1932

Publié le par david castel


HARBIN, 16 septembre (XINHUANET) -- Une collection de photos de  l'attaque japonaise de Shanghai, en janvier 1932, a été découverte à Harbin, capitale de la province du Heilongjiang, dans le nord- est de la Chine. 

 

STOCKHOLM (AP) — "Je veux qu’on me laisse tranquille". Cette célèbre phrase, Greta Garbo aura pris grand soin de la cultiver pendant près d’un demi-siècle. Rétrospectives, documentaires se multiplient à l’occasion du centième anniversaire, dimanche, de la naissance de l’actrice d’origine suédoise disparue en 1990.

Adulée pour sa beauté, son intelligence et ses qualités d’actrice, Greta Garbo s’est évanouie volontairement des feux de la rampe en 1941, à l’âge de 37 ans, après l’échec de "La femme aux deux visages" de George Cukor, dernier film dans lequel elle apparaîtra.

On ne le reverra plus à l’écran et elle refusera toujours de donner la moindre interview.
Née Greta Lovisa Gustafsson le 18 septembre 1905, elle était issue d’un milieu modeste, une famille ouvrière de Stockholm. Elle fera ses débuts d’actrice en tournant dans un film publicitaire pour le grand magasin de Stockholm Pub où, adolescente, elle vendait des chapeaux.

Après avoir suivi les cours de l’Académie royale d’art dramatique, où elle sort deuxième, Garbo est engagée en 1924 par le cinéaste d’origine finlandaise Mauritz Stiller, un maître du muet, pour jouer le premier rôle de "La légende de Gosta Berling". En 1925, elle part à Hollywood avec Stiller mais l’élève surpassera le maître qui rentrera en Suède trois ans plus tard pour y mourir à l’âge de 45 ans.

Elle passera sans aucune difficulté du cinéma muet au parlant, contrairement à d’autres étoiles du Septième Art. Devenue américaine, c’est aux Etats-Unis que se fera l’essentiel de sa carrière cinématographique. Et quand elle optera pour l’anonymat absolu, elle restera à New York où elle est morte il y a quinze ans, le 15 avril 1990.

Ce choix radical de l’anonymat a sans doute contribué à entretenir le mythe Garbo, beauté éternellement oubliée des outrages du temps. N’ayant eu droit à aucune récompense officielle du temps de sa gloire, on lui décernera finalement un Oscar honorifique en 1954 qu’elle n’ira pas chercher.

Il existe peu d’images de Greta Garbo âgée, des séquences dues au hasard ou à l’acharnement de certains paparazzi: une femme aux cheveux gris, vêtue d’un tailleur-pantalon sombre, traverse rapidement une rue de New York. La scène est prise de loin et n’est pas très nette. Mais il n’y a aucun doute, il s’agit bien de Greta Garbo.

"L’une des personnes les plus célébrées dans le monde, acharnée à ne pas être reconnue", dit Julie Christie, qui assure le commentaire d’un documentaire de Kevin Brownlow. Intitulé simplement "Garbo", ce film est programmé depuis le 6 septembre sur la chaîne câblée américaine TCM (Turner Classic Movies) qui consacre pendant un mois une rétrospective à la star suédoise.

Cette séquence a été prise par hasard par une équipe qui tournait un film porno gay et qui a soudain vu passer "la Divine".

En Suède, tout un tas de manifestations, dont des expositions photographiques et des rétrospectives, vont permettre de voir des films muets rarement diffusés. Greta Garbo, qui est enterrée à Stockholm, est considérée comme la plus grande actrice suédoise.

Dimanche, "La légende de Gosta Berling" doit être projetée à l’Institut du film suédois de Stockholm, la partition devant être jouée au piano par le compositeur suédois Matti Bye qui a composé une nouvelle partie musicale. Bye sera accompagné d’un quatuor à cordes.

Plus de soixante ans après sa disparition de la scène publique et quinze ans après qu’elle ait définitivement quitté le monde des vivants, elle a toujours ses admirateurs éperdus.

Norio Hidaka, un fan japonais, est venu spécialement en Suède pour vivre les commémorations Garbo. "Je sais beaucoup de choses sur elle parce que je l’aime", expliquait-il cette semaine à la radio publique. "Alors je suis venu dans ce pays pour trouver ses photos, une biographie et d’autres choses. Personnellement, j’arborerai sa photo et irai ainsi pour montrer que Garbo est toujours vivante à Stockholm". AP

Elle fut à son meilleur dans La reine Christine (1932)

 

Dès son arrivée au pouvoir en 1932, il a fait passer des lois liberticides et racistes. «Les chômeurs, les anciens délinquants, les Indiens et les Irlandais se sont vus obligés d'aller se présenter deux fois par semaine au commissariat.» Les juifs, dépossédés, ont été regroupés dans des camps à la périphérie des villes, puis relégués dans des îles de Haute-Ecosse, les îles du Soleil.

 

Allemagne 1932 : Aux élections présidentielles (suffrage indirect), c'est la grande surprise Hitler arrive au second tour des élections alors que tout le monde s'accordait à dire que l'Allemagne allait virer à gauche (percée des communistes donc de l'extrême gauche de l'époque qui condamnent les socialistes). Hindenburg bat Hitler 60% contre 40%. L'Allemagne respire...mais s'habitue à cet orateur de talent...

Peter le maudit

Son rôle du tueur d’enfants dans M le Maudit a obéré toute la carrière du génial Peter Lorre.

Arsenic

et vieilles dentelles.

Arte, 20 h 40.

Selon certaines sources (invérifiables), Charlie Chaplin aurait dit de Peter Lorre qu’il était « le plus grand acteur vivant ». Déclaration datant vraisemblablement du début des années trente, où Lorre avait acquis une réputation immédiate en devenant le premier serial killer du cinéma dans M. le maudit, de Fritz Lang. Mais lorsque l’acteur émigra à Hollywood après l’avènement des nazis en Allemagne, Chaplin se garda bien de lui confier un rôle...

Peter Lorre est devenu une légende à son corps défendant. Il a dû sa notoriété à des stéréotypes un peu monstrueux. Il aurait préféré jouer les héros mâles et romantiques, mais son accent allemand, sa voix nasillarde, sa petite taille, son visage étrange, ses yeux exorbités l’en empêchèrent. Pourtant, avant de terminer sa carrière comme acteur de complément chez Jerry Lewis (Jerry souffre-douleur), Lorre avait débuté sous les meilleurs auspices, avec la fine fleur du théâtre berlinois.

Né Laszlo (ou Ladislav) Löwenstein en 1904 en Hongrie, il devient employé de banque à Vienne. Il s’initie à l’improvisation théâtrale, puis adopte un pseudonyme et voyage en Suisse, en Allemagne. À Berlin, il est repéré par Bertolt Brecht. Moins à cause de son jeu que de son apparence étrange, qui sert les desseins d’un metteur en scène cherchant à désarçonner le spectateur par tous les moyens. En 1928, Brecht lui confie le rôle du collégien crétin dans Pionniers à Ingolstadt, de Mariluise Fleisser. Devenu une gloire du théâtre berlinois, Lorre est vite happé par le cinéma. Le plus grand cinéaste allemand, Fritz Lang, lui offre le rôle de M. le maudit, tueur pédophile qui fera frissonner l’Europe en sifflotant Peer Gynt de Grieg. Lorre ne parviendra jamais à se débarrasser de la terrible aura de ce personnage.

S’exilant à Hollywood, il incarne des personnages inquiétants dans des films de terreur ou des êtres veules dans des films noirs. Rôles de composition, certes, mais dont certains reflétaient quelques-uns de ses vices réels. Exemple : en 1932, dans Stupéfiants, il incarne un dealer sadique qui pousse une jeune chanteuse à la consommation de morphine. Or Lorre sera lui-même l’esclave de cette drogue durant toute sa vie. Par ailleurs, il inaugure dans ce film un crâne glabre du plus bel effet, qu’il arborera à plusieurs reprises, notamment dans les Mains d’Orlac (1935), thriller tordu inaugurant sa carrière hollywoodienne.

Contrairement à ses dénégations, Lorre s’applique à cultiver ce style malsain, en usant de sa voix suave et nasillarde. Si quelqu’un a donné ses lettres de noblesse au personnage du fourbe inquiétant, c’est bien lui. Ce n’est pas un méchant vulgaire, c’est un méchant classieux. Certes, il fait quelques incursions du côté du Bien dans les Aventures de Mr. Moto (huit épisodes), où il joue un détective japonais plein de ressources. Mais le naturel reprend vite le dessus et Lorre devient le traître le plus attachant du cinéma américain, en compagnie du gros Sydney Greenstreet, figure incontournable de la filmographie d’Humphrey Bogart. Ce tandem presque comique égayera des chefs-d’oeuvre du film noir comme Casablanca et le Faucon maltais.

Lorre poursuivra son parcours en alternant caricatures de psychopathes et personnages louches. Mais avec l’âge il va pouvoir changer de registre. Lorre, qui avait une ligne de jockey à son arrivée aux États-Unis, commence à s’enrober à la cinquantaine. Cela lui vaut des rôles plus bons vivants, comme celui de Conseil dans la version imagée de 20 000 Lieues sous les mers (1954), d’après Jules Verne, ou du commissaire Brankov dans la Belle de Moscou, comédie musicale tirée de Ninotchka. Puis Lorre rentre en Allemagne, où il passe à la réalisation avec un film remarquable sur l’après-nazisme, l’Homme perdu (1951). Mais c’est un échec commercial et, penaud, le comédien revient cachetonner à Hollywood.

Vincent Ostria

 

 

 

 

Année 1932

 

1er janvier

U.R.S.S.

A cette date, 1.317.022 déportés sont présents dans les divers camps du Goulag soviétique. 89.754 d'entre eux seront morts avant la fin de l'année.

2 janvier

Chine
Japon

Les Japonais transforment la Mandchourie occupée en une province vassale, le Mandchoukouo.

21 janvier

France

Promulgation de la loi sur les allocations familiales.

28 janvier

France

Par décret, le certificat d'études classiques est imposé pour toutes les licences littéraires.

24 février

Diplomatie 

La conférence de Genève sur le désarmement se termine sur un échec.

25 février

Allemagne

Adolf Hitler acquiert la nationalité allemande.

1er mars

Royaume-Uni

Le Royaume-Uni abandonne le libre-échange.

7 mars

France

Mort d'Aristide Briand.

10 avril

Allemagne

Le maréchal von Hindenburg est réélu au poste de président de la république de Weimar. Il obtient 53 % des suffrages. Son adversaire, Adolf Hitler, ne recueille que 36,8 %.

6 mai

France

Le président Doumer est assassiné.

8 mai

France

Les élections législatives donnent la victoire à la gauche.

10 mai

France

Albert Lebrun est élu président de la République.

16 mai

France

Mort du grand reporter Albert Londres, dans l'incendie du "Georges-Philppar", en mer Rouge.

30 mai

Allemagne

Démission du chancelier Brüning.

1er juin

Allemagne

Von Papen est nommé chancelier, en remplacement de Brüning.

16 juin

Diplomatie 

Ouverture de la conférence de Lausanne. Les négociations aboutiront à l'annulation pure et simple des réparations de guerre allemandes.

9 juillet

Europe

A la conférence de Lausanne, le principe des réparations de guerre est abandonné.

31 juillet 

Allemagne

Le parti Nazi remporte un succès aux élections. Il obtient 230 députés sur 607.

7 août

U.R.S.S.

Promulgation d'une loi permettant de condamner à la peine de mort ou à dix années de camp de concentration "toute escroquerie au préjudice d'un kolkhoze". Le moindre écart de conduite sera sanctionné arbitrairement.

10 août

France

Promulgation de la loi sur le "travail national", qui autorise l'application de quotas sur les étrangers, par branche d'activité.

13 août

Allemagne

Adolf Hitler refuse le poste de vice-chancelier et exige celui de chancelier.

6 novembre

Allemagne

De nouvelles élections sont un semi-échec pour le parti Nazi. Il n'obtient plus que 196 députés.

8 novembre

États-Unis

Élection de Franklin Delano Roosevelt à la présidence.

17 novembre

Allemagne

Démission du chancelier von Papen.

29 novembre

France

U.R.S.S.

Signature du pacte de non-agression franco-soviétique.

29 novembre 1932 - 3 janvier 1933

Belgique

A Bauraing, cinq personnes assistent à 27 apparitions de la Vierge.

2 décembre

Allemagne

Von Schleicher est nommé chancelier, en remplacement de von Papen.



© Anovi - 2002

 

L'Allemagne a posé des garde-fous, notamment en fixant la barre d'entrée au Bundestag à 5 %. Ainsi, contrairement aux législatives de 1932, il est impossible que dix-sept partis siègent au Parlement.

Les Fiançailles de Line, film muet de 1932

72 ans

Jacques Chirac est né le 29 novembre 1932. Il n'a jamais été hospitalisé depuis qu'il est arrivé à l'Elysée, en 1995.

Aristide Briand (1862-1932), alors chef de la diplomatie française,

 

En trois films, des personnages mythiques, sortis du ciboulot ensoleillé de Marcel Pagnol, nous font vivre aux sons du Midi une romance mouvementée entre deux jeunes gens. L’histoire et les situations cocasses environnantes sont bien connues. Les protagonistes, n’en parlons même pas. Le César (Raimu), le Marius (Pierre Fresnay), la Fanny (Orane Demazis), le Panisse (Charpin), la Honorine (Alida Rouffe), l’Escartefigue (Paul Dullac et Auguste Mouries), le monsieur Brun (Robert Vattier) et le légendaire Landolfi, seulement évoqué, et à coup sûr perdu dans Paris, peuchère ! Folie, sacrifice et rédemption au service d’une saga vibrante d'enthousiasmes.


Quand je vais sur la jetée, que je regarde le bout du ciel, hé... je suis déjà de l'autre côté !
Telle est l’obsession de Marius, bercé par l’appel des sirènes, à des miles de Fanny, la marchande de coquillages, éprise de ce fils de César, le propriétaire du Bar de la Marine. Mais malgré son envi de voir du large, l’impétueux Marius aime également la petite. Oh coquin de sort ! Que t’apprêtes-tu à imposer à ces jeunes tourtereaux ? Quel est donc ce fada dilemme qui entraîne à la dérive la légèreté d’une vie à deux ?

Produit par la Paramount, réalisé par Alexander Korda, et supervisé par Marcel Pagnol, Marius (1932) est marqué par un style qui mélange le tragique au comique, l’à-propos à la digression.
Sur l’histoire d’amour entre Marius et Fanny, des petites saynètes viennent s’ajouter pour le plus grand plaisir du spectateur. Ces sketchs, isolables de la trame principale, donnent de l’envergure à ces marseillais au caractère bien trempé. La leçon du dosage du picon-citron-curaçao, la célèbre partie de cartes, l’art de «sortir en douce» pour rejoindre sa maîtresse, autant d’intervalles qui laissent la part belle aux dialogues imagés, à la répartie éclatante, aux explosions colériques et aux mimiques rigolotes.
Pierre Fresnay dans la peau d’un jeune marseillais s’en sort bien pour un parisien du grand Nord. Sur ses traits et dans ses gestes, Fresnay parvient à retranscrire cette passion dévorante vers laquelle tous les sens sont attirés, au moindre mouvement de vague, bruit d’un bateau, boisson exotique ou récit d’un marin.
Orane Demazis, qui sur-joue dans les moments émouvants par des intonations et des mouvements emphatiques, campe une petite Fanny adorable, à la vigoureuse personnalité, mais prête au sacrifice pour le bien-être de son demi.
Ajouter à cela les excellentes fanfaronnades de l’immense Raimu, chez qui de nombreux comiques ont pas mal pioché, et vous obtenez une réalisation qui respire la justesse, généreuse et pittoresque. Evidemment, les esprits critiques trouveront l’ensemble trop théâtral. Mais il ne faut pas oublier que Marius a vu le jour sur les planches du [i]Théâtre de Paris[/i] (1929).
Malgré son aspect «théâtre filmé», l’adaptation de Pagnol, l’un des premiers films sonores de notre histoire du cinéma, est tout de même attrayante grâce au soin apporté à la lumière et aux quelques images illustratives du port de Marseille, visité par de superbes voiliers.


On ne meurt pas d'amour. Quelquefois, on meurt de l'amour de l'autre, quand il achète un revolver - mais quand on ne voit pas les gens, on les oublie.
Des choix décisifs ont été pris. D’autres tout aussi important seront à faire car il ne s’agit plus de se lamenter sur ce coquin de sort. Il faut sauver l’honneur qui, comme les allumettes, ne sert qu’une fois. Et pour le conserver, ce si fragile honneur, il va falloir batailler ferme contre la houleuse passion qui fait chavirer, à la moindre vague d’amour…

Motivé par le succès de son Marius, Marcel Pagnol décide d’en écrire une suite. D’abord une pièce de théâtre (1931),

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant Picasso, aucun créateur ne connut cette dimension et cette universalité de la gloire. Mais aucun non plus ne suscita autant de résistances, ne les attisa, même, avec une telle verve. Jusqu'en 1947, il n'y avait qu'un seul tableau de Picasso dans les musées français. Bien qu'il vécût en France depuis 1900, l'Etat fit longtemps preuve d'indifférence envers le peintre.


En 1904, Picasso a 23 ans. A Paris, il fait la connaissance de Guillaume Apollinaire. Comme lui, il s'installe à Montmartre dans ce lieu magique baptisé par un autre poète, Max Jacob, le Bateau-Lavoir. Cette même année 1904, un soir d'orage, il croise sur le chemin de son atelier une jeune femme dégoulinante de pluie. En riant, il lui offre le petit chat qu'il tient dans ses mains, et comme elle rit aussi, pas farouche, il l'invite à venir se sécher chez lui. C'est là qu'ils vont s'aimer pendant sept ans. Dans l'oeuvre du peintre, ces années joyeuses correspondent à la période rose, mais ce n'est qu'une brève transition : Picasso est déjà occupé à préparer un coup d'Etat. Pictural. Mais un coup d'Etat tout de même. En 1907, il révèle à ses amis stupéfaits la toile qu'il vient d'achever, les Demoiselles d'Avignon, oeuvre presque monstrueuse d'audace et de bizarrerie. Acte de naissance du cubisme, cette nouvelle manière de voir constituera un séisme dans l'histoire de la peinture.


En avril 1911, Picasso expose pour la première fois en Amérique, à la Photo Secession Gallery à New York. La bohême est finie. Picasso a abandonné l'antre du Bateau-Lavoir pour un appartement bourgeois du boulevard de Clichy, et Fernande pour Eva. Puis Eva pour Olga, une jeune ballerine russe, quand, à l'initiative de Cocteau, il participe pour les décors et les costumes à l'extraordinaire aventure des ballets russes de Serge Diaghilev. Les années qui suivent voient se succéder tant d'expériences simultanées, de créations, d'expressions nouvelles d'une extraordinaire variété que l'on peut se demander si c'est le même homme qui en est l'auteur. En 1932, il peint une toile éclatante de couleurs, intitulée le Rêve, qui représente une jeune femme blonde endormie dans une pose gracieuse : une nouvelle compagne est entrée dans la vie de Picasso, Marie-Thérèse Walter. Quelques années plus tard, c'est au tour d'une jeune photographe, Dora Maar, de partager sa vie. Elle sera à ses côtés quand il peindra Guernica, réponse du peintre aux horreurs de la guerre d'Espagne. En 1946, il décore de grandes fresques à sujets mythologiques les murs du château Grimaldi, à Antibes, puis il découvre avec bonheur la céramique à Vallauris. Plus tard, il revient aux sujets plus intimes : il a fait la connaissance de Jacqueline Roque, qui sera sa dernière compagne et à laquelle il consacrera une longue suite de portraits. Autour de lui, les rétrospectives se multiplient où il est applaudi par les uns, vilipendé par les autres. «Monsieur, écrit à Picasso un critique français, le mal que vous avez fait à la peinture est incalculable.» «Il a peut-être raison», murmure l'accusé qui sait pourtant qu'entre le bien et le mal il n'y a guère plus de différence, en art, qu'entre la beauté et la laideur. V. P.

En 1932, Simone Weil s’est rendue en Allemagne pour observer la situation politique à l’heure de la montée du nazisme. Elle a publié de longs articles dans L’Ecole émancipée. Il en ressortait que si la crise économique rendait révolutionnaire la situation politique allemande, la révolution n’était cependant pas à l’ordre du jour, et ceci en raison de la désastreuse politique du parti communiste (mots d’ordre contradictoires, division des travailleurs, non infiltration des syndicats...) qu’elle considérait comme un parti d’aventuriers. Elle a été vivement attaquée par les communistes français comme il se doit, mais le trotskiste Pierre Naville l’a approuvée. Refusant cette approbation, elle lui a répondu en substance, que le fait qu’il apporte son soutien à Trotski qui continuait à soutenir la IIIe Internationale ne l’autorisait pas à parler. Simone Weil n’était pas trotskiste. Elle avait rencontré Trotski, l’avait même hébergé chez ses parents. D’un long entretien qu’ils avaient eu ensemble, Trotski avait déduit qu’elle était en tous points en désaccord avec lui. En fait, Simone Weil reprochait à Trotski de continuer à considérer l’URSS comme un État ouvrier.

 

20/08/2005

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