Munich
| ||||
| Critique: Jacky BORNET Publié le 26/09 à 13:54 |
| le Plus du DVD |
| En présentation du film, une intervention de Steven Spielberg qui parle de son film. A l'origine, un livre publié en 1984 de Jonas qui s'appelle "Vengeance" et qui dévoile l'opération "Colère de Dieu". |
|
Comme pour l’image, c’est propre, très bien équilibré entre les dialogues et la musique. Les explosions aussi sont bien orchestrées. Aucun réel commentaire à faire si ce n’est que tout va bien et est confortable à l’oreille ! La bande son est composée de morceaux des années des événements et agrémentée de musique originale, on a affaire à un bon équilibre qui donne de l’authenticité à l’histoire.
- Voir le film avec une introduction de Steven Spielberg (4 min. 30) - Making of Munich
Tout commence de nuit, quand des hommes en survêtement tentent de rentrer en faisant « le mur » dans le village olympique de Munich. Arrivés à leur but, ils retiennent en otage l’équipe Israélienne et tout se termine par une prise d’otage et un bain de sang. Le groupe Septembre Noir est né. C’est un groupuscule Palestinien qui revendique l’appartenance à un peuple et à une terre. Le gouvernement israélien refuse de laisser cela sans représailles et engage cinq hommes au profil très différents pour éliminer les hommes jugés responsables de ce sang versé, tant des contacts avec la KGB qu’avec la CIA, ou des hommes de main Le premier les mène, Avner, joué par Eric Bana, le personnage que l’on suit tout au long du film. Il est jeune papa et fils de héros de combat. Il ne sait pas trop pourquoi il a été choisi pour tenir cette position mais fait son travail avec conviction. C’est un personnage humain qui garde les pieds sur terre. Il a à cœur de remplir sa mission proprement. Ensuite vient Robert, joué par Matthieu Kassovitz. Il est à l’origine fabricant de jouet et, lors de son passage obligé par l’armée, il a été affecté au déminage puisqu’habitué aux petites mécaniques. Pour cette mission de « nettoyage », il fabrique des bombes. Pas toujours très à l’aise dans ce qu’il fait, il se pose des questions sur ses motivations. Ciaràn Hinds est Carl. Il vérifie que tout est bien, que la cible a bien été tuée et qu’aucun indice de leur passage ne subsiste : il ramasse les douilles, nettoie, enfin, fait tout ce qu’il faut pour préserver l’anonymat de l’attentat. Il paraît de glace mais se sent particulièrement impliqué dans son devoir patriotique. Daniel Craig joue Steve, un type sanguin, un peu trop dévoué à sa cause. Il assure les arrières de son équipe et se sent un peu « inactif ». Son tempérament à fleur de peau fait qu’on ne lui donne pas d’arme de peur de précipiter les plans calculés. Hans est un personnage froid et carré. Joué par Hanns Zischler qui lui offre un faciès impassible et dur, ce personnage représente la stabilité. Il termine le travail quand cela est nécessaire. Louis et son Papa (Mathieu Alamaric et Michaël Lonsdale) tiennent les rôles des informateurs. A la solde de personne, juste de ceux qui paient, ils achètent et revendent des informations qui permettent à Avner de localiser leurs cibles. Papa est un homme droit et juste. Il aime bien Avner et affirme qu’il ne lui causera jamais de tort, même à bon prix. Il aime l’intégrité, la famille et la bonne chère ce qui le rend très attachant. Louis, quant à lui, vit dans l’ombre de son père. Il négocie les prix et « livre » les informations. On ne sait pas grand-chose de lui, en fait. Geoffrey Rush joue l’intermédiaire entre le gouvernement israélien et Avner. Il s’occupe des préoccupations matérielles de l’équipe et veille à ce que rien ne dérape. Il donne le baromètre de la pression politique de ses patrons et offre un visage sans réel ressentiment à rien. Les décors sont pris au naturel avec un respect des éléments d'époque soigné. Les voitures, costumes, affiches et autres détails sont tout droit sortis des catalogues et des revues des années 70'. On se régale les yeux. Les rues de Paris, comme celles des autres lieux, sans doute, Tous ces personnages sont très différents et tant physiquement que sur la personnalité, on sent une réelle volonté de les dissocier. Le film est servi par des rôles distincts qui permettent de faciliter la lecture du film qui, admettons le, est assez compliqué, comme le problème qui est traité. Aucune explication n’est avancée, il ne faut pas compter sur la lecture de ce film pour davantage comprendre le conflit israélo-palestinien. L’histoire en elle-même peut paraître simple : cinq types qui doivent en tuer onze autres. Mais les dessous politiques et les rouages d’un système obscur donnent une profondeur qui en font un film particulier. C’est une histoire humaine où des sentiments opposés se retrouvent, où des actes violents sont censés servir la paix, où une vie commence et où d’autres s’achèvent. Des antagonismes comme ça, le film en souligne continuellement. C’est un film à voir et à conserver. Sombre et dur, les personnages croient en leur rôle de sauveur de la patrie. Leur dévouement à la tâche les rend aimable bien que la tâche ne le soit pas. Nominé cinq fois aux Oscars en 2005 dont le meilleur film, ce film les mérite largement bien qu’il n’est pas été récompensé. Les Bonus Voir le film avec une introduction du réalisateur Steven Spielberg Le spectateur a le choix entre regarder le film « nu » ou avoir droit à une introduction de Steven Spielberg. Pour ma part, je trouve que ces 4’30’’ de commentaires sont intéressantes et apportent le point de vue et les motivations du « narrateur » (si l’on considère que c’est le réalisateur lui-même qui nous raconte son histoire). M. Spielberg nous parle des ses souvenirs personnels sur cet attentat qui amorce le film. Cet événement n’est qu’un triste épisode d’une histoire politique bien complexe. Steven Spielberg nous explique sa volonté de ne pas montrer un documentaire, cependant il exprime un réel souhait d’être observateur des relations politiques d’Israël vis-à-vis du reste du monde jusqu’à aujourd’hui en mettant le doigt sur un épisode violent de son histoire. Pour ceux qui connaissent ces faits par cœur, les souvenirs de Steven Spielberg et ses motivations à faire ce film apportent une note personnelle à l’histoire. La Mission – L’équipe Des bonus très intéressants bien que très courts. Un concentré d’informations, donc, qui éclairent le lecteur de l’intérieur. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée "Colère de Dieu". Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d'une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l'attentat de Munich. Pour mener à bien cette mission ultrasecrète, les cinq hommes devront vivre en permanence dans l'ombre.
Munich est de ce point de vue abyssal, ne laissant pas même une place à la petite lueur d’espérance qui concluait, ironiquement, La Guerre des mondes, déj à très métaphorique de l’actualité du 11 septembre 2001. C’est en effet quand il explore le « côté obscur » que Spielberg est au meilleur de sa forme. Jamais cinéaste n’a vu ses films aussi régulièrement, tout le long de sa carrière, qualifiés «d’aboutissement à l’âge adulte » (La Couleur pourpre, L’Empire du soleil, Shindler, Ryan...). Ce n’est rien comprendre à Spielberg qui a constamment alterné fantaisie (fantasy) et gravité. Comme nous le rappelions, ce n’est jamais sans départir d’un certaine guimauve, mais la dernière scène de sa Guerre des mondes semble signifier que désormais il la laisse au placard, ce que confirme Munich.
Tant, que l’on reconnaît à peine son style (sauf dans sa lumière jouant du clair-obscure)). Il semble avoir pris la leçon de son ami Kubrick, toujours très distancié dans le traitement de ses sujets, comme un entomologiste génial. Si le réalisateur met à plat la stratégie d’Israël suite aux événements de Munich, il ne se veut pas historien. Et le reproche que certains pourront lui faire sur les sous-entendus de culpabilisation des membres de l’équipe chargé d’assassiner onze Palestiniens, passent totalement à côté du sujet. Spielberg se distancie par rapport à l’Histoire en stipulant d’entrée de jeu que son film est « Inspiré de faits réels ». Précaution d’usage, mais qui compte dans son traitement effectif du sujet.
Si Spielberg pose de la sorte de vraies questions (les cibles sont-elles les bonnes ?, leur mort est-elle justifiée ? celle-ci n’entraîne-t-elle pas la spirale du terrorisme revendicatif et d’Etat ?...), il réalise en même temps un remarquable thriller, tout en affinant l’approche psychologique de ses personnages. Une réussite particulièrement lisible au cours d’un dialogue entre Avner, amené à s’entretenir avec un Palestinien, au cours duquel ses convictions sionistes ne peuvent s’empêcher de s’exprimer. Alors que cette prise de position le met en danger, son interlocuteur la respecte sur le plan idéologique, mais ils redeviendront ennemis dans la scène suivante, au cours d’un duel fatal pour l’un d’eux.









