Un réalisateur de génie

Publié le par david castel

Steven Allan Spielberg

Il a aussi créé la fondation Shoah Foundation Institute for Visual History and Education, dont l'objectif est de recueillir les témoignages de tous les survivants de l'Holocauste, et de les diffuser aux plus jeunes, dans le but d'éviter un nouveau génocide. Malgré toutes ses activités de financier ou de bienfaiteur, il est surtout connu et reconnu du public pour son métier de réalisateur. Metteur en scène du premier blockbuster (Les Dents de la mer), il est le cinéaste le plus populaire et le plus rentable de l'histoire du septième art. En effet, rares sont ses réalisations qui n'ont pas été couvertes de succès. Sa filmographie est impressionnante tant elle compte de succès et de personnages presque entrés dans notre héritage culturel. Cette filmographie est pourtant assez diverse, et on peut dire qu'elle se divise en trois grandes lignes. Il y a d'abord une trilogie concernant les extra-terrestres (se composant de Rencontres du troisième type, E.T. l'extra-terrestre, et dernièrement La Guerre des mondes). Une autre grande ligne concerne le divertissement, que Spielberg (qu'on appelle d'ailleurs le «roi du divertissement»), traite de façon enfantine, fantaisiste, tombant pour certains trop dans la violence et le cinéma «commercial». On y trouve Les Dents de la mer, la saga des Indiana Jones, Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet, les deux Jurassic Park, Arrête-moi si tu peux, Minority Report ou encore 1941. Enfin, une troisième catégorie constitue un cinéma plus sérieux, plus intimiste et se basant sur des faits réels. Spielberg y filme la Seconde Guerre mondiale (Empire du soleil, Il faut sauver le soldat Ryan), le sécuritarisme américain (Le Terminal), la Shoah (La Liste de Schindler), l'esclavage (La Couleur pourpre, Amistad) et plus récemment le conflit israélo-palestinien (Munich). Tous ces films-là ont été l’objet de débats animés sur la réalité historique des œuvres en question. De plus, les origines juives de Spielberg n’arrangent pas les choses : on l’accuse par exemple de ne pas être objectif ou de prendre parti sur des sujets trop sensibles. Spielberg se défend en affirmant à chaque fois développer un cinéma pacifiste. Cependant, son succès ne se dément pas, des millions de fans l'adulent.
Une enfance créative
et malheureuse
Steven Spielberg est né à Cincinnati, le 18 décembre 1946. Il a trois sœurs. Au début de son existence, il vécut dans le New Jersey, puis en Arizona. Le petit Steven n'était pas un très bon élève. On peut noter qu'il subit dès son enfance l'antisémitisme de ses camarades, et qu'il affirmait ne pas être juif, son nom étant d'origine allemande. Plus tard, ses diplômes ne lui permirent pas d'entrer facilement dans les écoles de cinéma qu'il désirait fréquenter. C'est pourquoi il suivit les cours d'art dramatique de l'école d'Arcadia, à Phoenix. Pour les autres éléments concernant le cinéma, il est autodidacte, réalisant très tôt des films en amateur.
Il tourne son premier film en 1959 à l'âge de 12 ans, avec la caméra 8 mm de son père. Ce sera The Last Gun, un western de quatre minutes. Il enchaîne en 1961 avec Escape to Nowhere et Battle Squad, deux films de guerre. Le premier de ces deux films fait alors déjà quarante minutes, le suivant, Firelight, un film de science-fiction qu'il tourne en 1964, dure cent cinquante minutes. Celui-ci sera fortement influencé par le Monstre (The Quatermass Experiment) de Val Guest. Par la suite, il tourne avec Allen Daviau, futur chef opérateur de E.T., Amblin (qui deviendra plus tard le nom de sa maison de production), l'histoire de deux jeunes gens qui vont en autostop du désert jusqu'au Pacifique sans échanger une parole. Ce court métrage remporte plusieurs prix et permet à Spielberg de décrocher un contrat de sept ans avec les studios de télévision Universal.
Ses parents divorcent en 1964 ce qui marquera profondément l’enfant Spielberg, qui vivra cette situation comme un déchirement. Cette séparation influencera le travail futur du réalisateur, où la recherche d’une enfance heureuse et merveilleuse se confronte à la haine et à l’incompréhension chronique des adultes.
Des débuts audacieux
Spielberg se fait alors remarquer pour ses compétences techniques et se forge une réputation. Il dirige Joan Crawford dans un épisode de Night Gallery et enchaîne avec de nombreuses autres séries, notamment le premier épisode (sans compter les deux pilotes) de Columbo : Le livre témoin.
Son premier gros succès sera un téléfilm, Duel, qui raconte l'histoire d'un camion effrayant, dont le chauffeur restera invisible aux spectateurs, poursuivant sans relâche un employé de commerce. En dépit de son budget minimal et de son scénario laborieux, l'œuvre fait immédiatement sensation pour sa mise en scène et remporte notamment le grand prix du festival d'Avoriaz. Son succès à la télévision sera tel que le film sortira en version longue dans les salles de cinéma. Le pouvoir de Spielberg à Hollywood commence à croître.
En 1974, Spielberg se voit confier la réalisation de son premier long métrage pour le cinéma, ce sera Sugarland Express. Le film, tiré d'une histoire vraie, raconte l'aventure de deux marginaux (interprétés par Goldie Hawn et William Atherton) et de leur otage, poursuivis par un déploiement carnavalesque de policiers et de journalistes. Malgré une ambiance bien gérée et des acteurs bien dirigés, le film sera un échec total au box-office, Universal ne voulant pas en faire une grosse production, jugeant le sujet trop difficile. Selon d'autres informations, Universal aurait saboté sa sortie pour privilégier la sortie de L'Arnaque, avec Robert Shaw et Robert Redford. Note amusante : Robert Shaw fait partie du casting de «Jaws».
Les premiers succès mondiaux
Certains considéraient alors la carrière du réalisateur terminée, mais le hasard en décidera autrement. En 1975, Spielberg se rend chez son dentiste et, dans la salle d'attente, il trouve à côté de magazines, le livre alors peu connu de Peter Benchley, Jaws (ce qui veut dire « Mâchoires » en anglais). Curieux, il demande alors à son dentiste de lui prêter le romanréf. nécessaire. Et, une fois chez lui, il « dévora » le livre et décida d'en faire l'adaptation cinématographique. L'échec de son film précédent lui porte préjudice mais il parviendra à réunir un budget de douze millions de dollars pour faire son œuvre. Selon la rumeur, il refusa pour le rôle du héros l'immense Marlon Brando, estimant que le suspense quant à la survie du personnage serait entaché. Et, ayant réuni des acteurs moins connus (Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Roy Scheider), le tournage put enfin commencer ; et ce sera, il le dit lui-même, réf. nécessaire le pire tournage de sa carrière. Les Anecdotes de tournage des Dents de la mer sont nombreuses et peu enviables : un tournage laborieux de cent-cinquante-cinq jours, un des trois requins mécaniques ne fonctionne pas toujours très bien (c'est d'ailleurs pourquoi on ne voit presque jamais le redoutable animal au début du film), des techniciens ne voulaient qu'une chose : que le projet cesse, pareil pour les acteurs, et Spielberg lui-même se disait découragé, les caprices de la météo et de l'océan n'arrangeant pas les choses. À l'issue de ce laborieux tournage, la peur de l'eau qu'avait Spielberg se transforma en une véritable phobie. Mais ces Dents de la mer sortirent en salle et, contre toute attente, le film fut un succès dépassant de loin les prévisions les plus optimistes des studios. En fait, pour la première fois les recettes d'un film dépassèrent les cent millions de dollars pour atteindre finalement les deux cent soixante millions. Spielberg ne révolutionne pas le cinéma d'un point de vue artistique, mais économiquement c'est une réussite. C'est son premier grand film dans lequel surgit le style qui, aujourd'hui, est reconnu comme la «patte» de Spielberg.
Fort de ce succès, Spielberg se lance dans un autre grand projet, qu'il rêve de réaliser depuis fort longtemps. Il s'agit d'une histoire d'extra-terrestres pacifiques, débarquant sur Terre, pour y rencontrer l'homme. Scientifiquement, un tel contact est dénommé «rencontre du troisième type», terme qui donnera le nom de ce film sorti en 1977. Et, surfant sur la vague Star Wars, l'œuvre est une réussite commerciale, le public se pressant pour voir ce nouveau film de science-fiction. Les performances de Richard Dreyfuss et de François Truffaut auquel Spielberg, son admirateur, confie un rôle, donneront lieu à une rencontre culte.
En 1979, Spielberg connaîtra son second revers après Sugarland Express. le film 1941, réalisé avec les deux Blues Brothers ne sera pas le plus grand Spielberg tant sur le plan artistique que commercial. Se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale, le film traite de la paranoïa qu'a connue la Californie après l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais ; la côte ouest pensait être elle aussi la cible d'une nouvelle attaque de leur part.
L'«ère Spielberg»
Spielberg désirait ardemment réaliser un épisode de James Bond, mais la réalisation d'un épisode impliquait la nationalité britannique réf. nécessaire. Son ami George Lucas, fort du succès de La Guerre des étoiles, revoyait les vieux films d'aventures des années trente, à la Fritz Lang. C'est ainsi que les deux compères eurent l'idée de créer leur propre personnage, héros d'une grande saga, mélange d'aventures rocambolesques et de personnages hauts en couleur : Indiana Jones était né. La première mission de ce héros interprété par Harrison Ford, sera de trouver l'Arche d'alliance des hébreux avant les nazis, dans le film Les Aventuriers de l'arche perdue (1981), qui fut un énorme succès.
Présenté à la clôture du festival de Cannes de 1982, E.T. l'extra-terrestre (avec Dee Wallace, Drew Barrymore, Henry Thomas, entre autres) est l'un des films du réalisateur à présent mondialement célèbre. L'histoire de ce petit bonhomme, biologiste, venu d'une planète bienveillante, aura ému des millions de spectateurs, aura laissé quelques répliques cultes. Avec ce film, Spielberg possède le record des meilleures recettes américaines, avant d'être battu par lui-même en 1993 par le film Jurassic Park. Ce succès lui permit également de créer, avec Kathleen Kennedy et Frank Marshall, son propre studio : Amblin Entertainment. En 1983, Spielberg participa à un film collectif dirigé par John Landis, La Quatrième Dimension, où il dirigea le deuxième épisode : l'histoire d'une maison de retraite, dans laquelle un certain M. Bloom réapprend l'enfance aux vieillards, qui retrouvent leur apparence de jadis. Le deuxième Indiana Jones sort enfin en salles, Indiana Jones et le temple maudit, en 1984. Le film est un nouveau triomphe pour le couple Spielberg-Lucas, même si les fans lui reprochent un côté trop violent et trop dur. Il est vrai que les enfants fouettés, le cœur arraché du corps vivant d'un des personnages et les soldats dévorés par des crocodiles peuvent ne pas être tout public. Le réalisateur dira lui-même ne pas très apprécier ce film dans sa filmographie réf. nécessaire. C'est pourtant sur ce tournage qu'il rencontrera sa future femme et mère de ses enfants : Kate Capshaw.
(A suivre)


24-01-2007
R. C.



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jeudi 25 Janvier 2007

 

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Publié dans Munich Selon Spielberg

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