François Bayrou, cauchemar de Ségolène Royale
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| Écrit par Francis Rozange | |
| 17-03-2007 | |
| Aucun analyste ne le reconnaîtra ouvertement, mais la présidentielle 2007 résiste à toutes les hypothèses, contrairement à la présidentielle 2002 qui fut un choc, mais pas une surprise. État des lieux et perspectives. Le saviez-vous ? La marge d’erreur d’un sondage est d’environ 3%. Pour une présidentielle, c’est énorme, c’est trop. Or souvenons-nous du premier tour en 2002 : Le Pen, Lionel Jospin et Jacques Chirac tenaient dans un mouchoir de poche. Tous étaient dans ce fameux trou noir de 3%, de sorte qu’objectivement il est faux de dire que les sondages n’avaient rien vu venir : les analystes de l’époque –hélas ce sont les mêmes qu’aujourd’hui- n’avaient tout simplement pas voulu y croire. Le Pen au second tour ? Impossible. Les sondages, pour qui savait lire, disaient exactement le contraire : Le Pen au second tour n’était évidemment pas une certitude, mais le risque était sérieux. Et faute d’y avoir cru, on a affirmé au bon peuple que Lionel Jospin et Jacques Chirac seraient les candidats du second tour. Le bon peuple se dit alors « chic, défoulons-nous ! ». On connaît la suite : un carton pour l’extrême-gauche, un carton pour l’extrême droite, et une catastrophe pour le centre de François Bayrou. Avec 6,86 % des suffrages il fait à peine mieux qu’Arlette (5,72 %) et Noel Mamere (5,25 %). Paradoxalement, François Bayrou juge le résultat encourageant et l’UDF est la troisième force parlementaire du pays. Ex-balladurien, il prend progressivement ses distances avec l’UMP : Il refuse de voter le budget 2006 et vote avec la gauche la motion de censure en mai 2006. Un mois de mai ô combien symbolique qui marque l’entrée officielle de François Bayrou dans le centre gauche, malgré une UDF de centre droit. Le pari est osé : s’il perd, il perd tout. Mais à l’échelon national les résultats sont payants. Les français n’ont pas oublié son opposition nette au gouvernement Villepin et il est récompensé, sans vraie surprise avec un tant soit peu de recul, par une popularité toujours croissante. Il devient ainsi très logiquement non pas le « troisième homme » de cette campagne, mais le deuxième : Nous croyons en effet savoir de source sure que Ségolène Royale est une femme. Or, et c’est désormais une évidence pour tout le monde, c’est elle qui a le plus à perdre. L’ordre juste de Royale C’est que Ségolène Royale mène une campagne de centre-droit. On pourrait croire à un calcul tactique pour grappiller des voix à droite, il n’en est rien : cette fille de militaire, grande admiratrice de Tony Blair, est réellement de centre-droit. On peut donc au moins lui accorder le bénéfice de l’honnêteté, car s’il y avait calcul, il serait erroné. En effet, une présidentielle se gagne toujours sur la gauche et l’on ne se souvient que trop de la « fracture sociale » dénoncée par un certain Chirac Jacques, obscur et déjà oublié président de la cinquième République. C’est donc François Bayrou qui prend la place et du PS et de l’UMP avec une campagne de centre gauche. Nicolas Sarkozy pour sa part ayant choisi ouvertement de caresser les électeurs du Front National National, contrairement à Jacques Chirac qui s’est toujours refusé à tout compromis avec l’extrême droite. Avec les deux favoris menant une campagne de droite et les anti-libéraux dans l’abîme pour cause de vote utile, il ne reste donc plus que François Bayrou pour s’engouffrer dans la voie royale ouverte par ses rivaux : Donné systématiquement vainqueur contre Sarkozy au second tour alors que jusqu’à présent aucun sondage ne donne Ségolène gagnante, ils sont nombreux à gauche à envisager de pousser la logique du « vote utile » jusqu’au bout et par conséquent voter directement François Bayrou au premier tour. Ironiquement, ce sont les sondages qui ont élu Ségolène candidate de la gauche. Et aujourd’hui c’est François Bayrou qui est l’aimé des sondages. Sondages qui, depuis le traumatisme des présidentielles de 2002, n’avaient encore jamais eu une telle influence sur une campagne présidentielle. Nous avons décidément la mémoire courte : En 1995 Balladur devait être présent au second tour, non Chirac. En 2002 Jospin devait être présent au second tour, non Le Pen. Et voilà pourquoi les analystes politiques, tels des Shadocks, analysent et analysent encore ce qui en définitive n’est qu’un imprévisible vide. C’en devient même un peu pompant. Trackback(0) |
Projet d’espoir, François Bayrou, Plon, 2007
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