Dernières nouvelles
pour les accros aux infos, voici les premiers sondages réalisés à la sortie
des urnes. A prendre avec la prudence qui s¹impose. Nous publierons bien
entendu les résultats définitifs une fois qu¹ils auront été déclarés
officiellement]
25 janvier 2006 (23h 45)
Premiers sondages à la sortie des urnes : courte victoire du Fatah
Source : Ha¹aretz
Les premiers sondages réalisés à la sortie des urnes indiquent que le Fatah
aurait remporté une courte victoire aux élections législatives, et qu¹il
pourrait former une coalition avec l¹aide de petits partis de gauche. Aucun
parti ne disposerait de la majorité absolue.
Pour Khalil Shikaki, directeur de l¹institut de sondage Palestinian Center
for Policy and Survey Research, le Fatah obtiendrait 58 sièges contre 53 au
Hamas (nombre total de sièges à pourvoir : 132)
Un autre sondage, de l¹université de Bir Zeit, prédit 63 sièges pour le
Fatah contre 58 pour le Hamas. 7 autres sièges iraient à des petits partis
de gauche, partenaires potentiels du Fatah pour former une coalition.
Taux de participation : 77,7% (74% en Cisjordanie et 82% dans la bande de
Gaza). Il se pourrait que ce taux augment encore un peu, les bureaux de vote
de Jérusalem Est ayant fermé plus tard. La forte participation à Gaza, qui
penche plutôt pour le Hamas, est contrebalancée par une participation
importante en Cisjordanie, qui est plus favorable au Fatah et où les
électeurs sont plus nombreux.
Les résultats définitifs ne seront pas disponibles avant jeudi dans la
journée, et ils pourraient être déclarés officiellement vendredi.
Les sondeurs appellent néanmoins à la prudence, leur marge d¹erreur étant
importante à cause de la complexité du mode de scrutin palestinien
(panachage entre proportionnelle par liste et scrutin majoritaire
uninominal).
Premier résultat définitif : Saeb Erakat (Fatah) a battu son adversaire du
Hamas dans sa circonscription de Jéricho.
Contrairement à ce que nous laissions entendre hier soir, le Hamas a donc
remporté les élections, en raflant la quasi-totalité des circonscriptions (à
la différence du scrutin par liste). Il dépassera les 70 sièges et disposera
donc de la majorité absolue (67).
Le gouvernement d¹Ahmed Qoreï a remis sa démission.
Le Hamas aurait proposé au Fatah de former avec lui une "grande coalition".
Le Fatah se réunira aujourd¹hui en fin d¹après-midi pour examiner la
question.
Le président Mahmoud Abbas s¹adressera au peuple palestinien à l¹occasion
d¹un discours télévisé, après l¹annonce officielle des résultats (prévue
pour jeudi soir ou vendredi matin).
A suivre sur vos médias favoris.
Des voyous agissent puis menacent, l'Occident ne fait que menacer
Par Albert Soued - www.chez.com/soued/conf.htm - le 22 janvier 2006 - pour www.nuitdorient.com
À la lumière du rendez-vous de tous les "voyous" du Moyen Orient à Damas les 19 et 20/1/2006, nous assistons impuissants à un spectacle étonnant qui risque à terme de nous coûter très cher.
D'un côté ceux que nous appelons les états voyous (en anglais rogue states), la Syrie et l'Iran, qui n'arrêtent pas d'agir, puis menacent l'Occident des pires conséquences s'il réagit. Et d'un autre côté, les "puissances" démocratiques occidentales qui menacent, elles, dans l'espoir de ne pas avoir à agir.
Quand on menace des voyous sans sévir lorsqu'ils persistent dans leurs provocations, c'est la certitude de la catastrophe.
L'état voyou de Syrie agit en gangster au Liban comme ailleurs, éliminant physiquement tous ceux qui empiètent sur son pouvoir, dirigeants, hommes d'affaires, journalistes… Il héberge toutes les organisations terroristes du Moyen Orient, commandite des attentats en Israël ou ailleurs, télécommande le H'ezbollah au Liban du Sud pour des actions anti-israéliennes. Il abrite les armes non conventionnelles du régime baathiste d'Irak, des camps de formation de terroristes qu'il expédie fomenter des attentats meurtriers en Irak. La Syrie agit et menace l'Occident non ouvertement, mais en sous main.
Malgré le tollé des grandes puissances, l'état voyou d'Iran reprend ses activités d'enrichissement nucléaire, ouvrant la voie à la formation d'un arsenal non conventionnel. Puis il menace de mesures de rétorsion l'Occident, si jamais celui-ci s'oppose à son programme nucléaire. Il commence déjà à retirer ses avoirs financiers d'Occident au profit des places asiatiques et réduit sa production de pétrole d'un million barils/j. Pourtant l'Occident en est encore à des menaces très modérées.
Las des palabres orientales des négociateurs iraniens qui le mènent en bourrique depuis plusieurs années, l'Occident commence à menacer l'Iran de sanctions internationales prises au Conseil de Sécurité de l'Onu. En dehors du fait que la Chine et la Russie rechignent à toute sanction et que ces sanctions n'auraient que peu d'effet sur la volonté iranienne d'accéder au club nucléaire, le Secrétaire Général Koffi Annan s'empresse d'affirmer qu'on n'avait pas encore épuisé les possibilités de parvenir à un accord négocié et qu'il y avait des avancées sérieuses et constructives. Il neutralisait ainsi toute la portée des menaces occidentales (1). De même lors d'une interview par Newsweek, le chef de l'AIEA (agence internationale pour l'énergie atomique), Mohamed al Baradei, reste très vague sur la situation nucléaire de l'Iran, bien que ses enquêteurs sillonnent le pays depuis plusieurs années. Voici le type de réponse dilatoire de ce prix Nobel: on n'a pas fini de vérifier, on doit clarifier, je ne peux rien confirmer, je n'exclus aucune possibilité, il faut être très patient…(2).
De son côté, le président Chirac vient de menacer d'attaque non conventionnelle tout état qui mènerait une action terroriste sur son territoire ou sur un territoire d'un allié.
Et Shaoul Mofaz, le ministre de la défense d'Israël menace d'intervenir militairement s'il s'avérait que l'Iran s'orientait vers un arsenal nucléaire.
Pour mettre un voyou hors d'état de nuire, on l'arrête et on l'enferme. Et s'il appartient à un gang, on cherche à neutraliser son chef, ou à défaut, à l'éliminer. C'est l'attitude israélienne vis à vis des organisations terroristes qui le harcèlent depuis une dizaine d'années. Barrière de sécurité et éliminations ciblées des commanditaires d'attentats ont réduit sensiblement le risque.
Si par un moyen ou un autre, l'Iran peut être amené à composer, la Syrie suivra. Mais les mesures viables pour ramener l'Iran à la raison ne sont pas nombreuses.
Le blocus est risqué dans ses conséquences: prix du pétrole prohibitif pouvant mettre à genou les économies occidentales, sabotage possible du détroit d'Ormuz provoquant le même effet, accentuation des attentats en Irak…. Les encouragements au changement de régime local n'ont rien donné de tangible et ne donneront rien à court terme.
Reste la destruction sélective de sites sensibles répertoriés en Iran qui pourrait entraîner un changement d'attitude du régime actuel. Car l'Occident a déjà accepté une forme de nucléarisation de ce pays.
Les Iraniens eux-mêmes devraient écarter, et si nécessaire, éliminer le président Ahmedinejad dont le fanatisme apocalyptique est un danger pour le monde entier. Il y a 70 ans, les Allemands avaient trop hésité à se débarrasser d'un autre dirigeant atteint de folie destructrice, pourtant lui aussi parvenu au pouvoir démocratiquement. Avec les terribles conséquences que nous subissons encore. Car cet ancien Gardien de la Révolution devenu maire de Téhéran, puis élu président sur des promesses fallacieuses à son peuple, propose sans cesse depuis son élection, la présentation sur l'autel du sacrifice du bouc habituel, Israël, en échange du "business as usual" au Moyen Orient. La solution ne serait-elle pas de l'amener lui-même sur l'autel du sacrifice ?
Notes
(1) National Review Online du 16/1/06 "Doing business with Iran"- Top UN officials responsible for nuclear non proliferation are facilitating Iran's acquisition of nuclear weapons by Anne Bayefski, senior fellow at the Hudson Institute.
(2) "Diplomacy and force" – Newsweek - January 23rd, 2006 issue.
colonisation. Et il ne s¹agit pas seulement des colons eux-mêmes, mais de
tout le système étatique qui a permis au crime de prospérer pendant des
années]
http://www.haaretz.com/hasen/spages/673047.html
Ha¹aretz, 22 janvier 2006
Le crime organisé retient tout un Etat en otage
par Gideon Levy
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Le crime organisé existe-t-il en Israël? Existe-t-il un mécanisme criminel
qui étend ses tentacules jusqu¹au c¦ur des niveaux les plus élevés des
systèmes exécutif, militaire et judiciaire de l¹Etat, et qui le fait
trembler sur ses bases? Existe-t-il un groupe bien organisé, avec "parrains"
et "soldats", qui opère librement en s¹abritant derrière une façade
d¹honorabilité? Ce groupe fait-il régner la peur dans la société israélienne
dans son ensemble, mettant ainsi en danger sa sécurité et son bien-être?
Malheureusement, la réponse à toutes ces questions est oui. En Israël, le
crime organisé existe, et il est extrêmement puissant. Ses membres sont
partout, dans les ministères comme dans les rouages de la loi. Leur
apparence est honorable, et leur structure bien organisée, avec à leur tête
des rabbins - parrains qui commandent à une armée de soldats. Ils usent
d¹intimidation autour d¹eux, et ils mettent en danger le bien-être et la
sécurité de la société tout entière. On les appelle les colons.
Les citoyens qui vivent dans un Etat touché par le crime organisé adressent
essentiellement leurs doléances à l¹institution judiciaire qui se montre
incapable de les protéger. Aujourd¹hui, alors que les Israéliens commencent,
enfin, à être dégoûtés par ce qui se passe en Cisjordanie, ils doivent se
plaindre surtout auprès de ceux qui ont rendu possible ce mécanisme de
contrôle des centres du pouvoir de l¹Etat pour agir comme bon leur semble
dans les territoires occupés.
/S
En ce moment, il est de bon ton d¹être choqué par les actes des colons de
Hébron. Ehud Olmert lui-même menace d¹y employer la force contre les
hors-la-loi. Comme d¹habitude, le ministre de la Défense Shaul Mofaz a très
vite changé d¹attitude pour s¹adapter aux vents nouveaux, et parle
d¹expulser tous les "délinquants" de Hébron. De qui parle-t-il exactement?
De ceux, seulement, qui se sont heurtés à l¹armée? Et où était-il jusqu¹à
présent? Le silence du passé met en lumière l¹hypocrisie des ministres et du
public en général : pendant des années, les colons de Hébron s¹en sont pris
violemment à leurs voisins palestiniens, au point que plusieurs milliers de
ceux-ci ont été forcés d¹abandonner leurs foyers et leurs magasins et de
s¹enfuir. Quiconque visitait Hébron découvrait une ville fantôme, mais bien
peu d¹Israéliens ont voulu le savoir, et encore moins ont été choqués et ont
agi. Ce n¹est que lorsque les colons ont osé lever la main sur des soldats
et des policiers qu¹une clameur s¹est élevée. Mais cette clameur devrait
s¹adresser à ceux qui ont permis au crime de prospérer toutes ces années.
Cela ne touche pas seulement les soldats, les policiers et les agents du
Shin Bet qui savaient, ont gardé le silence, et même ont soutenu. Comme pour
tout crime organisé, des institutions gouvernementales de bien plus grande
importance ont été impliquées. Le ministère du Logement, l¹armée et
l¹Administration civile, qui ont fourni aux "avant-postes illégaux" toute
l¹infrastructure nécessaire, ont accompagné les travaux de construction,
fourni protection et assistance, ont pavé des routes et apporté l¹eau et
l¹électricité : tous sont complices du crime. Le pouvoir exécutif a facilité
le contrôle des familles du crime sur la Cisjordanie, et (comme pour tout
crime organisé), le pouvoir judiciaire a été complice de la corruption.
La Haute cour de Justice, qui aujourd¹hui reporte sa décision sur plusieurs
avant-postes, n¹est pas exempte. L¹histoire de la construction d¹Amona, par
exemple, est instructive : cet avant-poste a été bâti en 1995 sur des terres
privées palestiniennes. Le ministère du Logement a donné 2,1 millions de
shekels pour en financer les infrastructures, sans aucun permis de
construire. Alors, pourquoi s¹en prendre aux habitants d¹Amona si c¹est
l¹Etat lui-même qui a financé cette construction? Quand l¹Administration
civile elle-même a ordonné en octobre 2004 de démolir neuf magnifiques
villas à Amona, personne n¹a levé le petit doigt. Voilà comment la peur du
crime organisé s¹instille dans le système chargé de faire respecter la loi.
Il a fallu l¹intervention de Shalom Arshav (La Paix Maintenant) auprès de la
Haute cour pour que soit débattue la démolition de ces bâtiments illégaux.
Mais la Haute cour a agi comme elle fait toujours face à des requêtes de ce
type : sans hâte. La semaine dernière, elle a décidé d¹un nouvel
ajournement, sans qu¹on comprenne bien pourquoi. De même, elle n¹a vu aucune
urgence à traiter le problème des squatters du marché de gros de Hébron.
Depuis juin 2001, date à laquelle l¹Administration civile a ordonné leur
évacuation, un bon nombre d¹enfants de colons ont eu le temps de cracher au
visage de femmes âgées palestiniennes. En 2003, l¹Etat s¹est engagé auprès
de la Haute cour à évacuer les squatters, mais rien n¹a été fait depuis pour
tenir cet engagement.
La Cour suprême ne se comporte pas toujours de cette manière. Quand, en mai
2004, neuf habitants de Rafah l¹ont saisie contre la démolition de leurs
maisons, le juge Eliahou Mazza a émis, en pleine nuit, un jugement
provisoire contre cette démolition, mais la cour n¹a pas eu besoin de plus
que de 48 heures pour annuler cette décision, et les maisons ont pu être
ainsi rasées. Chaque fois que des Palestiniens ont déposé une requête contre
la démolition de leurs maisons, la Haute cour a agi avec rapidité et
détermination pour repousser ces requêtes. La Haute cour agit rapidement et
efficacement, quand cela l¹arrange.
Il n¹y a pas de quoi s¹exciter pour l¹évacuation d¹une poignée de squatters
d¹Amona et du marché de Hébron. La véritable mission du pays est de se
débarrasser de tous les centres du crime organisé. Olmert, qui, au début de
sa carrière, a mené un combat hautement médiatisé contre un autre système de
crime organisé, devrait le savoir. Le dispositif criminel auquel il est
aujourd¹hui confronté est fort, violent, et infiniment plus dangereux que
celui des frères Siboni de Mevasseret Yeroushalayim, contre lequel il s¹est
battu il y a exactement 30 ans. A cette époque, il avait affaire à des gens
qui terrorisaient une petite ville. Il se trouve aujourd¹hui face à ceux qui
retiennent en otage un Etat tout entier.
http://www.haaretz.com/hasen/spages/673437.html
Ha¹aretz, 23 janvier 2006
Elections palestiniennes : comment le Fatah réplique au Hamas
par Danny Rubinstein
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Maintenant qu¹a pris fin la lutte entre les jeune et vielle garde du Fatah
pour la composition de la liste du parti aux élections législatives
palestiniennes, la campagne se caractérise par un débat idéologique et
politique plutôt que par des attaques personnelles. Ici et là, des
représentants du Fatah et du Hamas tentent bien de se jeter un peu de boue à
la figure, mais dans l¹ensemble, les attaques personnelles ne sont plus
directes et le débat tourne autour de questions comme le style de
gouvernance et la politique de l¹Autorité palestinienne (AP).
Les représentants du Fatah répondent aux critiques faites à l¹AP
(corruption, échec d¹Oslo et donc inexistence de fait de l¹Autorité [1]) de
plusieurs manières. L¹une d¹entre elles consiste à contrôler l¹économie des
élections. Ces derniers mois, les services de sécurité palestiniens (en
particulier à Gaza) ont recruté des milliers de jeunes, qui ont commencé à
toucher les maigres salaires que paye en général l¹Autorité palestinienne.
Les choses en sont arrivées à un tel point que, ces derniers jours, la
presse palestinienne rapporte qu¹une grave crise financière attend l¹AP au
lendemain des élections. On peut donc dire que si tout se passe comme prévu
et si les élections ont bien lieu mercredi, personne ne sera surpris si le
Trésor palestinien se trouve dans l¹incapacité de payer les salaires de
janvier.
Le Fatah avertit qu¹au cas où le Hamas l¹emporterait, des Etats comme les
Etats-Unis ou les pays européens arrêteraient leur aide financière donnée à
l¹AP. Mais le leader du Hamas Ismail Haniya réplique qu¹il n¹y a aucun souci
à se faire : "l¹AP a assez d¹argent, et nous disposons de ressources en gaz
inexploitées sur la côte de Gaza". Lui et ses collègues affirment avoir
discuté de la question avec des pays européens et qu¹il n¹y a pas
d¹inquiétude à avoir, l¹aide ne sera pas stoppée. Quant aux Etats-Unis,
Haniya déclare : "le Venezuela et d¹autres pays d¹Amérique du Sud n¹ont pas
peur des Etats-Unis ; pourquoi devrions-nous en avoir peur?"
Concernant le débat politique, Mohammed Dahlan a tourné en ridicule les
représentants du Hamas en disant : "ah bon? Oslo a échoué? Alors, comment se
fait-il que vous participiez à ces élections?" Car, sans le processus
d¹Oslo, il n¹y aurait pas d¹AP, et donc pas d¹élections. Mahmoud Abbas et
ses porte-parole tentent de convaincre l¹opinion que le processus d¹Oslo a
apporté d¹importants avantages aux Palestiniens, et qu¹il a un avenir. Ils
le font, par exemple, en utilisant des extraits de déclarations d¹Ehud
Olmert, "qui espère entamer des négociations sur un règlement définitif
immédiatement après les élections en Palestine et en Israël". Cette phrase a
fait la une du quotidien à grand tirage Al-Quds de mercredi dernier, qui
présentait les déclarations d¹Olmert comme une réponse à celles d¹Abbas.
Selon l¹article, Olmert dit à demi-mot que les Palestiniens de Jérusalem ne
demeureront pas éternellement sous la coupe d¹Israël, ce qui signifie qu¹il
est prêt, à l¹avenir, à diviser la capitale d¹Israël. De plus, les médias
palestiniens, favorables au Fatah, font grand cas de tout sondage qui montre
que la plupart des Israéliens désirent davantage d¹évacuations en
Cisjordanie et qu¹ils sont prêts à des concessions sur Jérusalem.
Par ailleurs, les représentants du Fatah tentent de faire peur à l¹électeur
palestinien en affirmant que le Hamas est un mouvement islamiste extrémiste
qui voudra imposer à la société palestinienne un style de vie et des règles
religieuses dont elle ne veut pas. Ils disent également que le Hamas "est
opposé à toute négociation et cherche à renforcer sa branche armée, les
Brigades Al-Qassam".
Si l¹on en croit les sondages, la majorité penche toujours pour le Fatah.
Mais même si celui-ci l¹emporte par une très petite marge, il est clair que
parmi les députés élus se trouveront un grand nombre de candidats qui se
seront définis comme indépendants. Certains de ces indépendants seront des
partisans du Hamas, mais ils n¹auront aucune difficulté pour rejoindre une
coalition dirigée par le Fatah.
Il semble que, pour le Hamas, cela constituera une situation confortable :
ses représentants seront bien dans l¹opposition, mais quelques-uns d¹entre
eux seront quand même dans la coalition. Ainsi, il pourra réfléchir, avec
prudence, à la meilleure manière de poursuivre sur sa voie.
[1] rappelons que la création de l¹Autorité palestinienne est le résultat
direct des Accords d¹Oslo
d¹Olmert "reflètent la révolution que connaît actuellement la société
israélienne : l¹entreprise de colonisation n¹est plus perçue comme une chose
fragile qu¹il faut protéger, mais de plus en plus comme un os en travers de
la gorge, qui ne peut être ni avalé ni recraché"]
http://www.haaretz.com/hasen/spages/673051.html
Ha¹aretz, 22 janvier 2006
par Uzi Benziman
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Il faut se pincer pour s¹assurer qu¹on ne rêve pas lorsqu¹on entend les
arguments opposés par la droite à Ehud Olmert, face à la détermination (pour
le moment, toute verbale, il faut le souligner) qu¹il montre contre les
hors-la-loi juifs à Hébron.
Le Premier ministre par intérim a annoncé que l¹Etat allait imposer son
autorité aux colons qui ont envahi le marché de Hébron, et que les
avant-postes illégaux seraient évacués. Il a également critiqué le laxisme
dont ont fait preuve jusqu¹à présent les instances chargées de faire
respecter la loi dans leurs rapports avec les colons pilleurs de
Cisjordanie, et leur a ordonné d¹agir immédiatement. Cette directive a
conduit les leaders des partis de droite à prétendre qu¹Olmert n¹était mû
que par des motivations politiciennes : en clair, qu¹en exigeant la fermeté
à l¹égard des hors-la-loi de Cisjordanie, il était à la pêche aux voix.
On n¹avait pas vu cela depuis la séparation des eaux de la mer Rouge par
Moïse au moment de l¹exode des Hébreux d¹Egypte : une extrême droite
accusant le parti centriste de vouloir séduire les électeurs en appelant à
maîtriser les colons. Les députés de droite qui ont employé cet argument ce
week-end ne se sont pas rendu compte qu¹ils se tiraient une balle dans le
pied. Car, après tout, si la motivation réelle d¹Olmert est de gagner des
voix, comme le prétendent les partis de droite, c¹est donc bien parce que la
majorité desdits électeurs soutient la position de fermeté du gouvernement à
l¹égard des colons. Cela signifie que la politique qui défend la réduction
de la présence juive dans les Territoires est une carte que les partis
doivent jouer. Au nom de qui, donc, ces députés de droite s¹opposent-ils à
la nouvelle directive d¹Olmert et soutiennent-ils le contrôle total des
Territoires, sinon au nom d¹une minorité d¹électeurs ?
Il y a six mois à peine, la droite prétendait que le plan de désengagement
ne devait pas être appliqué, parce qu¹Ariel Sharon n¹avait pas tenu sa
promesse de procéder à un référendum. Les opposants au retrait de Gaza et du
Nord de la Cisjordanie disaient que la voie officielle qui consistait à
passer par le gouvernement et par la Knesset ne suffisait pas. Ils voulaient
en appeler directement au peuple. Le Conseil des colons (Yesha) a mené un
dur combat contre ces évacuations, en fondant sa position, entre autres, sur
le fait que la plupart des Israéliens étaient d¹accord avec lui.
Aujourd¹hui, l¹ordre du jour est à l¹évacuation de quelques dizaines de
colons qui ont pris possession d¹un nombre limité de bâtiments dans le
marché de Hébron, ainsi qu¹à celle d¹un petit nombre d¹avant-postes. Et, de
fait, l¹extrême droite admet que la majorité des Israéliens est favorable
aux évacuations. Elle l¹admet par le fait même de dire que ces évacuations
constituent de la démagogie électorale. De plus, contrairement à ce qui se
passe d¹habitude, le bénéfice qu¹en tirent les électeurs ne se traduit pas
par des baisses d¹impôts ou par l¹augmentation de prestations sociales, mais
par l¹évacuation de quelques avant-postes illégaux.
Qu¹il soit volontaire ou pas, cet argument de l¹extrême droite reflète la
révolution que connaît actuellement la société israélienne : l¹entreprise de
colonisation n¹est plus perçue comme une chose fragile qu¹il faut protéger,
mais de plus en plus comme un os en travers de la gorge, qui ne peut être ni
avalé ni recraché. L¹époque où les gouvernements israéliens préféraient
éviter la confrontation face au fanatisme des colons (par exemple, après le
massacre du Caveau des Patriarches, en 1994, quand Itzhak Rabin est revenu
sur sa promesse d¹évacuer l¹enclave de Hébron) semble révolue.
Le Conseil des colons et l¹extrême droite doivent réfléchir à la décision
que prendra probablement le corps électoral le 28 mars prochain. S¹ils
interprètent correctement l¹humeur de l¹opinion, ils doivent préparer leurs
communautés à accepter la décision de la majorité. Et si Olmert sent qu¹il a
le soutien de l¹opinion pour sa fermeté à l¹égard du comportement
insurrectionnel et illégal des colons des Territoires, pourquoi, alors, ne
concentrer son effort que sur trois ou quatre colonies, plutôt que sur la
totalité des avant-postes illégaux ?