La reprise économique en Palestine est cruciale pour Israël

Publié le par david castel

[Plocker décrit la situation catastrophique de l¹économie palestinienne,
chiffres à l¹appui. Il s¹agit d¹une situation explosive qui, à terme, menace
l¹existence même d¹Israël]

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3300491,00.html

Yediot Aharonot, 6 septembre 2006

La reprise économique en Palestine est cruciale pour Israël
Par Sever Plocker

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant


L¹année scolaire n¹a pas encore repris dans les territoires palestiniens,
car cela fait plusieurs mois que les enseignants n¹ont pas été payés, mais
leur grève n¹est que la partie émergée de l¹iceberg. "L¹année 2006", écrit
la Banque mondiale cette semaine, "sera la pire dans la triste histoire de
l¹Autorité palestinienne. L¹économie palestinienne est au bord d¹une crise
sans précédent."

Dans les prévisions qu¹elle publiait à mi-mai, la Banque mondiale prédisait
une chute d¹environ 30% du revenu par habitant qui tomberait à 800 $ par an.
Mais cette sombre prédiction se révèlait encore trop optimiste, car elle
prévoyait une simple baisse de 15% de l¹aide internationale à l¹Autorité
palestinienne, et un fonctionnement relativement normal des passages
frontaliers avec Israël.

En pratique, depuis l¹enlèvement du soldat Gilad Shalit, la situation dans
les territoires, en particulier à Gaza, est bien pire que pouvaient le
laisser entendre toutes les prévisions. Les pays donateurs ont stoppé quasi
complètement les transferts de fonds, et les principales banques arabes ont
clos tous les comptes du gouvernement palestinien.

De plus, Israël ne transfère plus aucun shekel des centaines de millions de
taxes perçus par le Trésor israélien sur les taxes qui reviennent à
l¹Autorité palestinienne.

Résultat : le revenu annuel par habitant est aujourd¹hui de 700 $ (600 à
Gaza), à comparer aux 20.000 $ pour Israël et aux 2.000 pour l¹Egypte. La
moitié de la main d¹¦uvre palestinienne est au chômage, et la pauvreté (2 $
de revenu par habitant par jour) concerne aujourd¹hui 66% de la population.

L¹année dernière, le budget mensuel de l¹Autorité palestinienne était de 180
à 200 millions de $, dont la moitié servait à payer les salaires des 150.000
fonctionnaires. Aujourd¹hui, il est de 25 millions de $. Les coffres de
l¹Autorité palestinienne sont vides, et ses fonctionnaires ne sont plus
payés, ou bien ne vont plus travailler.

La situation est particulièrement grave dans "l¹Etat de Gaza". La bande de
Gaza n¹a pas de secteur d¹affaires digne de ce nom, il n¹y a plus de travail
dans les colonies juives, aucune infrastructure ne fonctionne, et il n¹y a
aucun accès aux marchés extérieurs.

Les passages frontaliers d¹Erez, Karni et Rafah sont pratiquement fermés,
sauf à l¹aide humanitaire et à la contrebande d¹armes. Gaza est devenue la
région la plus pauvre, la plus abandonnée, la plus démoralisée de tout le
Moyen-Orient arabe.

L¹effondrement de l¹économie s¹est également accéléré cette année en
Cisjordanie, suite aux nombreux check points, à la clôture de séparation et
la dévolution de plusieurs routes à l¹usage de "Juifs seulement".

Il y a 550 check points permanents en Cisjordanie, et 125 autres check
points postés de façon aléatoire. Il y a 1.200 kilomètres de routes
complètement ou partiellement fermées au trafic palestinien. Seuls 27 (sur
65) points de passage de la clôture de sécurité sont à l¹usage de la
population palestinienne, ce qui provoque des queues longues et humiliantes.

Les transferts de produits vers Israël s¹effectuent toujours de main à la
main, et l¹on ne parle toujours pas de "passage sécurisé" entre la
Cisjordanie et la bande de Gaza.

On pourrait rétorquer que le terrorisme palestinien n¹a que ce qu¹il mérite.
Mais les gouvernements israéliens ont toujours affirmé, à juste raison, que
le bien-être des Palestiniens était vital pour la sécurité d¹Israël, et que
la crise économique et sociale dans les territoires ne faisait que générer,
servir et renforcer le terrorisme.

Mais les paroles sont une chose, et les actes une autre. Deux nations
hostiles résident actuellement côte à côte sur la terre du Grand Israël. Les
Juifs ont le contrôle quasi total de ses ressources naturelles, de
l¹infrastructure et de la terre, tout en ayant un niveau de vie d¹environ
3.000 fois supérieur à celui de son voisin, la nation palestinienne, pauvre
et occupée.

Il s¹agit d¹une situation explosive, clairement instable et moralement
intolérable, politiquement et historiquement. Elle renferme en son sein les
germes de la prochaine révolte, qui sera bien pire que la précédente, et
cela peut représenter une menace pour l¹existence politique d¹Israël.

Israël a prouvé qu¹il dispose d¹une réponse militaire au terrorisme
palestinien. Mais deux millions de Palestiniens affamés ne disposent pas, ni
ne peuvent disposer, d¹une pareille solution. Il nous faut, dès aujourd¹hui,
instaurer le dialogue.
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