L¹Etat envisage d¹ouvrir une enquête criminelle concernant des constructions illégales dans une colonie

Publié le par david castel


[il s¹agit d¹une victoire juridique pour Shalom Arshav et d¹une mesure spectaculaire de la part de l¹Etat d¹Israël, qui par l¹intermédiaire du procureur général de l¹Etat, reconnaît le caractère criminel de certains pratiques dans les Terriroires]


http://www.haaretzdaily.com/hasen/spages/667303.html

Ha¹aretz, 7 décembre 2006

L¹Etat envisage d¹ouvrir une enquête criminelle concernant des constructions illégales dans une colonie     


Il est rare que l¹Etat prenne des mesures contre l¹expansion d¹une colonie. Vendredi, le procureur de l¹Etat a dit à la Haute cour de Justice qu¹il allait examiner la possibilité d¹ouvrir une enquête criminelle concernant la construction illégale dans le quartier de Matityahou Est de la colonie de Modi¹in Illit, en Cisjordanie.

Me Aner Helman, qui représentait le procureur général, a dit à la cour qu¹elle devait ordonner une interdiction temporaire concernant un plan qui consiste à doubler le nombre de logements dans ce quartier.
Le juge Aner Helman a ordonné vendredi l¹arrêt immédiat de la construction de plusieurs centaines de logements illégaux dans ce quartier.
Cette décision, qui fait suite à la requête présentée par Shalom Arshav (1), ordonne également l¹arrêt de tout effort de remplir ou de vendre des logements supplémentaires.

Cette décision est prise contre le ministre de la Défense, le commandant militaire de Cisjordanie, le commandant militaire pour le front Centre, le chef de l¹Administration civile, la mairie de Modi¹in Illit et les sociétés de construction actives sur les lieux.

Me Helman a également dit que si des mesures appropriées n¹étaient pas prises par les fonctionnaires locaux, des inspecteurs de l¹état-major seraient alors forcés d¹intervenir.

Me Helman a aussi confirmé les résultats de l¹enquête publiée par Ha¹aretz concernant l¹illégalité des permis de construire (2). Cette construction s¹effectue sur un terrain appartenant au village palestinien de Bil¹in. Ce terrain a été acquis par des colons auprès de négociants par un contrat frauduleux, puis transformé en terre d¹Etat et loué ou vendu à des sociétés de construction appartenant à des colons

La clôture de séparation coupe Bil¹in de ces terres, ce qui en facilité l¹accès des colons.


(1) cf
http://www.lapaixmaintenant.org/article1201

(2) cf http://www.lapaixmaintenant.org/article1199
Vendredi 06 Janvier 2006
[parmi les innombrables articles consacrés à Ariel Sharon (toujours entre la
vie et la mort), nous avons choisi de traduire celui-ci, parce que l¹auteur
en est Gideon Levy, journaliste bien connu pour ses positions à la gauche de
la gauche. L¹image qu¹il en restitue, avec toute la complexité de l¹homme,
nous semblait intéressante, venant de lui]


http://www.haaretz.com/hasen/pages/LiArt.jhtml?contrassID=2&subContrassID=4&
sbSubContrassID=0

Ha¹aretz, 6 décembre 2006

par Gideon Levy

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


Lily (épouse de Sharon, ndt) n¹arrêtait pas d¹appeler depuis le ranch : "tu
es arrivé à le convaincre?". Nous étions tous les deux dans une Volvo, plus
un chauffeur et un unique garde du corps. A l¹époque, Ariel Sharon était
ministre de l¹Industrie et du Commerce. Ce vendredi-là, à son initiative,
une visite privée avait été organisée pour tenter de me convaincre que nous
ne devions pas quitter Gaza. "Tu peux écrire dans un bureau. Là, observe,
regarde et enregistre", grognait-il à mon intention encore et encore, ému
par ce qu¹il voyait dès qu¹il passait le long d¹une colonie.

Ce fut un voyage qui ressemblait à Sharon : des cartes, des paysages et des
Juifs. Quand je me souviens aujourd¹hui de ce voyage de novembre 89, il me
paraît un peu surréaliste. Et ce n¹est pas tant ce voyage en voiture avec
Ariel Sharon entre Jabalya et Nusseirat, sans pratiquement aucune sécurité,
mais surtout ce qu¹il disait à l¹époque, dans cette voiture officielle
blanche qui fonçait sur les routes de Gaza.

En 1989, Sharon était un homme politique ostracisé et presque oublié, mais
ce qu¹il disait reflétait ce que nous allions découvrir des années plus tard
: les variations extrêmes dans son idéologie et dans son imaginaire, avec
malgré tout des points d¹ancrage qui, eux, n¹ont jamais varié. "Si nous
quittions Gaza, les agriculteurs juifs de la région ne pourraient plus
cultiver leurs champs. Je parle de terrorisme par artillerie, d¹une simple
Katioucha qui peut être transportée à dos d¹âne et utilisée pour bombarder
les kibboutz et les moshavs, tous les jours, toutes les semaines. Que
ferions-nous alors ? Des bombardements aériens sur les camps de réfugiés?
Cela serait plus mal perçu de par le monde que des soldats avec des
matraques. Ce serait impossible."

En novembre 1989, il était heureux de s¹accrocher à ses souvenirs personnels
de Gaza : comment, avec ses camarades, il se vengeait des "infiltrés" du
temps des raids de représailles. Comment, un jour, ils se sont emparés d¹une
jeep égyptienne, l¹ont repeinte aux couleurs de Tsahal puis annexée à leur
unité après un échange intensif de correspondance avec l¹état-major. Comment
il a été blessé à la cuisse, un peu plus loin sur cette route. Comment il a
clôturé 6.000 hectares à Gaza. Et comment, pendant sept mois en 1971, il a
fait régner l¹ordre par la force : 120 morts, 800 arrestations, et quelques
dizaines de déportations. C¹étaient ses souvenirs formateurs. Représailles,
blessures, clôtures, morts et déportations. Mais s¹il considérait qu¹un
retrait de Gaza constituerait une menace, ce n¹était pas seulement à cause
des Katiouchas sur des ânes (les Qassams n¹avaient pas encore été
inventées), mais à cause de cette maladie qui s¹étendrait de Gaza vers
Israël si jamais nous devions nous retirer. "Cela pourrait provoquer la
destruction d¹Israël ", dit-il sincèrement. De même qu¹aujourd¹hui, il ne
croyait pas hier en la possibilité d¹une paix avec les Arabes, car il était
convaincu que leur seul objectif est de nous détruire. "Les Arabes font
toujours ce qu¹ils annoncent, même s¹ils ne respectent pas forcément leur
calendrier d¹origine", dit-il, en ne faisant allusion qu¹à ce qu¹ils
disaient de notre destruction, sans rappeler ce qu¹ils disaient de la paix.

En cette paix, il ne croyait pas. A l¹époque, il suggérait un retour des
Palestiniens. Un retour de petite échelle, mais un retour tout de même.
Alors que nous roulions le long des quartiers paupérisés du camp de réfugiés
de Bureij, je lui ai demandé ce qui arriverait à ses habitants, et il
répondit qu¹il avait un plan depuis 1971 : installation de 70.000 nouveaux
réfugiés dans des quartiers neufs de Gaza, transfert vers la Cisjordanie de
100.000 réfugiés, et transfert de 30.000 réfugiés, écoutez bien : "qui n¹ont
aucun lien avec le terrorisme" vers l¹Etat d¹Israël. "A Nazareth, à Akko, à
Lod (1)", dit-il. "On ne peut pas laisser une plaie ouverte", dit l¹homme
qui en même temps expliquait la différence entre une colonie et une base
militaire : une colonie, cela ne s¹évacue pas.

Ce fut un voyage étrange, entre différentes contradictions. Entre son charme
personnel bien connu, qui atteignait des sommets quand on était en
tête-à-tête avec lui, et des positions extrémistes ; entre son absence
absolue de confiance dans les Arabes et dans la paix, et sa compréhension du
fait que le problème des réfugiés devait être résolu ; entre une attitude
violente à l¹égard des Arabes (par la force seule, toujours) et une absolue
absence de haine envers eux.

Contrairement à d¹autres, Sharon ne haïssait pas les Arabes, il ne les
croyait pas, voilà tout. Qui aurait cru que le même qui disait pendant notre
voyage à Gaza, ému comme un enfant, alors que nous grimpions sur un bâtiment
en construction dans la colonie de Rafiah¹ Yam : "regarde-les, regarde leurs
femmes et leurs enfants. Ca ne te fait pas quelque chose?" deviendrait le
premier homme d¹Etat à prendre son courage à deux mains et, 16 ans plus
tard, à leur faire "quelque chose"?


(1) Toutes villes arabes ou mixtes judéo-arabes


Mercredi 04 Janvier 2006
Ha¹aretz, 4 janvier 2006




Mercredi 4 janvier, Shalom Arshav (La Paix Maintenant) a saisi la Haute cour
pour demander l¹arrêt de la construction illégale d¹un quartier en train
d¹être bâti dans la colonie de Modi¹in Illit, en Cisjordanie.

Cette procédure a été engagée suite aux révélations d¹Ha¹aretz , où il
apparaît que ce quartier est construit sur des terres qui appartiennent à
des Palestiniens, près du village de Bil¹in (1).

Au nom de Shalom Arshav, Me Michael Sfard a demandé à la Haute cour
d¹ordonner l¹arrêt des travaux et la démolition des bâtiments déjà
construits.

Le procureur de l¹Etat a déclaré que cette construction constituait une
"colossale infraction à la loi", et que, bien que les autorités
administratives locales aient reconnu son caractère illégal, elles n¹ont
rien fait pour l¹arrêter.

Sur 3.000 logements prévus, 750 sont actuellement en construction.


(1) cf. notre article du 3 janvier dernier :
http://www.lapaixmaintenant.org/article1199)
)




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Mercredi 04 Janvier 2006
[une enquête d¹Ha¹aretz sur des constructions illégales en Cisjordanie, où
figurent faux en écriture, non respect de décisions administratives et vol
caractérisé de terres. A lire en entier même si cela paraît tortueux et
truffé de détails inutiles, car comme chacun sait, le diable se niche dans
les détails. Pour le journaliste, "cette construction illégale rampante
n¹est que la partie émergée d¹un iceberg, celui d¹une affaire beaucoup plus
grave"]


http://www.haaretzdaily.com/hasen/spages/665425.html


Ha¹aretz, 3 janvier 2006

par Akiva Eldar

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


D¹après certains documents que s¹est procurés Ha¹aretz, des permis de
construire illégaux ont été fournis pour un nouveau projet en Cisjordanie,
alors que la construction était en cours ou même terminée. Ce projet
concerne le quartier Matityahou Est de la colonie de Modi¹in Illit,
construite sur des terres appartenant au village palestinien de Bil¹in.

Selon un témoin oculaire, cette construction illicite est toujours en cours,
en dépit de récentes instructions de la part de la commission chargée de la
planification et de la construction dans les colonies, qui a exigé l¹arrêt
des travaux.

 Le responsable de la planification au sein de l¹Administration civile (1) a
reconnu que ces permis avaient bien été fournis de façon illégale.

Un autre document montre que l¹entrepreneur du projet prétend que le maire
de Modi¹in Illit, Yaakov Guterman, lui aurait promis qu¹il obtiendrait les
permis de construire avant même que la commission ne traite la demande.

Le nouveau quartier en question est en train d¹être construit sur des terres
privées du village palestinien de Bil¹in. Ces terres ont été acquises par
des négociants à l¹aide de pouvoirs contestables donnés à un avocat, puis
déclarées terres d¹Etat, pour enfin être louées ou vendues à des sociétés de
construction appartenant à des colons.

La construction de la clôture de séparation a poussé les acquéreurs à se
dépêcher d¹exercer leurs " droits " en établissant des faits accomplis sur
le terrain. 

Selon certaines sources au ministère de la Justice, un "examen préliminaire"
mené par l¹Administration civile a indiqué que la construction illégale dans
ce quartier avait été stoppée après instruction donnée par une commission
locale. Cependant, un représentant de Shalom Arshav (La Paix Maintenant) qui
s¹est rendu sur les lieux ce même jour a rapporté que la construction se
poursuivait normalement.

Auparavant, l¹Etat a avisé la Haute cour de Justice que 750 logements
avaient déjà été construits, et que 520 d¹entre eux avaient été mis sur le
marché. L¹Etat a également admis que ce projet participait d¹une
"construction partiellement illégale". Par ailleurs, le plan maître pour la
zone de Modi¹in Illit, qui date de 1998, montre que les terres privées du
village de Bil¹in sont incluses dans les plans de développement pour l¹année
2020.

Les documents dont Ha¹aretz est entré en possession montrent que cette
construction illégale rampante n¹est que la partie émergée d¹un iceberg,
celui d¹une affaire beaucoup plus grave.


Achat de terres ou vol ?

Le 16 juin 2002, l¹avocat Moshe Glick, qui représentait une association de
colons nommée " Société pour la Fondation de la Terre d¹Israël ­ Midrasha
Ltd " déclarait au procureur Doron Nir Tzvi : " par la présente, je fais
cette déclaration sous serment en lieu et place du moukhtar [chef] du
village de Bil¹in. A ma connaissance, Mr Muhammad Ali Abed al-Rahman Bournat
est le propriétaire du lot n°2 ­ 134 situé dans le village de Bil¹in. "

Le 16 novembre 2003, Me Moshe Glick signait une autre déclaration sous
serment. Celle-ci intervenait pour expliquer l¹étrangeté qu¹il y avait à ce
qu¹un avocat israélien fasse une déclaration sous serment, procédure
équivalente à un témoignage sous serment devant un tribunal, à la place du
moukhtar d¹un village arabe. De cette nouvelle déclaration, il apparaissait
que Me Glick n¹avait jamais mis les pieds sur le terrain auquel sa
déclaration se réfère : "cette déclaration sous serment intervient en lieu
et place d¹une déclaration par le moukhtar du village de Bil¹in, car, compte
tenu de la situation sécuritaire, il existe un danger réel pour la vie de
tout Juif qui tente de pénétrer dans le village de Bil¹in (et, cela va sans
dire, en particulier quand il est question d¹achat d¹un terrain). De plus,
les autorités interdisent aux citoyens israéliens de pénétrer dans les zones
A et B."

Hier (2 décembre), l¹Administration civile a confirmé que le village de
Bil¹in est situé dans une zone B, donc entièrement sous contrôle sécuritaire
israélien, et que les citoyens israéliens sont autorisés à y pénétrer.

Le même jour où Me Glick signait sa déclaration sous serment, Shmouel Anav,
négociant en terrains bien connu, paraissait devant lui et signait une
déclaration sous serment se référant au lot en question. Anav, lui aussi,
expliquait que les raisons pour lesquelles il était impossible de fournir
une autorisation de la main du moukhtar tenaient à la "sécurité" et à
l¹interdiction de pénétrer dans les sones A et B. Anav déclarait également
que "le propriétaire a vendu [le terrain] à son fils et que le fils l¹a
revendue à la Société pour la Fondation". Le propriétaire est décédé il y a
plusieurs années. Son fils, Sami, qui d¹après les habitants de Bil¹in a
imité les signatures, a été assassiné à Ramallah au début de 2005. Si la
police avait pris au sérieux les arguments des habitants de Bil¹in et
examiné les déclarations sous serment faites au nom du moukhtar, elle aurait
découvert que le nom de Shmouel Anav est lié à des affaires de terrains
douteuses qui se sont révélées être du vol de terres.

Après l¹"achat", la Société pour la Fondation a transféré le terrain, mis
entre temps en société, à l¹Administration civile, et celle-ci l¹a
"converti" en terre d¹Etat, puis l¹a louée à une société de construction
appartenant à des colons.

Il y a un an et demi, quand l¹ancien chef de l¹Administration civile, le
général Ilan Paz, découvrit ces méthodes de conversion de terres privées
palestiniennes en terres d¹Etat, puis de location ou de vente à des sociétés
de construction (procédé approuvé par le bureau du procureur de l¹Etat), il
donna par écrit l¹ordre de fermer cette entreprise de "blanchiment de
terres". Les lots en question ont déjà été utilisés pour la construction de
plusieurs dizaines de colonies juives, et d¹autres sont en attente
d¹acquéreurs.


Le plan maître

Des chercheurs de B¹Tselem (centre d¹information pour les droits de l¹homme
dans les territoires occupés) et de l¹ONG Bimkom sont entrés en possession
de la carte du "Plan Maître de la Zone Modi¹in Illit pour l¹année 2020".

Cette carte confirme que ce ne sont pas seulement des considérations de
sécurité, si jamais il y en eut, qui ont guidé les planificateurs de la
clôture de séparation quand ils ont conçu son tracé dans la zone de Bil¹in.
La carte a été réalisée en 1998, à l¹initiative du ministère du Logement, en
collaboration avec le département planification de l¹Administration civile
et avec les conseils (locaux et régionaux) de Modi¹in Illit et de Mateh
Bninyamin. Ce type de carte n¹a aucune valeur juridique, mais constitue un
document-guide pour aider à la politique qui planifie telle ou telle région,
et les plans maîtres s¹en inspirent.

Le rapport prouve qu¹environ 600 dounams (environ 60 ha) situés à proximité
de Matityahou Est, et dont sont propriétaires un petit nombre de familles de
Bil¹in, sont voués à accueillir la construction de 1.200 logements pour des
colons. Il y a moins de deux mois, les habitants de Bil¹in se sont rendu
compte qu¹une nouvelle route avait été tracée depuis le quartier de
Matityahou Est jusqu¹à une importante oliveraie de la région.

Cela confirme les craintes selon lesquelles la clôture de séparation est en
réalité destinée à appliquer un plan maître qui date aujourd¹hui de sept
ans.


Stopper la construction ?

Il y a environ un mois, lorsque Ha¹aretz publia la première partie de cette
enquête, l¹Administration civile exigea de la mairie de Modi¹in Illit
d¹ordonner l¹arrêt des travaux de construction.

Dimanche dernier, l¹Administration civile a avisé Me Michael Sfard, qui
représente les habitants de Bil¹in, que la commission locale avait ordonné
l¹arrêt des travaux. Sfard écrivit alors à l¹Administration civile que Dror
Etkes, responsable pour Shalom Arshav (La Paix Maintenant) de l¹Observatoire
de la colonisation, s¹était rendu sur le site et avait constaté que les
travaux continuaient, à un rythme encore plus élevé. De plus, Dror Etkes a
remarqué que les maisons se remplissaient d¹occupants. Me Sfard a alors
déclaré qu¹il comptait saisir la Haute cour de Justice contre
l¹Administration civile pour son inaction, en sus de la procédure intentée
concernant la clôture et le quartier qui sépare les habitants de Bil¹in de
leurs terres.


(1) comme son nom ne l¹indique pas, l¹Administration civile est une
administration militaire chargée de l¹administration de la vie quotidienne
de la population civile dans les Territoires palestiniens (ndt)


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Mardi 03 Janvier 2006
[Où il est question des interactions entre politiques intérieures et
extérieures, du côté palestinien comme du côté israélien. Comme le dit ce
ministre palestinien, "des deux côtés, le dénominateur commun du moment est
que les politiques intérieures mènent à l¹escalade sur le plan extérieur".
Nous profitons de ce début d¹année, que nous vous souhaitons bonne et
heureuse, pour signaler une fois de plus à nos lecteurs que les articles
publiés dans le cadre de cette newsletter le sont pour information, et
qu¹ils ne reflètent pas nécessairement l¹opinion de La Paix Maintenant]


http://www.bitterlemons.org/issue/pal1.php

Bitterlemons, 2 janvier 2006



par Hassan Khatib (1)

Trad : Gérard pour La Paix Maintenant


Avec les élections législatives palestiniennes maintenant très proches, et
avec la trêve qui avait été décidée au Caire et qui prend fin en ce début
d¹année, le paysage politique palestinien et les relations
israélo-palestiniennes se retrouvent caractérisés par l¹incertitude.

Le Fatah, parti au pouvoir, qui domine l¹Autorité palestinienne et qui, par
ailleurs, représente le camp de la paix, apparaît sérieusement divisé sur
plusieurs problèmes, dont celui de savoir s¹il faut, oui ou non, organiser
les élections à la date prévue. Il y a trois raisons qui expliquent cette
hésitation.

1. Le Fatah a connu des conflits concernant ceux d¹entre ses rangs qui
allaient le représenter aux élections, phénomène dû en partie à la structure
" floue " du parti en termes d¹appartenance formelle de ses membres, ce qui
a fait des primaires un moyen inefficace de choisir une liste de candidats
appropriée.  

2. Les leaders du Fatah craignent les résultats des élections, et de manière
générale, manquent de confiance en eux. Les sondages successifs attestent du
fait que, pour la première fois, le Fatah est confronté à une concurrence
sérieuse, et les récentes élections locales qui se sont déroulées dans un
certain nombre de villes importantes ont prouvé la force impressionnante
dont dispose actuellement le Hamas.

3. Les mesures israéliennes bloquent les efforts pour organiser des
élections libres et équitables. Ces mesures comprennent les restrictions en
matière d¹inscriptions sur les listes électorales, celles concernant le fait
de se présenter et de faire campagne à Jérusalem Est, et les restrictions de
circulation des candidats et des militants entre les différentes parties du
territoire palestinien, en particulier entre Gaza et la Cisjordanie, ainsi
qu¹en Cisjordanie elle-même.

Ceux qui défendent l¹idée du report des élections à une date ultérieure le
font pour au moins l¹une des raisons citées plus haut. Mais certains des
éléments ayant intérêt à ce que les élections soient repoussées semblent
également inciter à la violence intra-palestinienne, et s¹en servir comme
d¹une raison supplémentaire qui militerait contre la tenue des élections à
la date prévue.

Cette tendance au report des élections palestiniennes a été encouragée,
directement ou indirectement, par une récente escalade israélienne, escalade
qui, à son tour, paraît influencée par les prochaines élections
israéliennes. Depuis le récent bouleversement politique en Israël qui a
conduit à des élections anticipées en mars prochain, la violence militaire
israélienne contre les Palestiniens a augmenté, avec son cortège
d¹incursions en Cisjordanie, d¹arrestations spectaculaires accompagnées
souvent de morts, et de bombardements de nuit sur des cibles à Gaza.
Accélération également du rythme de l¹expansion des colonies, alors que les
restrictions de déplacement imposées aux Palestiniens sont devenues plus
sévères.

Cette escalade consiste également à ne pas appliquer les nouvelles
obligations auxquelles Israël s¹était engagé dans le cadre des accords sur
les passages de frontière à Gaza. Depuis l¹ouverture du passage frontalier
de Rafah, deux dates butoirs n¹ont pas été respectées par Israël : la
première est l¹application, qui devait prendre effet au 15 décembre, de
l¹accord qui permettait la circulation de convois de passagers entre la
Cisjordanie et Gaza. La seconde est l¹accord qui prévoyait d¹augmenter
jusqu¹à 150 le nombre de containers autorisés à passer par le passage de
Karni. Cet accord aurait dû prendre effet le 1er janvier. Ces dates butoirs
n¹ont pas été respectées, et ce délibérément et sans raison valable.

De plus, les hommes politiques israéliens font monter leur rhétorique, sans
aucun doute pour flatter un électorat dont ils pensent qu¹il réagira
positivement à des positions plus extrêmes et plus dures à l¹égard du côté
palestinien.

Cette année écoulée, nous avons assisté à des développements importants du
côté palestinien, qui ont mené à une reprise des négociations et à la
création d¹une atmosphère pacifique, dont le moindre signe n¹a pas été
l¹élection de Mahmoud Abbas et son engagement public sur le principe de
négociations politiques en tant que solution du problème. Sa réussite la
plus notable a été de parvenir à un cessez-le-feu et à le faire respecter,
par des efforts en termes de diplomatie et de sécurité, cessez-le-feu qui a
considérablement réduit le niveau des violences et, par voie de conséquence,
le nombre des victimes des deux côtés.

Cependant, ces développements n¹ont été ni encouragés par Israël, ni
suffisamment soutenus par la communauté internationale. Cela a fait le jeu
des éléments des deux côtés dont l¹intérêt est que l¹affrontement se
perpétue, et c¹était prévisible.

Les Palestiniens n¹ont pas d¹autre choix que d¹aller aux élections. Sans ces
élections, l¹Autorité palestinienne manquera de légitimité, intérieure ou
internationale, et il y aura une augmentation du désordre et de la violence
intérieure. Il se peut que cela soit dans l¹intérêt de certains cercles
israéliens, mais cela n¹est de l¹intérêt de personne d¹autre. Pour aller aux
élections, l¹Autorité palestinienne et le camp de la paix en Palestine ont
besoin d¹être encouragés par les éléments qui disposent d¹une certaine
influence, en Palestine elle-même comme autour de la Palestine.

Des deux côtés, le dénominateur commun du moment est que les politiques
intérieures mènent à l¹escalade sur le plan extérieur. Cela peut se révéler
très dangereux.

Nous vivons une époque cruciale et délicate, qui exigent de la part de la
communauté internationale une attention soutenue, en particulier du
Quartette. Il nous faudrait de nouveau le genre de diplomatie américaine que
nous avons connue à l¹occasion de l¹accord conclu sur les passages
frontaliers de Gaza.

 
(1) Hassan Khatib est co-éditeur de Bitterlemons et ministre du Plan de
l¹Autorité palestinienne.


Bonne à année 2006 à vous tous!

Ci-après le 55ème numéro de Tsedek-info

Tsedek-info est un bulletin qui paraît tous les 2 mois et qui donne une sélection d'infos courtes en provenance d'Israël, d'ordre technique, économique, sociologique et culturel. Elles s'inscrivent dans la durée.  Si vous ne souhaitez plus recevoir ces infos ou d'autres articles, il suffit de vous désinscrire en le signalant par email.

 

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Tsedek-Info d'Israël n° 55                janvier-février 2006

 

 

Performances  & Distinctions

 

- Le seul golfeur aveugle du pays, Zohar Sharon, a réussi un birdy (le parcours en un coup) au Golf de Césarée au 15ème trou, après un lancer de 160 m.

- Aharon Applefeld, auteur de "Histoire d'une vie" et de "l'Amour soudain" a reçu le prix allemand Nelly-Sachs pour récompenser l'ensemble de son œuvre. Il avait reçu le prix français Médicis étranger en 2004.

 

High Tech

 

- Nexense de Yavneh est spécialisée dans les capteurs 10 000 fois plus sensibles que ceux sur le marché, destinés à scruter tout aspect de la vie quotidienne, en transformant tout écart par rapport à une norme en un message compréhensible. Ainsi un capteur sous l'oreiller empêche un dormeur de ronfler, un autre adapte le mouvement des essuie-glaces à l'intensité de la pluie, ou suit la progression d'une tumeur dans le cerveau. Le président Arik Ariav développe un produit pouvant transmettre par cellulaire des informations médicales mesurées directement sur le patient (tension …) et un autre produit prévenant le syndrome de mort subite du nouveau-né.

- Jeff Gabbay a créé Cupron à Bet Shemesh pour développer un produit chimique qui, non seulement protège des microbes et des virus, mais les élimine aussi. Composé à base d'oxydes de cuivre, il imprègne des fibres textiles, du papier, du caoutchouc ou des plastiques pour fabriquer des produits tels que des masques, des gants chirurgicaux, des chaussettes d'athlètes, des draps d'hôpitaux, des filtres de lait maternel (contre le Sida transmis au bébé) protégeant l'utilisateur contre les infections ou les maladies qui le guettent. Ainsi un masque contre la grippe aviaire est en cours de développement, ainsi qu'une taie d'oreiller empêchant le développement de rides.

(cf le serpent de cuivre de Moïse qui guérit des morsures de vipères).

- 2 jeunes entrepreneurs Ilan Shatz et Guy Hirsch ont mis au point un gel "OdorScreen" qui rend toute odeur nauséabonde (cadavres, détritus…) supportable, notamment lors du ramassage de restes humains, après une catastrophe ou un attentat. Fabriqué par Patus à Givaa't Shmouel, ce gel est composé d'une quinzaine d'ingrédients, il est breveté et coûte 0,5$ le sachet.

 

Tourisme & transport

 

Le projet de rouvrir la ligne de chemin de fer de la vallée de Jezréel, reliant Haifa, Bet Shean et Irbid en Jordanie verra le jour en 2008 et 20 milliards sh lui seront consacrés. Cette ligne avait été ouverte en 1901 par le régime ottoman et elle reliait Haifa à Dera en Jordanie, avec l'objectif de parvenir jusqu'au Hedjaz.

 

Archéologie

 

- Lors des travaux d'extension de la prison de Mégido, l'Institut des Antiquités et d'Archéologie a découvert un plancher mosaïque datant du 3ème/4ème s, appartenant à l'une des premières églises. Les excavations ont été réalisées par les prisonniers. Le responsable du site Yoram Tepper estime que la découverte est importante historiquement, car elle donne un éclairage nouveau sur les débuts du christianisme. Une inscription en grec dédie l'édifice au Seigneur JC. Trois autres inscriptions: au nord l'une remercie l'officier Romain Galanus qui a financé la construction, à l'est quatre femmes grecques et à l'ouest un certain Afektos aimant Dieu. Deux poissons tête bêche occupent le centre de la mosaïque.

- Un tesson en céramique portant la plus ancienne inscription Philistine connue, datant du 10ème s. (50 ans après l'histoire biblique de David) a été déterré à Qiryat Gat par les archéologues de l'Université de Bar Ilan. Ce tesson de quelques cm porte deux noms très voisins de celui de Goliath, en proto Canaanite archaïque. Les noms ne sont pas sémitiques: Alwt et Wlt, sont des noms indo européens comme Goliath.

- Les eaux de la mer Morte reculant, l'archéologue David Mévorash a découvert des ancres en bois d'acacia, avec leurs cordes datant de – 2500/2000 ans et préservées par le niveau de salinité de l'eau et son manque d'oxygène.

 

Révélations

 

- Le saviez-vous? 10% des Israéliens les plus riches ont un revenu 12 fois plus important que les 10% les plus pauvres, et les 20 % plus riches contrôlent 44% de l'ensemble des revenus.

- Le saviez-vous? 1ère fortune du monde, le président de Microsoft Bill Gates a passé une seule nuit à Tel Aviv et a fait don de 250 000 ordinateurs aux écoliers qui n'ont pas les moyens de s'en offrir.

 

Inventions et découvertes

 

- Michel et Amit First ont développé une série de jouets anthroposophiques pour bébé, se caractérisant par un design, un toucher et des couleurs "thérapeutiques". Ces jouets sont fabriqués par Pomfitis à Jérusalem. La poupée-animal Tito est un véritable succès (www.pomfitis.com )

- Erez Gavish, président d'Intercure de Lod, a développé un appareil appelé RESPeRATE

qui fait baisser la tension en la régulant, grâce à la respiration. Cet appareil est déjà utilisé par plusieurs milliers de patients, notamment diabétiques. Selon une étude menée par l'hôpital Hadassah où les patients suivent le traitement d'un quart d'heure/j pendant 8 semaines, il apparaît une diminution sensible de la pression systolique de 7,4 mmHg (contre une augmentation de 3,1 pour le groupe témoin) et 32% d'entre eux se stabilisent à 130/80 mmHg (www.intercure.com ou www.reperate.com ).

- Ouzi Eli qui sévit au marché de Mah'ané Yéhouda à Jérusalem a ramené de son Yémen natal une série de préparations médicales secrètes à base de cédrat. Ces secrets sont transmis de père en fils depuis des générations. On peut noter un spray contre le vieillissement de la peau et les rides, un sérum pour favoriser la conception, un tonique contre les nausées de la femme enceinte et un jus favorisant la lactation.

- Yoram Zarchi et Ouri Eshkol ont créé Tomcat au début des années 90 pour fabriquer des véhicules tous terrains destinés aux loisirs et au sport, et pouvant appréhender des cotes de 45°. À ce jour, 1000 véhicules ont été construits à destination de parcs étrangers surtout. Ces véhicules ont été vendus aussi aux 4 parcs Israéliens, Nahshonim, Mispé Ramon, Golan et Bet Oren, à la Police des frontières, aux Compagnies des eaux et d'électricité et à l'armée (véhicules sans pilote). Dans la nouvelle usine située dans le qibouts Givaa't Hashlosha près de Petah Tiqva, on prévoit maintenant une production de 100 unités/mois, les prix des véhicules variant de 13 000$ pour 1 place à 24 000$ pour 4 places.

- L'équipe autour du Pr Ehoud Shapiro de l'Institut Weizman a développé une méthode d'analyse de l'arbre généalogique des cellules, afin de déceler par exemple le lieu de naissance des cellules-souche, ou comment se développe le cancer, ou quand les cellules se divisent dans l'embryon. L'expérimentation de la méthode a été réalisée sur un minuscule ver C elegans qui a moins de 1000 cellules et doit être extrapolée vers des souris puis les hommes.

- Grâce à la nanotechnologie, les Pr Eli Alteus, Harold Basch et Shmaryahou Hoz de l'Université de Bar Ilan ont découvert un matériau 40 fois plus dur que le diamant. Le diamant est obtenu par la compression naturelle ou artificielle du carbone élémentaire, le polyyne résulte d'une compression d'acétylène sous l'effet de la mécanique quantique qui régit la nanotechnologie.

 

Problèmes de société

 

- La violence juvénile prend de l'ampleur. Des enseignants et des élève sont agressés ou battus, parfois à mort. Des installations sont saccagées. Une étude de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) portant sur 28 pays, situe Israël au 8ème rang pour la violence scolaire et au 11ème pour les "hooliganisme" des jeunes. 25% des garçons et 8% des filles portent une arme sur eux pour se protéger. Une autre étude menée par des chercheurs de l'Université Hébraïque portant sur 16 000 élèves du 4ème au 12ème niveau montre que plus de 50% d'entre eux ont été agressés et 43% avouent avoir agressé eux-mêmes des camarades. La police rapporte enfin que la délinquance juvénile, y compris celle liée à la drogue et au vol a crû de 15% en 2004/3.

- D'après la psychologue Batya Ludman, les principales causes de la violence viendraient des espaces exigus (pays, logement) ainsi que de la démission des parents qui ne donnent pas l'exemple d'un esprit civique et responsable, et qui n'ont pas de règles de comportement défini. Un exemple de solution est donné par l'Institut de Jaffa qui prend soin de 4000 enfants venant de milieux défavorisés à Jaffa et à Bat Yam. Son directeur, Dr David Portovitz, affirme qu'il faut commencer à intervenir dès le 3ème niveau, quand les enfants sont encore jeunes et perméables aussi bien à des règles qu'à des comportements. Avec l'aide de l'Agence Juive, il a développé un programme de prévention incluant des jeux de rôle, des discussions en groupe, des activités ludiques dans le but d'inculquer le contrôle de soi, de sa colère et de la transformation de celle-ci en valeur positive. D'après la psychologue Tamara More, il faut aller plus loin et enfermer parents et enfants violents dans des "chambres punitives" où ils peuvent rencontrer des conseillers et suivre une formation pour la non violence. Elle prévoit également que la famille violente indemnise elle-même les victimes, aussi bien sur le plan matériel que moral.

- Le nombre des fugueuses entre 13/20 ans a augmenté de 80% en 5 ans d'après le Ministère des Affaires Sociales, notamment dans les populations arabe et religieuse. Ceci est surtout dû à la violence domestique. Pendant la même période, les tentatives de suicide ont diminué de 7% et les grossesses non désirées de 23%.

- La population des plus de 60 ans est passée de 6,3% en 1953 à 13,3% en 2004 (contre 10,4% sur le plan mondial). Raa'nana est la ville qui abrite les gens qui ont la longévité moyenne la plus élevée du pays, soit 84 ans.

- Fabriquant des préservatifs, la société Durex a découvert dans une enquête que 23% des Israé

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