Savoir dire non aux Américains
[Contrairement au souhait des Américains, Israël doit négocier avec Abbas et
Assad. Il est clair qu'aujourd'hui, les intérêts israéliens et américains ne
convergent pas forcément, vu la position de l'administration Bush]
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3317023,00.html
Yediot Aharonot, 21 octobre 2006
Savoir dire non aux Américains
Uri Savir *
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Les anciens gouvernements israéliens ont toujours fait savoir qu'ils ne
plieraient pas devant les pressions américaines concernant le processus de
paix au Moyen-Orient. L'hypothèse était alors que les administrations
américaines feraient pression sur Israël pour qu'il fasse des concessions
majeures en vue de parvenir à la paix.
Mais aujourd'hui, l'Amérique exerce un autre type de pression, destinée à
empêcher Israël de faire les concessions qui permettraient de faire avancer
la paix. Nous ne devons pas non plus nous soumettre à ce type de pression.
Concernant les Palestiniens, Washington insiste pour que soit appliquée
pleinement la Feuille de route du Quartet. Mais quiconque est muni d'yeux
se rend compte que la première phase de la Feuille de route est inapplicable
dans une atmosphère d'équilibre des forces entre le Fatah et le Hamas.
Mahmoud Abbas et ses hommes ne peuvent pas démanteler l'infrastructure
terroriste du Hamas.
Si Israël recherche réellement un processus de paix, il doit se contenter
d'un cessez-le-feu total et de la cessation des actions terroristes
palestiniennes. Quand Ehoud Olmerf et Mahmoud Abbas se rencontreront, outre
un échange de prisonniers et la libération du soldat Gilad Shalit, il leur
suffira d'annoncer la reprise des négociations diplomatiques, sur la base
des accords déjà signés. De toute façon, ces accords incluent la cessation
du terrorisme, la reconnaissance d'Israël et la résolution des désaccords
par la négociation et non par la violence.
Concernant la Syrie, le président Bush et la secrétaire d'Etat Condoleezza
Rice s'opposent fortement à des négociations entre Israël et la Syrie. Mais
notre propre intérêt stratégique est de démanteler le terrorisme en Iran, en
Syrie, de lutter contre le Hezbollah et le Hamas. Or, cela peut être fait
par le moyen de négociations diplomatiques avec les Syriens, ce qu'a proposé
à plusieurs reprises le président syrien Assad.
Il est clair que, dans le cadre de toute préparation à des négociations, il
nous incomberait d'exiger de la Syrie qu'elle mette fin à son soutien au
Hezbollah et au Hamas. Il y va de l'intérêt vital d'Israël. Nous devons
soigner les plaies suppurantes des Palestiniens et parvenir à un accord pour
que deux Etats puissent vivre côte à côte dans la paix et la sécurité.
De plus, nous ferions bien d'entamer des négociations avec les Syrie. Cela
créerait un levier pour parvenir à un accord global au Moyen-Orient, ce qui
garantirait la sécurité d'Israël.
Il apparaît que la politique de l'administration Bush a pour objectif
d'apporter au monde la démocratie et de le débarrasser du terrorisme, pour
qu'ainsi, les pays du monde fassent partie d'un axe pro-occidental. A ces
fins, elle exerce des pressions sur différents pays et tente de saper leur
légitimité.
Mais les intérêts d'Israël sont différents, en particulier après la deuxième
guerre du Liban, quand des accords diplomatiques sont devenus
potentiellement le bouclier défensif d'Israël. Une fois encore, nous ne
devons pas nous soumettre aux pressions américaines. Dans la situation
d'aujourd'hui, nous devons montrer davantage de souplesse que celle que
voudraient voir nos grands amis américains.
* Aujourd'hui président du Centre Peres pour la Paix, Uri Savir a été l'un
des principaux artisans des accords d'Oslo, et directeur de cabinet du
ministère israélien des Affaires étrangères
Assad. Il est clair qu'aujourd'hui, les intérêts israéliens et américains ne
convergent pas forcément, vu la position de l'administration Bush]
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3317023,00.html
Yediot Aharonot, 21 octobre 2006
Savoir dire non aux Américains
Uri Savir *
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Les anciens gouvernements israéliens ont toujours fait savoir qu'ils ne
plieraient pas devant les pressions américaines concernant le processus de
paix au Moyen-Orient. L'hypothèse était alors que les administrations
américaines feraient pression sur Israël pour qu'il fasse des concessions
majeures en vue de parvenir à la paix.
Mais aujourd'hui, l'Amérique exerce un autre type de pression, destinée à
empêcher Israël de faire les concessions qui permettraient de faire avancer
la paix. Nous ne devons pas non plus nous soumettre à ce type de pression.
Concernant les Palestiniens, Washington insiste pour que soit appliquée
pleinement la Feuille de route du Quartet. Mais quiconque est muni d'yeux
se rend compte que la première phase de la Feuille de route est inapplicable
dans une atmosphère d'équilibre des forces entre le Fatah et le Hamas.
Mahmoud Abbas et ses hommes ne peuvent pas démanteler l'infrastructure
terroriste du Hamas.
Si Israël recherche réellement un processus de paix, il doit se contenter
d'un cessez-le-feu total et de la cessation des actions terroristes
palestiniennes. Quand Ehoud Olmerf et Mahmoud Abbas se rencontreront, outre
un échange de prisonniers et la libération du soldat Gilad Shalit, il leur
suffira d'annoncer la reprise des négociations diplomatiques, sur la base
des accords déjà signés. De toute façon, ces accords incluent la cessation
du terrorisme, la reconnaissance d'Israël et la résolution des désaccords
par la négociation et non par la violence.
Concernant la Syrie, le président Bush et la secrétaire d'Etat Condoleezza
Rice s'opposent fortement à des négociations entre Israël et la Syrie. Mais
notre propre intérêt stratégique est de démanteler le terrorisme en Iran, en
Syrie, de lutter contre le Hezbollah et le Hamas. Or, cela peut être fait
par le moyen de négociations diplomatiques avec les Syriens, ce qu'a proposé
à plusieurs reprises le président syrien Assad.
Il est clair que, dans le cadre de toute préparation à des négociations, il
nous incomberait d'exiger de la Syrie qu'elle mette fin à son soutien au
Hezbollah et au Hamas. Il y va de l'intérêt vital d'Israël. Nous devons
soigner les plaies suppurantes des Palestiniens et parvenir à un accord pour
que deux Etats puissent vivre côte à côte dans la paix et la sécurité.
De plus, nous ferions bien d'entamer des négociations avec les Syrie. Cela
créerait un levier pour parvenir à un accord global au Moyen-Orient, ce qui
garantirait la sécurité d'Israël.
Il apparaît que la politique de l'administration Bush a pour objectif
d'apporter au monde la démocratie et de le débarrasser du terrorisme, pour
qu'ainsi, les pays du monde fassent partie d'un axe pro-occidental. A ces
fins, elle exerce des pressions sur différents pays et tente de saper leur
légitimité.
Mais les intérêts d'Israël sont différents, en particulier après la deuxième
guerre du Liban, quand des accords diplomatiques sont devenus
potentiellement le bouclier défensif d'Israël. Une fois encore, nous ne
devons pas nous soumettre aux pressions américaines. Dans la situation
d'aujourd'hui, nous devons montrer davantage de souplesse que celle que
voudraient voir nos grands amis américains.
* Aujourd'hui président du Centre Peres pour la Paix, Uri Savir a été l'un
des principaux artisans des accords d'Oslo, et directeur de cabinet du
ministère israélien des Affaires étrangères
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