Les claviers mystiques d'Alice Coltrane ne sonneront plus

Publié le par david castel


Morte à 69 ans, la veuve de John avait su s'entourer de solistes remarquables dans ses formations jazz.
Par Serge LOUPIEN
QUOTIDIEN : mardi 16 janvier 2007
Nul n'osera jamais prétendre, bien sûr, qu'Alice McLeod, née à Detroit le 28 août 1937, Michigan, a révolutionné l'histoire du jazz. Pianiste honorable influencée d'abord par le be-bop (Bud Powell en particulier), elle a fini par se faire un nom en adoptant celui de son époux, John Coltrane, rencontré au début des années 60 (ils célébreront leur mariage en 1966), alors qu'elle officiait au sein d'un quartette dirigé par le vibraphoniste Terry Gibbs.
Devenue membre permanent du groupe du saxophoniste (à la place de McCoy Tyner), de 1965 à 1967 (date de la disparition de celui-ci), Alice Coltrane va former ensuite divers orchestres présentant tous la particularité de mobiliser de remarquables solistes, généralement disciples du maître (Pharoah Sanders, Joe Henderson, Frank Lowe, Carlos Ward, Ron Carter, Charlie Haden...), au service d'une musique d'abord «méditative», puis transformée bientôt en galimatias sonore hindouisant particulièrement éprouvant. «Big Alice» ­ comme la surnommera son confrère (et alors pianiste de Charles Mingus) Don Pullen ­ n'ayant jamais vraiment réalisé le côté quasi insurrectionnel de la démarche mystique de son regretté mari, dilapidant ainsi par pure ignorance un héritage musical sans prix, sous le pseudonyme brahmanique de Turiyasangitananda.
Après une longue absence passée en retraites contemplatives, Alice Coltrane devait faire sa réapparition en 1987, à l'occasion d'une tournée européenne anecdotique de son nouveau quintette, constitué notamment d'amis de la famille (Reggie Workman à la basse, Rashied Ali à la batterie) et pour partie de nouveaux membres de celle-ci: Ravi et Oran Coltrane aux saxophones.
On pensait alors en avoir enfin terminé avec cette musique tout en drapés prétentieux et volutes exotiques, quand, en 2004, alors qu'elle n'avait plus posé la babouche dans un studio depuis vingt-six ans, Alice Coltrane se voyait offrir l'occasion de graver un nouveau CD (Translinear Light), vaguement électronique et passablement indigent. Son dernier. Souffrant d'insuffisance respiratoire, Alice Coltrane s'est éteinte vendredi dans un hôpital de West Hills, dans la banlieue de Los Angeles. Elle avait 69 ans.


Alice Coltrane, pianiste de jazz reconnue et veuve de John Coltrane, est morte dimanche 14 janvier. | DR
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Alice Coltrane, pianiste de jazz reconnue et veuv
Alice Coltrane, pianiste, organiste, harpiste et compositrice américaine
LE MONDE | 16.01.07 | 16h12  •  Mis à jour le 16.01.07 | 16h12
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Alice Coltrane, pianiste, organiste, harpiste et compositrice américaine, veuve du saxophoniste de jazz John Coltrane, est morte à l'âge de 69 ans, vendredi 12 janvier, des suites de complications respiratoires, dans un hôpital de Los Angeles (Californie).

Née Alice McLeod le 27 août 1937 à Detroit (Michigan), elle avait rencontré John Coltrane en 1962, alors qu'elle était en tournée avec le vibraphoniste et pianiste Terry Gibb. A partir de 1965, elle participe au piano à des enregistrements ou à des concerts de Coltrane. Après la mort du saxophoniste le 17 juillet 1967, Alice Coltrane va perpétuer la mémoire musicale de son mari. Au travers de ses propres compositions ou des arrangements de cordes de thèmes de son mari, elle travaille avec des "coltraniens" comme Pharoah Sanders, Jimmy Garrison, Reggie Workman ou Rashied Ali dans plusieurs enregistrements dont A Monastic Trio, Journey in Satchidananda ou World Galaxy. Globalement, la critique ne sera pas tendre avec la carrière musicale d'Alice Coltrane à qui il est reproché de ne donner qu'une version de surface de l'oeuvre du saxophoniste en se concentrant sur l'aspect nappes orchestrales et ornementations sans en transmettre le lyrisme exacerbé. Ses activités musicales se réduiront à la fin des années 1970 (le disque Transformation enregistré en public en 1978) et elle n'enregistrera plus que de temps à autre (Turiya Sings, en 1982, Infinite Chants en 1990...). Elle aura su, quoi qu'il en soit, valoriser et protéger le patrimoine artistique laissé par son mari, à l'occasion de rééditions régulières et de commémorations. Elle avait enregistré, en 2004, Translinear Light, un album sur lequel figurait son fils Ravi Coltrane.


Article paru dans l'édition du 17.01.07.
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Publié dans Biographies

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