Gaston Monnerville (1897-1991) président du sénat français

Publié le par david castel


 

Originaire de Guyane, avocat, résistant, homme politique et président du sénat, Gaston Monnerville fut pendant deux décennies l'un des personnages les plus importants de l'Etat français
 
Par Paul Yange
 
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Gaston Monnerville
 
   
   

Fils de Marc Saint-Yves Monnerville et de Marie-Françoise Monnerville, Gaston Monnerville est né le 2 janvier 1897 à Cayennes en Guyane. Il rejoint la métropole en 1912 après avoir été reçu au concours des bourses et poursuit ses études secondaires au lycée Pierre de Fermat à Toulouse. Bien qu'elle ait déjà perdu deux enfants, sa mère a accepté d'envoyer les deux auutres, Pierre, puis Gaston en France afin qu'ils puissent poursuivre leur scolarité. "C'est elle qui a forgé notre volonté, qui a entretenu en nous le goût du labeur, le sens des responsabilités" dira plus tard Monnerville.

Elève brillant, doué pour les matières scientifiques aussi bien que pour les matières littéraires, il obtient son baccalauréat et continue ses études en droit et lettres à la factulté de lettres et de droit de Toulouse où il passe deux licences, une en droit et une en lettres en obtenant les félicitations du jury. En 1921, à l'âge de 24 ans, Gaston Monnerville obtient son doctorat en droit, avec félicitations du jury sur « l'enrichissement sans causes ». Cette thèse sera honorée d’une souscription du ministère de l’instruction publique et primée au concours des thèses.

En 1918, il s'inscrit au barreau de Toulouse où il demeure trois ans, avant de rejoindre Paris et de s'inscrire au barreau parisien. A Toulouse, Monnerville s'initie à la franc maçonnerie, qui permet selon lui "à un homme moyen de s'ouvrir à certains plans de conscience et de devenir maître de sa propre germination". EIl la considère également comme "un lieu idéal de confrontation des idées et la meilleure école de la tolérance".

Monnerville entre dans le cabinet d'un avocat célèbre de l'époque, César Campinchi, et y travaille pendant huit ans comme principal collaborateur de ce dernier. Il a en effet rapidement gagné la confiance de son patron par ses compétences et son ardeur au travail. En 1923, Gaston Monnerville est reçu au concours des secrétaires de la conférence de Paris à la cour d'appel de Paris, puis est élu président de l'Union des Jeunes Avocats. C'est également à cette époque qu'il épouse Thérèse Lapeyre


Il est judicieux, il est capital, de montrer qu'un descendant d'esclaves noirs, fut un des grands hommes d'Etat de l'histoire de France.
Philippe Martial 1997


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Marie-Françoise Monnerville, mère de Gaston Monnerville
© senat.fr
 
   
   

Parallèlement, Gaston Monnerville s'illustre comme grand avocat en plaidant dans plusieurs grandes affaires qui lui valent une certaine renommée. Il défend ainsi en compagnie d'autres avocats 14 guyanais dans ce qui est appelé "l'affaire Galmot" (l'assassinat en 1928 de Jean Galmot en Guyane avait provoqué des émeutes qui s'étaient soldés par la mort de plusieurs personnes). La plaidoirie de Monnerville contribue grandement à l'acquittement des accusés : "ce fut la plaidoirie de ma vie" écrira Gaston Monnerville dans ses mémoires.

A la suite de ce procès, Gaston Monnerville voit sa notoriété s'accroître. On lui demande alors en Guyane de se présenter à la députation contre le député sortant Eugène Lautier. Les élections en lieu en 1932 et Monnerville est élu au premier tour du scrutin avec 1842 voix contre 1144 à son adversaire. Il sera maire de Cayenne de 1935 à 1945 année où il est battu. En 1936 il est de nouveau réélu député.

Gaston Monnerville perçoit également très rapidement en ces années 30 le danger que peut représenter l'accession d'Hitler au pouvoir et la propagation de l'hitlérisme.

La carrière de Gaston Monnerville en politique prend une nouvelle dimension lorsqu'il est choisi pour faire partie de deux gouvernements successifs entre juin 37 et mars 38 comme sous-secrétaire d'Etat aux colonies. Il initie un projet de loi pour la création d'un fonds de solidarité avec les colonies qui ne sera pas voté.
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Publié dans LAETITIA

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