Rumsfeld, la chute d'un faucon

Publié le par david castel

Appelé au gouvernement par George Bush, voici Donal Rumsfled stoppé dans son élan. Il a perdu la guerre électorale. Et sa défaite est sans appel.<BR/>
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Appelé au gouvernement par George Bush, voici Donal Rumsfled stoppé dans son élan. Il a perdu la guerre électorale. Et sa défaite est sans appel.
(AP/H. Ghanbari).
THIERRY OBERLÉ.
 Publié le 09 novembre 2006
Actualisé le 09 novembre 2006 : 07h50


Homme de combat, toujours prêt à en découdre et à aller de l'avant, Donald Rumsfeld a remporté ces cinq dernières années beaucoup de batailles. Mais ses victoires avaient toujours un goût d'inachevé. À 74 ans, le voici stoppé dans son élan. Il a perdu la guerre électorale. Et sa défaite est sans appel. Donald Rumsfeld s'en va à cause de l'Irak, bien sûr. Mais aussi pour ne pas être parvenu à capturer mort ou vif Oussama Ben Laden, pour avoir conduit des guerres qu'il n'est pas parvenu à conclure, et enfin pour avoir rendu le monde un peu moins sûr qu'il ne l'était avant les attentats du 11 septembre 2001.
 

Aujourd'hui hué, Donald Rumsfeld, le faucon du Pentagone, a pourtant été longtemps adulé. Coqueluche des médias, il incarnait au lendemain des attaques suicides contre les États-Unis la revanche d'une Amérique forte et sans complexes. Le 11 septembre, il porte lui-même secours aux victimes dans les ruines du Pentagone, pendant que le président Bush tourne en l'air à bord de son avion Air Force One. Avec son sourire en coin, l'homme a des airs d'acteur un peu vieilli, aux répliques rodées par l'expérience. Carrure d'athlète, Rumsfeld a longtemps joué au football américain. Lunettes sur le nez, il sait, en bon sportif, allier la tête et les jambes. Quand  il parle, il cogne fort. Les expressions sont simples. « Quand il y a la guerre, il n'y a pas de doute : des gens sont tués », dit-il. Les mots sont percutants. Il ne met jamais personne « hors d'état de nuire ». Il « élimine ». Il est rude et pragmatique. Pendant longtemps, le public américain adore ce secrétaire d'État à la Défense dénué d'état d'âme.

 

En 2001, lorsqu'il devient le chef politique de la première armée du monde, sa carrière est déjà bien remplie. Rumsfeld a cumulé les succès. Né en 1932, il a étudié à l'université de Princeton et servi comme pilote dans l'aéronavale. Il est élu à 30 ans représentant au Congrès puis il devient ambassadeur américain à l'Otan en 1973 et 1974. Le voici secrétaire général à la Maison-Blanche sous la présidence de Gerald Ford en 1975 et 1976, et déjà secrétaire à la Défense de 1975 à 1977. Il est ensuite candidat à l'investiture du Parti républicain pour la présidentielle de 1988.

 

Riche industriel, il est rappelé par George W. Bush pour, notamment, doter les Etats-Unis d'un système de défense antimissile. Pendant des années, en parallèle aux opérations antiterroristes et à la guerre en Irak, il s'acharne à réformer l'armée, à la rendre plus opérationnelle. Il veut défendre des principes de souplesse et d'adaptation pour lui permettre d'affronter les défis de l'après-guerre froide. Mais il doit rapidement faire face sur le terrain à des guerres asymétriques où l'ennemi est le plus souvent invisible. Tout commence plutôt bien en Afghanistan, avec la chute rapide du régime des talibans.

 

 

 

Mais la traque de Ben Laden,  des responsables d'al-Qaida et des chefs du régime fondamentaliste de Kaboul échoue. Les fuyards parviennent à se disperser dans les zones tribales de part et d'autre de la frontière séparant l'Afghanistan du Pakistan. Des milliers de combattants djihadistes sont arrêtés. Plusieurs centaines d'entre eux sont conduits à Guantanamo où ils sont emprisonnés en toute illégalité.

 
Rumsfeld n'a cure des critiques. A Washington,  il éclipse Colin Powell, le titulaire du poste du département d'Etat. Le militaire supplante le politique. Lorsque viennent les arbitrages sur l'Irak, Rumsfeld emporte la mise. Il est partisan d'une invasion du pays, du renversement du satrape Saddam Hussein et de l'instauration, au besoin par la force, de la démocratie dans la région. L'affaire des armes de destruction massive sert de prétexte. Une fois de plus,  le renversement du pouvoir en place est une question de semaines. Donald Rumsfeld peut parader à Bagdad en avril 2003 et George Bush déclarer la fin des opérations militaires majeures. Les opérations mineures se poursuivent encore sans qu'apparaisse, sur le terrain, la moindre lueur d'espoir. L'horizon est bouché. Et dès avril 2004, Donald Rumsfeld doit passer à la défensive avec l'éclatement du scandale de la prison d'Abou Ghraïb en Irak. Pour lui, c'est le début de la fin
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Publié dans Biographies

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