Jean-Pierre Koffel - «J'ai une passion pour la reconstitution des époques»

Publié le par david castel


Libération
 

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Propos Recueillis Par K.a.

Né à Casablanca en 1932, J.P. Koffel a exercé la profession d'enseignant de français dans l'enseignement marocain. Il a, à son actif, une importante oeuvre littéraire.

Comment peut-on troquer son habit de romancier contre celui d'historien ?

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Jean-Pierre Koffel: Je ne cesse jamais d'être historien. Tous mes écrits reposent sur une période de l'Histoire. Ainsi, dans mon premier roman, Des pruneaux dans le tagine et qui m'a pris 5 ans d'écriture, avec le recul, je le vois comme un document historique sur le Maroc de la période des années 54-55. Pour moi, il est important de tout connaître de l'Histoire dans laquelle se situe mon histoire. Je suis un maniaque des dates. Quand j'écoute, par exemple, du Mozart, je veux savoir en quelle année, il a écrit cette musique et tous les détails qui entourent sa composition mais aussi des détails sur le compositeur. J'ai constamment besoin d'avoir des références d'époque, de tout savoir. J'ai une passion pour la reconstitution des époques. J'ai commencé par des époques proches de moi, mais je suis aussi tenté par des époques plus anciennes.

Cette passion du détail, on la retrouve aussi dans votre dernier ouvrage. Mais n'avez-vous pas parfois tendance, en l'absence de ces détails historiques, à recourir à la romance ?

Oui, le livre est un peu romancé. Mais on invente à partir de ce qui existe. Pour moi, un roman est une enquête et j'ai la même démarche. Toute enquête repose sur une observation exacte des lieux, des moments de la journée, de l'année et des moments de l'histoire où on se retrouve. Je ne pourrais pas mettre un bracelet-montre au poignet de Jules César. J'aurais horreur de commettre une erreur dans la restitution d'une époque.

Pour votre livre avec Josiane Lahlou, est-ce que vous vous complétez ou y a-t-il des divergences ?

Non, il n'y a pas eu de divergences. On s'est complété. Je suis arrivé derrière elle. Je ne lui ai pas toujours demandé son avis et j'ai prospecté, selon mes convictions personnelles, avec les moyens que j'avais à ma portée. Il ne fallait pas faire d'erreur en restituant une époque dans un pays que je connais bien, en fait, c'est le même. Le Maroc de l'an 40 après J.C. quand vous vous promenez du côté de Larache, le jardin Luxus, c'est le jardin des Hespérides avec les orangers, les grandes courbes de l'Oued, les collines doucement ondulées, l'herbe très vertes, les petites taches dans les champs, les coquelicots, les jonquilles et les iris... Tout cela, c'est le Maroc, tel qu'il est, éternel. C'est heureux dee voir que le Maroc éternel nous aide à découvrir le Maroc antique.

Vous qui êtes né au Maroc et qui avez toujours vécu ici, on sent une forte affection pour le pays...

C'est de l'amour. Je laisse le terme affection pour les médecins pour guérir. Pour moi, c'est de l'amour.

Comptez-vous explorer d'autres personnages de l'Antiquité ?

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Non, c'est trop difficile. J'aurais l'impression de trahir ce garçon. Je me suis engagé à ses côtés, je me suis fait son porte-parole, son défenseur. Je prends sa défense quand il est attaqué ou quand on dit que c'est un agent des Romains. Je le comprends parce que je l'aime. Et puis aussi, je suis atteint par la limite de l'âge.

Mais vous allez continuer, j'espère, à écrire des romans policiers ?

Oui, bien sûr, mais des romans qui me demandent d'aller faire une enquête 2000 ans en arrière.

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Publié dans Biographies

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