La Charte nationale palestinienne
2 juin 1964
La première Charte de l’OLP est adoptée par le premier Conseil national palestinien, à Jérusalem, le 2 juin 1964.
Cette Charte a été profondément remaniée en 1968.
1. La Palestine est une terre arabe, unie par des liens nationaux étroits aux autres pays arabes. Ensemble, ils forment la grande nation arabe.
2. La Palestine, avec ses frontières de l’époque du mandat britannique, constitue une unité régionale indivisible.
3. Le peuple arabe de Palestine a le droit légitime à sa patrie. II est une partie inséparable de la nation arabe. Il partage les souffrances et les aspirations de la nation arabe et sa lutte pour la liberté, la souveraineté, le progrès et l’unité.
4. Le peuple de Palestine déterminera sa destince lorsqu’il aura achevé la libération de sa patrie en accord avec son propre désir, sa libre volonté et son libre choix.
5. La personnalité palestinienne est une caractéristique permanente et authentique qui ne disparaît pas. Elle se transmet de père en fils.
6. Les Palestiniens sont les citoyens arabes qui ont normalement vécu en Palestine jusqu’en 1947, qu’ils y soient demeurés ou qu’ils en aient été expulsés. Tout enfant né de parents palestiniens après cette date, soit en Palestine même, soit à l’extérieur, est un Palestinien.
7. Les Juifs d’origine palestinienne sont considérés comme des Palestiniens, pourvu qu’ils veuillent vivre pacifiquement et loyalement en Palestine.
12. L’unité arabe et la libération de la Palestine sont deux objectifs complémentaires. Chacun d’eux aide à réaliser l’autre. L’unité arabe mène à la libération de la Palestine, et la libération de la Palestine conduit à l’unité arabe. Travailler à ces deux objectifs doit aller de pair.
13. Le destin de la nation arabe et l’essence même de l’existence arabe sont solidement liés au destin de la question de Palestine. L’effort et la lutte de la nation arabe pour libérer la Palestine s’appuient sur ce lien profond. Le peuple de Palestine assume un rôle d’avant-garde dans la réalisation de cet objectif national sacré.
14. La libération de la Palestine, d’un point de vue arabe, est un devoir nntinnal. Cette responsabilité incombe à la nation arabe tout entière, gouvernements et peuples, le peuple palestinien étant au premier plan. A cette fin, la nation arabe doit mobiliser ses moyens militaires, spirituels et matériels. En particulier, elle doit donner au peuple arabe palestinien tout le soutien et l’appui dont elle dispose et lui offrir toutes les occasions et les moyens lui perrnettant de remplir son rôle dans la libération de sa patrie.
15. La libération de la Palestine, sur le plan spirituel, annonce, en Terre sainte, une atmosphère de tranquillité et de paix, dans laquelle tous les Lieux saints seront protégés. La liberté de culte et d’accès sera garantie à tous, sans discrimination de race, de couleur, de langue ou de religion. Pour toutes ces raisons, le peuple palestinien s’attend à avoir le soutien de toutes les forces spirituelles dans le monde.
17. Le partage de la Palestine en 1947 et la création d’Israël sont des décisions illégales et artificielles quel que soit le temps écoulé, parce qu’elles ont été contraires à la volonté du peuple de Palestine et à son droit naturel sur sa patrie. Elles ont été prises en violation des principes fondamentaux contenus dans la Charte des Nations unies parmi lesquels figure au premier plan le droit à l’autodétermination.
18. La Déclaration Balfour, le Mandat et tout ce qui en a résulté sont des impostures. Les revendications au sujet des liens historiques et spirituels entre les Juifs et la Palestine ne sont pas conformes avec les faits historiques ou avec les bases réelles d’un État. Ce n’est pas parce que le judaïsme est une religion divine qu’il engendre une nation ayant une existence indépendante. De plus, les Juifs ne forment pas un peuple doté d’une personnalité indépendante parce qu’ils sont citoyens des pays auxquels ils appartiennent.
24. Cette Organisation n’exerce aucune souveraineté régionale sur la rive occidentale du royaume hachémite de Jordanie, sur la bande de Gaza ou sur la région de Himmah. Ses activités seront organisées au niveau national populaire dans les domaines de la libération, de l’organisation, de la politique et des finances.
25. Cette Organisation a la responsabilité de l’action du peuple de Palestine dans sa lutte de libération de la patrie pour toutes les questions concernant la libération, l’organisation, la politique et les finances et pour tout ce que nécessite la question palestinienne, sur les plans arabe et international.
26. L’Organisation de Libération coopère avec tous les gouvernements arabes, selon les possibilités de chacun, et ne s’ingère dans les affaires intérieures d’aucun État arabe.
29. Cette Charte ne peut être amendée qu’à la majorité des deux tiers du Conseil National de l’Organisation de Libération de la Palestine siégeant en session spéciale à cette fin.
Source : Xavier Baron, Proche-Orient, du refus à la paix, Les Documents de référence, Hachette Pluriel, 1994.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
| À l’issue des pourparlers secrets menés entre les travaillistes israéliens et les représentants de l’OLP, Yasser Arafat et Ytzhak Rabin signent le 13 septembre 1993, à la Maison-Blanche, un accord qui reconnaît l’existence des deux parties en présence. Nous reproduisons ici des extraits de leurs deux discours Yasser Arafat " Au nom de Dieu, le clément, le miséricordieux, " […] Mon peuple espère que cet accord que nous signons aujourd’hui marquera le début de la fin d ‘un chapitre de douleur et de souffrance, qui a duré pendant ce siècle. " Mon peuple espère que cet accord que nous signons aujourd’hui débouchera sur une ère de pair, de coexistence et d ‘égalité des droits. […] Maintenant que nous sommes au seuil d ‘une nouvelle ère historique, laissez-moi m’adresser au peuple d’Israël et à ses dirigeants que nous rencontrons aujourd’hui pour la première fois, et laissez-moi leur assurer que la difficile décision que nous avons prise ensemble était de celles qui nécessitaient un courage exceptionnel. " L’application de l’accord et la poursuite de la mise en œuvre définitive, après deux ans, de toutes les modalités des résolutiot7s 242 et 338, ainsi que le règlement de toutes les questions relatives à Jérusalem, aux implantations, aux réfugiés et aux frontières, seront de la responsabilité palestinienne et israélienne. […] " Notre peuple ne considère pas que l’exercice de son droit à l’autodétermination puisse violer les droits de ses voisins ou porter atteinte à leur sécurité. Au contraire, mettre fin à son sentiment d ‘avoir été maltraité et d ‘avoir subi une injustice historique constitue la plus ferme garantie pour parvenir à une coexistence et à une ouverture entre nos deux peuples et les générations futures. […] " Yitzhak Rabin " La signature aujourd’hui à Washington de la déclaration de principes israélo-palestinienne n’est pas simple, ni pour moi-même en tant que soldat dans la guerre menée par Israël, ni pour le peuple d’Israël […] Ce n ‘est certainement pas simple pour les familles des victimes des guerres, de la violence, de la terreur, dont la souffrance ne guérira jamais, pour les milliers de personnes qui ont défendu nos vies avec la leur et qui ont même sacrifié leur vie pour la nôtre. Pour tous ceux-là, cette cérémonie arrive trop tard. " Aujourd’hui, à la veille d ‘une occasion de paix et peut-être de la fin des violences et des guerres, nous nous souvenons de chacun d’entre eux avec un amour éternel. Nous venons de Jérusalem, la capitale ancestrale et éternelle du peuple juif. Nous venons d’une terre de souffrance et d ‘angoisse. Nous venons d’un peuple, d ‘une maison, d’une famille, qui n’a pas connu une seule année, un seul mois au cours desquels des mères n’ont pas pleuré leurs fils. Nous venons pour essayer de mettre fin aux hostilités afin que nos enfants les enfants de nos enfants n’aient plus à payer le douloureux tribut de la guerre, de la violence et de la terreur. […] << Laissez-moi vous dire, Palestiniens, que nous sommes destinés à vivre ensemble sur le même e sol et sur la même terre. […] Nous n’avons aucun désir de vengeance, nous ne nourrissons aucune haine envers vous Nous, comme vous, sommes un peuple, un peuple qui veut construire sa maison, planter un arbre, pour aimer, vivre à vos côtés dans la dignité, en affinité, comme des êtres humains, comme des hommes libres. Nous donnons aujourd’hui une chance à la paix et nous disons qu’un jour viendra où nous ferons tous nos adieux aux armes. […] " |
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
27 novembre 1967
La seizième conférence de presse du général te Gaulle depuis son entrée à l’Elysée, en janvier 1959i lui a fourni l’occasion lundi, quelques jours après son soixante-dix-septième anniversaire, d’une performance remarquable. Ce ne fut pas seulement la plus longue—une heure trente-cinq, un quart d’heure de plus que d’habitude— mais l’une des plus détendues et vivantes—à l’exception de son prologue économique — et surtout pour la forme, l’une des plus brillantes.
Dès l’énoncé des quinze questions successivement posées au chef de l’Etat des mimiques et des boutades viennent alléger l’atmosphère. Un journaliste lui ayant demandé si un mot qu’on lui prête — " l’Angleterre, je la veux nue "— était authentique, le général réplique aussitôt : " La nudité, pour une belle créature, c’est assez naturel et pour ceux qui l’entourent, c’est assez satisfaisant. Mais, quel que soit l’attrait que j’éprouve pour l’Angleterre), je n’ai jamais dit cela à son sujet. Cela fait partie des propos que l’on prête. On en fait même , paraît-il, des livres qui ne répondent que de loin à ma pensée et à mes propos. " La formule vise, semble–t-il, l’ouvrage de J.-R Tournoux, " la tragédie du Général ", dont l’auteur maintient absolument l’authenticité du mot sur l’Angleterre. Comme on lui demande peu après s’il a lu l’ouvrage de Jacques Servan-Shreiber, " le Défi américain " et ce qu’il en pense, le président de la République répond simplement : " Ici, on ne fait pas de publicité littéraire. "
Sur le plan matériel, on a noté quelques menus changements dans l’organisation de cette cérémonie rituelle du régime. Pour la télévision en couleur, qui fait son entrée à l’Elysée, les rideaux, le tapis de la table, avaient été changés afin de présenter des contrastes agréables.
La guerre a éclaté au Moyen-Orient, il y a six mois. Elle s’est aussitôt terminée comme on sait. Que pensez-vous de l’évolution de la situation dans ce secteur depuis le mois de juin dernier ?
L’établissement entre les deux guerres mondiales, car il faut remonter jusque-là, l’établissement d’un foyer sioniste en Palestine et puis, après la deuxième guerre mondiale, l’établissement d’un Etat d’Israël, soulevaient à l’époque un certain nombre d’appréhensions. On pouvait se demander en effet, et on se demandait même chez beaucoup de juifs si l’implantation de cette communauté sur des terres qui avaient été acquises dans des "conditions plus ou moins justifiables et au milieu des peuples arabes qui lui étaient foncièrement hostiles, n’allait pas entraîner d’incessants, d’interminables frictions et conflits. Certains même redoutaient que les juifs, jusqu’alors dispersés, mais- qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est à dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles.
Cependant, en dépit du flot tantôt montant, tantôt descendant des malveillances qu’ils provoquaient, qu’ils suscitaient plus exactement, dans certains pays et à certaines époques, un capital considérable d’intérêt et même de sympathie s’était accumulé en leur faveur surtout, il faut bien le dire dans la chrétienté ; un capital qui était issu de l’immense souvenir du Testament, nourri par toutes les sources d’une magnifique liturgie, entretenu par la commisération qu’inspirait leur antique malheur et que poétisait, chez nous, la légende du Juif errant accru par les abominables persécutions qu’ils avaient subies pendant la deuxième guerre mondiale. et grossi, depuis qu’ils avaient retrouvé une patrie, par 1eurs travaux constructifs et le courage de leurs soldats.
C’est pourquoi, indépendamment des vastes concours en argent, en influence en propagande, que les Israéliens recevaient des milieux juifs d’Amérique et d’Europe, beaucoup de pays, dont la France, voyaient avec satisfaction l’établissement de leur Etat sur le territoire que leur avaient reconnu les puissances, tout en désirant qu’il parvienne, en usant d’un peu de modestie, a trouver avec ses voisins un modus vivendi pacifique.
Il faut dire que ces données psychologiques avaient quelque peu changé depuis 1956 ; à la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet un Etat d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Ensuite, l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté, pour l’agrandir, à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi, d’ailleurs, la Vème république s’était dégagée vis-à-vis d’Israël des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet Etat et s’était appliqué, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient.
Bien sûr, nous conservions avec le gouvernement israélien des rapports cordiaux, et même nous lui fournissions pour sa défense éventuelle les armements qu’il demandait d’acheter, mais, en même temps. nous lui prodiguions des avis de modération notamment à propos des litiges qui concernaient les eaux du Jourdain ou bien des escarmouches qui opposaient périodiquement les forces des deux camps. Enfin nous nous refusions à donner officiellement notre aval à son installation dans un quartier de Jérusalem dont il s’était emparé, et nous maintenions notre ambassade à Tel-Aviv.
D’autre part, une fois mis un terme à l’affaire algérienne nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié, de coopération, qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde, et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être, aujourd’hui, une des bases fondamentales de notre action extérieure.
Bien entendu, nous ne laissions pas ignorer aux Arabes que, pour nous, l’Etat d’Israël était un fait accompli et que nous n’admettrions pas qu’il fut détruit. De sorte qu’on pouvait imaginer qu’un jour viendrait où notre pays pourrait aider directement à ce qu’une paix réelle fût conclue et garantie en Orient, pourvu qu’aucun drame nouveau ne vint le déchirer.
Hélas ! le drame est venu. Il avait été préparé par une tension très grande et constante qui résultait du sort scandaleux des réfugiés en Jordanie, et aussi d’une menace de destruction prodiguée contre Israël. Le 22 mai, l’affaire d’Akaba, fâcheusement créée par l’Egypte, allait offrir un prétexte à ceux qui rêvait d’en découdre.
Pour éviter les hostilités. la France avait. dés le 24 mai, proposé aux trois autres grandes puissances d’interdire, conjointement avec elles, à chacune des deux parties d’entamer le combat.
L’entretien du 24 mai
Le 2 juin, le gouvernement français avait officiellement déclaré qu’éventuellement il donnerait tort à quiconque entamerait le premier l’action des armes, et c’est ce que j’avais répété, en toute clarté, à tous les Etats en cause ; c’est ce que j’avais moi-même, le 24 mai, déclaré à M. Eban, ministre des affaires étrangères d’Israël, que je voyais à Paris.
Si Israël est attaqué, lui dis-je alors en substance, nous ne le laisserons pas détruire, mais si vous attaquez, nous condamnerons votre initiative. Certes, malgré l’infériorité numérique de votre population, étant donné que vous êtes beaucoup mieux organisés, beaucoup plus rassemblés, beaucoup mieux armés que les Arabes, je ne doute pas que, le cas échéant, vous remporteriez des succès militaires, mais, ensuite, vous vous trouveriez engages sur le terrain, et, au point de vue international, dans des difficultés grandissantes, d’autant plus que la guerre en Orient ne peut pas manquer d’augmenter dans le monde une tension déplorable" et d‘avoir des conséquences très malencontreuses pour beaucoup de pays, si bien que c’est à vous devenus des conquérants, qu’on en imputerait peu à peu les inconvénients.
On sait que la voix de la France n’a pas été entendue. Israël, ayant attaqué, s’est emparé, en six jours de combats, des objectifs qu’il voulait atteindre. Maintenant, il organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répressions, expulsions et il s’y manifeste contre lui une résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme. n est vrai que les deux belligérants observent, pour le moment, d’une manière plus ou moins précaire et irrégulière, le cessez-le-feu prescrit par les Nations unies, mais il est bien évident que le conflit n’est que suspendu et qu’il ne peut pas avoir de solution, sauf par la v o i e internationale. Mais un règlement dans cette voie, à moins que les Nations unies ne déchirent elles-mêmes leur propre charte, un règlement doit avoir pour base l’évacuation des territoires qui ont été pris par la force, la fin de toute belligérance et la reconnaissance réciproque de chacun des Etats en cause par tous les autres. Après quoi par des décisions des Nations unies, en présence et sous la garantie de leurs forces, il serait probablement possible d’arrêter le tracé précis des frontières, les conditions de la vie et de la sécurité des deux côtés, le sort des réfugiés et des minorités, et les modalités de la libre navigation poux tous, notamment dans le golfe d’Akaba et dans le canal de Suez
Suivant la France, dans cette hypothèse, Jérusalem devrait recevoir un statut international
Pour qu’un règlement puisse être mis en œuvre, il faudrait qu’il y est l’accord des grandes puissances q u i entraînerait ipso facto celui des Nations unies et si un tel accord voyait le jour, la France est d’avance disposé à prêter sur place son concourt politique, économique et militaire pour que cet accord soit effectivement appliqué. Mais on ne voit pas comment un accord quelconque pourrait naître, non point fictivement sur quelque formule creuse, mais effectivement pour lune action commune, tant que l’un des plus grands des Quatre ne se sera pas dégagé de la guerre odieuse qu’il mène ailleurs. Car tout se tient dans le monde d’aujourd’hui. Sans le drame du Vietnam, le conflit entre Israël et les Arabes ne serait pas devenu ce qu’il est, et si demain l’Asie du Sud-est voyait renaître la paix, le Moyen-Orient l’aura bientôt recouvrée à la faveur de la détente générale qui suivrait un pareil événement.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
Le 20 novembre 1977, fait sans précédent dans 1’histoire des relations israélo-arabes, le président égyptien Anouar el-Sadate vient à Jérusalem, devant la Knesset, prononcer un discours en faveur de la paix.
[…] Toute vie perdue dans la guerre est celle d’un être humain, qu’il soit arabe ou israélien. Toute femme qui perd son mari est un être humain qui a le droit de vivre dans une famille heureuse, qu‘elle soit arabe ou israélie11nez Les enfants qui sont privés des soins de leur père sont les enfants de chacun d ‘entre nous, en terre arabe ou en Israël et nous avons le grand devoir de leur donner un présent heureux et un bel avenir.
" […] Vous voulez vivre avec nous dans cette partie du monde et je vous le dis en toute sincérité : nous vous accueillerons avec plaisir parmi nous, en sûreté et en sécurité.
Ce point en lui-même constitue un tournant historique et décisif, car nous avions coutume de vous rejeter, et nous avions nos raisons […]
"Mais il reste une autre barrière. Cette autre barrière entre nous est une barrière psychologique complexe. C’est une barrière de doute, de dégoût, de crainte de la tromperie.
C’est une barrière de doute au sujet de toute action, ou de toute initiative, ou de toute décision. C’est une barrière d‘interprétations erronées de tout événement et de toute déclaration. […]
"Mais il reste une autre barrière. Cette autre barrière entre nous est une barrière psychologique complexe. C’est une barrière de doute, de dégoût, de crainte de la tromperie.
C’est une barrière de doute au sujet de toute action, ou de toute initiative, ou de toute décision. C’est une barrière d‘interprétations erronées de tout événement et de toute déclaration. […]
" Je vous dis, en vérité, que la paix ne sera réelle que si elle est fondée sur la justice et non sur l’occupation des terres d ‘autrui n‘est pas admissible que vous demandiez pour vous-mêmes ce que vous refusez aux autres. Franchement, dans l’esprit qui m ‘a poussé à venir aujourd’hui chez vous, je vous dis : vous devez abandonner une fois pour toutes vos rêves de conquêtes. […].. Il y a de la terre arabe qu’Israël a occupée et qu’il continue à occuper par la force des armes. Nous insistons sur un retrait complet de ce territoire arabe, y compris Jérusalem arabe, Jérusalem où je suis venu comme dans une cité de paix, la cité qui a été et qui sera toujours l’incarnation vivante de la coexistence entre les fidèles des trois religions. […] " Si vous avez trouvé la justification légale et morale de l’établissement d ‘une patrie nationale sur un territoire qui n ‘était pas le vôtre, alors il vaut mieux que vous compreniez la détermination du peuple palestinien à établir son propre Etat, une fois de plus, dans sa patrie. […] " La paix n’est pas une manipulation de slogans qui la réclament afin de défendre des convoitises ou de dissimuler des ambitions. La paix, dans son essence, est opposée à toutes les convoitises et toutes les ambitions. "
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
| Les lettres de reconnaissance mutuelle entre l’OLP et Israël 9 septembre 1993 Alors que l’opinion internationale était maintenue dans l’impression que ie processus de paix engagé à Madrid en 1991 piétinait, Israël et l’OLP préparaient dans le plus grand secret un a"e révo1utionnaire : leur reconnaissance mutuelle, c’est-à-dire l’acceptation réciproque de parler, à visage découvert, à l’adversaire en le reconnaissant comme tel. C’est dire que, après quarante-cinq ans de conflit israélo-palestinien, une décision pour une fois réellement historique était sérieusement envisagée. Ironie de l’Histoire, Washington a été tenu à l’écart de la préparation de cet événement, même s’il l’a récupéré, après quelque hésitation, au dernier moment C’est à Oslo, en Norvège, que les négociateurs israéliens et ceux de l’OLP ont, dans le plus grand secret, pendant huit mois, préparé leur reconnaissance mutuelle avec l’aide du médiateur norvégien, le ministre des Affaires étrangères Johan Joergen Holst Ces discussions secrètes, auxquelles le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Pérés, et Mahmoud Abbas (Abou Mazen), membre du CEOLP, ont personnellement participé, ont abouti à un double accord sur les points essentiels le 20 août 1993, à Oslo : la reconnaissance mutuelle, qui devait être suivie par la signature d’une déclaration de principe sur l’autonomie palestinienne dans les territoires occupés, à commencer par Gaza et Jéricho. Yasser Arafat signe, dans la nuit du 9 au 10 septembre, la lettre portant reconnaissance du droit d’lsraël à vivre en paix, ainsi qu’une lettre au ministre norvégien dans laquelle il s’engage à demander aux Palestiniens de renoncer " à la violence et au terrorisme ". Johan Joergen Holst part, dans la matinée du 10 septembre, pour Jérusalem, où Yitzhak Rabin signe, à son tour, une lettre par laquelle Israël reconnaît l’OLP comme " le représentant du peuple palestinien " et décide d’ouvrir des négociations avec cette organisation. Lors de la cérémonie de signature, après avoir lu attentivement la lettre de Yasser Arafat, le Premier ministre israélien remarque que les engagements de l’OLP constituent " un changement radical qui ouvre la voie à la réconciliation et à la paix entre les Palestiniens et Israël. Il s’agit du premier accord entre les Palestiniens et Israël depuis la création de l’Etat d’Israël. Je suis pleinement conscient des difficultés auxquelles doivent faire face les Palestiniens et Israël pour parvenir à une solution de nos problèmes. Mais, je vois dans cet accord un grand pas vers la réalisation de cet objectif ". Le jour même, le FPLP et le FDLP annoncent que leurs représentants se retirent du CEOLR Quelques heures après la reconnaissance mutuelle entre Israël et l’OLP, le président Bill Clinton annonce que les Etats-Unis ont décidé de renouer avec l’OLP " le dialogue et les contacts " interrompus le 20 juin 1990. La lettre de Yasser Arafat 9 septembre 1993 Monsieur le Premier ministre, La signature de la déclaration de principe marque une nouvelle ère dans l’histoire du Proche-Orient. Avec cette ferme conviction. je voudrais confirmer les engagements suivants de l’OLP : — L’OLP reconnâît le droit de l’Etat d’lsraël à vivre en paix et dans la sécurité. — L’OLP accepte les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies. — L’OLP est engagée par le processus de paix au Proche-Orient et par une solution pacifique du conflit entre les deux parties. et déclare que toutes les questions en suspens liées au statut permanent seront résolues par des négociations. — L’OLP considère que la signature de la déclaration de principe constitue un événement historique, inaugurant une ère nouvelle de coexistence pacifique, sans violence ni actions qui mettraient en danger la paix et la stabilité. En conséquence, I’OLP renonce à l’usage du terrorisme et de tout acte de violence et exercera ses responsabilités sur tous les membres et personnels de l’OLP afin de garantir leur acceptation, de prévenir les violations et de sanctionner les contrevenants. — Dans la perspective d’une ère nouvelle et de la signature de la déclaration de principe, et du fait de l’acceptation par les Palestiniens des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité, l’OLP affirme que les articles de la Charte palestinienne qui nient à Israël le droit à l’existence et les dispositions de la Charte qui contredisent les engagements de cette lettre sont désormais inopérants et sans validité. En conséquence, I’OLP soumettra à l’approbation formelle du Conseil national palestinien les modifications qui doivent être apportées à la Charte palestinienne. Sincèrement, Yasser Arafat, président de l’Organisation de libération de la Palestine. La lettre de Yitzhalt Rabin 9 septembre 1993 Monsieur le Président, En réponse à votre lettre du 9 septembre 1993, je souhaite vous confirmer qu’à la lumière des engagements de l’OLP qui y figurent, le gouvernement d’Israël a décidé de reconnaître l’OLP comme le représentant du peuple palestinien et d’ouvrir des négociations avec l’OLP dans le cadre du processus de paix au Proche-Orient. Yitzhak Rabin Premier ministre d’Israël. La lettre de Yasser Arafat à Jollan Joergen Holst 9 septembre 1993 Cher ministre Holst, Je voudrais vous confirmer que lors de la signature de la déclaration de principe je prendrai la position suivante dans mes déclarations publiques : A la lumière de l’ère nouvelle inaugurée par la signature de la déclaration de principe, I’OLP encourage et appelle le peuple palestinien de Cisjordanie et de la bande de Gaza à s’associer aux mesures conduisant à la normalisation des activités quotidiennes. rejetant la violence et le terrorisme, contribuant à la paix et à la stabilité, et contribuant activement à la préparation de la reconstruction, du développement économique et de la coopération. Sincèrement, Yasser Arafat. président de l’Organisation de libération de la Palestine |
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