Mort à Moscou du célèbre ukrainien soviétique Nikita Khrouchtchev
| Nikita Khrushchev est né en 1894 à Kalinovka en Ukraine dans une famille pauvre. Il fait carrière dans l’appareil : au Comité central (1934), au Soviet suprême (1937). En 1938, nommé par Staline premier secrétaire du parti en Ukraine et membre du Politburo (1939). La Crimée, qui faisait partie de la république de Russie, est rattachée à l’Ukraine par Nikita Khrouchtchev en 1954. Nikita Khrouchtchev est né en 1894 à Kalinovka en Ukraine dans une famille pauvre. Il fait carrière dans l’appareil : au Comité central (1934), au Soviet suprême (1937). En 1938, nommé par Staline premier secrétaire du parti en Ukraine et membre du Politburo (1939). La Crimée, qui faisait partie de la république de Russie, est rattachée à l’Ukraine par Nikita Khrouchtchev en 1954. De tous les dirigeants soviétiques qui se sont succédés depuis la révolution de 1917, Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev est sans doute celui que nous connaissons le mieux. Khrouchtchev est resté au pouvoir pendant environ dix ans (la durée exacte de son administration dépend de la date que l’on retient pour le moment où il a supplanté tous les autres candidats à la succession de Joseph Staline) : bien moins que le quart de siècle de Staline ou les dix-huit ans de Leonid Brejnev. Khrouchtchev était toutefois un orateur intarissable, contrairement au taciturne Staline et au bureaucrate programmé qu’était Brejnev. Et, contrairement à son prédécesseur et à son successeur immédiat, il nous a laissé des Mémoires. Du jour où il a été chassé du pouvoir, en octobre 1964, jusqu’à l’avènement de la glasnost et de la perestroïka, vingt ans plus tard, le nom de Khrouchtchev était officiellement tabou en Union soviétique. Ces dernières années, divers témoignages et autres textes le concernant ont toutefois commencé à paraître dans son pays. Nous connaissons de longue date les grandes lignes de la carrière de Nikita Khrouchtchev : sa stupéfiante ascension en Ukraine et à Moscou, sa dramatique campagne de déstalinisation, ses incessantes reformes dans tous les domaines de la politique soviétique ainsi que celles qu’il n’a pas pu, ou pas voulu, effectuer ; enfin, son éviction aussi soudaine qu’inattendue en 1964, suivie de l’abrogation de nombre de ses réformes. Ce que nous ignorions, ce que Khrouchtchev lui-même a délibérément omis de ses Mémoires (ou n’a pas eu le temps d’y inclure avant sa disparition, en 1971), c’est le drame personnel qu’il vivait, surtout durant les dernières années de son administration et après son éviction. Khrouchtchev a sombré dans la dépression après 1964. vendredi 8 septembre 2006 par France-Ukraine.com © France-Ukraine.com, tous droits de reproduction et de diffusion réservés. |
| Nikita Khrouchtchev |
Récit de Sergueï Khrouchtchev
De tous les dirigeants soviétiques qui se sont succédés depuis la révolution de 1917, Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev est sans doute celui que nous connaissons le mieux. Le livre de son fils Sergueï n'en est pas moins une révélation.
Khrouchtchev est resté au pouvoir pendant environ dix ans (la durée exacte de son administration dépend de la date que l'on retient pour le moment où il a supplanté tous les autres candidats à la succession de Joseph Staline): bien moins que le quart de siècle de Staline ou les dix-huit ans de Leonid Brejnev. Khrouchtchev était toutefois un orateur intarissable, contrairement au taciturne Staline et au bureaucrate programmé qu'était Brejnev. Et, contrairement à son prédécesseur et à son successeur immédiat, il nous a laissé des Mémoires. Du jour où il a été chassé du pouvoir, en octobre 1964, jusqu'à l'avènement de la glasnost et de la perestroïka, vingt ans plus tard, le nom de Khrouchtchev était officiellement tabou en Union soviétique. Ces dernières années, divers témoignages et autres textes le concernant ont toutefois commencé à paraître dans son pays.
Il n'en reste pas moins que le témoignage de Sergueï Khrouchtchev est unique en son genre. Sergueï était le seul fils encore en vie. Il l'accompagnait dans ses fréquents voyages en Union soviétique et à l'étranger. C'était aussi le compagnon des promenades du soir, lorsque le chef d'État surmené essayait de se détendre, et un confident, dans la mesure où Khrouchtchev se confiait à quelqu'un, où à son épouse Nina Petrovna Khrouchtcheva. Nous connaissons de longue date les grandes lignes de la carrière de Nikita Khrouchtchev: sa stupéfiante ascension en Ukraine et à Moscou, sa dramatique campagne de déstalinisation, ses incessantes reformes dans tous les domaines de la politique soviétique ainsi que celles qu'il n'a pas pu, ou pas voulu, effectuer; enfin, son éviction aussi soudaine qu'inattendue en 1964, suivie de l'abrogation de nombre de ses réformes. Ce que nous ignorions, ce que Khrouchtchev lui-même a délibérément omis de ses Mémoires (ou n'a pas eu le temps d'y inclure avant sa disparition, en 1971), c'est le drame personnel qu'il vivait, surtout durant les dernières années de son administration et après son éviction.
Comment un homme qui avait réussi à survivre à Staline et à lui succéder a-t-il pu être exclu du jour au lendemain? Comment ses réformes se sont-elles peu à peu effilochées? Comment et pourquoi a-t-il perdu le contact? Comment se peut-il qu'il n'ait jamais pris conscience du complot qui se tramait contre lui? Quels étaient les mobiles des conspirateurs, comment ont-ils réussi leur coup? Et comment cet homme qui disposait d'un pouvoir quasi absolu a-t-il réagi lorsque ce pouvoir lui a soudain été arraché? Ce livre jette une lumière nouvelle sur ces questions, et sur bien d'autres.
Sergueï Khrouchtchev a observé de près l'érosion de l'autorité de son père. Informé très tôt du complot tramé contre lui, il a essayé de l'en avertir. Par la suite, il a assisté son père lors de la rédaction de ses Mémoires; il a révisé plus de deux mille feuillets de transcriptions, les a cachés au KGB, et a aidé à les faire parvenir à l'étranger. Bien que nous en connaissions déjà le dénouement, le récit de Sergueï Khrouchtchev se lit comme un roman à suspense, dont les épisodes ne se limitent pas à la conspiration contre Khrouchtchev et au jeu de cache-cache avec le KGB au sujet des Mémoires; il révèle aussi la bataille qu'il fallut livrer pour que son père obtienne des obsèques décentes, suivie d'une autre bataille pour lui ériger un monument funéraire, face à la résistance larvée des autorités ou à leur hostilité déclarée. En toile de fond, l'auteur fait l'émouvant récit de la dépression dans laquelle Khrouchtchev a sombré après 1964, et de sa lente et douloureuse reconquête d'une partie au moins de sa vigueur et de sa personnalité d'antan.
Khrouchtchev par KhrouchtchevRécit de Sergueï Khrouchtchev
Éditions PLON