24 décembre 1800: attentat de la rue Saint-Nicaise contre Bonaparte
Le 24 décembre, vers 20h, le Premier Consul, accompagné de ses généraux Lannes, Berthier et Lauriston, se rendait à l'Opéra. Sa voiture, venant des Tuileries, avait à peine franchi la rue Saint-Nicaise qu'une formidable explosion se fit entendre: un baril chargé de poudre, de balles et de mitraille, caché dans une charrette, venait d'éclater. Cette machine infernale tua plus de vingt personnes et en blessa 60, mais le général Bonaparte fut miraculeusement épargné. Gardant son calme, il se rendit à l'Opéra comme si de rien n'était et fut ovationné par les spectateurs. Mais il sut profiter de cette affaire pour se débarrasser des Républicains. Le crime fut attribué aux "Jacobins" et des mesures sévères furent prises: un arrêt élaboré par le Conseil d'Etat fut promulgué le 18 nivôse. Il prononçait la proscription de 130 Républicains qui furent déportés en Guyane et aux Seychelles, bien qu'innocents de cet attentat. En effet, on eut bientôt la preuve que les Chouans étaient les véritables auteurs de la machine infernale. Saint-Régeant, lieutenant de Cadoudal, qui avait lui-même mis le feu au baril, et un complice, Carbon, furent arrêtés, condamnés à mort et exécutés le 6 avril 1801. Quant aux proscrits républicains, ils furent fort inégalement traités. Les plus marquants, Talot, Le Peletier, le prince de Hesse, Choudieu, évitèrent la déportation; il ne survécut guère qu'une vingtaine des autres déportés qui revinrent en France sous la Restauration.