Lettre à mes fréres Paris 1988
lu chez le Zenith à occasion de la célébration des 40 ans de l'état de Israel.
La vie suspendue entre deux journaux télévisés,
je tourne à vide dans mon atelier, incapable de me mettre au travail.
Je cherche dans le concert des exécrations,
les quelques voix honnêtes qui rappellent l'Hier,
non pas pour excuser mais pour expliquer l'Aujourd'hui
et je collectionne les coupures de presse de ces rares parents de l'esprit.
Maigre album de famille.
Tout le monde parle aujourd'hui en Occident.
Tout le monde parle et surtout contre nous.
Moi, j'ai renoncé à la parole depuis des années,
mais mon silence se fait chaque jour plus lourd de choses non dites.
Je les sens vaines et cependant nécessaires.
Dans la certitude que personne ne m'écoutera.
Urgence, d'écrire à tous !
Mes frères d'Occident,
depuis quelques mois les croix gammées recommencent à salir vos murs.
Avant de parler, nettoyez-les !
Mes frères Yankees,
l'Étoile de David n'est pas l'une de celles qui constellent le drapeau américain.
Israël n'est qu'une miette du grand gâteau moyen-oriental.
Qu'attendez-vous pour vous mettre à table avec les Russes ?
Plus le temps passe plus la miette durcit,
quelqu'un finira par s'étouffer avec.
Mes frères Russes,
vous n'avez jamais été aussi distraits que depuis qu'on vous a rendu la parole.
Trop occupés entre Arméniens et Afghans ?
ou désireux d'apparaître aussi neutres que possible en vue d'une conférence internationale ?
Dans ce cas il existe une stratégie bien plus efficace que le silence.
Monsieur Gorbatchev, laissez sortir les Juifs d'U.R.S.S.
Israël reconnaîtra un droit moral à vos propositions de paix au Moyen-Orient.
Mes frères de toutes les Gauches,
virtuoses de la vertu,
producteurs d'opinions,
votre sensibilité au calvaire palestinien a des accents sublimes
et des racines malsaines.
Pétris de ce Christianisme que vous croyez avoir évacué.
Trop d'entre vous sont encore convaincus
que la vocation des Juifs est d'habiter exclusivement l'Histoire des autres.
Malgré l'Holocauste, vous continuez à douter de la nécessité d'un État juif.
Nous avons joué si longtemps le rôle de levain culturel,
que notre volonté d'être pain vous paraît contre nature.
Alors je demande ;
après combien d'années l'esclave perd le droit de réclamer la liberté
et l'exilé, une patrie ?
Deux mille, est-ce trop ?
Sommes-nous tombés en prescription ?
Et, encoreY
Pour qu'un peuple soit l'habitant légitime d'une terre,
doit-il l'avoir conquise avec le temps ?
l'argent ?
l'épée ?
la charrue ? ou un vote international ?
Choisissez le critère, il sera le nôtre.
Israël a été espéré dans le temps,
racheté par l'argent,
bonifié par les charrues,
défendu par l'épée
et voté par l'ONU.
Si aujourd'hui Samson bastonne à l'aveuglette
c'est aussi à cause de votre complaisance à l'égard des Philistins.
Mes frères Chrétiens,
votre Sauveur est né du ventre d'une de nos femmes.
L'antisémitisme du sein de votre Église.
L'épée du Christ a fait, dans la perspective des siècles,
plus de victimes juives que la main d'Hitler.
Ce n'est pas la visite d'un pape à la synagogue de Rome
qui pourra nous le faire oublier.
Courage, Sainteté,
reconnaissez l'État d'Israël
et nous commencerons à prendre en considération
les jugements de votre troupeau sur nos actes.
Mes frères Musulmans,
fils comme nous d'Abraham,
Israël est un pays imparfait né d'un rêve nécessaire.
Si vous ne pouvez l'accepter
c'est parce que vous poursuivez un rêve opposé,
celui de l'unité arabe.
Né du souvenir de vos splendeurs passées,
il vous a servi de ciment pendant le siècle de l'humiliation coloniale.
Avec la fin de celle-ci, il s'est écroulé.
Le Monde arabe n'existe pas et vous le savez,
il n'existe que des pays arabes
aux régimes souvent incompatibles
plus ou moins liés par une même foi
et une même mauvaise foi à l'égard d'Israël.
Votre but n'a jamais été de donner une patrie aux Palestiniens
mais d'empêcher les Juifs d'en avoir une.
Puisque nous fûmes dans votre histoire
ce que les femmes sont encore souvent, dans vos familles,
des sujets de deuxième classe,
sans droit de parole.
Notre désir d'émancipation vous a paru, à vous aussi,
scandaleux, contre nature.
Incapables d'expulser Israël de votre corps géographique.
Vous avez expulsé les Juifs de votre corps social.
Vous les avez forcés à fuir.
Ainsi vous avez confirmé la vocation de refuge d'Israël.
Vous avez augmenté sensiblement les effectifs de vos ennemis
et vous vous êtes privés
de l'un des arguments les plus efficaces de la propagande arabe :
Israël, écharde occidentale.
Aujourd'hui, la population israélienne est constituée
en grande majorité de réfugiés de pays arabes
ou comme dit Sa Majesté Hassan II du Maroc, d'Arabes de religion juive.
Les Palestiniens ont été votre dernière arme,
votre bombe à retardement générationnelle,
devenue, elle aussi trop difficile à manipuler,
vous avez fini par l'abandonner sur le terrain.
Aujourd'hui, elle explose toute seule, partout.
Mes frères Palestiniens,
les corps où vous êtes nés ne sont pas l'ouvre d'Israël,
mais d'une précise volonté arabe,
et les actes de terrorisme de ceux qui se prétendent
vos défenseurs ne font que retarder votre libération.
Il vaut mieux discuter avec un ami sincère
que faire confiance à des leaders aussi mensongers.
Aujourd'hui vous êtes seuls, face à Israël.
Regardez-le bien, cet adversaire exécré. Il ne s'en ira jamais,
et ce, pour deux raisons, Israël est le seul pays au monde
où *sale juif+ signifie un Juif qui ne se lave pas.
Israël est le seul pays dont les *envahisseurs+,
lorsqu'ils creusent le sol de la *terre occupée+
y retrouvent les tombes de leurs ancêtres.
De plus, c'est le seul pays de cette partie du globe
où l'on peut voter,
où l'on peut s'exprimer librement,
et aussi absurde aussi atroce que cela puisse paraître,
c'est le seul où vous ayez encore quelques amis.
Est-il trop tard pour les appeler au secours ?
J'espère que non ! Je prie que non !
D'ieu en qui je ne crois pas,
en qui je crois,
en qui j'ai tant de mal à croire,
s'il est vrai qu'un jour tu as arrêté le soleil,
arrête pour un instant le film des siècles.
Suspends en l=air les pierres et les balles,
fige les bâtons.
Les hommes ont peut-être encore quelque chose à se dire,
et moi, deux mots à dire aux miens.
Israël, les prophètes t'appelèrent un jour l'Épouse du Seigneur.
Toute épouse a besoin d'un miroir.
L'Histoire t'en offre un.
C'est nous !
Les Juifs de la Diaspora.
Ne le brise pas ! Interroge-le !
Écoute ! Chémâ Israël ! Écoute Israël !
L'ét=ernel ton D'ieu est un, et ses enfants, tous ceux de la planète.
À mon avis il y a une faute de frappe dans la Bible,
tu n'es pas le Peuple élu mais le Peuple électeur.
tu as élu D'ieu Président de ton Histoire pour l'Éternité.
Et si tu as survécu jusqu'à nos jours,
alors que tant de civilisations ont disparu,
c'est parce que tu as été fidèle à ses Lois,
il t'ordonne de te défendre, mais aussi, d'aimer.
Qu'est-ce qu'aimer ? C'est assumer la responsabilité de l'autre !
L'autre est là,
devant toi, à ta merci.
Il a démoli ton image aux yeux du monde,
volé tes amis, tué tes enfants,
et s'est servi des siens comme appâts
pour te faire tomber dans le piège de la répression.
Rahamim Israël Rahamim !
Les peuples sont comme les enfants,
certains se vouent à la violence,
faute d'avoir eu des parents attentifs à leurs besoins.
Avant toi, les Palestiniens en tant que nation n'existaient pas,
ils sont nés de t'avoir vu naître,
ils ont grandi dans l'ombre des tes victoires.
Et s'ils hurlent aujourd'hui qu'ils veulent tout,
même Tel Aviv et Haïfa.
C'est plus par désespoir que par conviction.
Ils n'ont plus rien.
Je sais !
S'ils avaient accepté cette part de territoire,
que leur avait assignée l'ONU en 1947
ils l'auraient déjà, un pays.
Mais qui rate ses calculs en histoire ne doit pas,
ne peut pas être pénalisé éternellement.
En tous cas, pas par nous, Juifs.
Je sais,
il n'y a pas à qui parler.
Tous les Palestiniens modérés encore en vie
sont sous l'influence de l'OLP
et, l'OLP prévoit toujours dans son statut
la liquidation de l'État d'Israël.
Je sais,
on n'a jamais vu dans toute l'histoire de la diplomatie
un état souverain,
traiter avec un groupe qui se propose sa destruction.
Je sais,
le monde te demande l'impossible,
trouver, au risque de ta survie, une solution conforme
à la morale que tu as enseignée aux Nations
et que celles-ci, chaque jour et partout transgressent.
Le monde,
qui pour toi fut toujours sans pitié,
réclame ta pitié pour ceux qui,
comme lui, n'en ont pas eu hier
et n'en auront probablement pas demain.
Essaye quand même.
Et nous sommes habitués aux miracles,
et les miracles aujourd'hui sont les gestes inattendus
des hommes qui détournent en un jour le cours de l'Histoire.
Tend la main Israël !
Même s'il n'y a personne pour la serrer.
Et prend le monde à témoin de cette main tendue
et l'on saura enfin qui tu es,
non pas une écharde occidentale plantée au cour du monde arabe,
comme ils disent,
mais la pointe de diamant du Moyen-Orient dans le monde.
Shalom Vé Salam !
Herbert Abraham Hadjage Pagani,
publié par Herbert Pagani dans: Peace in Middle East
1. Tout Juif a le droit d’immigrer en Israël.
2. a) L’immigration se fera avec un visa d’immigrant.
b) Un visa d’immigrant sera délivré à tout Juif qui aura exprimé le désir de s’établir en Israël, à moins que le ministre de l’Intérieur soit convaincu que le candidat :
1) mène des activités dirigées contre le peuple juif ; ou
2) risque de porter atteinte à la salubrité publique ou à la sécurité de l’État ; ou
3) a un passé criminel susceptible de mettre en danger le bien-être public.
3. a) Un Juif qui vient en Israël et manifeste ensuite le désir de s’établir peut, alors qu’il se trouve encore en Israël, recevoir un certificat d’immigrant.
b) Les exceptions précisées au paragraphe 2. b) s’appliqueront également à la délivrance d’un certificat d’immigrant sauf si une personne est considérée comme un danger pour la salubrité publique à cause d’une maladie contractée après son arrivée en Israël.
4. Tout Juif qui a immigré dans ce pays avant l’entrée en vigueur de cette loi, et tout Juif né dans ce pays que ce soit avant ou après l’entrée en vigueur de cette loi, est dans la même situation que celui qui a immigré aux temnes de cette loi.
4a) Les droits d’un Juif aux termes de cette loi, les droits d’un immigrant selon la loi sur la nationalité de 1952, et les droits d’un immigrant aux termes de toute autre loi sont aussi accordés aux enfants et petits-enfants d’un Juif, à son conjoint et au conjoint d’un enfant ou d’un petit-enfant d’un Juif — à l’exception d’une personne qui était juive et a, de sa propre volonté, changé de religion.
b) Rien n’est changé que le Juif par l’intermédiaire duquel un droit est invoqué aux termes du sous-paragraphe a) soit toujours — ou ne soit plus — en vie, ou qu’il ait — ou non- immigré en Israël.
c) Les exceptions et les conditions appliquées à un Juif ou à un immigrant aux termes ou en vertu de cette loi ou de la législation mentionnée dans le sous-paragraphe a) s’appliqueront également à une personne demandant à bénéHicier de l’un des droits mentionnés au sous-paragraphe a).
4B. Pour les besoins de cette loi, " un Juif " désigne une personne née d’une mère juive ou convertie au judaïsme et qui ne pratique pas une autre religion.
5. Le ministre de l’Intérieur est chargé de l’application de cette loi et pourra prendre toute ordonnance pour son application et pour l’octroi de visas et de certificats d’immigration aux mineurs jusqu’à l’âge de 18 ans.
Source : Xavier Baron, Proche-Orient, du refus à la paix, Les Documents de référence, Hachette Pluriel, 1994.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
(sources : JTA) :
- 100% de la bande de Gaza évacués et remis à l'Autorité palestinienne
- 450 km2 environ de la Cisjordanie seront évacués
- 21 colonies de la bande de Gaza seront évacuées
- 4 colonies de Cisjordanie seront évacuées
- 9.000 colons environ sont concernés
- 45.000 soldats et policiers participeront aux opérations de retrait
- 1,74 milliard de $ : coût approximatif du retrait pour le gouvernement
israélien
- 360.000 $ : indemnité moyenne payée à chaque famille relogée
- 870.000 $ : coût approximatif pour reloger les colons à l'intérieur
d'Israël
- 2,2 milliards de $ : montant de l'aide qu'Israël demande aux Etats-Unis
- 100% de la bande de Gaza évacués et remis à l'Autorité palestinienne
- 450 km2 environ de la Cisjordanie seront évacués
- 21 colonies de la bande de Gaza seront évacuées
- 4 colonies de Cisjordanie seront évacuées
- 9.000 colons environ sont concernés
- 45.000 soldats et policiers participeront aux opérations de retrait
- 1,74 milliard de $ : coût approximatif du retrait pour le gouvernement
israélien
- 360.000 $ : indemnité moyenne payée à chaque famille relogée
- 870.000 $ : coût approximatif pour reloger les colons à l'intérieur
d'Israël
- 2,2 milliards de $ : montant de l'aide qu'Israël demande aux Etats-Unis
publié par david dans: Peace in Middle East
14 mai 1948
La création de l’État d’Israël a été proclamée le 14 mai 1948, à quatre heures de l’après-midi, par le Conseil provisoire de l’État réuni au musée de Tel-Aviv. La Déclaration d’indépendance est lue à haute voix par David Ben Gourion. Ensuite, les trente-sept membres du Conseil apposent leur signature sur le document. Le soir même, peu avant minuit, le dernier Haut Commissaire britannique quitte Haïfa. Le lendemain, les armées arabes entrent en Palestine.
La terre d’Israël est le lieu où naquit le peuple juif. C’est là que s’est formée son identité spirituelle, religieuse et nationale. C’est là qu’il a réalisé son indépendance et créé une culture qui a une signification nationale et universelle. C’est là qu’il a écrit la Bible et l’a offerte au monde.
Contraint à l’exil, le peuple juif est resté fidèle à la terre d’Israël dans tous les pays où il s’est trouvé dispersé, ne cessant jamais de prier et d’espérer y revenir pour rétablir sa liberté nationale.
Motivés par ce lien historique, les Juifs ont lutté au cours des siècles, pour revenir sur la terre de leurs ancêtres et retrouver leur État. Au cours des demières décennies, ils sont revenus en masse. Ils ont mis en valeur les terres incultes, ont fait renaître leur langue, ont construit des villes et des villages, et ont installé une communauté entreprenante et en plein développement qui a sa propre vie économique et culturelle. Ils ont recherché la paix tout en étant prêts à se défendre. Ils ont apporté les bienfaits du progrès à tous les habitants du pays et se sont préparés à l’indépendance souveraine.
En 1897, le premier congrès sioniste, inspiré par la vision de l’État juif de Theodor Herzl, a proclamé le droit du peuple juif au renouveau national dans son propre pays.
Ce droit a été reconnu par la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917, et réaffimmé par le mandat de la Société des Nations qui a apporté une reconnaissance internationale formelle au lien historique du peuple juif avec la Palestine et à son droit de rétablir son Foyer national.
Le récent holocauste, qui a anéanti des millions de Juifs en Europe, a de nouveau montré le besoin de résoudre le problème dû au manque de patrie et d’indépendance du peuple juif, par le rétablissement de l’État juif, qui ouvrirait ses portes à tous les Juifs et conférerait au peuple juif un statut d’égalité au sein de la communauté des nations.
Les survivants du terrible massacre en Europe, de même que les Juifs venus des autres pays, n’ont pas abandonné leurs efforts pour rejoindre Israël, en dépit des difficultés, des obstacles et des périls ; et ils n’ont pas cessé de revendiquer leur droit à une vie de dignité, de liberté et de travail honnête sur la terre de leurs ancêtres.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive de Palestine a apporté sa pleine contribution au combat des nations éprises de liberté contre le fléau nazi. Les sacrifîces de ses soldats et son effort de guerre lui ont valu le droit de figurer parmi les nations qui ont fondé l’Organisation des Nations unies.
Le 29 novembre 1947,1’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution recommandant la création d’un État juif en Palestine. L’Assemblée générale a demandé aux habitants de ce pays de prendre toutes les mesures nécessaires pour l’application de cette résolution. Cette reconnaissance par les Nations unies du droit du peuple juif à établir son État indépendant est irrévocable.
C’est là le droit naturel du peuple juif de mener, comme le font toutes les autres nations, une existence indépendante dans son État souverain.
En conséquence, nous, membres du Conseil national, représentant la communauté juive de Palestine et le Mouvement sioniste mondial, sommes réunis en assemblée solennelle aujourd’hui, jour de la cessation du mandat britannique en Palestine, et en vertu du droit naturel et historique du peuple juif et conformément à la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies.
Nous proclamons la création de l’État juif en Palestine qui portera le nom d’État d’Israël.
Nous déclarons qu’à compter de la fin du mandat, à minuit, dans la nuit du 14 au 15 mai 1948, et jusqu’à ce que les organismes de l’État régulièrement élus conformément à une Constitution qui sera élaborée par une Assemblée constituante d’ici au 1er octobre 1948, le Conseil national agira en qualité de Conseil provisoire de l’État, et l’Administration nationale fera fonction de gouvernement provisoire de l’État juif, qui sera appelé Israël.
L’État d’Israël sera ouvert à l’immigration des Juifs de tous les pays où ils sont dispersés ; il veillera au développement du pays au bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix ainsi que cela avait été conçu par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité sociale et politique à tous ses citoyens, sans distinction de religion, de race ou de sexe ; il garantira la liberté de culte, de conscience, d’éducation et de culture ; il assurera la protection des Lieux saints de toutes les religions, et respectera les principes de la Charte des Nations unies.
L’État d’lsraël est prêt à coopérer avec les organismes et les représentants des Nations unies pour l’application de la résolution adoptée par l Assemblée générale le 29 novembre 1947 et à prendre toutes les mesures nécessaires pour la mise en place de l’Union économique sur l’ensemble de la Palestine.
Nous demandons aux Nations unies d’aider le peuple juif à édifier son État et d’admettre Israël dans la famille des nations.
Victimes d’une agression caractérisce, nous demandons cependant aux habitants arabes de l’État d’Israël de préserver les voies de la paix et de jouer leur rôle dans le développement de l’État, sur la base d’une citoyenneté pleine et égalitaire et d’une juste représentation dans tous les organismes et les institutions — provisoires et permanents — de l’État.
Nous tendons notre main en signe de paix et de bon voisinage à tous les États qui nous entourent et à leurs peuples, et nous les invitons à coopérer avec la nation juive indépendante pour le bien commun de tous. L’Etat d’Israël est prêt à apporter sa contribution au progrès du Proche-Orient dans son ensemble.
Nous demandons au peuple juif de par le monde de se tenir à nos côtés dans la tâche d’immigration et de développement et de nous aider dans le grand combat pour la réalisation du rêve des générations passées : la rédemption d’Israël.
Confiants en l’Éternel Tout-Puissant, nous signons cette déclaration en cette séance du Conseil provisoire de l’État, sur le sol de la patrie, dans la ville de Tel-Aviv, cette veille du shabbath, 5 Iyar 5708, 14 mai 1948.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Il est trop facile de parler de ce que les Palestiniens détestent chez les
Israéliens et réciproquement. Mon idée est donc d'essayer de mettre le doigt
sur ce qui pourrait nous rapprocher. Ce que nous avons en commun, par
exemple.
Cette idée m'est venue à l'occasion d'une conférence à San Francisco, où
j'étais invité pour présenter mon spectacle comique devant 1.350 militants
pour la paix.
Il est indéniable que l'humour est quelque chose que Palestiniens et Juifs
ont en commun.
La conférence se tenait sous les auspices de Tikkun et de son fondateur, le
célèbre rabbin Michael Lerner, auteur du livre "Soigner Israël, soigner la
Palestine".
Après le spectacle, de nombreux spectateurs sont venus me trouver pour me
dire qu'ils en avaient assez d'entendre parler de tout ce qui sépare nos
deux peuples. Ils veulent entendre parler de ce qui les rapproche. Et nous
partageons tant de choses que nous pouvons nous partager la Terre Sainte,
c'est certain.
Voilà une série de choses que nous avons en commun.
La nourriture
Nous mangeons beaucoup. Une étude récente a montré que 39% des Israéliens
sont obèses. Dans le monde arabe, cela se mesure en comptant le nombre
d'Arabes qui sont minces.
J'ai une théorie là-dessus. Plus on est conservateur, palestinien ou juif,
et plus on désire que sa femme et ses enfants soient gros. Plus on est à
gauche, plus on est influencé par l'image occidentale de l'anorexie.
Ainsi, nos mères nous ont forcés à manger comme on gave les oies, produisant
ainsi une version humaine du foie gras.
Nous mangeons les mêmes choses, que nous considérons comme nous appartenant
sans partage. Ainsi, comme pour la controverse sur le Mur ou la Clôture, que
les gens au Moyen-Orient appellent tout simplement la Barrière, je parlerai
des plats arabes et juifs comme du Plateau du Parti Shinoui (2), qui propose
à chacun quelque chose.
Nous apportons de la nourriture dans les avions. Que nous mangeons pendant
le vol, ni avant, ni après. Rien à voir avec le fait qu'elle soit casher,
halal ou non avariée. Nous voulons qu'elle soit bonne. La nourriture des
compagnies aériennes, c'est du carton avec du sel dessus.
Le problème, c'est que la nourriture moyen-orientale sent fort. Je me
souviens, quand ma mère ouvrait un plat de feuilles de vigne enveloppé de
cellophane, tout le monde sautait sur son siège, le regard apeuré,
exactement comme les passagers d'un vol réagissent quand ils me voient
entrer dans un avion avec un keffieh sur la tête. La sécurité me demande
alors souvent : "portez-vous une arme de destruction massive ?", à quoi je
réponds : "je suis une arme de destruction massive ambulante, je viens de me
taper tout un bol de taboulé".
Mères sur-protectrices
Nous sommes émotionnels. Très émotionnels. Nous nous aimons et nous nous
détestons, tout cela ensemble au même moment. En général, nous aurons
tendance à dire un mot gentil à un étranger bien plus qu'à quelqu'un de
notre famille.
Nous avons des mères sur-protectrices, dont la tendresse envahissante fait
de nous, soit des médecins, soit des psychotiques. Chez les Palestiniens
comme chez les Juifs, la ligne qui sépare le génie de la folie est très
ténue.
Nous nous ressemblons beaucoup : même couleur de peau, mêmes accents. Et
nous sommes mal élevés. C'est pourquoi nous avons besoin d'un mur entre
nous. En fait, dans les aéroports européens, on prend souvent les
Palestiniens et les Israéliens pour des Pakistanais.
Nous adorons donner des conseils, mais détestons en recevoir.
Les responsables de nos problèmes sont toujours les autres, jamais nous.
Nous avons un répertoire d'expressions intelligentes et blessantes les uns
sur les autres. Une des expressions favorites des Juifs, c'est : "les
Palestiniens ne ratent jamais une occasion de rater une occasion". Une des
expressions favorites des Palestiniens, c'est : " les Juifs ne ratent jamais
une occasion de forcer les Palestiniens à rater une occasion".
Enfin, nous adorons les paraboles, comme celle du lac, de la grenouille et
du scorpion.
Le scorpion demande à la grenouille de l'aider à traverser le lac (qui
symbolise la paix). La grenouille accepte, mais se méfie : "je suppose que
tu ne vas pas me piquer, sinon nous nous noierions tous les deux". A
mi-chemin, le scorpion pique la grenouille, et avant qu'ils ne meurent tous
les deux, la grenouille, choquée, demande pourquoi. Le scorpion, sans
beaucoup d'imagination, répond : "c'est le Moyen-Orient".
Le problème, c'est que, dans cette histoire, Palestiniens comme Israéliens
pensent qu'ils sont la grenouille.
(1) Ray Hanania est un Américain d'origine palestinienne (sa famille est
originaire de Jérusalem et de Bethléem). Humoriste et satiriste, il présente
son spectacle "Si on peut rire ensemble, on peut vivre ensemble", soit seul,
soit avec Aaron Freeman, un Juif noir américain. Son site internet est à
http://www.hanania.com
(2) le parti israélien "Shinoui" de Tommy Lapid est un parti israélien
laïque "centriste", souvent qualifié de populiste. La lutte contre les
religieux est à peu près son seul programme, avec une conception très
libérale de l'économie (et un certain racisme anti-oriental chez son "leader
charismatique"). Comme l'a assez bien vu Ray Hanania, il a su attirer des
électeurs de tous les horizons (en particulier de gauche, qui plus tard se
sont sentis floués), en maintenant le flou sur ses positions.
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