Donald Rumsfeld : un stratège controversé
| Par Noémie Grynberg pour Guysen Israël News |
| Mardi 12 décembre 2006 à 17:01 |
Son nom est connu du grand public, mais qui est vraiment Donald Henry Rumsfeld ? Depuis plus d’un mois, Donald Rumsfeld est démissionnaire de l’administration Bush. Deux fois secrétaire américain à la Défense, il est aussi un atlantiste convaincu et un important stratège militaire. |
| Donald Rumsfeld défend une doctrine politique basée sur une forte coopération entre les États-Unis, le Canada et les pays d'Europe dans les domaines politiques, militaires et économiques, qui doivent être encouragés et développés au motif de la communauté de valeurs qui les sous-tend (libéralisme économique et politique, et néo-conservatisme). Donald Henry Rumsfeld, d’origine allemande, est né en 1932 à Chicago, dans l’Etat de l’Illinois aux Etats-Unis. De milieu modeste, il obtient une bourse pour poursuivre des études de sciences politiques à l'Université de Princeton (dans l'État du New Jersey) puis s'engage dans la célèbre "United States Navy" où il devient pilote, puis instructeur de l'aéronavale. Attiré par la politique, il est élu pour la première fois député de l'Illinois à la Chambre des représentants en 1962, alors qu'il n'a que 30 ans. Républicain, Rumsfeld sera réélu jusqu'en 1969. Sous l'administration de Richard Nixon, il entre à la présidence d'un organisme chargé de la lutte contre la pauvreté. En 1972, Nixon le nomme pour deux ans ambassadeur à l'OTAN, à Bruxelles. En 1974, le président républicain Gerald Ford qui succède à Nixon, le nomme secrétaire général de la Maison Blanche. Son adjoint est alors Dick Cheney. Un an plus tard, Rumsfeld est nommé une première fois secrétaire à la Défense alors que George H. W. Bush, son rival, est nommé directeur de la CIA. En 1977, Rumsfeld quitte pour un temps la politique et travaille dans le privé. En 1981, malgré la victoire du camp républicain aux élections américaines, l'hostilité du vice-président Bush père l'empêche de retrouver des fonctions gouvernementales. Finalement, en 1983, Ronald Reagan alors président des Etats-Unis, l'envoie au Moyen-Orient comme émissaire spécial. Il rencontre Saddam Hussein à Bagdad. En 1984, son action débouche sur le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, rompues par l'Irak depuis 1967. Suite à ce succès, Rumsfeld se retire à nouveau de la politique pendant quatre ans et se consacre à ses activités de chef d'entreprise. En 1998, Bill Clinton, président démocrate, lui confie la présidence d'une commission chargée d'étudier les projets de défense antimissile. Il dirige également une commission du Congrès sur les "États voyous". En 2001, grâce à Dick Cheney, nouveau vice-président, Rumsfeld est nommé à la tête du Pentagone. Il arrive avec un projet de modernisation des forces armées mais déclenche l'hostilité d'une bonne partie des états-majors et de leurs alliés au Congrès. En 2001, sous l’administration Bush fils, Donald Rumsfeld redevient secrétaire à la Défense. Les attentats du 11 septembre font de lui l'homme de la guerre en Afghanistan, chargé d'organiser l'offensive générale contre le terrorisme. Grâce à une très forte augmentation des crédits militaires, il va procéder à la modernisation de l'outil de défense américain. C'est également dans ce cadre que Rumsfeld crée le "Bureau des projets spéciaux" (Office of Special Plans), chargé d'analyser les informations fournies par la CIA et les renseignements militaires. Ce bureau est critiqué pour avoir gonflé la menace des armes de destruction massive en Irak et pour avoir sciemment fourni des informations erronées. A ce propos, Rumsfeld déclare dans une formule célèbre: "L'absence de preuve ne signifie pas la preuve de l'absence." Depuis, le "Bureau des projets spéciaux a été fermé." En 2003, il devient un des stratèges de la deuxième guerre en Irak. Les lourdes difficultés de l'intervention militaire américaine sont vivement reprochées à Donald Rumsfeld. Il est notamment accusé de ne pas avoir engagé suffisamment de soldats et de matériel militaire. "Susciter l'unanimité importe moins que de prendre les bonnes décisions", soutient-il. Le scandale de la torture à la prison d'Abu Ghraib va le mettre sur la sellette. Plusieurs élus républicains et démocrates vont exiger sa démission mais le président Bush lui maintient sa confiance. Rumsfeld est maintenu à son poste après la réélection de George W. Bush en novembre 2004. Pourtant, les critiques à son égard continuent. En décembre 2004, on lui reproche de n'avoir pas signé personnellement plus d’un millier de lettres de condoléances aux familles des victimes des soldats morts en Irak et en Afghanistan. Le 8 novembre dernier, le président américain George W. Bush a annoncé la démission de Donald Rumsfeld au lendemain de la victoire des démocrates lors des élections de mi-mandat. Son successeur est l'ancien directeur de la CIA, Robert Gates. "Je quitte mes fonctions avec la conviction que la vraie force de l'armée des Etats-Unis ne se trouve pas à Washington, ni au Pentagone, ni dans nos armes. Elle est dans le coeur des hommes et des femmes qui servent : c'est votre patriotisme, votre professionnalisme et votre détermination", déclare Rumsfeld devant les 1 200 soldats et Marines de la base aérienne d'al-Assad, en Irak, lors de sa tournée d’adieu samedi 9 décembre dernier. Membre de la "Brookings Institution", une organisation indépendante et non-partisane, vouée à la recherche, l'analyse, l'éducation, et la publication d'ouvrages sur les politiques publiques dans l'économie, la politique internationale, et la gouvernance, Donald Rumsfeld croit toujours à la victoire : "Nous avons toutes les chances du monde de réussir mais seulement si nous avons la patience" affirme-t-il. "Nous devons avoir de la patience pour voir notre tâche menée à bien. Les conséquences de l'échec sont inacceptables", conclut Donald Rumsfeld. |
| NOUVEAU Votre réaction sera publiée dans les plus brefs délais au bas de l'article concerné. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les textes qui ne seraient pas en conformité avec notre éthique. Nous vous remercions de votre compréhension. | |
| REACTIONS | |
| 1. | Donald Rumsfeld : Un grand Homme ! |
| Charles DALGER, Paris (13/12/2006) | |
Publicité
Son nom est connu du grand public, mais qui est vraiment Donald Henry Rumsfeld ? Depuis plus d’un mois, Donald Rumsfeld est démissionnaire de l’administration Bush. Deux fois secrétaire américain à la Défense, il est aussi un atlantiste convaincu et un important stratège militaire.