Hebron : ce n'est pas un immeuble, c'est une colonie

Publié le par david castel

[Evacuer ces colons, vite. L'opinion publique est pour, et Amir Peretz doit
enfin commencer à faire ce qu'il a promis]

http://www.haaretz.com/hasen/spages/846424.html

Ha'aretz, 10 mars 2007

Hebron : ce n'est pas un immeuble, c'est une colonie
Editorial de la rédaction

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


La nouvelle colonie à Hebron n'est pas un immeuble. Il s'agit de tout un
quartier. Dans cet énorme édifice de 3.500 m2, acquis par les colons il y a
quelques semaines pour 700.000 $, pas moins de 30 familles et 14 individus
(soit plus que n'importe quelle colonie sauvage en Cisjordanie), se sont
installés en grande pompe.

Cet énorme bâtiment surplombe la route Kiryat Arba ­ Hebron. Cette
occupation a constitué une manifestation, un show, pour célébrer le 40ème
anniversaire de l'occupation de la ville. Les Juifs de Hebron, s'ils ne sont
que quelques centaines dans une ville de plus de 100.000 Palestiniens,
savent très bien fixer par eux-mêmes l'ordre du jour de l'occupation.
Difficile d'oublier que Baroukh Goldstein, qui a tué plusieurs dizaines de
fidèles [musulmans] dans le caveau des Patriarches, a lancé la vague des
attentats suicides en Israël.

Le ministre de la défense a déjà annoncé son intention d'évacuer ces
nouveaux colons, mais pour le moment, aucune date n'a été fixée, malgré la
déclaration du vice-ministre de la défense selon laquelle ils seraient
évacués dans les 15 jours (1). Plus le temps passera, plus les colons se
retrancheront, et il sera d'autant plus difficile de les évacuer. Amir
Peretz n'ayant pas réussi à convaincre Olmert de soutenir l'évacuation
d'autres colonies sauvages, on peut douter qu'il réussisse dans ce cas
précis. Et personne ne sait mieux exploiter les hésitations au niveau
officiel que les colons.

"Cette fois, nous avons décidé d'agir de façon légale", a dit Noam Arnon,
porte-parole des colons juifs de Hebron, se référant à l'acte de propriété
de l'immeuble, mais ces colonies sont illégales même si la transaction
immobilière s'est effectuée correctement. Hebron est une terre palestinienne
occupée, et toute colonie sur tout site occupé doit être approuvé par
l'Administration civile. Or, aucune autorisation n'a été donnée, et
heureusement, aucune ne le sera tant que Peretz restera ministre de la
défense. Hebron n'est pas Jaffa, comme le prétendent les colons, car elle ne
fait pas partie de l'Etat d'Israël. D'autre part, les colons juifs de Hebron
sont citoyens israéliens, et en tant que tels, la police peut les évacuer.

L'expérience a appris aux colons que les gouvernements israéliens sont moins
résilients que les habitants des colonies sauvages. S'ils arrivent à se
maintenir jusqu'à la fin du mandat de Peretz, peut-être celui-ci sera
remplacé par un autre, plus compréhensif, qui signera les autorisations
nécessaires, aussi facilement que ses prédécesseurs ont envoyé des soldats
pour protéger la nouvelle colonie.

Toutefois, l'été 2005 a créé une grosse brèche dans la confiance des colons,
à cause de la facilité avec laquelle Ariel Sharon a évacué tous les colons
du Goush Katif (bande de Gaza). Cette leçon, que les colons ont certainement
retenue, doit aussi renforcer la détermination du gouvernement. Amir Peretz,
qui pendant des années a soutenu l'évacuation des colonies, doit maintenant
prouver que ses paroles et ses promesses tiennent toujours, et prendre au
moins cette mesure minimale après n'avoir pas réussi à évacuer d'autres
colonies sauvages. Tous les sondages, depuis des années, montrent que
l'opinion publique soutient largement la réduction de l'entreprise de
colonisation, qui est considérée comme l'obstacle principal aux accords de
paix. Et cela est d'autant plus vrai quand il s'agit de colons extrémistes
au coeur de Hebron.


(1) Voir http://www.lapaixmaintenant.org/article1575
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