Mickey un peu perdu au Grand Palais

Publié le par david castel


[ 22/09/06 ]

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Etude préliminaire au crayon pour « Blanche Neige ».

Il était une fois Walt Disney qui se tient jusqu'au 15 janvier au Grand Palais (www.rmn.fr) à Paris est une exposition « bâtarde ». On ne sait pas si elle est vraiment faite pour les enfants car elle est nourrie par un discours sur l'art de la fin du XIXe, abondant, mais on n'est pas sûr non plus qu'elle soit faite pour les adultes car elle se présente dans cette ambiance cacophonique d'extraits de films montrant des nains dansants perpétuellement et des animaux aux voix criardes s'agitant dans la forêt. Une sorte de zapping interminable qui passe sans cesse de l'art dit noble, la peinture et le dessin, à cet art populaire qu'est le dessin animé et ses matériaux de bases, le celluloïd. Il y a abondance de documentation et le spectateur ne sait plus où tourner le regard.

Le propos de départ était pourtant fort intéressant : revenir aux sources d'inspiration de celui qui a revisité au niveau mondial le conte pour enfants via le dessin animé, Walt Disney. L'exposition, nullement financée - contrairement à ce qu'on pourrait croire - par les productions Disney, est simplement un avatar du nouveau positionnement du Grand Palais, émanation de la Réunion des musées nationaux, qui cherche à faire « plus populaire ».

L'exposé peu limpide trouve ses sources dans une quinzaine de longs métrages réalisés du vivant de Disney - il est mort en 1967 - depuis « Blanche-Neige et les sept nains » (1937) jusqu'au « Livre de la jungle » (1967). En fait, Disney se nourrit de la littérature et des contes européens. Il est entouré de collaborateurs de l'Europe du Nord, imprégnés des différents courants de l'art occidental. Exemple : les villages de Disney ressemblent étrangement à ceux qu'on trouve dans les scènes campagnardes de Bruegel. La plus célèbre souris au monde, Mickey, n'a-t-elle pas un lien de parenté avec la légende du rat des villes et du rat des champs... Comme le montre l'exposition, le château de Cendrillon en 1950 présente de nombreux points communs avec ceux de Viollet-le-Duc ou ceux des dessins de Victor Hugo. Et toutes ces princesses faites pour s'endormir en chantant « Un jour mon prince viendra » ont d'abord été représentées dans le répertoire néo-gothique et fantastique des préraphaélites anglais, des romantiques allemands ou de l'inclassable Gustave Moreau. Du labyrinthe visuel offert par l'exposition on retiendra au moins cela.

Dans les régions

François Morellet (né en 1926) est un excellent artiste français auquel le musée des Beaux-Arts d'Angers (02.41.05.40.00) consacre une rétrospective jusqu'au 12 novembre. Si on devait le classer dans une catégorie, on parlerait pour lui d'un certain art minimal. C'est un spécialiste de la ligne, des illusions d'optique et des sculptures lumineuses. Des pièces monumentales et sobres qui revisitent l'abstraction géométrique en trois dimensions.

A l'étranger

De passage en Ukraine, à Kiev ? Alors, il ne faut pas rater le seul lieu privé pertinent consacré à l'art contemporain international en Europe de l'Est. Le Pinchuk Art Center (www.c-artpinchuk.org) qui vient d'ouvrir ses portes en plein centre de la ville montre des oeuvres de talents reconnus comme une installation du Belge Carsten Holler, une vidéo sous-marine monumentale et onirique du Japonais Jun Nguyen-Hatsushiba, une sculpture faite d'un ensemble de rouages par le Français Xavier Veilhan ou encore les photos de mineurs en tutu au fond du trou par l'Ukrainien Arsen Savadov. Nicolas Bourriaud, ex-codirecteur du Palais de Tokyo à Paris, chapote l'opération.

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Publié dans LAETITIA

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