En finir avec l¹occupation, vite, pour le bien d¹Israël!

Publié le par david castel

[comme nous ne cessons de le répéter, avant toute autre considération,
l¹occupation est d¹abord mauvaise pour Israël. Et les peuples ne font la
paix que s¹ils jugent qu¹il y va de leur intérêt. Pour David Grossman, les
circonstances actuelles prouvent, ô combien, qu¹il est vital pour Israël de
conclure un accord avec les Palestiniens et d¹en finir avec l¹occupation]

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3281556,00.html

Yediot Aharonot, 26 juillet 2006

En finir avec l¹occupation, vite, pour le bien d¹Israël!
par David Grossman

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant

 
Plus Israël s¹enlise dans les combats contre le Hezbollah, plus il est clair
que depuis des dizaines d¹années, alors qu¹Israël s¹est épuisé dans le
conflit avec les Palestiniens, sa capacité de dissuasion militaire s¹est
tellement affaiblie que cela en devient inacceptable.
 
Cela a été dit et répété de nombreuses fois, mais nous ne pouvons plus en
ignorer les conséquences. Depuis des dizaines d¹années, Israël sacrifie son
sang et son économie à affronter les Palestiniens, et ce conflit occupe la
meilleure partie de nos réflexions et de nos débats.

Depuis près de 40 ans, le développement d¹Israël en tant que nation, société
et Etat s¹est fourvoyé dans une voie stérile et erronée qui I¹a conduit à
l¹impasse. Une grande partie du débat public en Israël tourne autour de la
question de l¹occupation, ou du moins à des questions qui lui sont liées.

D¹autres débats tout aussi importants, et le traitement sérieux de vrais
problèmes et de vrais dangers qui menacent réellement Israël, ont été mis de
côté.


Débattre du désengagement

Pensez à la manière dont le débat sur le désengagement de Gaza de l¹année
dernière nous a minés. A la quantité d¹argent gâché sur le processus, sur
les indemnités versées aux colons qui de toute façon n¹avaient rien à faire
là. Nos politiciens  ne pouvaient-ils le prévoir ?

Pensez aux heures perdues à entraîner les soldats à évincer des bébés et des
adolescents en pleurs, gentiment mais fermement, au lieu de les entraîner à
combattre des groupes comme le Hezbollah.

Je suis quelqu¹un de simple. Je n¹ai pas d¹autres informations que celles
que diffusent les médias. Mais je suis inquiet. Qu¹allons-nous faire le jour
où nous devrons affronter une menace bien plus importante et complexe que ce
que nous avons connu jusqu¹à présent, si notre armée n¹est pas prête parce
qu¹elle a passé des dizaines d¹années à faire la police de l¹occupation ?


Préoccupés par l¹occupation

Toutes ces années, Tsahal s¹est occupé d¹affrontements avec des civils
palestiniens et avec des colons.

Toutes ces années, notre sang a été versé pour l¹occupation, ses
conséquences et ses hallucinations. L¹occupation est devenue le projet
national, économique et identitaire le plus important qu¹Israël a jamais
connu.

Les derniers développements rendent encore plus urgent un accord avec les
Palestiniens. Il faut en finir avec l¹occupation, non pas parce que cela
sera "bon pour les Palestiniens", mais parce ce n¹est qu¹ainsi qu¹Israël
pourra très vite s¹occuper des problèmes militaires et diplomatiques qu¹un
pays si fragile doit affronter.

C¹est la seule manière pour le pays de retrouver assez d¹énergie, de se
"libérer la tête", pour se préparer face aux menaces existentielles qui
pèsent sur lui.


De durs moments nous attendent

Ne nous y trompons pas : la fin de l¹occupation ne nous attirera l¹amour de
personne au Moyen-Orient. Même après, Israël demeurera un implant étranger
dans la région aux yeux de la plupart des pays arabes ;

Un accord raisonnable avec les Palestiniens réduira les flammes qui attisent
la plupart de nos points de conflit, permettra à Israël de panser ses
blessures de l¹intérieur et rappellera aux Israéliens ce pour quoi il vaut
vraiment la peine de se battre.

Malheureusement, Israël devra parvenir à un accord avec le Hamas, au moins
pour conclure un cessez-le-feu sur plusieurs années. Solution partielle et
problématique. Mais elle vaut quand même mieux que le statu quo actuel.

Est-il si déraisonnable de prédire que si nous ne trouvons pas rapidement
une solution quelconque, même partielle, au conflit avec les Palestiniens,
nous pourrions nous retrouver dans quelques années à regretter le Hamas
d¹aujourd¹hui (un groupe avec lequel nous pouvons parvenir à un accord,
comme ne cesse de le répéter Ismail Haniyeh) ?

Aujourd¹hui, le moment est venu pour Israël d¹initier un nouveau processus
avec tous les secteurs et toutes les factions du peuple palestinien. Nous
devons présenter des propositions sérieuses qui offriront aux Palestiniens
la perspective de nouveaux défis et de nouvelles opportunités, et les forcer
à décider s¹ils veulent parvenir avec nous à un compromis pour vivre en
paix, ou s¹ils souhaitent rester captifs d¹un gouvernement fanatique et
fondamentaliste. 


Des différences fondamentales entre les deux fronts

Les actions guerrières et sans compromis du Hezbollah ont fait naître chez
beaucoup d¹Israéliens le sentiment que les deux fronts sur lesquels Israël
combat n¹en font qu¹un, et qu¹ils constituent tous les deux une menace
existentielle. Or, alors que le Hezbollah est voué à la destruction
d¹Israël, la plupart des Palestiniens se sont résignés (certes, sans joie
excessive) à l¹idée de l¹existence d¹Israël et de la nécessité de partager
cette terre.

La plupart des Israéliens et des Palestiniens comprennent que leurs sorts
sont liés. Les deux peuples ont un intérêt clair à parvenir à un accord et à
un compromis sur les principes les plus essentiels. Il est clair pour les
deux peuples qu¹au bout du compte, ce conflit n¹a pas de solution militaire..

L¹écrasement brutal de la bande de Gaza se poursuit inutilement. D¹après
certaines informations, même les organisations palestiniennes les plus
extrémistes sont prêtes à conclure un cessez-le-feu. Il serait sage de la
part d¹Israël de proposer d¹entamer des négociations, même avant la fin des
combats avec le Hezbollah. Cela montrerait aux Palestiniens et au monde
qu¹Israël fait la différence entre les deux fronts. Et sa position sur ces
deux fronts s¹en retrouverait brusquement améliorée.




 
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