Tensions exacerbées à Gaza et au Liban depuis l'enlèvement de trois soldats isréliens
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Enlèvement de Shalit
Un commando s'infiltre en territoire israélien, après avoir creusé un tunnel, et mène une attaque contre un poste militaire à la lisière de la bande de Gaza : un soldat israélien, Gilad Shalit, est capturé. L'attaque est revendiquée conjointement par les Brigades Ezzedine Al-Qassam (branche armée du Hamas), les Comités de la résistance populaire et "l'Armée de l'Islam", un groupe inconnu.
Déploiement de Tsahal
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, ordonne une vaste battue pour retrouver le caporal Shalit. Les trois factions armées palestiniennes exigent la libération des femmes et des mineurs détenus en Israël. Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, l'exclut et ordonne le déploiement de Tsahal près de la bande de Gaza.
Raids israéliens
Dans la nuit de mardi à mercredi, des mouvements de troupes israéliennes ont lieu en bordure de la bande de Gaza et plusieurs raids aériens détruisent des infrastructures civiles, dont l'unique centrale électrique de Gaza, plongeant le territoire dans l'obscurité.
Opération "Pluie d'été"
Israël lance mercredi matin à l'aube l'opération terrestre "Pluie d'été" dans la bande de Gaza, visant "à ramener sain et sauf chez lui" le soldat capturé et à stopper les tirs de roquettes contre les localités israéliennes voisines de la bande de Gaza. M. Olmert se déclare décidé à "user de moyens extrêmes" pour libérer Gilad Shalit, excluant toute négociation avec les ravisseurs. Mahmoud Abbas qualifie l'offensive israélienne de "punition collective".
Arrestation de membres du Hamas
L'offensive israélienne s'étend à la Cisjordanie, avec l'arrestation dans la nuit de 64 ministres, députés, maires et autres responsables du Hamas. Le corps d'un colon tué d'une balle dans la tête est retrouvé à Ramallah. Selon l'armée israélienne, il a été assassiné juste après son enlèvement le 25 juin. Les Comités de la résistance populaire affirment l'avoir tué après le refus d'Israël de stopper son offensive et menacent d'exécuter le soldat israélien prisonnier. M. Olmert décide de suspendre l'offensive terrestre prévue dans le nord de la bande de Gaza, pour laisser le temps à une médiation égyptienne.
Efforts du Hamas
Nouveaux raids aériens israéliens dans la nuit, dont un contre le ministère de l'intérieur palestinien à Gaza, qui subit d'importants dégâts. Le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, assure que les efforts se poursuivent pour libérer le soldat israélien et déplore qu'Israël dresse des "obstacles" avec son offensive et l'arrestation de ministres.
Rejet des exigences palestiniennes
Dans la nuit de samedi, Israël poursuit ses frappes, notamment aériennes, contre la bande de Gaza, dont plusieurs sur"sept routes utilisées par les groupes armés, pour empêcher que le soldat capturé soit transporté d'un endroit à l'autre". Israël rejette catégoriquement l'exigence des trois groupes armés palestiniens, formulée dans la nuit, de libérer un millier de détenus. Ehoud Olmert déclare qu'"il n'y aura pas de négociations avec les ravisseurs".
Haniyeh visé
Un raid aérien nocturne effectué par Israël à Gaza détruit le bureau d'Ismaïl Haniyeh. Ce dernier condamne le raid et appelle la communauté internationale à intervenir pour "stopper l'agression" israélienne. Mais Ehoud Olmert ordonne à l'armée d'agir "avec toute la puissance" pour retrouver le soldat capturé. Les tractations en cours pour libérer le soldat isaélien sont dans l'impasse, selon le porte-parole du président palestinien, Mahmoud Abbas.
Ultimatum
Les trois groupes armés qui détiennent le caporal Shalit lancent un ultimatum de vingt-quatre heures aux autorités israéliennes demandant que leurs exigences soient remplies d'ici à mardi matin, 3 heures. Ils exigent à nouveau la libération de 1 000 prisonniers palestiniens. Ehoud Olmert rejette l'ultimatum. Peu avant l'aube, des chars et des bulldozers blindés pénètrent dans le nord de la bande de Gaza pour une "une opération ponctuelle destinée à localiser des tunnels et des explosifs près de la clôture frontalière".
Shalit en vie
Les groupes palestiniens qui détiennent l'otage affirment peu après l'expiration de l'ultimatum qu'ils n'entendent pas le tuer. Israël "sait" que son soldat est en vie. Dans la soirée, Ehoud Olmert dénonce une "escalade d'une gravité sans précédent" de la part du Hamas, après le tir d'une roquette sur une école vide à Ashkelon, ville jusqu'ici épargnée.
Une offensive "graduelle et prolongée"
Israël demande à Tsahal de poursuivre son attaque et de continuer à "tronçonner la bande de Gaza". L'armée doit établir une zone de sécurité élargie dans le nord, pour isoler les villes de Beit Hanoun et Beit Lahiya de celle de Gaza. Les zones d'où partent les roquettes sont visées : plusieurs tanks pénètrent dans le nord. Cinq raids aériens sont menés.
Journée meurtrière
Vingt-quatre Palestiniens et un soldat israélien sont tués au cours de l'offensive destinée à mettre fin aux tirs de roquettes sur les localités juives qui bordent la bande de Gaza. La journée a été la plus meurtrière depuis que les troupes israéliennes ont repris pied dans le territoire palestinien, dix jours auparavant. Le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, somme la communauté internationale d'intervenir pour mettre fin à l'attaque qu'il qualifie de "punition collective" et de "crime contre l'humanité".
Pas de négociations avec le Hamas
"Notre position reste inchangée : nous refusons de négocier avec le Hamas et il n'y aura pas de libérations de prisonniers", déclare le ministre de l'intérieur israélien, Roni Bar-On. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, appelle Israël à arrêter immédiatement son "usage disproportionné de la force" à Gaza. Les 15 membres du Conseil de sécurité discutent d'un projet de résolution exigeant le retrait des forces israéliennes, mais butent sur le refus des Etats-Unis qui le considèrent comme "déséquilibré".
Rejet du cessez-le-feu
Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, rejette l'offre de cessez-le-feu proposée par son homologue palestinien, Ismaïl Haniyeh. "Une fois que Shalit aura été libéré sans condition et que les tirs de roquettes auront cessé, alors seulement nous pourrons nous redéployer de notre côté de la frontière", déclare le ministère des affaires étrangères israélien . Une fillette de 6 ans, sa mère et son frère périssent dans le bombardement de leur jardin, dans le quartier de Shujaya, en lisière de la ville de Gaza. L'armée israélienne rejette toute responsabilité dans cette explosion.
Une guerre sans limite dans le temps
Israël se prépare à une offensive de longue durée dans la bande de Gaza. Lors de la réunion du conseil des ministres, le chef du gouvernement Ehoud Olmert évoque "une guerre dont il est impossible de fixer de limite dans le temps", appelant l'opinion publique israélienne à la patience.
Pas de solution sans échange de prisonniers
Neuf Palestiniens sont tués lors d'une série de raids aériens israéliens dans la bande de Gaza où Israël poursuit son offensive, refusant toute négociation en vue de libérer des détenus palestiniens en échange du soldat enlevé. Ces nouvelles victimes portent à 50 le nombre de Palestiniens tués dans la bande de Gaza depuis que l'armée israélienne a élargi la semaine précédente ses opérations dans ce territoire. De son côté Khaled Mechaal, le chef en exil du bureau politique du Hamas, affirme qu'il n'y aura "pas de solution à la crise sans un échange" de prisonniers.
Livraison de carburant par l'UE
Le gouvernement israélien décide de poursuivre et si nécessaire d'intensifier l'offensive de Tsahal dans la bande de Gaza. L'armée concentre des unités d'infanterie et de blindés en vue de nouvelles incursions "en profondeur" dans ce territoire. La Commission européenne commence à livrer 300 000 litres de carburant pour huit hôpitaux de la bande de Gaza, privée d'électricité, appliquant pour la première fois son nouveau mécanisme d'aide aux Palestiniens sans passer par le gouvernement du Hamas.
Enlèvement de soldats israéliens par le Hezbollah
Israël lance une offensive aérienne et terrestre contre le sud du Liban, pour la première fois depuis son retrait militaire en mai 2000, à la suite de l'enlèvement par le Hezbollah de deux de ses soldats et de la mort de trois autres dans la même attaque. Peu après, la mort de quatre autres soldats israéliens est annoncée. Ehoud Olmert avertit le gouvernement libanais qu'il en "paiera le prix" et rejette toute négociation pour obtenir la libération de ses soldats. Son armée mobilise une division de réservistes (6 000 hommes) dépêchée près de la frontière avec le Liban.
Blocus du Liban
Israël impose un blocus général sur le Liban dans le cadre de son offensive contre le mouvement chiite libanais Hezbollah. Après avoir bombardé l'aéroport de Beyrouth, l'armée israélienne bloque les ports du pays et bombarde le Liban-Sud, les quartiers chiites de Beyrouth et la ville de Baalbeck, située dans la plaine de la Bekaa. Les raids israéliens font 27 morts, dont dix enfants. La France condamne un acte de guerre "disproportionné".
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