Démanteler le front du refus

Publié le par david castel

[Hier, quelques colons ont été évacués du centre de Hebron (il a fallu
plusieurs centaines de policiers !). Comme toujours (vieille tactique des
colons), blessés et images traumatisantes pour convaincre l¹opinion que cela
ne doit plus jamais se reproduire. Mais, plus grave, il s¹est produit un
important mouvement de désobéissance de soldats, inspiré par certains
rabbins]
 
Ha¹aretz, 7 août 2007
 
http://www.haaretz.com/hasen/spages/890548.html
 
Démanteler le front du refus
Edito de la rédaction

Traduction : Gérard pour La Paix Maintenant


Plusieurs dizaines de soldats israéliens ont informé leurs supérieurs
qu¹après en avoir référé à leurs rabbins, ils refuseraient de participer à
l¹évacuation de familles juives qui s¹étaient emparées de bâtiments au c¦ur
de la ville de Hebron (1).
     
Ces soldats n¹étaient pas censés évacuer eux-mêmes les colons-envahisseurs,
mais remplacer les officiers de la police des frontières qui devaient
quitter leur poste en vue de cette évacuation. Certains de ces soldats ont
annoncé explicitement leur intention de désobéir aux ordres, alors que
d¹autres ont pris prétexte de diverses douleurs ou maladies. Douze d¹entre
eux ont été renvoyés devant un tribunal militaire.

Mais cela ne suffit pas. Demain, il y aura d¹autres évacuations, et d¹autres
refus. Il s¹agit d¹un test pour Ehoud Barak, ministre de la défense, et pour
le chef d¹état-major Gabi Ashkenazi. Ces derniers jours, Barak et Ashkenazi
se sont prononcés à plusieurs reprises contre les exemptions de service
militaire (2), mais le refus d¹obéir aux ordres n¹est pas moins dangereux.
Le refus pour motifs politiques (et le fait de le présenter sous des atours
religieux ne dissimule en rien son caractère politique) est un cancer dans
le corps de Tsahal. Les autorités militaires doivent le combattre sans
compromis. Un refus de droite n¹est ni plus tolérable ni plus compréhensible
qu¹un refus de gauche (3). S¹il existe une chance de parvenir à un compromis
pacifique avec les Palestiniens, cela entraînera l¹évacuation de colonies.
Or, une armée qui émet un message de faiblesse envers ceux qui refusent
d¹obéir aux ordres ne pourra pas constituer un outil efficace et fiable aux
mains de ceux qui l¹enverront.

Cette organisation de refuzniks est une déclaration de sédition, et en tant
que telle, elle doit être traitée avec toute la rigueur de la loi. L¹armée
doit annuler tous les accords passés avec les yeshivot dont les rabbins ne
reconnaissent pas l¹autorité de ses officiers. S¹il est exact que des
groupes extrémistes, dont certains depuis l¹étranger, offrent des
récompenses financières à ces refuzniks, ils poussent les soldats à
commettre un délit. Ceux qui corrompent les refuzniks doivent être arrêtés
et jugés.   

Les fondateurs de l¹Etat d¹Israël avaient bien compris que l¹armée devait
avoir une chaîne de commandement unifiée, avec des officiers qui n¹obéissent
qu¹au chef d¹état-major, celui-ci n¹obéissant qu¹au gouvernement (4). Des
groupes armés indépendants mèneront à la désintégration de Tsahal, et
finiront par se combattre entre eux, comme dans l¹Irak d¹après l¹invasion
américaine. 

Il y a deux ans, avant l¹évacuation des colonies de Gaza et du nord de la
Cisjordanie, le gouvernement et l¹état-major avaient adopté une approche
conciliante à l¹égard des refuzniks de droite, des colons qui étaient
demeurés illégalement dans les colonies et des manifestants
anti-désengagement violents. Très récemment, des députés de la droite
religieuse ont une fois de plus demandé que les jeunes qui s¹en étaient pris
alors aux soldats et aux policiers soient graciés et réintégrés dans
l¹armée. Mais il ne peut y avoir de place pour la compassion.

Israël fait face à plusieurs fronts militaires difficiles (Iran, Syrie,
Hezbollah, Hamas) sur lesquels il n¹a qu¹un contrôle limité. Il ne peut pas
se permettre l¹existence d¹un front intérieur, au sein de sa seule armée. Ce
front, le front du refus, doit être démantelé sans délai. Si Ashkenazi,
Barak et le gouvernement Olmert sont trop faibles pour le faire, alors ils
ne doivent pas rester en poste, ne serait-ce qu¹un jour de plus.


Notes
  
(1) Voir l¹origine de cette affaire :
http://www.lapaixmaintenant.org/article1563

(2) Pour les étudiants des yeshivot (écoles talmudiques).

(3) Ce parallèle est discutable. Voir «"Refuzniks de droite ou de gauche :
il y a une différence" : http://www.lapaixmaintenant.org/article959

(4) Cette partie de l¹article se réfère au débat qui a eu lieu après la
guerre de 1948, quand les groupes armés juifs indépendants (Irgoun, Lehi et
Palmakh) ont été dissous par Ben Gourion d¹une manière ou d¹une autre.
 
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