Royal, Sarkozy, Bayrou : y a-t-il un politologue dans la salle ?
Calchas
dimanche 18 mars 2007
Themes : Ségolène Royal gauche François Bayrou
-------------- Répondre à cet article
Je m’étais dit, Calchas, tiens-toi dans ton domaine, ne t’aventure pas dans les subtilités du politique, des sondages, des calculs savants de reports de voix, d’image, de vrais faux bilans, etc.
Mais là, cette campagne, je craque. Foin de mon expertise perso, j’ai besoin qu’on m’explique.
Je ne comprends plus cette campagne, alors récapitulons, posons des questions et merci de me venir en aide.
1) La gauche.
Les sondages nous disent que le peuple de gauche n’a plus confiance. Certains s’apprêteraient même à voter Bayrou. Ségolène ne convaincrait pas. Sarko séduirait même à gauche. Le PS serait divisé.
Mais enfin, qu’y a-t-il de rationnel dans tout cela ? En 2002, la gauche avait un bilan plus qu’honorable : le chômage avait fait un bon en arrière, une politique environnementale conduite avec les Verts avait instauré plus de transparence, renforcé le rôle de l’expertise ; la couverture maladie universelle était instaurée ; les Français travaillaient moins ; le déficit et la dette étaient contenus ; la balance commerciale était excédentaire. Et, rappelez-vous, Lionel Jospin, qu’il est de bon ton de fustiger aujourd’hui, était un des premiers ministres les plus populaires en fin de mandat de la Cinquième République. Enfin, arrêtez moi si je me trompe, la gauche avait progressé en voix aux présidentielles. Bref, ce n’était certes pas parfait, mais le bilan et la popularité étaient au rendez-vous.
Pendant que la droite, arrivée au pouvoir grâce à la manipulation de l’opinion sur la violence et l’instrumentalisation du FN, se débattait dans des promesses clientélistes, laissait filer le déficit, explosait la dette, trouait la sécu, flattait les corporations, se fichait des chômeurs, lâchait l’Europe, abandonnait la recherche, causait d’environnement en agissant à l’opposé, et j’en passe... La gauche gagnait les élections régionales et municipales, augmentait en popularité et démontrait une vraie capacité de construire des politiques publiques innovantes, le plus souvent dans la concertation. Puis le PS organisait un débat interne digne et ouvert qui voyait le triomphe du renouveau incarné par une femme d’expérience, de conviction et de talent. Quelques semaines après son programme était disponible, construit sur la base de débats participatifs sans céder à la démagogie.
Alors, qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi les Français trompés par Chirac se tournent-ils vers les sirènes du sarkozysme ou du bayrouisme ? Pourquoi chaque geste, chaque parole de Ségolène Royal est-elle critiquée, fustigée, déformée ?
2) Le programme
Que n’a-t-on pas entendu !
Avant le pacte : Ségolène n’a pas de programme.
Ah, bon, et celui du PS ? Et tous ses discours ? Et le site de Désirs d’avenir ? En face presque rien, Sarko résout tout, pas besoin de savoir comment. Faites confiance.
Après le pacte, on entend : « Catalogue, c’est flou ».
Encore de la désinformation. C’est structuré, détaillé, souvent innovant. On entend encore : « C’est pas chiffré, et de toutes façons c’est trop cher. » Parce que quelqu’un y croit au chiffrage. Quand on manipule les chiffres du chômage (l’INSEE refusant de publier le résultat de son enquête !) et de la délinquance, a-t-on le droit de porter ce genre d’accusation ? Quel gouvernement s’est fait rappeler à l’ordre par Bruxelles ? Comment expliquer que les impôts des riches diminuent quand les prélèvements obligatoires augmentent ? Où en est la balance commerciale après toutes ces mesures libérales ? Qu’a-t-on fait d’Airbus, le fleuron de l’aéronautique ?
3) Bayrou
Comment les gens de gauche peuvent-ils croire ce tartuffe ?
Il séduit les enseignants après avoir tenté l’abrogation de la loi Falloux. Faut-il que le méprisant Allègre ait fait du mal dans cette corporation qui joue un rôle clé dans une société qui n’a que son savoir à opposer à la compétition mondiale. Il va prendre un premier ministre de gauche. Ben voyons, vous y croyez vous ? Vous ne voyez pas qu’il cherche à endormir tout le monde. Le scénario est écrit, s’il est élu, il sera obligé de s’allier avec l’UMP (où sont déjà beaucoup de ses amis politiques) et qui va être premier ministre ? Suivez mon regard et vous retomberez sur le même. Alors les indécis de gauche, on est convaincu ?
Mais je suis rationnel, si mon raisonnement est vrai la gauche ne peut que gagner. Mais quand même j’ai peur, me serai-je trompé ? Amis politologues, spécialistes des élections, du débat, des sciences politiques, éclairez-moi, aidez le pauvre citoyen désireux d’avenir à comprendre ce qui se passe dans cette campagne. Et si jamais j’ai un minimum compris quelque chose, alors peuple de gauche, retrouve ta dignité, accepte ta diversité, sois exigeant avec ceux que tu choisis pour conduire les politiques publiques, mais ne te détourne pas de ton devoir qui est de faire barrage à la droite, toute la droite.
Calchas
Projet d’espoir, François Bayrou, Plon, 2007
Betapolitique - Publié depuis 1 heure
Autant le dire, les lecteurs de Betapolitique le savent, je suis plutôt de gauche et, dans cette campagne, de plus en plus convaincu par Ségolène Royal. ...
| Quand Jospin s'en mêle ! Tele News - Attendu ou redouté, le retour de Lionel Jopsoin se faisait attendre certains souhaitant depuis longtemps un soutien franc et massif à Ségolène Royal dont ... |
| Royal, Sarkozy, Bayrou : y at-il un politologue dans la salle ? Betapolitique - Je m’étais dit, Calchas, tiens-toi dans ton domaine, ne t’aventure pas dans les subtilités du politique, des sondages, des calculs savants de reports de ... |
| François Bayrou, cauchemar de Ségolène Royale La Factory - Aucun analyste ne le reconnaîtra ouvertement, mais la présidentielle 2007 est un cauchemar où tout est possible, de sorte qu’il est impossible de se montrer ... |
| La blogosphère politique en bref, jeudi 15 mars 2007 L'Observatoire des Blogs Francophones - - Dominique Voynet et Cécile Duflot étaient tout sourires ce matin quand elles ont enregistré, afin de partir au Conseil Constitutionnel, la vidéo dans ... |
| Retour sur François Bayrou Dossiers Du Net - J’avais craint que l’espoir de mon Europe ne soit déçu. La gauche - l’autre gauche - m’a déçue aussi. Et je les ai déçus ; je le vois bien. ... |
« Ya un flottement pas franc »
Nouvel Observateur -
En 2002, Bernard Poignant envoyait au candidat Jospin des lettres alarmistes. Aujourd'hui, autour de lui, ils sont morts d'inquiétude. ...