Robert Doisneau

Publié le par david castel

Robert Doisneau
Photographie : Exposition Doisneau - Paris en liberté du 19 octobre 2006 au 17 février 2007 à l'Hôtel de Ville de Paris.

Après Willy Ronis en 2005, la ville de Paris rend hommage à un autre photographe de la capitale, Robert Doisneau, qui n'avait pas connu de grande rétrospective parisienne depuis celle du Musée Carnavalet en 1995.
L'exposition Doisneau - Paris en liberté rassemble 280 clichés sur la cité et sa banlieue sélectionnés parmi les 450.000 négatifs que Doisneau à laissés à sa mort en 1994. Tout un univers urbain poétique saisi au cours d'une soixantaine d'années de déambulations entre Halles et Pont de Crimée en passant par Montrouge. Des clichés célèbres qui ont fait la renommée de Doisneau dans le monde entier, tels le fameux Baiser de l'Hôtel de Ville et les habituelles séries de gamins espiègles, de bistrots populaires et de figures du petit peuple de Paris (concierges, artisans, prostituées,...) aujourd'hui largement déclinés en cartes postales, mais aussi de nombreuses photos moins diffusées car sorties tout récemment des archives du maître. Des portraits par exemple de grandes dames parisiennes des années '50 (Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Coco Chanel, Marguerite Duras,...) et plus récemment de comédiennes (Juliette Binoche, Sandrine Bonnaire, Sabine Azéma,...) ou encore des montages, tels l'embouteillage de La Place de la Concorde, Le Pont des Arts (en volume) ou Les Halles de Paris (36 photos juxtaposées sur une surface de 2,30 m x 3,50 m) entre autres, auquels Doisneau s'est consacré à partir des années '70 -- il appelait cela des "bricolages photographiques" -- et dont le caractère se révèle tout aussi original et humaniste que ses photos les plus populaires.
Intelligement conçu par l'Atelier Robert Doisneau -- une structure créée par les deux filles du photographe, Annette Doisneau et Francine Deroudille, pour assurer la conservation et la représentation de son oeuvre, installée dans l'appartement même de Montrouge où il vécut et travailla pendant cinquante ans -- le parcours dans l'imaginaire doisneausien de la ville ne suit pas un ordre chronologique. Il s'offre plutôt comme une promenade sans but où le visiteur passe d'un instantané et d'un quartier à un autre mais reste toujours dans la vie intime de Paris vue à travers un regard à la fois totalement libre et profondément amoureux. Les commentaires mêmes du photographe accompagnant chaque cliché sont empreints d'ironie et de finesse. Au-delà du réalisme poétique, de l'esthétique noir et blanc et de la nostalgie des lieux et ambiances révolues, Doisneau - Paris en liberté permettra sans doute à ses visiteurs d'approcher une émotion très complexe, celle du "Paris éternel".
Robert Doisneau est né le 14 avril 1912 à Gentilly (Val-de-Marne). Après des études d'Arts graphiques à l'École Estienne et un un diplôme de graveur lithographe, il débute sa carrière de photographe en 1931 comme opérateur d'André Vigneau. En 1932, il vend son premier reportage photo (le Marché aux Puces de Paris) à L'Excelsior. Il est embauché en 1934 comme photographe industriel aux usines Renault de Boulogne-Billancourt mais sera licencié en 1939 pour cause d'absences répétées. Il devient alors photographe illustrateur indépendant et tente d'éditer et commercialiser des cartes postales. Pendant la guerre il rencontre Charles Rado, fondateur de l'agence photo Rapho qu'il intégrera en 1946 et qu'il ne quittera quasiment plus jusqu'à la fin de sa vie. Il ne cessera dès lors de réaliser des reportages photographiques, la plupart consacrés à l'actualité parisienne et au Paris populaire mais aussi à divers sujets en province ou à l'étranger (URSS, Etats-Unis, Yougoslavie,...), qui seront publiés dans divers magazines comme Life, Paris Match, Vogue, Réalités, Point de Vue, Regards, La Vie Ouvrière, Femmes, etc. Parmi une trentaine d'albums publiés, citons notamment La Banlieue de Paris (Texte de Blaise Cendrars, 1949), Les Parisiens tels qu'ils sont (Texte de Robert Giraud et Michel Ragon, 1954), Le Vin des rues (Texte de Robert Giraud, 1955), Le Royaume d'argot (Texte de Robert Giraud, 1965), Les doigts plein d'encre (Texte de Cavanna, 1989), Les grandes vacances (Texte de Daniel Pennac, 1991), La compagnie des zincs (Texte de François Carradec, 1991). Robert Doisneau est également l'auteur d'un livre de souvenirs intitulé A l'imparfait de l'objectif (Belfond, 1989).
Son travail de "pêcheur d'images" comme il se définissait lui-même (et non de "chasseur d'images") est récompensé par de nombreux prix tels le Prix Kodak en 1947, le Prix Niepce en 1956, le Grand Prix National de la Photographie en 1983 ou encore le Prix Balzac en 1986. Les historiens du genre le classent parmi les "photographes de l'école humaniste", aux côtés de Willy Ronis, Édouard Boubat, Brassaï, Izis et quelques autres qui se sont tous attachés à photographier le Paris du XXe siècle. Robert Doisneau prendra sa dernière photo le 25 septembre 1993 et mourra à Paris le 1er avril 1994, laissant derrière lui une oeuvre constituée de quelque 450.000 négatifs dont Paris restera à tout jamais la capitale.
Exposition Doisneau - Paris en liberté à l'Hôtel de Ville, Salle St Jean, 5 rue Lobau 75004 Paris, du 19 octobre 2006 au 17 février 2007 de 10h à 19h tous les jours sauf dimanches et fêtes. Entrée gratuite. Catalogue officiel Paris Doisneau publié chez Flammarion.

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jeudi 19 octobre 2006
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Publié dans Biographies

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