Danielle Darrieux

Publié le par david castel


   



Portrait
Lipnitzk/Roger-Viollet
Belle et rebelle

Elle a séduit Ophuls, Decoin, Demy, Téchiné… Rivale d’une Michèle Morgan plus lisse, Danielle Darrieux a traversé le siècle sans fléchir.

Son 101e film, Nouvelle Chance, d’Anne Fontaine, sort cette semaine. Depuis, elle a tourné, pour la télé, Oscar et la dame rose, d’après la pièce d’Eric-Emmanuel Schmitt, qui lui avait valu un molière il y a trois ans. Elle a prêté sa voix – avec Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni – à Persépolis, le film d’animation inspiré de la BD de Marjane Satrapi (en cours de finition). Et elle vient tout juste d’achever le tournage de L’Heure zéro, le nouveau Pascal Thomas, d’après Agatha Christie.

A 89 ans, Danielle Darrieux continue, donc, une carrière longue (elle a débuté, en 1931, à 13 ans et demi, dans Le Bal, d’après le court roman d’Irène Nemirowsky) et brillante. La plus longue et la plus brillante du cinéma français, sans doute. Car elle a su, voulu et pu tout jouer : vaudevilles (Occupe-toi d’Amélie, de Claude Autant-Lara) et films d’art et essai (Le Coup de grâce, de Jean Cayrol). Des comédies pétillantes (Battement de cœur, d’Henri Decoin) et des drames, cyniques (L’Affaire Cicéron, de Mankiewicz) ou tragiques (La Vérité sur Bébé Donge, de Decoin). Sans oublier des comédies musicales sur scène, à Broadway (Coco, où elle succède à son idole, Katharine Hepburn) ou dans les films « en chanté » de Jacques Demy (Les Demoiselles de Rochefort, Une chambre en ville), où elle est la seule à ne pas être vocalement doublée.

Se découvrir à Télérama dans la rubrique « Le tour d’une œuvre », après Duras, Rauschenberg et Chostakovitch, la fera, bien sûr, hurler de rire, elle qui s’est toujours considérée comme un instrument, et rien que ça, entre les mains du réalisateur. « Mais, disait Jacques Demy, cet instrument est un stradivarius »...
Elle n’a jamais pris un seul cours de comédie, non par mépris, dit-elle, mais par crainte de devoir « passer une scène » devant les copains. Elle est si timide, lorsqu’elle débute, qu’elle se réjouit de voir les maquilleurs de l’époque la plâtrer avant les prises : sous ses fards, pense-t-elle, personne ne la verra rougir. Elle est mignonne comme tout, bientôt elle sera incroyablement belle. « Une bougie suffit à l’éclairer », disait le photographe de plateau Raymond Voinquel.
Si, pour obéir à la mode du temps, c’est un rôle romantique qui lui apporte la gloire – Mayerling, en 1936, elle a 19 ans –, elle multiplie vite les rôles insolents et hardis : une petite voleuse dans Mauvaise Graine, de Billy Wilder. Encore plus audacieux : une fille mère, ravie de l’être, dans Club de femmes, de Jacques Deval.

Henri Decoin accentue son ambiguïté encore tâtonnante. A la fois mari, papa et pygmalion, il lui écrit des rôles apparemment conventionnels (Battement de cœur, Premier Rendez-vous) qui font d’elle, à la fin des années 30, la star la plus populaire de la décennie, celle qu’imitent les filles et dont rêvent les garçons. En réalité, Decoin continue à faire de Darrieux une contestataire souriante, s’opposant secrètement à un système qu’elle mine de l’intérieur. Dans Abus de confiance (1937), par exemple, elle s’approprie l’identité d’une morte. C’est pour elle la seule façon de survivre dans une société où l’ascenseur social est déjà bloqué, où de jeunes bourgeois raillent sa prétention à vouloir poursuivre des études de droit : « C’est pas un métier pour une femme », rigolent ces imbéciles...
Même dans Battement de cœur (1939), succès triomphal, la seule comédie française à pouvoir rivaliser avec les réussites américaines du genre, Darrieux fait front. Elle s’oppose. A cet étrange professeur de vol à la tire, d’abord (l’irrésistible Saturnin Fabre), qui prétend lui faire dérober des portefeuilles dans le métro (l’insécurité, déjà !). Mais aussi à son amoureux, qui, parce qu’elle n’est pas d’une classe sociale inférieure, lui organise un mariage blanc avec un copain. Lors de la cérémonie, après avoir hésité quelques secondes, Darrieux répond simplement : « Ben non ! » Ben non, en effet. Pourquoi obéirait-elle aux ordres ? Pourquoi se plierait-elle aux oukases de ce monde fait par et pour des hommes ? En fait, c’est tout un féminisme encore balbutiant que l’on entend dans le « Ben non ! » de Darrieux.

Ce double jeu permanent se perpétue dans les années 50, époque très « louis-philipparde », à la fois morale et moralisatrice, qui demande aux femmes d’être des épouses irréprochables et des mères parfaites. A l’époque, tous les référendums de popularité préfèrent à Darrieux son éternelle « rivale » : Michèle Morgan, plus rassurante, plus étale. C’est que Morgan, par les rôles qu’elle accepte, accrédite le système en place. Darrieux, non. Grossièrement résumé : Morgan plie et Darrieux tue.

Elle tue dans Le Bon Dieu sans confession, d’Autant Lara (1953), dans Le Septième Ciel, de Raymond Bernard (1957), dans Marie-Octobre, de Duvivier (1959), dans Le Désordre et la nuit, de Gilles Grangier (1958), où non contente d’être une meurtrière elle incarne une pharmacienne suffisamment dévoyée pour alimenter en drogue les amis de son amant. Darrieux est l’une des rares dealeuses du cinéma français...

Elle tue aussi, bien sûr, dans La Vérité sur Bébé Donge, de Decoin d’après Simenon (1951), l’un des plus beaux personnages de femme des années 50. Car, enfin, pourquoi Elisabeth Donge, toujours surnommée Bébé à 30 ans passés, verse-t-elle, un après-midi comme un autre, de l’arsenic dans le café de son mari ? A sa mère qui la supplie de s’expliquer elle ne peut que bredouiller : « Peut-être pour ne pas te ressembler, maman chérie. » Pour ne pas ressembler en fait à toutes ces générations de femmes blessées, niées, que Simone de Beauvoir, bientôt, qualifiera de « femmes rompues ». Impossible d’oublier Darrieux, de noir vêtue, s’avancer, telle une morte vive, dans les couloirs d’un hôpital, insensible aux remords tardifs de celui qui l’aura détruite.

L’image de cette Darrieux-là, inquiète et inquiétante, influencera tous les jeunes cinéastes qui par la suite l’aimeront : Dominique Delouche dans Vingt-quatre Heures de la vie d’une femme (1968), Jacques Demy dans Une chambre en ville (1982), Paul Vecchiali dans En haut des marches (1983), André Téchiné dans Le Lieu du crime (1986), Benoît Jacquot dans Corps et biens (1986) et, évidemment, François Ozon dans Huit Femmes (2002).

Au cinéma français, elle a, en son temps, apporté le naturel. Peut-être même l’a-t-elle inventé. Plus tard, avec son maître, son complice, son admirateur, Max Ophuls – dans les années 50, il lui fera tourner trois chefs-d’œuvre : La Ronde, Le Plaisir, Madame de... –, elle perfectionnera l’art de suggérer l’intensité d’un sentiment d’un seul battement de cil, d’un regard perdu et éperdu, d’un seul mot tout juste balbutié, exactement comme Ophuls lui-même créera pour elle tout un monde d’un zigzag inattendu de sa caméra.

Dans une scène célèbre de Madame de…, les yeux fermés, la joue appuyée sur une porte qui se referme, Darrieux répète une litanie amoureuse, des mots simples qui révèlent une passion qu’elle prétend nier : « Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas, je ne vous aime pas », dit-elle à l’homme qui s’en va... Suit alors un moment de grâce absolue, quelques secondes magiques où apparaît, dans tout son éclat, le talent qu’a toujours eu Darrieux à insuffler à ses comédies une sourde mélancolie et à parer ses drames d’une dérision légère, impalpable. Comme la certitude douce-amère qui lui aura servi de philosophie. L’idée, terrifiante et juste, que dans la vie tout ce qui est inéluctable n’a décidément aucune importance.

Pierre Murat
A VOIR
Festival Danielle Darrieux au Reflet Médicis, à Paris : reprise de 21 films, de Mademoiselle Mozart d’Yvan Noé (1935), à Marie-Octobre de Julien Duvivier (1958). Tél. : 01-43-54-42-34.
Télérama n° 2965 - 11 Novembre 2006














 Coeurs transis ou coeurs brisés, en
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CHARME ET ELEGANCE





Le fait d'être âgée condamne-t-il virtuellement à une lente asphyxie certaines carrières pourtant brillantes et solidement établies? Michèle Morgan, une des toutes premières de la hiérarchie des vedettes, constatait il y a quelques années, avec un certain désenchantement, "que les scénaristes oubliaient celles qui n'avaient plus vingt ans". D'autres ont ensuite confirmé.
Fait maintenant bien établi: il n'y en a vraiment plus que pour les jeunes comédiennes, bien souvent inexpérimentées, dont on fait volontiers des étoiles sans lendemain. Brigitte Bardot a renoncé définitivement. Annie Girardot est parvenue tant bien que mal à se maintenir, mais pour combien de temps encore? Une fois dépassé le cap de la quarantaine, tout peut arriver. L'âge dangereux pour les vedettes semble se situer entre 40 et 60 ans. Après, il reste une chance pour les "vieilles dames" car on a besoin "d'aieules" pleines de sagesse et d'expérience de la vie pour valoriser les histoires de jeunes, pas vrai?

Ces réflexions s'appliquent aussi au cas de Danielle Darrieux. Née en 1917, elle a aujourd'hui 85 ans et c'est à peine croyable. Qu'a-t-elle tourné ces dernières années?
Le bilan est plutôt maigre, constatons-le en toute franchise. En effet, voici une comédienne en pleine possession de ses moyens et de ses dons qui sont grands, donc parfaitement capable d'amuser ou d'émouvoir, dont le registre est étendu et qui a certainement bien plus de talent maintenant qu'au temps où elle tournait quatre ou cinq films par an. Seulement voilà: elle a 85 ans et, à une époque où les femmes conservent leur rayonnement bien plus longtemps que jadis, on a tendance à oublier que Danielle Darrieux attend ces personnages de son âge susceptibles de prolonger pendant plusieurs années encore une image façonnée et polie avec tant d'art. Elle les trouve beaucoup plus au théâtre, pas au cinéma.

Les Américains, pour qui elle a travaillé à plus d'une reprise -elle fut même une des premières, et des plus valables, à aller travailler à Hollywood en 1938, mais la guerre mit un terme à ce premier envol- la rappellèrent en 1950, puis en 1970, cette fois non pour tourner un nouveau film mais pour faire du théâtre à Broadway. Entreprise hérissée d'insurmontables obstacles: il s'agissait de remplacer Katharine Hepburn dans "Coco", comédie musicale de valeur incontestée, cependant sauvée du néant par le formidable abatage d'un monstre sacré comme il en est peu. Danielle Darrieux eut le courage d'accepter la gageure, elle fut Coco Chanel avec une voix infiniment plus harmonieuse que celle de la redoutable Kate, elle réussit même à gagner l'appui d'une presse new-yorkaise pourtant réputée pour sa férocité. Mais elle put néanmoins éviter le naufrage du spectacle après l'avoir joué quelques semaines. C'est que le public américain n'allait pas voir "Coco" mais bien Katharine Hepburn. A côté de qui, décida-t-il, Danielle Darrieux ne faisait pas le poids.
Et une deuxième expérience décevante suivit avec "Ambassador", que celle-ci créa à Londres en compagnie de Howard Keel et qui était de construction trop fragile pour survivre longtemps.

Ayant débuté en 1931, à 14 ans, après avoir suivi des cours de violoncelle au Conservatoire de Paris, elle a près de 70 ans de carrière aujourd'hui. Une petite annonce attire son attention: le réalisateur Wilhem Thiele cherche une jeune fille pour être l'héroïne de la version française du film allemand Le Bal. Coup de chance pour Danielle, elle est engagée.
Elle a tout joué, la comédie et le drame, elle a chanté aussi, fait du théâtre, du music-hall, de la télé. Elle s'est mariée trois fois et son premier mari, Henri Decoin, fit beaucoup pour l'orienter intelligemment vers des rôles plus consistants, vers le théâtre aussi et il lui écrivit des pièces.
Commence alors pour elle une carrière internationale qui atteindra son sommet avec L'Affaire Cicéron de Mankiewicz. Mais Danielle préfère rester en France.
Après son divorce avec Henri Decoin vint -brièvement- Porfirio Rubirosa, à qui succéda Georges Mitsinkidès. Elle a su vivre bien à l'abri du scandale, érigeant d'ailleurs un très haut mur entre son métier et sa vie privée, au point qu'on ignora même longtemps qu'elle avait un fils adoptif, Michel, qui a aujourd'hui 46 ans. En 1963, elle reçut la Légion d'Honneur, ayant bien mérité de l'art dramatique français, ambassadrice du charme, de la beauté, de l'élégance, du prestige de la douce France, son pays.

On admet qu'elle commence à devenir adulte en 1937 dans Abus de confiance de Decoin. Mais elle alterne encore, jolis refrains à l'appui: Katia, conte de fée tragique (Maurice Tourneur), Retour à l'aube et ses mélancolies ferrovières (Decoin), la farandole de Battement de coeur (Decoin). Lorsqu'elle a 22 ans, elle a déjà tourné trente films et détient le titre de la plus populaire des vedettes françaises; elle représente encore, pour certains critiques, la jeune fille des publications pour midinettes (Jacques Siclier). Après Premier rendez-vous (Decoin), sa carrière subit une première éclipse. De son propre aveu, il lui faudra attendre 1950, "au milieu du gué", pour cesser enfin de jouer des rôles qui ne sont plus de son âge.

Max Ophüls a déclanché cette mue dans La Ronde (1950). Decoin lui offre, en 1952, un personnage de meurtrière désabusée, imaginé par Simenon, dans La Vérité sur Bébé Donge, aux côtés de Gabin. Max Ophüls revient, en 1951, avec Le Plaisir et, en 1953, avec Madame de..., où, dénonçant les cruautés de la société, il laisse percer son amertume et son pessimisme derrière les miroitements d'un bal.
Ensuite, Autant-Lara, Aurenche et Bost adaptent Le Rouge et le noir et confient le rôle de Madame de Rénal à Danielle: face à elle Gérard Philipe.

Après ceux de Berlin, les studios américains, japonais espagnols ont, eux aussi, accueilli Danielle Darrieux jusqu'en 1957; mais en France, si sa carrière continue, elle n'est plus associée, ni aux sommets du box office, ni au palmarès des oeuvres impérissables. Il faudra attendre 1966 et Les Demoiselles de Rochefort pour marquer un renouveau, signé Jacques Demy. Récidive du même, en 1982, avec Une chambre en ville. Entre ces deux films chantés, beaucoup de vide...
Darrieux, en 1967, avait pensé, justement, au tour de chant pour continuer à travailler, mais cette expérience n'est pas concluante.

Le théâtre lui apporte davantage. Elle y a débuté, sans aucun enthousiasme, dans "Les Jeux dangereux", de Decoin, en 1937. En 1945, "Tristan et Yseult", de Lucien Fabre, n'attire que des quolibets. Ce n'est qu'à partir de 1947 que Danielle Darrieux peut compter sur la scène pour combler certains creux, avec trois pièces dans la même année. Ensuite, il y a, en 1952, "Evangéline", de Berstein, mais la révélation de la joie à dire un grand texte ne vient qu'en 1958, avec "Le Chandelier", mis en scène par F. Ledoux. Puis ce sera du Sagan ("La Robe mauve de Valentine, 1963), du Coward ("Les Amants terribles", 1973), etc.

Depuis 1982, ce sont les jeunes cinéastes (et farouches cinéphiles) qui contribuent à lui faire passer le cap dans des rôles où l'âge réel n'est pas escamoté. Paul Vecchiali est leur fervent chef de file. Benoît Jacquot, dans Corps et biens (1986), a même répondu à son souhait: "Ah! si seulement un jour on pouvait me donner le rôle d'une clocharde!"

Si le cinéma aujourd'hui l'oublie fort injustement, cela ne signifie nullement qu'elle a dit son dernier mot. Il y a eu d'autres passagères éclipses dans sa carrière. Chaque fois, elle s'en est très bien sortie: par son talent et son grand amour du métier, et il suffit de l'heureuse rencontre d'un seul vrai bon rôle pour que le miracle s'opère de nouveau.

Parallèlement au cinéma, Danielle Darrieux fait de la télé. Et cela lui plaît. A ce propos, elle dit: "Il y a encore des comédiens qui ne se montrent pas tellement enthousiastes, estimant que travailler pour l'écran familial est sinon indigne -il ne manquerait plus que ça!-, du moins une occupation mettons de second ordre. J'estime, moi, qu'on peut faire de l'excellent travail à la télévision. J'aime cette méthode de travail, elle me stimule bien plus qu'elle ne m'affole. Seulement voilà: il faut que la matière soit de qualité afin que les millions de spectateurs restent rivés à leur poste!".

Elle a toujours été plus fourmi que cigale. Certes, elle a participé à la folle vie parisienne, cela faisait partie de son métier qui exige aussi qu'on se montre. Mais la vie et le métier lui ont appris le prix d'une douceur de vivre, à apprécier l'amour, la tendresse, le calme. Elle dit: "J'ai vraiment commencé à m'intéresser à ces précieuses vertus le jour où j'ai rencontré Georges Mitsinkidès. Nous sommes mariés depuis 1948 et pas une seule fois nous n'avons pensé que nous n'étions faits l'un pour l'autre".
Voilà qui, en soi, explique pourquoi elle n'a jamais été prise de panique, comme certaines autres vedettes, à l'idée de vieillir.
Déjà, en 1954, elle disait: "Je veux être une femme avant d'être vedette".

Elle n'a pas trop mal réussi à tenir parole. Peut-être est-elle la plus discrète des grandes stars de l'écran français d'hier. Une de ses plus sûres valeurs aussi, avec un métier impressionnant: celui qui s'acquiert par le travail, le patient effort. Elle sut passer de la jeune fille à la femme avec un charme et une élégance éclatante. "Elle a incarné comme Gabin, autant que lui mais de façon légère, l'insouciance des années 30 et la gravité des années 50." (Claude-Jean Philippe).

chris

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Publié dans Biographies

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