Tout le chic à la Parisienne
Chanel, Louis Vuitton et Hermès. Leurs noms associent luxe, excellence, tradition et innovation. Leurs accessoires aussi fascinent les esthètes et inspirent les créateurs. Visite exclusive des ateliers de ces belles maisons parisiennes qui pratiquent l'art d'être unique.
L'accessoire ? Essentiel ! Un vent de création souffle donc en permanence sur les bureaux de style des grandes maisons de luxe parisiennes. Mais, l'innovation, seule, ne mène nulle part si elle n'est pas solidement ancrée dans la tradition. Ainsi, la vraie richesse de Louis Vuitton, d'Hermès et de Chanel, c'est le savoir-faire ancestral, l'adresse de bons artisans, ainsi que quelques secrets de fabrication qu'on a réussi à préserver et qu'on se transmet « familialement ».
Chanel La joaillerie haute couture
« Il faut beaucoup de sérieux pour réaliser le frivole », aimait affirmer Mademoiselle Chanel qui ne supportait pas l'à-peu-près. Elle s'est toujours entourée d'artisans aux doigts d'or, triés sur le volet. Doués d'un savoir-faire ancestral, ils sont toujours la fierté de la maison. Cette obligation d'excellence, c'est une obsession chez Chanel : combiner un savoir-faire authentique, enraciné dans les mains d'artisans, allié aux technologies les plus pointues. Très attentive à ce que ces métiers précieux et irremplaçables ne tombent pas dans l'oubli, la maison a acquis plusieurs ateliers, dont les plus connus sont le brodeur Lesage, le bottier Massaro et le plumassier Lemarié, auxquels il faut ajouter l'Atelier Bouder, situé au c£ur de Paris, qui fournit les pièces de joaillerie les plus somptueuses.
L'histoire d'amour entre Coco Chanel et la joaillerie commence tout au début des années 1930. La grande nouveauté ? La Grande Mademoiselle aborde le bijou précieux non pas comme un joaillier, mais comme une couturière, une designer. Les pièces, très originales, sont transformables. Ainsi, un bracelet ressemblant à une frange, entièrement sertie de diamants, devient collier si on lui ajoute un clip. La comète et l'étoile sont les thèmes principaux de cette première collection. La pièce- phare ? Le collier Comète, sans fermoir, souple volute qui étincelle autour de l'épaule, enlace la nuque et dépose au creux de la gorge une étoile, montée sur platine et or blanc 18 carats, composée de 654 diamants. Symbole de beauté, de mouvement et de liberté, la comète deviendra l'emblème de la maison de haute joaillerie Chanel, inaugurée officiellement en 1993.
La réalisation des parures est donc confiée à l'Atelier Bouder. Aujourd'hui, l'ordinateur y a fait son entrée. C'est un outil incomparable pour réaliser des dessins en 3D et étudier la faisabilité de chaque pièce. Mais les techniques n'ont pas changé. Ainsi, la technique de la cire perdue s'avère toujours très précise pour conserver les volumes justes et parfaits. L'assemblage, le sertissage et le polissage sont effectués patiemment à la main. Ainsi, le fameux collier Comète, nécessite plus de neuf mois de travail, sans doute autant qu'en 1932.
Lors de son 70e anniversaire, en 2002, la maison a conçu la collection « Bijoux de diamants », entièrement dédiée au diamant. En vedette ? Une nouvelle version du collier Comète, encore plus extraordinaire et spectaculaire. Le collier Comète 2002 en or blanc 18 carats et 3 590 diamants est un long ruban fluide d'un mètre de long, entièrement articulé. Il s'enroule comme un lasso, sur les épaules, sur la nuque, autour de la taille et autour des hanches. Ses extrémités sont décorées de motifs amovibles et interchangeables prenant la forme du soleil, de la lune ou des étoiles. Son extrême simplicité et la désinvolture du geste pour le mettre en place contrastent avec la prouesse technique que représente sa réalisation exceptionnelle qui a demandé un an de travail ! Font partie de la même collection, la bague Comète, le pendentif et les motifs d'oreilles « Poussières d'Etoiles », inspirés par un galon dentelé utilisé comme ornement en couture, ainsi que la broche Etoile, le collier et le bracelet Franges et la broche Soleil, quatre rééditions de 1932. Ces pièces surprenantes et poétiques, cette apologie du diamant et de la lumière placent la joaillerie Chanel dans un contexte futuriste de créativité et de luxe intemporel.
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| Le Lockit Nomade de Louis Vuitton. |
| ERIC LEGUAY/LOUIS VUITTON |
En 2004, pour les 150 ans de la maison, les célèbres ateliers de Louis Vuitton, nichés à Asnières-sur-Seine, ont subi un formidable lifting. L'intervention quasi « invisible » de l'architecte Gilles Carnoy a permis d'agrandir les locaux de 1 000 m2. Dans ce bel ensemble lumineux, les artisans se concentrent, ce jour-là, sur la fabrication du Lockit, « le » sac de cet hiver qui se balance déjà au poignet de toutes les élégantes. Il a été dessiné, en 1958, par Suzanne Ozanneau, l'une des proches collaboratrices de Gaston Vuitton, le troisième de la dynastie. Elle l'a habillé de lignes pures et « tendues », s'évasant légèrement vers le haut, l'a pourvu d'une fermeture à glissière arrondie et l'a terminé par un cadenas, pour protéger son contenu. D'où son nom Lockit. Grand succès au début des sixties, le Lockit a été
évincé, petit à petit, par de multiples concurrents, plus en phase avec l'air du temps. Aujourd'hui, il est relancé. Son look intemporel, ses formes nettes et pures s'inscrivent admirablement dans la mentalité de notre époque qui aspire plus que jamais à une élégance simple, chic et décontractée.
Dans sa version du IIIe millénaire le Lockit opte pour la toile Monogram ou encore pour le cuir Nomade. Il s'agit d'un cuir de vache, coloré dans le ton caramel cuivré, et moins fragile que le cuir naturel. Cette teinte chaude et chatoyante, « qui va avec tout », est obtenue grâce à un tannage secret avec des tanins végétaux. Au fil du temps, le cuir se couvrira d'une belle patine.
Retrouvez l'intégralité de l'article de Barbara Witkowska dans la version papier.
