UN ETAT SOUVERAIN ARABE PALESTINIEN? AUCUNE CHANCE!

Publié le par david castel

Par Paul Sheehan

Artcile paru dans le Sydney Morning Herald du 1er janvier 2007.

Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued  pour  www.nuitdorient.com  

 

Préambule du traducteur

En dehors de tout préjugé et de toute idée préconçue, ce journaliste, qui doute de la possibilité de créer un état souverain arabe en Palestine et de sa viabilité, oublie de mentionner 2 causes de cet échec. Nous partageons par ailleurs les principales conclusions de son article, sous réserve des notes en fin de traduction.

En 1er lieu, aucun état arabe du Moyen Orient gouverné plus ou moins dictatorialement – et ils le sont tous – ne peut accepter une Palestine démocratique, craignant la contagion. Les Palestiniens arabes l'ont enfin compris et ont élu un gouvernement islamiste pouvant être accepté par les voisins arabes. Mais là l'Occident est réticent à l'accepter, et Israël est totalement opposé du fait que ce nouveau régime totalitaire ne reconnaît pas aux Juifs le droit d'avoir un état souverain au Moyen Orient.

Le 2ème cause est qu'une nation arabe palestinienne est virtuelle, une invention de l'Occident, cette nation se confondant sur le plan ethnique avec ses voisins arabes (Syrie, Egypte, Jordanie, Arabie et même Yémen). Il n’y a jamais eu dans l'Histoire de nation palestinienne autre que Juive, dont la renaissance en 1948 s'est faite sous le nom d'Israël.

Et malgré les efforts d'Arafat de créer cette nation arabe palestinienne, artificiellement, en lieu et place d'Israël, le résultat a été un échec cuisant, comme le reconnaît l'auteur de l'article qui suit. Les tribus arabes de la région sont incapables de former une nation homogène et unie, en dehors de la férule d'un chef autoritaire (cf Saddam Hussein en Irak ou Moubarak en Egypte ou les Al Assad en Syrie) ou de l'ombrelle d'une monarchie islamique (cf Jordanie, Arabie, émirats)

C'est pourquoi l'avenir des arabes de Gaza et de Judée-Samarie réside dans leur rattachement à 2 états voisins, l'Egypte pour ceux de Gaza et la Jordanie pour ceux de Judée-Samarie. A moins qu'ils ne se complaisent dans l'anarchie et le chaos actuel "ad vitam eternam". Ce qui est un avenir pratiquement assuré, puisqu'il est financé et géré par l'Onu, l'Europe et les nations arabes. Elever des gens dans la haine de l'autre, les nourrir, les éduquer, les soigner, les considérer comme des réfugiés jusqu'à la nième génération, c'est "un destin merveilleux" conçu par des nations soi-disant évoluées pour des gens moins évolués, mais consentants.

Albert Soued

 

Trois jeunes frères, Salam 4 ans, Ahmed 7 ans et Osama, 9 ans ont été abattus à l'extérieur de leur école le matin du 11/12/06. Ils venaient d'arriver en voiture quand ces 3 enfants et leur chauffeur sont morts mitraillés de plusieurs rafales; quatre autres enfants ont été blessés à l'extérieur. C'était une tentative d'assassinat du père des enfants, Bala Ba'lousheh, qui a échoué, car il n'était pas dans le véhicule. L'homme visé est un dirigeant du Fatah, appartenant au service d'information de l'Autorité Palestinienne à Gaza. Les assaillants ont été repérés comme des hommes du Hamas, parti politique rival au pouvoir. Après la fusillade, il y eut des manifestations et dans les 48 heures, un éminent chef du Hamas a été tué en représailles.

On n'est pas loin de la guerre civile entre les 2 factions rivales qui se disputent le pouvoir. Et cette blessure ouverte fait la une des médias, partout dans le monde, bien que personne ne soit concerné par le sujet, en dehors des protagonistes.

Il faut ramener les choses à leurs dimensions réelles et laisser de côté les préjugés et les idées préconçues sur la question de la Palestine. Laissons de côté les préjugés habituels à l'égard des Juifs ou des Arabes, l'Holocauste et l'antisémitisme arabe, les espoirs et les jugements et regardons en face sur le terrain les résultats de 60 ans de conflit, sans émotion. Il n'y a aucune chance de créer un état arabe souverain et viable en Palestine, pas dans cette génération, pas dans l'avenir.

Depuis la création d'Israël en 1948, à chaque occasion offerte par l'histoire, la rhétorique arabe a pris le dessus sur le pragmatisme. Et le résultat a été l'amoindrissement effectif de la position palestinienne.

En 1948, en gros 700 000 arabes palestiniens –chiffre conteste et inexact –(1) ont écouté les recommandations de leurs frères arabes et ont fui leur maison. Résultat ? La situation des Palestiniens avant 1948 est plus enviable que celle d'aujourd'hui.

En 1967, Israël a été envahi par ses voisins arabes lors de la guerre des Six Jours. Résultat: les Arabes ont perdu le contrôle de Jérusalem-est et les Arabes de Palestine sont passés d'une juridiction souveraine arabe (Egypte pour Gaza, et Jordanie pour la Judée-Samarie) à celle d'un "occupant" Israélien (2).

En 1982, après que les Palestiniens eurent allumé les étincelles de la guerre du Liban, Israël a envahi le Liban et l'armée jordanienne a attaqué l'OLP (organisation de libération de la Palestine). Résultat ? Les Palestiniens ont été anéantis au Liban et en Jordanie et Israël a consolidé sa position en Cisjordanie.

En 1987, la 1ère intifada a commencé sous l'instigation de Yasser Arafat, et les Israéliens ont commencé à subir les attentats-suicide. Cela a duré 5 ans. Résultat ? De nouveau Israël a amélioré ses positions en Cisjordanie où des zones militaires ont été créées.

En 2000, Arafat lance la 2ème intifada en réponse aux dernières offres israéliennes de paix, suite aux accords d'Oslo. Elle dura 6 ans. Résultat ? Aujourd'hui il est impensable que les Palestiniens obtiennent ce qui leur a été offert par Ehoud Barak en 2000, Israël a encerclé Jérusalem par des implantations et a construit un mur de séparation.

En 2006, défendant la cause palestinienne, le Hezbollah libanais a provoqué Israël et déclenché une guerre, pendant que les factions du Hamas au pouvoir lançaient des roquettes et des missiles sur Israël à partir de Gaza évacué par les Israéliens. Résultat ? 175 Israélien tués par le Hezbollah et plus de 1500 Libanais tués, le Hezbollah ayant perdu son contrôle militaire sur le Liban-sud, et ses positions stratégiques (3). En Cisjordanie, la barrière de sécurité devient encore plus efficace, avec un contrôle plus contraignant, arrêtant les attentats-suicide mais empiétant sur des zones arabes. D'après Betselem, centre d'information sur les droits de l'homme, en 2006 1065 Palestiniens et 23 Israéliens ont été tués (4).

 

Personne n'aime la barrière de sécurité en Israël. Khaled Abou Toameh journaliste au Jerusalem Post dit "Ce mur est une tragédie, une mauvaise chose, résultat direct de l'intifada d'Arafat. Il sera le mur de lamentations pour les 2 côtés et je ne suis pas du tout optimiste!" (5)

J Carter est un critique visible de ce mur qu'il décrit ainsi dans son dernier livre "Palestine, paix sans apartheid": "Un énorme mur de prison est en cours d'achèvement, il serpente à travers ce qui reste de Palestine, pour offrir plus de terres aux implantations israéliennes. Il est plus oppressif que ce que les Noirs ont enduré comme apartheid en Afrique du Sud" (6)

 

Comparez cette communauté encerclée à ce qu'elle était il y a 20 ans, avant les intifadas. La main d'oeuvre palestinienne était intégrée à l'économie israélienne, se déplaçant librement en Israël. Il y avait un système éducatif et de santé décent, les universités et les services du gouvernement fonctionnaient, la corruption était minimale, et l'espérance de vie était passée de 47 sous gestion arabe à 68! Puis vinrent le Fatah et Arafat. Abou Toameh parle du Fatah "C'est la mafia, responsable de toute l'anarchie en Cisjordanie, c'est un monstre!" Il n'en pense pas moins du Hamas, bien qu'il soit moins corrompu plus compétent et plus pragmatique. Il pense que l'Occident s'est trompé en finançant le Fatah et en lui faisant confiance; la transition vers le Hamas a aussi été mal gérée.

"Du côté musulman vis-à-vis d'Israël, le message a toujours été Non! Non! et Non! Ils citent toujours le Coran "Dieu est du côté des patients…"

Et qu'est ce que la Cisjordanie aujourd'hui? 6 villes arabes, 2 camps de réfugiés 150 villages, une série de cantons sans base économique. Et Gaza? Une horreur!"

 

Et Israël? Malgré toutes les guerres imposées par les pays arabes, la terreur qui dure depuis toujours et les menaces d'annihilation, et malgré les nombreuses divisions internes, Israël est devenue une nation économiquement musclée, avec plus 7 millions d'habitants et un  PNB supérieur à tous ses voisins, y compris l'Arabie Saoudite. La population juive est passée de 600 000 à 5,3 millions, avec un taux de natalité supérieur à celui de l'Europe. Israël a le taux le plus élevé au monde d'ingénieurs per capita et le high tech le plus développé.

Israël ne peut pas se permettre un missile tiré sur un avion décollant de l'aéroport de Ben Gourion, un des plus modernes au monde. 60 ans de "Non!" arabe a mis fin à tout espoir d'état arabe palestinien. Ce pion a été sacrifié sur un plus large échiquier.

 

Notes

(1) on compte 650 000 réfugiés entre 1948 et 1967

(2) en 1948, 5 armées arabes avaient envahi aussi le nouvel état d'Israël. La Judée –Samarie fait partie de la patrie retrouvée, de la Terre d'Israël, dans le Judaïsme traditionnel.

(3) le Hezbollah a reconstitué à ce jour son potentiel militaire, grâce aux fournitures Iraniennes et à la Syrie

(4) la plupart des Palestiniens tués sont des terroristes ou leurs chefs, les Israéliens sont des victimes de la terreur

(5) la barrière de sécurité est opaque (un mur) sur un faible pourcentage de son parcours (moins de 5%)

(6) Jimmy Carter est un anti-israélien notoire, car impliqué dans des affaires dans les pays arabes

 

 

 

 

 

 

A sovereign Palestine? No chance

 

Paul Sheehan puts away prejudices and preconceptions to consider the viability of a Palestinian state

The Sydney Morning Herald - January 1, 2007

Three young brothers, Salam, 4, Ahmed, 7, and Osama, 9, were gunned down outside their school on the morning of December 11. They had just arrived by car when they and the driver died in a wild spray of gunfire. Four other schoolboys who happened to be nearby were wounded.

It was an assassination attempt, and it failed. The target was the boys' father, Bala Ba'lousheh, but he wasn't in the car. He was a senior Fatah official with the Palestinian Authority's intelligence service in Gaza City, and his would-be assassins were almost certainly from Hamas, the rival Palestinian political party which won power in last year's election. After the shootings, demonstrations erupted in the West Bank and Gaza. Within 48 hours, a prominent Hamas leader was shot to death in the Gaza Strip.

The level of conflict between the Palestinian parties simmers just below the level of civil war, even as the spoils keep shrinking. The open wound inspires strong reactions among millions of people around the world with no direct stake in the problem.

For the sake of reality, let's put aside whatever views and prejudices you may hold on the Palestinian question. Put aside any animosity about grasping Jews or murderous Arabs. Put aside the Holocaust, and Muslim anti-Semitism. Put aside hopes and judgements. Simply look at what has happened on the ground. Stripped of all emotion and prejudice, right and wrong, one reality becomes clear: there is no chance of a sovereign, autonomous Palestinian state. Not within our lifetimes. No chance. None.

Not only won't there be a sovereign Palestinian state, there can't be.

It's no longer viable. At every historic juncture since was created in 1948, rhetoric has taken precedence over pragmatism in the Arab world. As a result, every one of these historic junctions has resulted, without exception, in material defeat for the Palestinians.

In 1948, roughly 700,000 Palestinian Arabs - the number remains contested and inexact - heeded calls from the Arab world and fled their homes in the newly proclaimed . The result? The Palestinian position of 1948 now looks infinitely superior to the Palestinian position of today.

In 1967, was invaded by its Arab neighbours in the Six Day War. The result? The Arabs lost control of the holy city of Jerusalem and the Palestinians went from Arab rule to Israeli control.

In 1982, after the Palestinians sparked a civil war in , invaded and 's army attacked the Palestine Liberation Organisation. The result? The Palestinians were crushed in and and fortified its position in the West Bank.

In 1987, the first Palestinian intifada began at the instigation of PLO leader Yasser Arafat, and suicide bombings came to Israeli life. It lasted almost five years. The result? again fortified and expanded its positions and the West Bank was divided into military-controlled subdivisions.

In 2000, Arafat launched the second intifada, his response to 's final offer in the Oslo peace accords. It lasted six years. The result? What the Palestinians were offered in 2000 is now impossible today, because has since encircled Jerusalem with settlements housing 100,000 Jewish settlers. And began building the Wall.

In 2006, Hezbollah attacked , in the cause of Palestine, and Hamas and other militant elements fired rockets into from the Gaza Strip, as political opposition was Islamicised. The result? Some 175 Israelis were killed by Hezbollah, for which paid with more than 1500 dead, and Hezbollah lost its military control of southern . It thus lost its strategic forward position for no strategic gain.

In the West Bank, the dividing fence and wall became a reality, effectively halting suicide bombings but also annexing more sections of the West Bank. Israeli military control became more intense. According to B'Tselem, the Israeli Information Centre for Human Rights in the Occupied Territories, 1065 Palestinians were killed by Israeli security forces in 2006, while 23 Israelis were killed by Palestinians.

Everyone I spoke to while visiting recently hates the wall. One prominent Palestinian moderate, Khaled Abu Toameh, who once worked for the PLO and now writes for The Jerusalem Post, told me in Jerusalem: "The wall is a tragedy. The wall is bad. It is the direct result of Yasser Arafat's intifada. It will become the wailing wall for both sides. I'm not optimistic. Not at all."

A conspicuous critic of the wall is the former president Jimmy Carter, who, in his new book, Palestine: Peace Not Apartheid, writes: "An enormous imprisonment wall is now under construction, snaking through what is left of Palestine to encompass more and more land for Israeli settlers. In many ways, it is more oppressive than what blacks lived under in during apartheid."

Compare this fenced-off community of today with 20 years ago, before the intifadas. The Palestinian workforce was integrated into the Israeli economy, with relatively free movement into . Education and health systems were built, universities opened, local governments were functioning, corruption was minimal, and life expectancy had soared from 47 under Arab rule to 68. Then came Yasser Arafat and Fatah.

"Fatah is the mafia," Abu Toameh told me. "It is responsible for most of the anarchy on the West Bank. Fatah is a monster." Nor does he think much of Hamas, though he thinks it is much less corrupt, much more competent, and more pragmatic. He believes the West erred shockingly in trusting and subsiding Fatah and has now mishandled the transition to Hamas.

"But on the Muslim side, the message has always been 'No', and 'No', and 'No'. They quote the Koran: God is on the side of the patient . . ..

"And what is the West Bank now? It is six Arab cities, two refugee camps, 150 villages. A series of cantons, with no economic base. And Gaza? An awful place."

And ? Through all the wars, terrorist bombings and threats of annihilation, and despite intense internal divisions, has grown into a muscular economy of almost 7 million, with a per capita gross domestic product far higher than any Arab neighbours, including . The Jewish population has grown from 600,000 to 5.3 million, with a birthrate higher than those in Western Europe. Per capita, has the most engineers and the most high-tech economy in the world.

Untold damage would be done to this economy if one anti-aircraft missile, fired from the West Bank, brought down an airliner flying out of the futuristic new Ben Gurion International Airport. can't afford to let this happen.

Sixty years of years of "No" has put an end to a sovereign Palestinian state, indefinitely. This pawn has been sacrificed in a much larger game.

 

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