Villepin veut que Sarkozy n'oublie pas son bilan

Publié le par david castel

BRUNO JEUDY.
 Publié le 30 janvier 2007
Actualisé le 30 janvier 2007 : 08h20



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Selon un proche, Dominique de Villepin veut « que la majorité reconnaisse que, sans son travail, l'UMP aurait peu de chance de gagner ».
Mori/AFP.

 

Le premier ministre a présidé hier à Matignon un séminaire sur l'action du gouvernement.

 

ARRIVÉ le dernier et reparti le premier de Matignon, Nicolas Sarkozy n'a fait aucun commentaire à la sortie du séminaire gouvernemental. Comme si l'ordre du jour - le programme de travail des trois prochains mois fixé par Dominique de Villepin - ne le concernait plus. Le ministre de l'Intérieur a déjà laissé entendre qu'il ne serait plus au gouvernement au moment du démarrage de la campagne officielle, le 9 avril. « Villepin fait ce qu'il veut des trois mois qui lui restent », constate, indifférent, le numéro deux du gouvernement, désormais lancé à fond dans sa campagne. Il a ainsi passé la nuit dernière aux urgences dans un hôpital de Pontoise.

 

Villepin, qui a abandonné ses ambitions, s'attelle à ce qui lui reste : montrer que son gouvernement est « au travail ». Fidèle à son discours, il a réuni tous ses ministres (moins Catherine Colonna, en déplacement à Bruxelles, et Dominique Perben au Portugal) pour procéder à un « balayage de l'ensemble des grands chantiers en cours ». L'occasion pour le premier ministre de se féliciter des « bons résultats économiques » de son gouvernement. Il devrait le répéter aujourd'hui lors d'une visite à Rambouillet, fief électoral de son ministre du Travail Gérard Larcher. Un déplacement qui coïncide avec la publication des chiffres du chômage, qui s'annoncent « très bons », selon une source gouvernementale.

 

Le premier ministre a également fait le point sur l'avancement des travaux parlementaires. Jean-François Copé a admis qu'il serait « difficile » de faire adopter tous les textes avant la fin de la session. Le projet de loi sur la consommation, cher à Thierry Breton, devrait faire les frais d'une session parlementaire trop chargée.

 

« Il est un peu chiffon »

 

Si le séminaire s'est déroulé dans « la bonne humeur », selon Matignon, Villepin n'a pas du tout apprécié la volte-face du candidat UMP sur le contrat nouvelles embauches (CNE), formulée par Xavier Bertrand, son porte-parole. Devant un Sarkozy silencieux, Villepin a défendu les « bienfaits » du CNE (lire ci-dessous). Il a aussi profité de ce séminaire pour rappeler le « devoir de réserve » des ministres. Le chef du gouvernement a appellé solennellement à « la mise en oeuvre du principe d'impartialité de l'État et de la neutralité des services publiques ».

 

Quelle sera la place de Villepin durant la campagne ? Le premier ministre, qui a longtemps misé sur un effondrement de son rival, s'est désormais fait une raison. Il attend le choix du chef de l'État pour exprimer le sien. Au final, dans la majorité, Dominique de Villepin devrait donc être le dernier à soutenir Nicolas Sarkozy. Car, même si cela ne l'emballe guère, il veut « avant tout la victoire de son camp ».

 

« C'est vrai qu'il accuse le coup depuis le congrès de la Porte de Versailles. Il est un peu chiffon », note le député villepiniste Georges Tron. « Si Sarkozy réussit son début de campagne, c'est aussi parce que les résultats économiques du gouvernement sont bons. Et ça, on le doit à Villepin », se rassure l'élu de l'Essonne, qui en veut pour preuve le fait que Sarkozy « n'emploie plus le mot rupture ». Le villepiniste Hervé Mariton estime, lui, que le candidat UMP sera « bien content de s'appuyer sur la crédibilité du gouvernement quand le combat se fera promesse contre promesse ».

 

Mais Villepin veut-il vraiment une place dans le dispositif Sarkozy ? « Au fond, ce n'est pas sûr. Aujourd'hui, il veut que la majorité reconnaisse que, sans son travail, l'UMP aurait peu de chance de gagner », soupire un proche. Dominique de Villepin, qui a refusé toutes les propositions de circonscriptions, ne fait pas de projet. Et dément toutes les rumeurs. Pour l'instant, une seule chose est certaine. Il écrit beaucoup sur son expérience à Matignon. Et avertit : « Je ne sortirai pas de Matignon laminé comme mes prédécesseurs. »


 

L'appel de Londres de Nicolas Sarkozy aux expatriés: "Revenez !"
30.01.07 | 22h00
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Par Emmanuel Jarry

LONDRES (Reuters) - Nicolas Sarkozy invite les Français expatriés à revenir en France s'il est élu président de la République en mai prochain.

"A tous les expatriés qui sont malheureux de la situation de la France et de leur départ, je veux dire : 'revenez' !", a lancé mardi soir le candidat de l'UMP à plus d'un millier de Français de Londres, lors d'une réunion publique dans un ancien marché de la capitale britannique reconverti en salle de conférence.

"On a besoin de votre travail, de votre intelligence, de votre imagination et de votre enthousiasme", a-t-il poursuivi. "Revenez parce qu'ensemble nous ferons de la France une grande nation où tout sera possible, où les pères n'auront plus peur pour l'avenir de leurs enfants, où chacun pourra réaliser ses projets, devenir responsable de son propre destin."

"Revenez et vous verrez qu'avec un peu de coeur, de courage et de volonté, notre vieux pays peut accomplir encore de grandes choses", a-t-il ajouté dans une de ses envolées lyriques dont il est désormais coutumier dans ses meetings.

Le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP concluait une journée à Londres, où il a déjeuné avec le Premier ministre travailliste Tony Blair et visité l'endroit d'où le général de Gaulle lança le 18 juin 1940 son appel à la poursuite par les Français de la guerre contre l'Allemagne nazie.

Le meeting a failli tourner à l'émeute lorsque, pour des raisons de sécurité, environ un millier de personnes n'ont pu entrer dans la salle de conférence.

Elles ont scandé de dépit "Ségolène ! Ségolène !", le prénom de la candidate socialiste Ségolène Royal, martelé les portes de verre et poussé des hurlements, jusqu'à ce que des "bobbies" (policiers anglais) les dispersent sans ménagement.

Le discours du président de l'UMP s'adressait en fait aux près de deux millions de Français expatriés dans le monde, dont environ 300.000 en Grande-Bretagne (250.000 à Londres, dont un bon cinquième d'électeurs inscrits).

"La France n'est pas qu'à l'intérieur de ses frontières", a-t-il dit, avant de promettre que la "France de l'extérieur" soit "mieux représentée dans la politique française".

"NOTRE TRUC, C'EST LES SOCIALISTES FRANÇAIS"

"Voyant la France de dehors, vous voyez mieux encore ses défaillances et ses faiblesses et elles vous sont encore plus insupportables", a poursuivi Nicolas Sarkozy, qui a ironisé une nouvelle fois, sous les applaudissements, sur la semaine de 35 heures instaurée par le gouvernement de gauche de Lionel Jospin (1997-2002) : "C'est la seule idée au monde dont vous n'êtes pas obligés de profiter !"

"Tony Blair m'a dit que les 35 heures, pour l'Angleterre, c'était pas son truc", a-t-il poursuivi. "M. Zapatero, socialiste espagnol, m'a dit également que ce n'était pas son truc. Et quand j'ai demandé à Romano Prodi, président du Conseil italien, également homme de gauche et de coeur, s'il envisageait les 35 heures, il m'a dit, c'est pas mon truc. J'ai considéré que nous, notre truc, c'était les socialistes français !"

Nicolas Sarkozy a estimé que les Français qui partent étudier aux Etats-Unis ou travailler à Londres ou à Pékin "ne laissent pas la France" mais "la servent".

Mais il y a aussi "tous ces Français qui partent parce qu'ils ont le sentiment qu'il n'y a pas de place pour eux en France, parce qu'ils ont le sentiment d'un avenir bouché, d'une société bloquée", qui "partent par dépit, par désespoir, parce qu'ils ne trouvent plus d'autre issue", a-t-il ajouté.

A ces expatriés "malheureux", il a promis une France "qui croit de nouveau aux valeurs de l'effort, de la réussite, du travail, du mérite" et la fin d'une "fiscalité confiscatoire qui décourage la réussite" et "fait fuir les capitaux".

Sur un ton gaullien, il a dit vouloir être "le président d'une France qui assume sa vocation universelle".

"Je veux que partout sur la Terre les Français soient de nouveau fiers de la France", a-t-il martelé. "Je veux être le président d'une France qui étonne de nouveau le monde. Je veux être le président d'une France qui ne soit pas frileuse."

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Publié dans Politique Politicienne

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