Lion
Quelques jours de vacances ont suffi pour achever ce “Lion” que je traînais depuis des mois et qui attendait éternellement au tourniquet que d’autres bouquins “urgents” passent avant. Et pourtant ce gros pavé d’Yves Courière (Plon) méritait largement la priorité car il raconte la vie d’un géant, Kessel. 960 pages d’émotions et de spectacles, comme dirait Schmitt. Mais quel souffle, cet écrivain-journaliste qui a couru le monde et le siècle avec une énergie surprenante. Un bouquin publié il y a une quinzaine d’années mais qui reste frais et vivant. Comment le résumer ? Il ne faut surtout pas le résumer mais le lire. Et le méditer. Toute une vie et une sacrée vie. Celle d’un juif russe, né en Argentine qui passera son enfance à Orenbourg avant de se réfugier en France pour fuir la “révolution” communiste. Après un service militaire en 1917 dans l’aviation, il va rapidement enchaîner les romans et les succès. Mais aussi les grands reportages : l’Irlande déchiré, l’aéropostale, la guerre d’Espagne, l’aube américaine... Et Kessel se retrouvera à Londres aux côtés du général de Gaulle. Le chant des partisans, c’est lui. L’Armée des Ombres aussi. Et il va poursuivre ses aventures après guerre : la naissance d’Israël, le Kenya et son formidable “Lion” qui se vendra à près de 2 millions d’exemplaires, l’Afghanistan qui fera surgir les “Cavaliers”... Il va croiser les grandes figures de son époque. De Cocteau à Stavisky, de Mermoz à Monfreid, Lazareff ou Mauriac... Fêtard et buveur sans limite, toujours entouré de femmes et de copains, toujours mal vu de l’intelligentsia, baroudeur infatigable... Un formidable conteur parce qu’un formidable viveur. Ses derniers mots : “Le monde est extraordinaire”.
http://www.lyonmag.com/spip.php?article9914
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