André Lalou

Publié le par david castel

André Lalou vient de décéder à l’âge de quatre-vingt-huit ans. Il a été durant la guerre un grand résistant, ce qui lui a valu d’être déporté à Dachau.

Dès juillet 1939, il a adhéré au Parti communiste français. La conférence de Munich l’a écoeuré, la « drôle de guerre » l’a dérouté et la défaite, la débâcle de 1940 sont pour lui un coup de massue. Dès août 1940, il reprend contact avec les militants amiénois du PCF clandestin.

En avril 1941, il devient responsable de la Jeunesse communiste dans la Somme et engage l’action : distribution de tracts et journaux clandestins. En octobre 1942, il participe à une importante action à Amiens : il s’agit de se procurer dans la mairie le stock de tickets de ravitaillement pour permettre aux résistants clandestins de survivre. L’opération réussit, l’ensemble des tickets est ensuite transporté à Paris. Puis, le 24 décembre 1942, André Lalou est de ceux qui font sauter le Soldatenheim à Amiens, le foyer de l’armée occupant notre pays. Il a écrit à ce sujet : « On a attendu que les Allemands soient tous rentrés pour le réveillon de Noël. On a placé le long de la vitrine deux mines antitanks reliées par un détonateur. L’action a réussi, c’était un tournant pour l’activité résistante dans la Somme. C’était d’ailleurs en ce sens que nous avions conçu cette opération. Et effectivement les actions se sont multipliées. »

Mais André Lalou ne peut continuer le combat en Picardie : il est arrêté par la 21e brigade de Saint-Quentin, le 15janvier 1943. Jugé par la section spéciale de la cour d’appel d’Amiens, il est condamné à quinze ans de travaux forcés pour diffusion de propagande communiste. Incarcéré à la maison d’arrêt d’Amiens, il est ensuite transféré en décembre 1943 à la centrale d’Eysses où il continue à résister. Il est déporté à Dachau de juin 1944 à avril 1945.

De retour en France, il reprend l’activité militante et il participe activement aux initiatives des associations de résistants et de déportés. Il tient aussi à répondre aux invitations des établissements scolaires pour témoigner auprès des jeunes. Jusqubout, il répond présent pour éveiller les consciences et mener le combat contre le fascisme et le révisionnisme. Avec André Lalou, c’est un grand résistant qui disparaît, mais son combat continue.

Jean-Marie Nadaud est mort à cinquante-six ans. Il avait écrit des scénarios de Pif (avec les dessinateurs Cance, Yannick, Motti, etc.) dans Pif-Gadget de 1972 à 1980. Scénariste apprécié il collabora également à Pilote, Tintin, Fripounet, Amis-Coop et Coeurs Vaillants.

Gérald Maisse

Article paru dans l'édition du 20 décembre 2006.

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Publié dans Biographies

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