Rainer Werner Fassbinder

Publié le par david castel

Rainer Werner Fassbinder est un réalisateur allemand né le 31 mai 1945 en Bavière, mort le 10 juin 1982 d’une overdose à Munich (Allemagne).

Fils d’un médecin et d’une traductrice, il fut enfant unique, au grand dam de ses parents, qui néanmoins divorceront en 1951, le jeune Rainer a alors six ans. Il s’interessa très jeune au cinéma, devorant films sur films. Pourtant il n’accomplira pas son voeu : faire une école de cinéma et sortira d’une école Steiner sans obtenir un baccalauréat. Il vécu de divers métiers (il fut journaliste au Süddeutsche Zeitung et réalisa son premier court métrage en 1965 Le clochard) puis fini par collaborer avec des troupes de théatres expérimentales. Après une expérience infructueuse, il fonde sa troupe : l’Anti teater, pour laquelle il écrivit la majorité de ses pièces de théatre de 1968 à 1971. Hanna Schygulla qui plus tard s’illustrera dans ses plus grands succès au grand écran travaillait alors déjà avec lui.

Influencé par les mélodrames de Douglas Sirk, et à une moindre raison par Jean-Luc Godard et les films policiers des grands réalisateurs hollywoodiens comme John Huston, Raoul Walsh ou encore Howard Hawks, il entreprend son premier projet cinématographique avec sa troupe. Ainsi, naissent, en 1969, L’amour est plus froid que la mort (Liebe ist kälter als der Tod) et Le Bouc (Der Katzelmacher). Il ne distingue pas les techniques théatrales de celles du septième art, de fait entre 1969 et 1971 il accouche de nombreuses pièces de théatre tout en produisant en un temps records des films alternatifs. La vie et le travail de la troupe ne faisaient qu’un, ce qui explique pour partie la fécondité de Fassbinder qui tourna en l’espace de treize ans quarante films en tant que réalisateur.

De 1970 à 1972 Fassbinder fut marié à Ingrid Caven pour qui il écrivit plusieurs chansons (Alles aus Leder, Freitag im Hotel, Nietzsche, Die Straßen stinken)

A partir de 1972 ses films évoluent : ils deviennent plus professionnels et étoffés. Il est désormais acclamé par la critique aux festivals de Berlin succesifs mais ignoré par les jurys d’alors. D’ailleurs c’est seulement en 1982 avec son avant dernier film Le secret de Veronika Voss (Die Sehnsucht der Veronika Voss) qu’il gagnera l’ours d’or.

Dans les années soixante-dix il crée des personnages féminins qui comptent parmi les plus fascinants du cinéma d’après guerre et dont les films eponymes sont passés à la postérité : Maria Braun et Lili Marleen toutes deux incarnées par Hanna Schygulla mais aussi Lola jouée par Barbara Sukowa.

En 1980, il écrit pour la télévision la série d’envergure Berlin Alexanderplatz d’après Alfred Döblin, découpée en une introduction, douze épisodes et un épilogue, la série s’invitera plus tard dans les salles obscures en projection marathon d’une durée de plus de quinze heures !

Fassbinder travaillait sans relâche à un rythme effréné. Ainsi, il mourut à Munich le 10 juin 1982 d’une overdose de cocaïne à seulement trente-sept ans alors qu’il travaillait au montage de son dernier film Querelle adapté d’une pièce de Jean Genet.

Il est enterré au cimetière munichois de Bogenhausen.

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Publié dans Biographies

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