Un Pont sur des Eaux Troubles (1)

Publié le par david castel


[cet article du co-directeur palestinien de l¹IPCRI n¹est peut-être pas
d¹une originalité folle, mais il a le mérite de faire une assez bonne et
courte synthèse des deux mondes politiques face à leurs élections
respectives, ainsi que de rappeler un certain nombre de vérités. Une
originalité pourtant : contre tous les sondages récents, il anticipe une
victoire du Hamas. Précisons qu¹en ce qui le concerne, ce ne serait pas une
bonne nouvelle!]


http://www.commongroundnews.org

Common Ground News Service (CGNews) ­ 12 janvier 2006


Un Pont sur des Eaux Troubles (1)
par Khaled Duzdar *

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Les événements dramatiques qui se déroulent quotidiennement rendent
extrêmement difficile une quelconque prédiction concernant le bon remède à
apporter pour résoudre le conflit israélo-palestinien ou pour à tout le
moins concevoir un traitement réaliste qui rapprocherait son terme. Les mois
à venir seront cruciaux. Des lignes y seront tracées qui définiront les
futures relations entre les deux côtés.

Du côté palestinien, la situation est toujours incertaine, et l¹on ne sait
toujours pas si les élections auront lieu à la date prévue ou si elles
seront reportées. En cas de report, ce retard provoquera-t-il une nouvelle
vague de violences? Les élections ouvriront-elles une page nouvelle dans
l¹histoire palestinienne qui entraînera des changements positifs, ce qui
permettrait à Mahmoud Abbas de finir par résoudre le chaos endémique et
affirmer son autorité? Si le Hamas gagne les élections, assisterons-nous à
la naissance d¹une nouvelle théocratie dans la région, menée par des
fanatiques? Ou bien l¹Autorité palestinienne annulera-t-elle les résultats
pour imposer un coup d¹Etat, comme en Algérie, qui conduirait alors à une
longue vendetta entre le Hamas et l¹Autorité palestinienne ?

Dans une situation où l¹Autorité palestinienne perd tout contrôle et où les
milices font la loi dans la rue, les milices du Fatah continueront à
déstabiliser la société en se présentant comme les "sauveurs de la nation ",
alors qu¹en fait, ils en sont plutôt le talon d¹Achille. Même aujourd¹hui,
Mahmoud Abbas se retrouve en situation difficile, car il affronte de
nombreux ennemis qui, chacun, travaille à ses propres intérêts et selon un
agenda qui lui est propre. L¹agenda national, quant à lui, a été oublié, et
même le Fatah est fragmenté à un point tel qu¹il est devenu méconnaissable.
Il est devenu clair, avant même les élections, que le Fatah a perdu son
monopole et ne contrôle plus grand-chose. Et l¹opinion semble en avoir assez
du Fatah, ce qui ouvre la voie à une victoire du Hamas, à une majorité
écrasante !

En Israël, la situation n¹est pas moins confuse. Avec le nouveau parti
Kadima et la maladie d¹Ariel Sharon, les cartes sont redistribuées. Qui va
remplacer Sharon au poste de Premier ministre? Sur quel programme concernant
le processus de paix? Le nouveau Premier ministre élu continuera-t-il dans
la voie de l¹unilatéralisme tracée par Sharon? Cet unilatéralisme a valu au
Premier ministre Sharon un immense soutien populaire. Le prochain
gouvernement israélien maintiendra-t-il cette dynamique? Si le Likoud,
emmené par Netanyahou, revient sur le devant de la scène, quelle sera sa
politique? Quelle sera la vision de la paix de Netanyahou? Et si Peretz et
le Parti travailliste en ont l¹occasion, Peretz créera-t-il une dynamique
qui permettra de faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens?

En Israël comme en Palestine, le paysage politique est plus difficile et
complexe que jamais. Il semble que nous soyons en train d¹entrer dans une
sorte de vide politique, avec, pendant longtemps, très peu de chances de
faire avancer le processus de paix. Ce vide n¹est pas dû à l¹absence de
programme, mais à l¹absence de l¹homme qui fixe les règles du jeu (Sharon).

Quel que soit le nouveau Premier ministre israélien, il lui sera difficile
de terminer ce que Sharon a commencé. Quel autre dirigeant israélien aura la
force, la détermination et le soutien populaire nécessaires pour continuer à
démanteler les colonies et en finir avec l¹occupation? Au cas où cela ne se
produirait pas, nous connaîtrions alors un avenir sans solution, et la
perpétuation du conflit produirait des effets très négatifs des deux côtés.

Compte tenu de la gravité de ces développements possibles, il est utile de
commencer dès à présent à s¹interroger sur les futures relations
israélo-palestiniennes. Y aura-t-il un pont sur les eaux troubles? Le
principe de deux Etats est le seul qui permette aux deux nations de réaliser
leurs aspirations nationales. La feuille de route qui mène vers les deux
Etats, ainsi que ses paramètres, sont bien connus de tous. Il semble qu¹il y
ait un consensus général au sein des deux peuples pour reconnaître la
nécessité d¹une solution pacifique qui mettrait un terme à ce conflit
sanglant et aux massacres réciproques. Pourtant, le chemin pour y arriver
est encore très éloigné.

Il n¹existe qu¹une manière pour parvenir à une solution quelle qu¹elle soit
: par la négociation. La négociation est toujours la seule option valide.
Pour entamer un nouveau processus négocié, les deux côtés doivent arrêter de
prétendre qu¹il n¹y a pas de partenaire de l¹autre côté. Il est possible de
parvenir à des accords. Et ils peuvent être appliqués progressivement, avec
un cadre et un calendrier qui auront fait l¹objet d¹accords. L¹Etat
palestinien peut bâtir ses institutions, progressivement. Il faut geler
toute création de faits accomplis sur le terrain, car ils ne font que
détériorer la situation. La négociation doit se concentrer sur les qualités
des deux Etats et sur la meilleure manière de garantir la viabilité de
l¹Etat palestinien et du processus de paix en général.

Les deux côtés doivent surmonter la méfiance qui s¹est établie entre eux et
qui constitue l¹obstacle principal. L¹établissement de la confiance dépendra
avant tout de la volonté des deux dirigeants. Les deux côtés ont besoin de
dirigeants qui soient dignes de confiance et qui entendent tous les deux
l¹appel de leur peuple qui désire mettre fin au conflit. Nous avons besoin
de dirigeants qui acceptent pour mission de construire un "Pont sur des Eaux
Troubles".

(1) allusion, bien sûr, à la célèbre chanson de Paul Simon, "A Bridge over
Troubled Waters".


* Khaled Duzdar est le co-directeur palestinien de l¹IPCRI (Israel/Palestine
Center for Research and Information) à Jérusalem.
Site web de l¹IPCRI : http://www.ipcri.org/index1.html
Mardi 17 Janvier 2006
17 janvier 2006





Demain, mercredi 18 janvier 2006, la Haute cour de Justice rendra une
décision historique concernant le sort des avant-postes.

Une dernière audience d¹appel, interjeté par les colons et destiné à annuler
les ordres de démolition ordonnés par Shaul Mofaz, ministre de la Défense,
concernera 9 bâtiments érigés dans l¹avant-poste d¹Amona.

Une fois la décision prise, le sort de cet avant-poste sera scellé, et cela
constituera un précédent pour tous les autres.

Les militants de Shalom Arshav sont appelés à manifester contre la
continuation de la construction dans les avant-postes, et contre les retards
apportés à leur démolition. La manifestation aura lieu devant la Haute cour,
à Jérusalem, mercredi 18 janvier à 8h30 du matin.



AMONA : chronologie d¹une construction illégale ­ juillet 2005


 L¹avant-poste illégal (1) d¹Amona a été créé au milieu des années 90, sur
une colline située à un kilomètre à l¹est de la colonie d¹Ofra. Aujourd¹hui,
une trentaine de familles y réside, ce qui en fait l¹un des avant-postes les
plus importants de Cisjordanie. Jusqu¹en avril 2004, tous les bâtiments
étaient mobiles, à l¹exception d¹un petit nombre de structures légères.

En avril 2004, l¹avant-poste inhabité de Ginot Aryeh, au sud d¹Ofra, est
évacué. Malgré toutes les menaces brandies alors, l¹évacuation est effectuée
par les habitants eux-mêmes. Néanmoins, ce geste n¹a pas constitué le début
d¹une nouvelle politique gouvernementale à l¹égard des avant-postes, mais
plutôt la poursuite d¹une politique ancienne, qui a consisté à masquer les
véritables intentions du gouvernement. Ginot Aryeh avait été créé sur des
terres que même d¹Etat d¹Israël avait reconnues comme un bien privé
appartenant à des Palestiniens. Cette évacuation était destinée à soulager
le gouvernement qui était confronté à des pressions juridiques insistantes,
sans pour cela se confronter réellement au phénomène des avant-postes.

Ginot Aryeh est donc évacué et ses caravanes transférées en deux endroits à
l¹est d¹Ofra. Il s¹ensuit que deux avant-postes sont créés, dont l¹un (Ofra
Nord-Est) est immédiatement habité. Cette même semaine commence la
construction de 9 nouveaux bâtiments à Amona. Il semble que ces événements
(évacuation de l¹avant-poste, transfert des caravanes en deux endroits plus
à l¹est, construction de bâtiments en dur à Amona) aient fait partie d¹un
accord non écrit entre les colons et le ministère de la Défense.

 Début 2005, Shalom Arshav reçoit (avec beaucoup de retard) une réponse
officielle de la part de l¹Administration civile, qui affirme que la
construction en cours à Amona est bien illégale. Depuis lors, Shalom Arshav
a entretenu avec l¹Administration civile une importante correspondance, pour
tenter de faire appliquer la loi alors que la construction se poursuivait.
Le rythme de cette construction atteint un sommet pendant les premiers mois
de l¹année 2005, et les structures des 9 bâtiments sont terminées en mars.
Depuis, les travaux ont continué, notamment hors horaires réguliers :
week-ends, fêtes et soirées.

Début juillet 2005, Shalom Arshav, représenté par Me Michael Sfard, saisit
la Haute cour de Justice contre le ministre de la Défense, le commandant des
forces armées pour la Cisjordanie, le commandant de l¹Administration civile
et le commandant de la police du district. Shalom Arshav les accuse de ne
pas appliquer l¹injonction d¹arrêt des travaux ainsi que les ordres de
démolition décidés en octobre 2004

Le 5 juillet 2005, la Haute cour rend un arrêt provisoire ordonnant
l¹évacuation des familles ayant été installées dans les nouveaux logements.
Le dimanche 10 juillet, les colons quittent ces logements.

Début août, l¹Etat s¹engage auprès de la Haute cour à appliquer l¹ordre de
démolir neuf bâtiments construits en dur de manière illégale dans
l¹avant-poste d¹Amona. Il promet de le faire après le désengagement.

Le 30 octobre, le quotidien Ha¹aretz publie un article selon lequel Mofaz,
ministre de la Défense, aurait autorisé l¹armée à appliquer l¹ordre de
démolition.



(1) Rappel : concernant les avant-postes (ou " colonies sauvages ") la
notion d¹ "illégalité " se réfère à la loi israélienne et non au droit
international. C¹est ce qui permet, en particulier, de saisir une instance
juridique israélienne.
Lundi 16 Janvier 2006

איזה רופא שסיים את לימודיו בחו"ל הגיע לארץ ופתח מרפאה, עברו 6 חודשים ואין

עבודה אין לקוחות,

החליט לסגור את המרפאה ואמר לאחות שעובדת איתו שזהו את הולכת הביתה.

האחות שואלת אותו "למה?"

הוא עונה "מה את לא רואה? אין עבודה אין לי אגורה בכיס."

האחות אומרת לו "אתה לא יודע לעבוד."

הוא עונה: "למה?"

היא אומרת לו "שים מודעה בעיתון שאומרת כך: 'רופא כללי. אם מגיע אליו חולה והרופא מצליח לעזור לו, אז החולה משלם לו 50$ ואם הוא לא מצליח לרפא אותו, אז

הרופא משלם לחולה 100$".

הרופא אומר לה "מה? השתגעת? אין לי ממה לחיות. איך אני אתחיל לשלם כסף?"

היא עונה לו "מה? אתה רופא. בסה"כ תיתן תרופות. אם מישהו מצונן תתן קולדקס וכו'."

הרופא אומר לה "את יודעת מה, בסדר, ננסה את זה."

הרופא שם מודעה בעיתון לפי מה שאמרה לו האחות, והתור במרפאה מלא אנשים.

בחור מובטל אחד, יושב בבית קורא עיתון ורואה את המודעה ומחליט שזה בשבילו. הוא ימצא מחלה שהרופא לא יוכל למצוא לה פתרון ואז ירוויח 100$.

הבחור קם והלך לרופא.

 שלום שלום, מה יש לך?"  שאל אותו הרופא.

 אמר לו הבחור "אני לא טועם טוב."

 הרופא אומר לו "מה לא טועם ניסת לטעום משהו חמוץ, מתוק, מלוח?"

 הבחור עונה "כן אבל לא הרגשתי."

 אז הרופא אומר לאחות שתתן לו את קופסה מס' 12 מהארון"

 האחות מביאה לו והרופא שם לבחור חומר מהקופסה בפה של הבחור.

 הבחור אומר "איכס מה זה חרא של פרות?"

 הרופא אומר לו: "הנה, אתה טועם – 50$ בבקשה

 הבחור המום. שילם לו 50$ והלך הביתה מעוצבן והתחיל לחשוב על מחלה אחרת.

 יום למחרת, ניגש הבחור לרופא ואמר לו "ד"ר, יש לי מחלה חמורה שאני שוכח הכל."

 הרופא אומר לו "מה? אתה לא זוכר כלום?"

 הבחור עונה לו "אפילו את השם שלי שכחתי."

 הרופא אומר לאחות שתביא את קופסה מס' 12 מהארון.

 הבחור צועק "רק לא הקופסה הזו של החרא."

 הרופא אומר לו: הנה אתה זוכר. 50$ בבקשה."

 התעצבן הבחור אך שילם 50$ וחזר הביתה.

 בלילה ההוא, לא ישן הבחור ורק חשב על מחלות. הוא כבר שילם 100$ והוא מובטל.

 הוא חייב למצוא פתרון.

 פתאום, עלתה לו מחלה ובבוקר הוא הלך לרופא ואמר לו: "ד"ר, יש לי מחלה חמורה.

 הזין שלי לא עומד."

 הרופא אומר לו "מה לא עומד? ניסית לשכב עם בחורות?"

 הבחור עונה "כן, כן, אבל לא עומד."

 הרופא אומר לאחות שתביא את קופסה מס' 12 מהארון."

 שמע הבחור זאת קם ואמר לרופא "אם תביא את הקופסה הזאת עוד פעם אחת לכאן, אני

מזיין אותך ואת האחות המחורבנת שלך בתחת!"

 חייך הרופא ואמר "הנה, נרפאת. 50$ בבקשה."
Lundi 16 Janvier 2006
[l¹abattage d¹oliviers palestiniens dans les territoires est un phénomène
endémique. Le gouvernement israélien semble avoir décidé de s¹y atteler.
Mais les paroles se convertiront-elles en actes contre ce que la rédaction
d¹Ha¹aretz nomme un "vandalisme idéologique"?]


http://www.haaretz.com/hasen/spages/669210.html

Ha¹aretz, 12 janvier 2006


L¹art de faire les gros yeux et de ne rien faire
Editorial de la rédaction

Trad : Gérard pour La Paix Maintenant


Il est difficile de savoir ce qui a conduit le gouvernement à discuter de
l¹abattage d¹oliviers palestiniens par des brutes venues des colonies.
Peut-être est-ce la couverture médiatique donnée à ces dernières exactions,
ou peut-être le changement à la tête du gouvernement. Peut-être, encore, les
plaintes déposées par Yesh Din (" Il y a une justice "), ONG qui défend les
droits de l¹homme, au nom des victimes palestiniennes, plaintes qui auraient
atterri sur le bureau du procureur général. Ou peut-être, enfin, est-ce le
fait d¹abattre des oliviers qui est perçu par l¹opinion comme le mal absolu,
sans circonstances atténuantes, contrairement à d¹autres injustices commises
dans les Territoires palestiniens.

Dimanche (8 janvier), le Premier ministre par intérim, Ehud Olmert, a
condamné ces actes, mais a ajouté qu¹il "n¹en connaissait pas l¹origine".
Pourtant, le chef du Shin Bet a révélé que ses services avaient remis à
l¹armée et à la police une liste de scieurs originaires de colonies. Elles
ont fait les gros yeux, et rien de plus.

L¹abattage d¹oliviers par des représentants de l¹Etat, comme l¹appropriation
de terres arables privées et l¹exploitation de chaque mètre carré de
terrains non privés à des fins d¹expansion de colonies relèvent de la
routine dans les Territoires. Mais la différence entre les injustices
commises par les autorités de l¹Etat et les dommages causés de façon
indépendante par des groupes de colons réside dans le fait que cette
dernière révèle la profondeur de l¹anarchie qui caractérise le mode de vie
des colons dans les territoires.

Pendant des années, le gouvernement a permis à des brutes juives de
maltraiter leurs voisins palestiniens, et a fait porter l¹essentiel de ses
efforts sur la prévention des attentats contre les Juifs. Dans la plupart
des cas où un colon est pris en train de vandaliser un bien palestinien, ou
de s¹en prendre physiquement à un Palestinien, il est relâché quasi
immédiatement, son arme lui est rendue, et il redevient une menace pour ses
voisins et la preuve vivante que porter plainte à la police ne sert à rien.

Depuis avril dernier, des milliers d¹oliviers (plus de 2.000 d¹après la
comptabilité établie par le ministre de la Défense) ont été abattus par des
colons, et tout ce que le Conseil des colons ("Yesha") a à dire, c¹est qu¹il
pourrait s¹agir de provocations. Pareille réaction, de la part d¹un corps
constitué représentant les colons, indique que ce ne sont pas des actes
commis par un groupe de colons renégats ou désorganisés, mais bien un
vandalisme idéologique soutenu par les colons et par les autorités. Le
réveil du gouvernement et du procureur général, qui a déclaré que les
victimes palestiniennes devaient être indemnisées, intervient tard et est
peu convaincant. Il est difficile de croire que de pareilles paroles
conduiront à des inculpations. La semaine prochaine, le gouvernement est
censé ordonner l¹évacuation de l¹avant-poste illégal d¹Amona, ainsi que
celui du marché de gros au c¦ur de Hébron, en conformité avec des décisions
de la Haute cour de Justice. Une fois de plus, l¹Etat a été entraîné dans
une opération d¹évacuation qui aurait pu être évitée si les autorités
chargées de faire respecter la loi avaient agi depuis le début.

Concernant à la fois les abatteurs d¹arbres et les évacuations, le
gouvernement de transition doit bander ses muscles afin qu¹un message de
fermeté parvienne à ses destinataires.
Mercredi 11 Janvier 2006
[Constat : une politique israélienne fondée sur le principe des représailles
infligées à la population palestinienne obtient des résultats inverses à
ceux escomptés. Baskin propose ici une autre politique pour Gaza, exemples
concrets à l¹appui]


http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1136102658710&pagename=JPost%2FJP
Article%2FShowFull


Jerusalem Post, 2 décembre 2006


Par Gershon Baskin,

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


En préparant le retrait de Gaza, le département planification stratégique de
Tsahal avait imaginé deux scénarios possibles pour la période
post-désengagement. L¹un considérait Gaza comme un test de la faculté des
Palestiniens à gouverner. Les résultats obtenus à ce test, ainsi que le
formulait la conception stratégique de Tsahal, détermineraient dans quelle
mesure il serait possible d¹entamer un processus de négociations avec les
Palestiniens, ou d¹avancer sur la Feuille de route.

L¹autre conception stratégique considérait Gaza comme un "pilote" qui, comme
dans le premier scénario, serait également un test. Mais au lieu de le voir
comme quelque chose que les Palestiniens devaient réussir par eux-mêmes,
dans ce modèle " pilote ", Israël ferait tout ce qui serait en son pouvoir
pour assurer le succès de la prise de contrôle [de Gaza] par les
Palestiniens. Les stratèges israéliens recommandèrent avec force au
gouvernement d¹adopter ce dernier modèle. Néanmoins, il est très clair,
quatre mois plus tard, que c¹est le modèle du "test" qui a été adopté et
que, pour le moment, les Palestiniens y ont gravement échoué.

Il faut aussi mentionner le fait que pratiquement rien du modèle "pilote"
(où Israël devait assister et assurer le succès de la prise de contrôle) n¹a
été adopté ni appliqué.

L¹échec des Palestiniens à gouverner, à assurer l¹état de droit, à maintenir
l¹ordre, à contrôler la sécurité, à empêcher les attaques aux roquettes
Qassam contre Israël, à organiser des primaires libres et ouvertes, et
davantage encore, est tout à fait patent. Comme si le scénario avait été
écrit à l¹avance, on peut entendre des voix de la droite israélienne
annoncer haut et fort : "nous l¹avions bien dit".

Comme pour Oslo, le sort du processus a été presque entièrement prédéterminé
par un manque total de bonne volonté (des deux côtés) et par le non-respect
des accords et des arrangements. A l¹exception de la réouverture du passage
de Rafah (qui n¹était que l¹un des éléments d¹un accord bien plus large),
rien n¹a été appliqué qui aurait pu aider à obtenir de meilleurs résultats
au "test".

A Gaza, les principaux échecs des deux côtés sont clairs. Les Palestiniens
ont totalement échoué à maintenir l¹ordre, à créer un sentiment de sécurité
pour leur peuple, et à instaurer un sentiment de confiance en l¹avenir. Le
gouvernement israélien, de son côté, continue à appliquer sa politique,
entamée depuis le début de l¹Intifada, qui consiste à séparer totalement
Gaza de la Cisjordanie.

A l¹exception de la zone de transport de Karni, demeurée ouverte comme
promis aux Américains, Israël continue à imposer et à renforcer des
politiques épidermiques qui punissent le public palestinien sans pour cela
combattre réellement le terrorisme.

Dès la fin du désengagement, Israël a lancé un programme qui consistait à
accorder des permis de travail à des ouvriers palestiniens ainsi que des
"cartes d¹hommes d¹affaire" permettant à leurs propriétaires de circuler
librement en Israël et même d¹utiliser l¹aéroport Ben Gourion. Mais, après
la campagne d¹attaques à la roquette Qassam de la part du Djihad islamique,
Israël imposa de nouveau un bouclage complet de Gaza et de la Cisjordanie.

Le plan qui prévoyait des convois de bus entre Gaza et la Cisjordanie fut
annulé. Plus récemment, nous avons vu le lancement de l¹opération "Ciel
Bleu", où le nord de Gaza est bombardé toutes les nuits pour empêcher les
tirs de Qassams.

Il fait peu de doute que la détérioration continue des conditions de vie à
Gaza provoquera une victoire claire du Hamas aux prochaines élections
palestiniennes (si elles ne sont pas annulées), et il se pourrait qu¹il soit
déjà trop tard pour faire quoi que ce soit qui empêcherait ce résultat. Une
annulation ou un report des élections provoquerait presque à coup sûr un
renouveau des violences du Hamas contre Israël.

Depuis des années maintenant, même pendant la guerre du Liban, Tsahal s¹en
est tenu fermement à l¹hypothèse selon laquelle la punition collective est
efficace. L¹idée de base est que si la population locale souffre, elle fera
pression sur son gouvernement pour qu¹il combatte le terrorisme. Or, cela ne
s¹est jamais produit. Au Sud Liban, en 1982, les chiites ont accueilli
Israël avec des fleurs et des bonbons. Moins d¹une année plus tard, la
population chiite se joignait à la "résistance" qui, pendant 18 ans, a posé
des bombes sur le bord des routes et tué des soldats israéliens. Il y a eu
corrélation directe entre le niveau de souffrance vécu par l¹opinion comme
le résultat d¹actions israéliennes et son soutien ou sa participation à la
lutte armée contre Israël.

De même, en Palestine, le public palestinien a considérablement souffert ces
cinq dernières années. Or, jamais, pendant cette période, il n¹a fait sien
la conception israélienne et fait pression sur ses dirigeants pour combattre
et empêcher le terrorisme. Au lieu de cela, sa haine envers Israël a
augmenté, et parallèlement, son désir de frapper Israël et les Israéliens.
Il est ahurissant de constater qu¹une politique qui, depuis tant d¹années, a
systématiquement échoué à obtenir le résultat stratégique escompté, soit
appliquée de manière automatique, comme une réaction épidermique.

Au niveau le plus élevé de l¹armée, il est clair que la plupart des
officiers haut gradés reconnaissent que cette politique de punition
collective contre les Palestiniens apportent davantage de réponses aux
besoins et aux inquiétudes de l¹opinion publique israélienne qu¹elle n¹aide
à combattre et à empêcher le terrorisme.

A la lumière de plusieurs décennies d¹échecs, il est temps d¹évaluer les
chances de succès d¹une autre politique. La politique que je recommande ici
concerne seulement la bande de Gaza et non la Cisjordanie. Elle se fonde sur
une situation où l¹occupation israélienne à Gaza a pris fin, ce qui n¹est
pas le cas de la Cisjordanie, où les Palestiniens continueront à la
combattre.

Cette recommandation a pour principes la réciprocité et la récompense.
L¹idée de la punition collective consiste en ce que, lorsque la sécurité
d¹Israël est violée, le public palestinien en paie le prix. Ce que je
suggère se fonde sur une logique inverse : il y a un prix qu¹Israël paiera
pour tout résultat obtenu en termes de sécurité.

Si, par exemple, les Palestiniens mettaient à jour et fermaient un tunnel
utilisé pour faire passer des armes de contrebande, Israël émettrait 2.000
permis de travail non soumis aux bouclages éventuels. Si les Palestiniens
mettaient à jour et fermaient un atelier fabriquant des Qassams, Israël
accorderait 1.000 permis de travail de même nature. Si les forces de
sécurité de l¹Autorité palestinienne commençaient à confisquer les armes
illégales, chaque arme vérifiée et confisquée vaudrait X permis de travail,
ou X places dans un bus Gaza-Cisjordanie, ou X cartes d¹hommes d¹affaires,
etc.

Les résultats positifs qu¹obtiendrait l¹Autorité palestinienne auraient un
prix qu¹Israël paierait directement au bénéfice du public palestinien. Ces
récompenses seraient connues et rendues publiques. Le paiement serait
immédiat et visible. Israël devrait s¹engager à appliquer cette politique de
façon systématique et sur une longue période. Il serait utile de faire
intervenir des parties tierces qui vérifieraient les actes des deux côtés :
un tunnel devrait être identifié, fermé définitivement, tout cela sous le
contrôle d¹une partie tierce. Israël devrait effectuer ces paiements de
manière vérifiable. Les informations fournies par la partie tierce seraient
accessibles au public.

Il est temps d¹essayer une autre politique qui, plutôt que de menacer et de
punir, récompenserait les actes positifs et encouragerait l¹opinion à
soutenir une situation qui irait en s¹améliorant.

L¹alternative, c¹est davantage d¹impuissance et de désespoir.

Gershon Baskin est le co-directeur israélien de l¹IPCRI (Israel/Palestine
Center for Research and Information).
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