Georges Méliès

Publié le par david castel

Georges Méliès (8 décembre 1861 - 21 janvier 1938) - de son nom complet Marie-Georges-Jean Méliès - est un réalisateur de films français. Il est connu pour les développements qu’il apporta aux techniques du cinéma, essentiellement dans le domaine des trucages (bien avant qu’on ne les rebaptise effets spéciaux).

Georges Méliès est né à Paris dans une famille de fabricants de chaussures. Il travaille un temps dans l’entreprise de son père, avant de partir pour Londres afin d’y apprendre la prestidigitation et les automates et devient le directeur du théâtre Robert Houdin qu’il achète en 1888 pour y monter des spectacles de prestidigitation et de « grandes illusions ».

Il se passionne pour le cinéma naissant et prend contact avec les frères Lumière. Ceux-ci l’en dissuadent : le cinéma bénéficie selon eux d’un attrait de nouveauté, mais sa réalisation coûte cher et le retour sur investissement n’est pas assuré : Méliès pourrait s’y ruiner. Peine perdue : il achète un projecteur à Londres et fonde sa propre société de production qu’il appelle Star Film - sans imaginer la signification universelle que ces mots allaient connaître.

Peut-être, d’ailleurs, les frères Lumière ne voulaient-ils qu’écarter un concurrent potentiel, car pour leur part ils envoient des équipes de tournage sur toute la planète pour rapporter des images dans les salles.

En 1897, il crée un studio vitré dans sa propriété de Montreuil et filme ses acteurs (dont souvent lui-même) devant des décors peints directement inspirés par les spectacles de magie de son théâtre. Il filme également, faute de pouvoir être sur place, des actualités reconstituées en studio. Il développe aussi un atelier de coloriage manuel de ses films, procédé développé plus tard sous le nom de Technicolor. Il se fait ainsi tour à tour producteur, réalisateur, scénariste, décorateur et acteur.

Entre 1896 et 1914, il réalise plus de cinq cents « voyages à travers l’impossible », autant de petits films enchanteurs, mystérieux et d’une extraordinaire beauté poétique, même si les films sont, à l’époque, des courts métrages de quelques minutes projetés surtout dans des foires, et vus comme une évolution de la lanterne magique.

Son premier long-métrage est l’Affaire Dreyfus (1899), qui témoigne de son intérêt pour le réalisme politique. Si son Voyage dans la Lune (1902), chef-d’œuvre véritable d’illusions photographiques et d’innovations techniques, remporte un certain succès, G. Méliès ne parvient cependant pas à rivaliser avec les grosses sociétés de production. Il est ruiné par la Première Guerre mondiale et la compétition des gros studios français et américains. Ses films sont en majorité détruits ou vendus (récupérés au poids et transformés en talonnettes de chaussures). Tombé dans l’oubli, il est réduit à tenir une boutique de jouets et de sucreries dans la gare Montparnasse.

Son œuvre est redécouverte par les surréalistes et il obtient la Légion d’honneur en 1931.

En 1932, il est placé dans une modeste maison de retraite à Orly où il terminera sa vie. Il repose au Père Lachaise à Paris.

Peu de temps avant la mort de G. Méliès, en 1938, Henri Langlois, créateur de la Cinémathèque française, parvient à sauver une partie de ses films et en dirige la restauration. À la charnière du théâtre et du cinéma, G. Méliès - au sujet duquel D.W. Griffith déclara « je lui dois tout » - fut un véritable « inventeur », l’inventeur du cinéma de divertissement. Depuis 1946, le prix Méliès couronne chaque année le meilleur film français ou de coproduction française.

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Publié dans Biographies

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