M. Sarkozy sauve la mise de M. Perben avant les municipales

Publié le par david castel

LE MONDE | 15.12.06 | 14h14

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L'entourage de Dominique Perben est formel : "Le forum de l'UMP, vendredi 15 décembre, à Lyon, est la reconnaissance du travail effectué par Dominique." Pourtant, le ministre des transports est incapable, trois ans après l'annonce de son parachutage à Lyon pour les municipales, de susciter l'enthousiasme des Lyonnais. Il tente désespérément de s'assurer un point de chute législatif pour amortir un éventuel échec aux municipales face au maire socialiste sortant Gérard Collomb.
 
Invoquant un "changement du calendrier politique" qui lui imposerait d'être présent dans ce combat, il s'est choisi l'ancienne circonscription de Raymond Barre, taillée sur mesure pour la droite, celle couvrant les beaux quartiers de Lyon.

Seul obstacle : le député UMP sortant, Christian Philip, n'entend pas être délogé de cette façon, et encore moins céder aux propositions de reclassement promise par M. Perben. Comme il l'avait fait avec Charles Millon, un autre concurrent, exfiltré du jeu politique lyonnais par une nomination d'ambassadeur de France auprès de la FAO, le ministre des transports a fait miroiter à Christian Philip une ambassade dorée et plus récemment la présidence de Réseau ferré de France (Le Monde du 20 octobre).

"Je ne me laisserais pas acheter", lui a rétorqué le député sortant, avant de proposer en vain, l'organisation d'une primaire pour permettre aux militants de la circonscription de les départager.

"ETHIQUE POLITIQUE"

Devant la résistance du député, Dominique Perben a tenté de marginaliser le récalcitrant en demandant aux autres parlementaires du Rhône, Emmanuel Hamelin et Jean-Michel Dubernard, de le désavouer publiquement, lesquels se sont exécutés sans barguigner.

Jeudi 14 décembre, les deux rivaux ont tenté une nouvelle négociation dans le bureau de Nicolas Sarkozy, place Beauvau. "J'ai fait des propositions de compromis à Dominique Perben, mais la situation est bloquée, car il y a un leader politique pour les municipales à Lyon qui, prenant conscience qu'il a échoué dans son implantation, a besoin d'un affrontement préalable aux législatives pour retrouver une dynamique. Nicolas Sarkozy est pris dans une nasse, car ne pas l'investir reviendrait à désavouer son candidat à la mairie, analyse Christian Philip. Moi, j'ai rappelé à Nicolas Sarkozy que cet affrontement aurait été plus utile avec un socialiste et non un UMP."

Le député, tout en réaffirmant sa loyauté vis-à-vis de son parti se dit "serein" mais déterminé à s'engager "au nom de l'éthique politique" dans "un combat difficile". Il a reçu l'appui de Raymond Barre qui a bien tenté d'intercéder en sa faveur auprès du patron de l'UMP. Mais en vain.

Nicolas Sarkozy, qui devait, vendredi, se rendre à la permanence électorale de son collègue du gouvernement avant de déjeuner avec les parlementaires du Rhône devait officialiser l'investiture de Dominique Perben, en prenant soin d'"mettre les formes" pour ne surtout pas donner aux Lyonnais des signes d'une division. "Tout est affaire d'expression de la décision, assure Dominique Perben. Les Lyonnais ont une très forte aspiration au rassemblement..."

Sophie Landrin
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Publié dans Politique Politicienne

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