux

Publié le par david castel


Il est sans doute abusif de parler de "premiers Etats généraux du royaume" à propos de l'Assemblée convoquée à Notre-Dame par Philippe le Bel au printemps 1302. Le terme, en tout cas, n'apparaîtra que bien plus tard. Ce n'était d'ailleurs pas la première fois qu'un roi de France consultait les trois ordres: Louis IX l'avait fait avant de réformer la monnaie, Philippe III avant de lancer la désastreuse croisade d'Aragon. Mais l'assemblée de 1302, par son importance et la gravité du sujet traité, prit valeur de symbole. Le conflit opposant le roi de France à la papauté venait d'atteindre son point culminant: par la bulle "Ausculta fili", Boniface VIII réaffirmait la doctrine de la théocratie pontificale qui soumettait les rois à l'autorité des successeurs de Saint Pierre. En conséquence, le Pape convoquait un concile à Rome pour envisager les réformes nécessaires au bon gouvernement du royaume de France. Philippe le Bel devait riposter au plus vite: il convoqua pour la Semaine sainte une assemblée extraordinaire de prélats, de docteurs, de représentants de la noblesse et de la bourgeoisie urbaine. Le 10 avril 1302, un millier de personnes étaient réunies à Notre-Dame. Le roi ne nia pas la nécessité de réformes mais il promit de les engager lui-même, au plus tôt. En échange de quoi, il demandait à chacun des trois ordres, délibérant séparément, de rédiger une réponse à Boniface VIII. Les barons et les représentants des villes ne se firent pas prier pour apporter un soutien sans réserve au roi. Le clergé tenta de tergiverser. Mais devant la fermeté des conseillers de Philippe le Bel, il dut se résoudre à envoyer une lettre alambiquée demandant au pape de remettre à plus tard le concile projeté.

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Publié dans Biographies

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