La peur de la faim dans les territoires palestiniens

Publié le par david castel

["La loi de Dieu apprend à mettre des limites pour pouvoir reconnaître
l'appétit de l'Autre. Dieu a dit à l'homme : 'Tu peux manger de tout, parce
que ce Dieu est le Dieu de la Bonté, de la Grâce, qui offre, mais n'oublie
que ton voisin doit aussi manger de tout. Donc, limitez vos appétits pour
vous partager le monde.' Telle est la grâce de la loi". (1)]


Yediot Aharonot, 22 février 2007


Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Environ 46% des foyers à Gaza et en Cisjordanie sont en état "d'insécurité
alimentaire" ou sur la voie de l'être, selon le quotidien britannique The
Independent qui cite un rapport des Nations Unies.

Selon le quotidien, ce rapport, non encore publié, sur l'impact du boycott
de l'Autorité palestinienne dirigée par le Hamas, affirme que le problème
est "essentiellement fonction de la restriction de l'accès à la nourriture
due aux conditions politiques."

Le rapport "dessine une sombre image de l'impact sur la consommation de
nourriture et les dépenses dans tous les territoires occupés." La situation
est "plus grave" à Gaza, ou quatre familles sur cinq ont réduit leurs
dépenses, y compris sur la nourriture, durant le premier quart de l'année.

Le rapport souligne également que "les liens traditionnellement forts" au
sein des familles palestiniennes tendent à réduire la possibilité de "faim
aiguë d'un foyer".

Toutefois, le rapport avertit que, compte tenu de l'assurance décroissante
des familles quant à la possibilité de se nourrir depuis le début de
l'Intafada en 2000, et des pertes de salaires des fonctionnaires de
l'Autorité palestinienne, il existe aujourd'hui "des inquiétudes croissantes
sur la pérennité de la résilience palestinienne."


Malnutrition : croissance lente mais stable

Selon le rapport des Nations Unies, 34% des foyers (dont le revenu est
inférieur à 1,68$/jour et/ou qui réduisent leurs dépense en nourriture) sont
en état d'insécurité alimentaire.  L'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture définit la sécurité alimentaire comme "la
capacité d'un foyer à produire et/ou accéder à tout moment à la nourriture
minimum nécessaire à une vie saine et active."

Le rapport souligne également que certains actions entreprises par des
familles pour continuer à se nourrir, dont "la vente de terres, de bijoux et
d'autres biens", auront "un impact irréversible sur leur niveau de vie." Il
montre aussi que les limitations des budgets de l'Autorité palestinienne, du
secteur privé et des programmes consacrés à l'emploi sont susceptibles
d'augmenter la dépendance des Palestiniens vis-à-vis des aides humanitaires
et de retarder une amélioration durable."

Le rapport détaille les modifications du régime alimentaire, dont la
réduction de consommation de fruits, de sucreries, d'huile d'olive et de
poisson (normalement aliment de base à Gaza), et ajoute que pour d'autres
familles, dont les "nouveaux pauvres" qui ont perdu leur emploi pour
l'Autorité palestinienne, il y a eu une "baisse dans la qualité et/ou la
qualité de la nourriture consommée."

Ce rapport des Nations Unies intervient dans un contexte où, en 2004, une
étude auprès de foyers palestiniens montrait une "croissance lente mais
stable" de la malnutrition constatée, mesurée par la croissance réduite (des
enfants), des déficiences en vitamines, des anémies et d'autres indicateurs,
pour une minorité de la population.


(1) extrait d'une conférence du rabbin Philippe Haddad sur l'éthique dans la
Bible. Oui, nous sommes laïques, et l'auteur de ce chapeau est athée...
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