Proche-Orient - 1897-1947 Les juifs arrivent par vagues successives

Publié le par david castel



 

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, se développe chez les juifs d'Europe l'idée d'un retour vers Sion. D'abord limitée, l'émigration vers Jérusalem va se faire plus importante au lendemain de la Première Guerre mondiale, puis de la Seconde. Avant d'aboutir à la création d'un véritable Etat.

Par Rémi Kauffer

La population israélite de la Palestine est de treize mille âmes environ. Les neuf dixièmes habitent Jérusalem, Hébron, Saphet et Tibérias ; les communautés de Jaffa, Saïda, Acre, Naplous[e] et Ramleh sont très petites. Sur les deux mille cinq cents âmes adultes que me semble représenter ce chiffre, on n'en compte guère plus de 16,5 % se livrant à une profession manuelle ou au commerce. » Voici ce qu'écrivait Charles Netter, l'un des pionniers de l'implantation juive en Palestine, dans un rapport du 11 janvier 1869 à l'Alliance israélite universelle, fondée neuf ans plus tôt dans son appartement parisien.

A l'époque, la population totale des trois régions ottomanes composant la Palestine est estimée par les autorités turques à 350 000 personnes : 180 000 pour le sandjak (l'équivalent d'un département) de Jérusalem ; 100 000 pour le sandjak de Naplouse, et 70 000 environ pour le sandjak d'Acre. Mais cette Palestine-là comprend le territoire actuel d'Israël, la Jordanie, la Cisjordanie plus la bande de Gaza. Les juifs ne représentent qu'une petite minorité dans cette région où vivent des musulmans, largement majoritaires, mais aussi, en particulier à Jérusalem (20 000 habitants environ), des chrétiens orthodoxes, catholiques, maronites, arméniens, protestants ou coptes. Aux « Musta'rabs », les rares juifs à n'avoir jamais émigré, sont venus s'ajouter quelques milliers de « Sepharadim », ces israélites qui ont fui à partir de 1492 l'Espagne de l'Inquisition, d'« Ashkenazim » d'Europe centrale ou orientale, et des « Maghrébis » originaires d'Afrique du Nord. Moins de 15 000 personnes en tout.

C'est dire si le projet de retour en Terre sainte d'une population israélite importante, afin d'y édifier l'Etat juif conçu par Theodor Herzl, journaliste et dramaturge israélite austro-hongrois né à Budapest en 1860, et officialisé lors du congrès fondateur de l'organisation sioniste à Bâle en 1897, semble une utopie.

Jusqu'à sa mort en 1904, Herzl estimera que l'Etat juif va faire l'unanimité. A ceux qui s'inquiètent de l'hostilité des Arabes face au développement de l'immigration sioniste, il répond : « Pourquoi voulez-vous qu'ils se dressent contre nous puisque nous leur apportons le progrès ? » L'idée que le sionisme politique, qu'il a lui-même défini comme le mouvement national du peuple juif, puisse engendrer en réaction un mouvement de même nature chez les Arabes de Palestine ne semble pas l'avoir effleuré. De même, avant leur départ pour la Terre sainte, beaucoup d'émigrants juifs croient dur comme fer qu'ils vont vers une région quasi inhabitée où leur installation ne posera aucun problème de voisinage.

Ces immigrants, qui sont-ils, et d'où viennent-ils ? Des enfants de la persécution, d'abord. En Russie, en Roumanie, en Pologne, l'antisémitisme se manifeste en permanence, avec des poussées de fièvre, les pogroms, quand des groupes armés dévastent les ghettos et s'en prennent à leurs habitants. Or cinq millions d'israélites vivent dans l'empire des tsars. Nombre d'entre eux rêvent d'échapper à cette existence sans espoir. Partir... mais pas forcément pour la Terre sainte : les yeux se tournent plus volontiers vers les Etats-Unis, pays de forte immigration où les juifs sont assez bien accueillis.

N'empêche : dès la fin des années 1870, les juifs d'Europe de l'Est commencent à revenir en Palestine. Créé le 6 février 1882 par un groupe d'étudiants de Kharkov en passe de gagner la Terre sainte, un premier mouvement tâche de coordonner leurs déplacements. C'est le « Bilou », anagramme forgée à partir des initiales d'un verset du prophète Isaïe.

En 1888, les autorités ottomanes, décident l'arrêt de toute immigration dans la région. Mais tournant le décret de mille manières, des juifs est-européens parviennent à s'établir. C'est la première alya (« montée », terme qui fait référence à la colline de Sion, à Jérusalem). Le mouvement concerne plusieurs milliers de personnes, de sorte qu'en 1892, les juifs sont environ 35 000 en Palestine. Et 45 000 à la fin du siècle.

Le tsar Nicolas II avait pris en septembre 1904 des mesures libérales pour les israélites de l'Empire russe. Mais la première révolution de 1905 et son échec conduisent à nouveau le régime impérial sur la voie de la répression. Celle-ci frappe particulièrement les juifs, qui, outre les préjugés et les haines traditionnels, forment une part importante des cadres des mouvements révolutionnaires. S'accentue alors la deuxième alya (1904-1906), qui mène cette fois vers la Terre sainte d'israélites aux opinions de gauche affirmées, souvent marxistes. Le père fondateur de l'Etat d'Israël David Ben Gourion - en français Fils de lion - appartient à cette génération d'immigrants. Né David Gryn en 1886 dans la partie de la Pologne sous tutelle russe, le jeune homme gagne la Palestine vingt ans plus tard, et change de patronyme en 1910. Il n'est pas le seul. En 1904, la population juive en Terre sainte est passée à 65 000 ; elle sera de 85 000 en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale. Des chiffres qu'il faut toutefois rapporter à ceux de l'émigration vers les Etats-Unis, destination privilégiée des israélites avec une moyenne annuelle de 108 000 juifs entrants pour la décennie 1904-1914. Plus d'un million d'immigrés en Amérique, contre 20 000 en Palestine, mais ces derniers ne manquent pas d'énergie. Tel-Aviv est fondée en 1909 sur des dunes désertiques par une soixantaine de familles de pionniers.

En 1914, les juifs, dont une moitié vit à Jérusalem et y représente les deux tiers des habitants, ne constituent que 12 % de la population palestinienne (moins, disent même certains historiens arabes) : 10 000 d'entre eux vivent dans des colonies agraires qui s'étendent sur 50 000 hectares, contre 25 000 hectares et 4 500 habitants en 1898.

Coup de théâtre le 2 novembre 1917 quand Arthur Balfour, secrétaire britannique aux Affaires étrangères, écrit à Lionel Walter Rothschild, président de la Fédération sioniste de Grande-Bretagne, que « le Gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un Foyer national pour le peuple juif ». Le hic, c'est que le même gouvernement a déjà promis par la bouche de Lawrence d'Arabie cette région au chérif de La Mecque, Hussein ben Ali et à ses fils, pourvu que ces derniers prennent la tête de la guérilla arabe contre les Turcs. Et qu'il se l'est également attribuée en tant que puissance mandataire dans le cadre des accords Sykes-Picot avec l'allié français (Irak et Palestine pour l'Angleterre, Syrie et Liban pour la France).

Les Arabes n'apprécient guère. D'autant que la colonisation agraire s'intensifie, posant de manière cruciale le problème de la terre. Résultat : les conflits s'enveniment. Ils vont conduire chacune des deux parties à créer des milices armées. Pendant ce temps, dans les années 1920, l'importance numérique du Yishouv (ainsi que la communauté juive de Palestine se désigne désormais) s'accroît. Selon l'administration britannique, qui exerce son mandat sur la Palestine par décision de la Société des Nations : 7 844 immigrants en 1922 ; 7 421 en 1923 ; 12 856 en 1924 ; 33 801 en 1925 ; 13 080 en 1926 ; et seulement 2 713 en 1927. D'après le recensement d'octobre 1922, les juifs de Palestine étaient 83 794 sur une population totale de 757 182. Dans la même période 1922-1927, l'émigration juive aux Etats-Unis tombera à 90 000 unités du fait de restrictions administratives.

En août 1929, juifs et Arabes s'opposent violemment à propos du mur des Lamentations. Au bout d'une semaine, 133 juifs et 116 Arabes ont perdu la vie. Ce qui n'empêche pas l'immigration israélite de se poursuivre. De 4 000 à 5 000 entre 1929 et 1931, elle passe à 9 500 en 1932.

En 1933, dans le double espoir de sauver les juifs d'Allemagne et de permettre leur émigration en Palestine, l'Agence juive conclut avec le diable nazi le pacte Haavara (« transfert ») qui prévoit le départ de juifs allemands et leur installation en Terre sainte moyennant une sourdine au boycottage économique de l'Allemagne hitlérienne par les communautés juives et le versement de sommes exorbitantes.

D'autres continuent à arriver d'Europe de l'Est. Pendant l'année 1933, les immigrants sont 30 000. Un nombre qui grimpe à 42 000 en 1934 et à 62 000 en 1935, année d'apogée, pour retomber à 30 000 en 1936, puis à 10 000 en 1937. De 15 000 en 1938, il va remonter à 31 000 en 1939. A ce rythme, rien d'étonnant si les 460 000 juifs de 1939 représentent presque le tiers de la population de la Palestine, qu'on peut désormais évaluer à un peu plus d'un million et demi d'âmes.

Entre 1936 et 1939, un Haut Comité arabe prend la tête d'une révolte sans précédent contre les immigrants et les Britanniques. Une lutte de plus en plus violente où les hommes de la Haganah, l'armée secrète juive, et de l'Irgoun, un groupe terroriste clandestin, affrontent les Arabes, moins organisés mais tout aussi résolus : terrorisme, contre-terrorisme, sabotages, exécutions sommaires, raids contre les villages...

Prise entre les deux feux, la Grande-Bretagne se veut néanmoins conciliante. Concession aux Arabes en 1936, avec la baisse officielle du quota d'immigration, qui est ramené de 4 500 à 1 800 personnes par an. Concession aux juifs : la commission présidée par William Robert Peel s'engage sur la voie d'un partage de la Palestine en deux Etats.

Dire que la Seconde Guerre mondiale vient « geler » cette situation serait d'autant plus indécent qu'à l'époque, l'Allemagne nazie se lance dans l'extermination des juifs d'Europe. Mais si les années 1939-1945 abondent, au Proche-Orient comme ailleurs, en événements dramatiques qu'il serait trop long de rappeler, c'est vrai qu'au plan de l'immigration, rien de significatif ne s'y produit. Comme le taux de natalité des Arabes (50 ‰) reste nettement supérieur à celui des juifs (32 ‰), et même en tenant compte du fait que les juifs, mieux éduqués et équipés au plan sanitaire, ont un taux de mortalité de 12 ‰ contre environ 35 ‰ pour les Arabes, le statu quo tend à diminuer la part israélite de la population palestinienne.

En juin 1945, l'Agence juive, jouissant à présent de nombreuses sympathies aux Etats-Unis, demande qu'on laisse entrer sur-le-champ 100 000 immigrants en Palestine ; 1 500 par mois, répond le gouvernement travailliste anglais.

Ben Gourion et la direction du Yishouv décident de reprendre la lutte armée contre les Anglais suspendue pendant la guerre et que continuaient à mener les sionistes dissidents de l'Irgoun du futur Premier ministre Menahem Begin, et du groupe Stern où se distingue un autre futur chef de gouvernement Yitzhak Shamir. Ils relancent aussi une forme de lutte inaugurée sur petite échelle à la fin des années 1930 : l'immigration illégale. Ce sera la mission du Mossad Le'Alyah Bet (Institut pour l'alya illégale), branche spécialisée de la Haganah - à ne pas confondre avec le service de renseignements israélien, créé en 1951.

Implanté en Italie, en Roumanie et en France, pays sympathisant où son chef, Schaul Meyerov, viendra bientôt s'installer, le Mossad affrète des navires destinés à acheminer les clandestins vers la Terre sainte. La Royal Navy possède les moyens d'arraisonner ces bateaux de clandestins et seulement 2 500 d'entre eux, sur 70 000, parviendront à débarquer en Palestine. Mais l'objectif est également psychologique et médiatique. Se crée en effet à l'intérieur des communautés juives du monde le mythe des rescapés exsangues de la Shoah accueillis par de jeunes sionistes pleins de vigueur qui les juchent sur leurs épaules pour les débarquer en Terre promise. Et à l'extérieur, celui de passagers martyrs (lire page 58) qui n'ont d'autre espoir que la création rapide d'un Etat juif en Palestine. Autant de points marqués auprès de l'opinion internationale, américaine notamment.

Leur leader historique, le mufti de Jérusalem, déconsidéré par sa politique de collaboration avec l'Allemagne (lire page 52), les Arabes de Palestine ne disposent d'aucune organisation politique ou militaire capable de défendre leur cause avec autant d'efficacité. Ils dépendent désormais de la Ligue arabe (Egypte, Irak, Liban, Arabie saoudite, Syrie, Transjordanie, Yémen plus un représentant palestinien sans pouvoir), créée au Caire le 22 mars 1945.

L'Organisation des Nations unies, qui a succédé à la Société des Nations, propose un plan de partage où le futur Etat hébreu, avec 500 000 juifs et 400 000 Arabes, couvrirait 55 % du territoire palestinien, 100 000 autres juifs vivant à Jérusalem sous statut international. Pour approuver le texte, il faut une majorité des deux tiers. C'est chose faite le 29 novembre 1947 (lire page 44). La guerre éclate le surlendemain.

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la naissance de l'Etat d'Israël. Une page se tourne et un long drame se poursuit... L



Rémi Kauffer vient de publier Le Réseau Bucéphale (Le Seuil), un roman historique sur la Résistance.

Repères
Jérusalem 3 000 ans d'histoire
- 930
Manéthon, pharaon de la XXIIe dynastie attaque la capitale du royaume de Juda.
- 587
Nabuchodonosor, roi de Babylone, prend la ville, qui passe ensuite sous domination grecque.
- 174
Héritier des Ptolémées, Antiochus IV en prend le contrôle.
- 63
Les Romains de Pompée entrent dans la ville.
614
L'empereur perse Chosroès II attaque Jérusalem.
629
La ville passe sous influence byzantine.
638
Jérusalem est prise par les Arabes. Le calife Abd al-Malik fait ériger le Dôme du Rocher en 691.
1099
Arrivée des croisés.
1187
La cité est reprise par Saladin.
1917
Les Anglais en prennent le contrôle.


L'Exodus, un symbole
Ce sera l'opération médiatique la plus réussie du Mossad Le'Alyah Bet. Le 12 août 1946, les Britanniques annoncent que tous les immigrants illégaux pour la Palestine interceptés en mer seront internés à Chypre. Le Mossad imagine alors de créer une situation intenable pour le gouvernement britannique en inondant l'île de captifs juifs ce qui, un an après la capitulation de Hitler, serait du pire effet. Il récupère à la casse de Baltimore un ancien navire de plaisance, le President Warfield, l'aménage dans un chantier naval italien en paquebot de fortune pouvant contenir plusieurs milliers de passagers. Battant pavillon du Honduras, le bateau embarque le 12 juillet 1947 en France, à Sète, 4 500 hommes, femmes et enfants rescapés des camps nazis venus d'Allemagne par les bons soins de la Briha (« Fuite »), l'organisation chargée de l'acheminement terrestre vers les ports. En haute mer, le President Warfield arbore le drapeau à étoile de David et change de nom pour devenir l'Exodus 47. Pris à l'abordage le 18 juillet, à 20 milles des côtes palestiniennes, par les Royal Marines au prix de 3 morts juifs et 146 blessés, l'Exodus est vidé de ses passagers. Répartis dans le port de Haïfa sur trois navires-prison britanniques, ils sont renvoyés non à Chypre mais à leur point de départ. Refusant l'hospitalité de la France qui a déclaré qu'elle n'emploierait jamais la force contre eux, ces rescapés captent l'attention des médias internationaux en attendant 24 jours interminables sous le soleil au large de Port-de-Bouc, près de Sète. Après ce délai, Ernest Bevin, le ministre anglais des Affaires étrangères, prend la décision incompréhensible de les transférer... en Allemagne où, débarqués à Hambourg le 8 septembre, ils seront internés dans deux camps voisins de Lübeck. L'opinion internationale est bouleversée. Le Mossad a gagné la partie. Un mythe est né : Exodus donnera son titre à un livre du romancier américain Leon Uris, porté à l'écran en 1960 par Otto Preminger.


Le kibboutz, creuset de la société
En 1913, des militants sionistes fondent à Degania la première colonie agricole collective. Ils veulent démontrer que, contrairement au cliché antisémite des israélites usuriers et oisifs, les juifs peuvent travailler la terre de leurs mains. Les kibboutz connaissent un développement dans l'entre-deux-guerres. Ils associent le nationalisme juif à un collectivisme très poussé : les parents travaillent et patrouillent pour assurer la production, les enfants se socialisent en vivant ensemble en crèche ou à l'école. Bien qu'ils participent à la mise en valeur des terres, l'importance économique des kibboutz (un tiers de la production agricole à l'heure actuelle) est moins importante que leur rôle politique, idéologique et social. Ces installations collectives vont en effet devenir le creuset où se forgera l'élite politique travailliste qui gouvernera Israël sans partage de 1948 à 1977, date de l'avènement du Likoud (« Rassemblement »), la droite israélienne. Positive à l'étranger jusque dans les années 1970, l'image des colonies agricoles juives s'est, depuis, dégradée.


Les institutions israéliennes
Israël est une démocratie parlementaire. Ses institutions sont : la présidence, la Knesset (le Parlement), le gouvernement et les tribunaux. Le système obéit au principe de la séparation des pouvoirs, l'exécutif (le gouvernement) devant obtenir de la confiance du législatif (la Knesset). L'indépendance de la justice est garantie par la loi.
Le président (nassi en hébreu) est élu pour cinq ans - mandat renouvelable une fois - à la majorité simple. Moshé Katsav, leader du Likoud (droite) a succédé le 1er août 2000 à Ezer Weizman, du Parti travailliste. C'est le huitième chef de l'Etat d'Israël après Chaïm Weizmann, Yitzhak Ben-Zvi, Zalman Shazar, Ephraim Katzir, Yitzhak Navon, Chaïm Herzog et donc Ezer Weizman.
L'actuel cabinet israélien comprend 24 membres. Le Premier ministre, Ehud Olmert, du parti de centre droit Kadima, a succédé à Ariel Sharon victime d'une attaque cérébrale en janvier 2006. C'est le douzième chef de gouvernement, David Ben Gourion, Yitzhak Rabin, Yitzhak Shamir, Shimon Peres ayant assuré à deux reprises cette fonction, pas forcément jusqu'à son terme.
L'élection, tous les quatre ans, des 120 députés qui siègent à Jérusalem se fait à la proportionnelle intégrale, entraînant la formation de gouvernements de coalition et la multiplication de petits partis. Aux élections du 28 mars dernier, Kadima a obtenu 29 élus, le Parti travailliste 19, Shass (orthodoxe séfarade) 12, Likoud (droite) 12, Israël Beiteinou (russophone d'extrême droite) 11, Union nationale-Parti national religieux (ultranationalistes) 9, Parti des retraités 7, Judaïsme unifié de la Torah (ultraorthodoxe) 6, Meretz (gauche) 5. Les Arabes de nationalité israélienne ont 10 élus.
Issu du socialisme européen de la fin du XIXe siècle, Israël a pendant les trente premières années (jusqu'en 1977) été dirigé par le Parti travailliste (Mapaï, jusqu'en 1965). A cela une raison historique. En 1921 est créé l'Histadrouth (Grand Syndicat, en français) qui regroupera jusqu'à 80 % de la population. Ben Gourion confie à cette centrale le soin de donner du travail aux immigrants. Amir Peretz, actuel chef de fil travailliste, a occupé les fonctions de secrétaire général du syndicat... comme Ben Gourion avant lui.


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