Eviter le piège : prendre une inititative politique!

Publié le par david castel

14 juillet 2006




La 3ème Intifada a commencé : c'est l'Intifada des enlèvements et des
missiles. Elle n'a pas été déclenchée par ceux qui auraient pour objectif
un Etat Palestinien aux côtés d'Israël. Elle est déclenchée par ceux qui
ont toujours affiché clairement leur intention de rayer Israël de la
carte : l'Iran et tous ses alliés fondamentalistes islamistes de la
région, y compris en Palestine.

La politique de désengagement initiée par Ariel Sharon et que veut
continuer son successeur Ehud Olmert a réussi à faire admettre aux
Israéliens que l'occupation de la majorité des territoires conquis en 1967
devait cesser. Mais le caractère unilatéral du désengagement de Gaza a
renforcé l'extrémisme palestinien, et a fait croire qu'Israël ne cède que
par la pression de la force et du terrorisme. En refusant de négocier avec
l'Autorité palestinienne des contreparties et des engagements en échange
de retraits territoriaux, Israël a affaibli et décrédibilisé les modérés
palestiniens, et tout le monde en paye les conséquences aujourd'hui : les
extrémistes prennent l'initiative et fixent les règles du jeu.

Personne ne conteste à un Etat souverain agressé dans ses frontières le
droit de se défendre et de riposter contre ceux qui veulent sa perte. Mais
il faut faire le bilan des erreurs stratégiques qui nous amènent à nous
battre sur le terrain et selon les modalités choisies par l'adversaire.
Une riposte militaire est nécessaire mais elle ne doit être qu'un moyen au
service d'une politique et pas une politique en soi. L'objectif à long
terme est qu'Israël trouve sa place dans un Moyen-Orient où les conflits
s'apaiseront progressivement. Les partisans de la destruction d'Israël ne
seront marginalisés que si  les conditions sont créées d'une alliance avec
toutes les forces du monde arabe qui ont déjà compris qu'Israël est une
réalité incontestable avec laquelle il faut vivre.

Le piège tendu est celui d'un enchaînement des violences et des
destructions qui se retournera contre un Israël agressé, en rassemblant
toutes les populations arabes dans la haine et le ressentiment générés par
les souffrances infligées à des victimes innocentes.

Les ennemis d'Israël ont tort de penser que le harcèlement et les
bombardements réussiront à faire plier l'Etat d'Israël. Mais l'inverse est
tout aussi vrai, il ne faudrait pas qu'Israël l'oublie.
On peut affaiblir militairement des extrémistes, et créer les conditions
de leur isolement politique. On ne peut pas les soumettre par la seule
force des armes.

Pour éviter le piège, l'Etat d'Israël doit surprendre et attaquer
l'adversaire là où il ne l'attend pas, sur le terrain de l'initiative
politique.

C'est justement maintenant qu'il faut aussi créer deux fronts, et
désamorcer le conflit israélo-palestinien en entamant un processus de
règlement global avec l'Autorité Palestinienne présidée par Mahmoud Abbas.
Avancer concrètement dans le règlement du conflit israélo-palestinien avec
les partenaires qui existent est le seul moyen de déjouer les provocations
de l'Iran, de l'isoler au Moyen-Orient et d'éviter la menace d'un conflit
nucléaire généralisé à moyen terme.
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