Se faire laver le cerveau par des gens intelligents
[suite de l'enquête d'Akiva Eldar sur la théorie "il n'y a pas de
partenaire" du côté palestinien qui a guidé la politique israélienne à
l'égard des Palestiniens depuis 2000 et qui aurait été nourrie par des
analyses biaisées des services de renseignement israéliens. A son tour,
l'actuel chef du Shin Bet conforte les doutes sur théorie]
http://www.haaretz.com/hasen/spages/681920.html
Ha'aretz, 13 février 2006
par Akiva Eldar
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Ces jours derniers, des parents américains et israéliens ont découvert que
leurs gouvernements envoyaient leurs fils tuer et se faire tuer dans des
guerres ineptes. Paul Pillar, jusque récemment officier de la CIA
responsable du Proche-Orient et de l'Asie du Sud-Est, a déclaré
publiquement que le président George Bush avait déformé les analyses
fournies par ses services de renseignement pour justifier sa guerre en
Irak. Quasiment le même jour, la chaîne 10 de télévision israélienne
diffusait des extraits d'une conférence où Youval Diskin, chef du Shin
Bet, assurait que les émeutes dans les territoires n'avaient pas été
préméditées, et "qu'aucun plan conçu par Arafat n'avait pas été
déclenché".
Ces déclarations sapent les arguments des représentants politiques et
militaires qui ont dit que l'intifada constituait une étape d'un plan plus
général élaboré par Yasser Arafat pour se débarrasser des accords d'Oslo
et pour, à terme, détruire Israël. Les déclarations de Diskin projettent
aussi une sérieuse ombre sur l'argument selon lequel l'OLP n'était pas, et
n'avait jamais été un partenaire, et que depuis septembre 2000, Israël
menait une guerre juste et inévitable. ??Les déclarations de Pillar ne
quittent pas les unes des médias américains. Elles ont donné des arguments
aux critiques venues de certains membres du Congrès concernant la guerre
en Irak. Les médias continuent également à s'occuper de la désinformation
qui a concerné le programme nucléaire irakien. En Israël aussi,
l'opposition a eu du travail, et les partis de droite ont obtenu que soit
mise en place une commission d'enquête parlementaire pour déterminer si un
certain nombre de policiers ont perdu leur calme lors de la dispersion
d'une manifestation violente organisée par des voyous fous de Dieu à
Amona. ??Il va sans dire que le gouvernement et le parti au pouvoir, qui a
magnifiquement réussi pour sa théorie du "il n'y a pas de partenaire", n'a
pas fait beaucoup de bruit autour de la bombe lâchée par le chef du Shin
Bet. Même l'opposition de gauche a dédaigné ce cadeau électoral offert par
le chef de l'organisation chargée du renseignement dans les territoires. ?
Youval Diskin n'est pas le premier à contester l'hypothèse de base sur
laquelle a reposé toute la politique israélienne concernant la paix et la
sécurité depuis la visite d'Ariel Sharon au Mont du Temple. Il a été
précédé par le général Amos Malka, chef du renseignement militaire à
l'époque où a débuté l'intifada. En juin 2004, Malka avait déclaré à
Ha'aretz que ses services n'avaient pas l'ombre d'une preuve qui indiquait
qu'Arafat avait initié les émeutes.
Malka confirmait ainsi les propos du colonel Ephraïm Lavie, qui dirigeait
le département palestinien au sein du renseignement militaire, et du Dr
Matti Steinberg, alors conseiller spécial aux affaires palestiniennes pour
le chef du Shin Bet. Les deux hommes affirmaient qu'il n'existait aucune
preuve indiquant qu'Arafat n'avait pas voulu parvenir à un accord sur la
base des frontières de 1967. Le Dr Yossi Ben-Ami, qui s'occupait des mêmes
questions pour le Mossad, partageait ces analyses. (1)??Si Diskin et les
autres disent vrai, alors la stratégie de Sharon (le "phare" de Kadima)
est fondée sur un mensonge. S'ils ont raison, quelqu'un doit nous
expliquer pourquoi Israël a tourné le dos à l'OLP et à l'Autorité
palestinienne, et opté pour des mesures unilatérales. S'ils disent la
vérité, cela signifie que de hauts responsables au sein de la communauté
du renseignement - et en premier lieu les chefs d'état-major Shaul Mofaz
et Moshe Ya'alon, avec l'aide généreuse du général Amos Gilad (qui s'est
trompé et a trompé concernant la question du nucléaire irakien) - ont lavé
le cerveau de l'opinion avec de fausses informations. Et ces informations
continuent à faire accepter à l'opinion la politique des bouclages, des
assassinats ciblés, de la clôture de séparation et des désengagements
unilatéraux. ??Ce lavage de cerveau a si bien réussi que même l'arrivée du
Hamas sur les ruines du camp d'Oslo palestinien n'a pas soulevé de
questions concernant la politique de désengagement par rapport à Arafat et
à ses successeurs. ??Un examen de fond des "faits" qui ont nourri
l'opinion depuis plus de cinq ans n'est pas moins important qu'une enquête
sur le meurtre de Haïm Arlozoroff (2) bien des années après sa mort. S'il
s'avère qu'il n'y avait aucune base à l'affirmation selon laquelle Arafat
et son camp n'étaient et ne sont pas intéressés par un compromis
acceptable, les fidèles de Kadima devront reconsidérer leur position. Mais
s'il s'avère que l'argument concernant la conspiration palestinienne
destinée à détruire Israël est fondé, il faudra alors procéder à un
désengagement unilatéral en Cisjordanie. Et nous les laisserons se coucher
dans le lit du Hamas qu'ils se sont fait. ?
(1) sur la théorie du "il n'y a pas de partenaire", voir en particulier 3
autres articles d'Akiva Eldar :
http://www.lapaixmaintenant.org/article1218 ("le Hamas, hélas"),
http://www.lapaixmaintenant.org/article995 ("le retrait, faute de mieux?",
http://www.lapaixmaintenant.org/article788 ("conceptions erronées mais
populaires, et réciproquement")
?(2) Haïm Arlozoroff : dirigeant travailliste assassiné en 1933 dans des
circonstances non élucidées. Soupçonnée, la droite (et le Herout en
particulier) a réussi à obtenir la constitution d'une commission d'enquête
parlementaire après l'accession de Menahem Begin au pouvoir. L'enquête n'a
rien donné de probant.
partenaire" du côté palestinien qui a guidé la politique israélienne à
l'égard des Palestiniens depuis 2000 et qui aurait été nourrie par des
analyses biaisées des services de renseignement israéliens. A son tour,
l'actuel chef du Shin Bet conforte les doutes sur théorie]
http://www.haaretz.com/hasen/spages/681920.html
Ha'aretz, 13 février 2006
par Akiva Eldar
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Ces jours derniers, des parents américains et israéliens ont découvert que
leurs gouvernements envoyaient leurs fils tuer et se faire tuer dans des
guerres ineptes. Paul Pillar, jusque récemment officier de la CIA
responsable du Proche-Orient et de l'Asie du Sud-Est, a déclaré
publiquement que le président George Bush avait déformé les analyses
fournies par ses services de renseignement pour justifier sa guerre en
Irak. Quasiment le même jour, la chaîne 10 de télévision israélienne
diffusait des extraits d'une conférence où Youval Diskin, chef du Shin
Bet, assurait que les émeutes dans les territoires n'avaient pas été
préméditées, et "qu'aucun plan conçu par Arafat n'avait pas été
déclenché".
Ces déclarations sapent les arguments des représentants politiques et
militaires qui ont dit que l'intifada constituait une étape d'un plan plus
général élaboré par Yasser Arafat pour se débarrasser des accords d'Oslo
et pour, à terme, détruire Israël. Les déclarations de Diskin projettent
aussi une sérieuse ombre sur l'argument selon lequel l'OLP n'était pas, et
n'avait jamais été un partenaire, et que depuis septembre 2000, Israël
menait une guerre juste et inévitable. ??Les déclarations de Pillar ne
quittent pas les unes des médias américains. Elles ont donné des arguments
aux critiques venues de certains membres du Congrès concernant la guerre
en Irak. Les médias continuent également à s'occuper de la désinformation
qui a concerné le programme nucléaire irakien. En Israël aussi,
l'opposition a eu du travail, et les partis de droite ont obtenu que soit
mise en place une commission d'enquête parlementaire pour déterminer si un
certain nombre de policiers ont perdu leur calme lors de la dispersion
d'une manifestation violente organisée par des voyous fous de Dieu à
Amona. ??Il va sans dire que le gouvernement et le parti au pouvoir, qui a
magnifiquement réussi pour sa théorie du "il n'y a pas de partenaire", n'a
pas fait beaucoup de bruit autour de la bombe lâchée par le chef du Shin
Bet. Même l'opposition de gauche a dédaigné ce cadeau électoral offert par
le chef de l'organisation chargée du renseignement dans les territoires. ?
Youval Diskin n'est pas le premier à contester l'hypothèse de base sur
laquelle a reposé toute la politique israélienne concernant la paix et la
sécurité depuis la visite d'Ariel Sharon au Mont du Temple. Il a été
précédé par le général Amos Malka, chef du renseignement militaire à
l'époque où a débuté l'intifada. En juin 2004, Malka avait déclaré à
Ha'aretz que ses services n'avaient pas l'ombre d'une preuve qui indiquait
qu'Arafat avait initié les émeutes.
Malka confirmait ainsi les propos du colonel Ephraïm Lavie, qui dirigeait
le département palestinien au sein du renseignement militaire, et du Dr
Matti Steinberg, alors conseiller spécial aux affaires palestiniennes pour
le chef du Shin Bet. Les deux hommes affirmaient qu'il n'existait aucune
preuve indiquant qu'Arafat n'avait pas voulu parvenir à un accord sur la
base des frontières de 1967. Le Dr Yossi Ben-Ami, qui s'occupait des mêmes
questions pour le Mossad, partageait ces analyses. (1)??Si Diskin et les
autres disent vrai, alors la stratégie de Sharon (le "phare" de Kadima)
est fondée sur un mensonge. S'ils ont raison, quelqu'un doit nous
expliquer pourquoi Israël a tourné le dos à l'OLP et à l'Autorité
palestinienne, et opté pour des mesures unilatérales. S'ils disent la
vérité, cela signifie que de hauts responsables au sein de la communauté
du renseignement - et en premier lieu les chefs d'état-major Shaul Mofaz
et Moshe Ya'alon, avec l'aide généreuse du général Amos Gilad (qui s'est
trompé et a trompé concernant la question du nucléaire irakien) - ont lavé
le cerveau de l'opinion avec de fausses informations. Et ces informations
continuent à faire accepter à l'opinion la politique des bouclages, des
assassinats ciblés, de la clôture de séparation et des désengagements
unilatéraux. ??Ce lavage de cerveau a si bien réussi que même l'arrivée du
Hamas sur les ruines du camp d'Oslo palestinien n'a pas soulevé de
questions concernant la politique de désengagement par rapport à Arafat et
à ses successeurs. ??Un examen de fond des "faits" qui ont nourri
l'opinion depuis plus de cinq ans n'est pas moins important qu'une enquête
sur le meurtre de Haïm Arlozoroff (2) bien des années après sa mort. S'il
s'avère qu'il n'y avait aucune base à l'affirmation selon laquelle Arafat
et son camp n'étaient et ne sont pas intéressés par un compromis
acceptable, les fidèles de Kadima devront reconsidérer leur position. Mais
s'il s'avère que l'argument concernant la conspiration palestinienne
destinée à détruire Israël est fondé, il faudra alors procéder à un
désengagement unilatéral en Cisjordanie. Et nous les laisserons se coucher
dans le lit du Hamas qu'ils se sont fait. ?
(1) sur la théorie du "il n'y a pas de partenaire", voir en particulier 3
autres articles d'Akiva Eldar :
http://www.lapaixmaintenant.org/article1218 ("le Hamas, hélas"),
http://www.lapaixmaintenant.org/article995 ("le retrait, faute de mieux?",
http://www.lapaixmaintenant.org/article788 ("conceptions erronées mais
populaires, et réciproquement")
?(2) Haïm Arlozoroff : dirigeant travailliste assassiné en 1933 dans des
circonstances non élucidées. Soupçonnée, la droite (et le Herout en
particulier) a réussi à obtenir la constitution d'une commission d'enquête
parlementaire après l'accession de Menahem Begin au pouvoir. L'enquête n'a
rien donné de probant.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
[après la victoire du Hamas, et avant la probable victoire de Kadima,
Galia Golan analyse les perspectives possibles pour finir par le constat
que la négociation, "avec "quiconque est prêt à négocier avec nous", est
la seule solution capable d'apporter la paix, et qu'il serait "fou et
destructeur" pour les deux peuples de décider a priori de ne pas
l'explorer]
article paru dans la revue "Ofakim hadashim"
http://ofakim.org.il/zope/home/en/about.html?curr_issue=1108539250
par Galia Golan (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
La victoire du Hamas a réellement mis sens dessus dessous toutes les
conjectures. La décision du Hamas d'entrer dans le jeu politique
palestinien sera-t-elle accompagnée d'une décision de même nature
concernant la recherche d'une voie politique plutôt que militaire avec
Israël? Des facteurs qui ont fait évoluer d'autres mouvements, à commencer
par l'OLP, dans la direction d'une renonciation au terrorisme en faveur
d'un processus négocié joueront-ils pour le Hamas? Le prix inacceptable
payé en nombre de vies, la popularité politique à l'intérieur, les
pressions exercées par les acteurs extérieurs essentiels, d'éventuelles
ouvertures de l'"ennemi" qui ouvriraient une perspective où ils
obtiendraient quelque chose par la négociation, tout cela vient à
l'esprit;.
Mais en réalité, de quelles négociations parlons-nous? Il n'y a pas eu de
négociations depuis l'arrivée de Sharon au pouvoir au début de l'année
2001. S'il y en avait eu, en particulier autour du désengagement, il est
possible que le Hamas ne serait pas arrivé au pouvoir dans les territoires
occupés. Ainsi, la question de savoir si le Hamas est prêt ou non à
négocier est peu pertinente, mais en revanche, le fait que le Hamas
déclare qu'il ne l'est pas fournit à la droite (dans laquelle j'inclus la
direction actuelle, mais pas nécessairement les partisans de Kadima) un
prétexte supplémentaire pour éviter les négociations. Sharon, de façon
évidente, n'avait aucune intention d'entamer des négociations : non
seulement il les avait refusées dans le contexte du désengagement, mais il
avait adopté des conditions préalables (et 14 réserves) concernant la
Feuille de route qui servaient clairement à repousser indéfiniment tout
pourparler avec les Palestiniens. Olmert, quant à lui, a parlé brièvement
de négociations, mais en adhérant aux mêmes conditions préalables que
Sharon, puis a ajouté des conditions préalables impossibles pour traiter
avec un gouvernement du Hamas. Ses positions, et celles de Kadima,
prévoient une continuation de l'unilatéralisme de Sharon, destinées de
façon claire à déterminer les frontières "définitives" d'Israël.
Définitives aux yeux de qui? Sans négociations, et plus précisément sans
accord avec l'autre partie, sans parler de la reconnaissance par la
communauté internationale, ces "frontières" - même sans mur pour les
concrétiser, ne reviendront à rien de plus, pour Israël, qu'à prendre ses
désirs pour des réalités. En fait, on assiste ici à une forme de pensée
qui rappelle la période post-guerre des Six jours : si seulement nous
tenons le coup et si nous nous accrochons au territoires occupés, le monde
finira par les considérer comme nous appartenant de facto, de la même
façon qu'il a accepté les lignes d'armistice de 1949. Est-ce arrivé? Non.
Et il y a encore moins de raisons de croire que cela arrive aujourd'hui,
dans un contexte international bien différent de celui de l'après-deuxième
guerre mondiale. Aujourd'hui, le monde voit Israël et les Palestiniens
différemment et considère que les Palestiniens ont droit à leur Etat, sans
parler du changement total des situations intérieures au sein des deux
nations.
Il est fort possible que le Hamas ne réussisse jamais (ou qu'il n'essaie
même pas) de répondre aux conditions préalables posées par Israël pour
être considéré comme un partenaire, et qu'alors, d'autres évacuations
unilatérales de colonies soient la seule alternative. Il est certain que
des démantèlements de colonies supplémentaires seraient les bienvenues,
quel que soit le contexte. Mais ne nous faisons aucune illusion : cette
détermination unilatérale des "frontières" d'Israël n'apporteront ni la
paix, ni une solution à deux Etats, et ce alors que la grande majorité des
Israéliens, comme la majorité de ce qui constituera probablement la
Knesset de demain, sont favorables à une solution à deux Etats. Une
véritable solution (en clair : la paix, la fin du conflit) ne peut être
trouvée qu'en résolvant des questions comme celles de Jérusalem et des
réfugiés, ce qui nécessite un accord entre les deux parties. Mais même si
l'on met de côté ce point crucial, les "frontières" entre les deux Etats
qu'a en tête Kadima sont loin d'offrir une solution. Conserver la vallée
du Jourdain, les blocs de colonies, certaines zones d'importance
stratégique ou historique pour Israël quoique non précisées, et, bien
entendu, les territoires à l'ouest de la clôture, cela revient à ne
laisser que peu de territoire à un Etat palestinien qui soit acceptable
même aux yeux des plus modérés des Palestiniens. Il suffit d'observer
l'expansion rampante, non seulement de Jérusalem, mais aussi des blocs de
colonies, expansion qui peut être déduite, dans de nombreux cas, de
l'emplacement des avant-postes, pour comprendre les aspirations
territoriales de ce gouvernement et du prochain. Ces aspirations, qui en
réalité sont des plans, vont bien au-delà des 9% de la Cisjordanie
destinés à être annexés par le tracé du mur/clôture.
Rien de tout cela n'est nouveau ; tout a déjà été dit auparavant, et peu
croient vraiment que l'unilatéralisme ou la solution à deux Etats telle
qu'elle est envisagée par les partisans de la "Voie de Sharon" apporteront
la sécurité, ni encore beaucoup moins la paix. Si tout cela est ignoré,
c'est en grande partie parce que beaucoup, et peut-être la majorité des
Israéliens, croient qu'une paix est impossible de leur vivant, ou même
impossible tout court. Certains croient cela par idéologie, et ni des
circonstances nouvelles ni des faits nouveaux ne les feront bouger.
D'autres le croient parce qu'ils ont perdu leurs illusions avec les échecs
des efforts de paix passés, et en particulier à cause de la violence de
l'intifada Al-Aqsa. Les uns comme les autres trouvent aujourd'hui
"confirmation" de leurs croyances avec l'accession du Hamas au pouvoir
dans les territoires palestiniens. Il ne sert à rien de noter le rôle
qu'Israël a joué pour que cette situation se produise, ni de se demander
ce qu'Israël aurai dû faire ou ne pas faire pour renforcer Mahmoud Abbas.
La vraie question est : accepte-t-on le défaitisme qui portera Kadima au
pouvoir mais nous assurera encore des années de massacres, ou y a-t-il une
voie (et un besoin) pour aller dans une autre direction, celle d'un
règlement négocié ?
D'une certaine manière, c'est comme si nous nous retrouvions au milieu des
années 80, quand nous refusions de parler à l'OLP jusqu'à ce que celui-ci
reconnaisse le droit d'Israël à exister et renonce à l'usage de la terreur
(ce qu'elle a finalement fait en 1988). Mais il y a des différences.
Aujourd'hui, Israël a rajouté un certain nombre de conditions : 1. le
Hamas doit reconnaître le droit d'Israël à exister en tant qu'Etat juif,
ce que peu de Palestiniens seraient prêts à faire pour la simple raison
que vivent en Israël plus d'un million de Palestiniens musulmans ou
chrétiens (et ce quelles que soient les motivations idéologiques) ; 2. le
Hamas doit modifier sa charte, ce qui n'a été exigé de l'OLP, dans le
cadre des accords d'Oslo, qu'en échange d'une série de mesures du côté
israélien ; et 3. le Hamas (parti au pouvoir) doit désarmer, ce qui n'a
jamais été exigé de l'OLP. Une autre différence importante, bien sûr,
réside dans le fait qu'à la différence de l'OLP, le Hamas est un mouvement
religieux, ce qui place le conflit dans un contexte bien plus
problématique. Mais il est tout à fait clair que si les Palestiniens ont
voté Hamas, ce n'est pas parce qu'ils sont devenus "h'ozrim betshouva"
(nouvellement religieux), mais plutôt parce qu'ils ont voté contre la
corruption et contre les échecs du Fatah, y compris son échec à conquérir
l'indépendance et à mettre fin à l'occupation. De plus, non seulement la
majorité des Palestiniens ne sont pas des fondamentalistes musulmans, mais
ils ne sont pas favorables non plus à un retour aux violences de
l'intifada ni au rejet d'un règlement négocié avec Israël. Quoi que
puissent nous souhaiter les Palestiniens au fond de leur coeur (et nous
pour eux, en l'espèce), la majorité des deux peuples est toujours
consciente qu'une solution à deux Etats viable est vitale pour que les
deux société se portent bien. C'est là la différence essentielle entre la
situation apparente d'aujourd'hui ("pas de partenaire") et celle de la
période pré-Oslo. On peut rajouter à cela d'autres facteurs extrêmement
importants : la coopération qui s'est développée entre Israël et l'Egypte
et entre Israêl et la Jordanie, et le fait que les Etats de la Ligue arabe
soient prêts à normaliser leurs relations avec Israël (une fois qu'Israël
se sera retiré des territoires et sera parvenu à une solution acceptée par
les deux parties à la question des réfugiés). De plus, il existe également
des projets d'accord, comme les paramètres Clinton ou Genève ou toutes les
autres initiatives que Sharon a cherché à éviter en ayant recours à des
mesures unilatérales.
Il est fort possible qu'au lendemain des élections en Israël, nous ne
puissions pas nous plonger dans des négociations. Il se peut qu'Israël
n'accepte pas l'idée de négocier avec "quiconque est prêt à négocier avec
nous", formule qui, de fait, implique une reconnaissance. Il se peut que
le Hamas n'accepte pas cette formule. Mais renoncer à ces possibilités a
priori serait aussi fou que destructeur, pour notre avenir comme pour
celui des Palestiniens.
(1) militante féministe, specialiste de l'ex-URSS et ancienne présidente
du département de science politique de l'Université Hébraïque de
Jérusalem, Galia Golan est membre fondatrice de Shalom Arshav (La Paix
Maintenant) et fait partie des principaux responsables du mouvement.
Galia Golan analyse les perspectives possibles pour finir par le constat
que la négociation, "avec "quiconque est prêt à négocier avec nous", est
la seule solution capable d'apporter la paix, et qu'il serait "fou et
destructeur" pour les deux peuples de décider a priori de ne pas
l'explorer]
article paru dans la revue "Ofakim hadashim"
http://ofakim.org.il/zope/home/en/about.html?curr_issue=1108539250
par Galia Golan (1)
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
La victoire du Hamas a réellement mis sens dessus dessous toutes les
conjectures. La décision du Hamas d'entrer dans le jeu politique
palestinien sera-t-elle accompagnée d'une décision de même nature
concernant la recherche d'une voie politique plutôt que militaire avec
Israël? Des facteurs qui ont fait évoluer d'autres mouvements, à commencer
par l'OLP, dans la direction d'une renonciation au terrorisme en faveur
d'un processus négocié joueront-ils pour le Hamas? Le prix inacceptable
payé en nombre de vies, la popularité politique à l'intérieur, les
pressions exercées par les acteurs extérieurs essentiels, d'éventuelles
ouvertures de l'"ennemi" qui ouvriraient une perspective où ils
obtiendraient quelque chose par la négociation, tout cela vient à
l'esprit;.
Mais en réalité, de quelles négociations parlons-nous? Il n'y a pas eu de
négociations depuis l'arrivée de Sharon au pouvoir au début de l'année
2001. S'il y en avait eu, en particulier autour du désengagement, il est
possible que le Hamas ne serait pas arrivé au pouvoir dans les territoires
occupés. Ainsi, la question de savoir si le Hamas est prêt ou non à
négocier est peu pertinente, mais en revanche, le fait que le Hamas
déclare qu'il ne l'est pas fournit à la droite (dans laquelle j'inclus la
direction actuelle, mais pas nécessairement les partisans de Kadima) un
prétexte supplémentaire pour éviter les négociations. Sharon, de façon
évidente, n'avait aucune intention d'entamer des négociations : non
seulement il les avait refusées dans le contexte du désengagement, mais il
avait adopté des conditions préalables (et 14 réserves) concernant la
Feuille de route qui servaient clairement à repousser indéfiniment tout
pourparler avec les Palestiniens. Olmert, quant à lui, a parlé brièvement
de négociations, mais en adhérant aux mêmes conditions préalables que
Sharon, puis a ajouté des conditions préalables impossibles pour traiter
avec un gouvernement du Hamas. Ses positions, et celles de Kadima,
prévoient une continuation de l'unilatéralisme de Sharon, destinées de
façon claire à déterminer les frontières "définitives" d'Israël.
Définitives aux yeux de qui? Sans négociations, et plus précisément sans
accord avec l'autre partie, sans parler de la reconnaissance par la
communauté internationale, ces "frontières" - même sans mur pour les
concrétiser, ne reviendront à rien de plus, pour Israël, qu'à prendre ses
désirs pour des réalités. En fait, on assiste ici à une forme de pensée
qui rappelle la période post-guerre des Six jours : si seulement nous
tenons le coup et si nous nous accrochons au territoires occupés, le monde
finira par les considérer comme nous appartenant de facto, de la même
façon qu'il a accepté les lignes d'armistice de 1949. Est-ce arrivé? Non.
Et il y a encore moins de raisons de croire que cela arrive aujourd'hui,
dans un contexte international bien différent de celui de l'après-deuxième
guerre mondiale. Aujourd'hui, le monde voit Israël et les Palestiniens
différemment et considère que les Palestiniens ont droit à leur Etat, sans
parler du changement total des situations intérieures au sein des deux
nations.
Il est fort possible que le Hamas ne réussisse jamais (ou qu'il n'essaie
même pas) de répondre aux conditions préalables posées par Israël pour
être considéré comme un partenaire, et qu'alors, d'autres évacuations
unilatérales de colonies soient la seule alternative. Il est certain que
des démantèlements de colonies supplémentaires seraient les bienvenues,
quel que soit le contexte. Mais ne nous faisons aucune illusion : cette
détermination unilatérale des "frontières" d'Israël n'apporteront ni la
paix, ni une solution à deux Etats, et ce alors que la grande majorité des
Israéliens, comme la majorité de ce qui constituera probablement la
Knesset de demain, sont favorables à une solution à deux Etats. Une
véritable solution (en clair : la paix, la fin du conflit) ne peut être
trouvée qu'en résolvant des questions comme celles de Jérusalem et des
réfugiés, ce qui nécessite un accord entre les deux parties. Mais même si
l'on met de côté ce point crucial, les "frontières" entre les deux Etats
qu'a en tête Kadima sont loin d'offrir une solution. Conserver la vallée
du Jourdain, les blocs de colonies, certaines zones d'importance
stratégique ou historique pour Israël quoique non précisées, et, bien
entendu, les territoires à l'ouest de la clôture, cela revient à ne
laisser que peu de territoire à un Etat palestinien qui soit acceptable
même aux yeux des plus modérés des Palestiniens. Il suffit d'observer
l'expansion rampante, non seulement de Jérusalem, mais aussi des blocs de
colonies, expansion qui peut être déduite, dans de nombreux cas, de
l'emplacement des avant-postes, pour comprendre les aspirations
territoriales de ce gouvernement et du prochain. Ces aspirations, qui en
réalité sont des plans, vont bien au-delà des 9% de la Cisjordanie
destinés à être annexés par le tracé du mur/clôture.
Rien de tout cela n'est nouveau ; tout a déjà été dit auparavant, et peu
croient vraiment que l'unilatéralisme ou la solution à deux Etats telle
qu'elle est envisagée par les partisans de la "Voie de Sharon" apporteront
la sécurité, ni encore beaucoup moins la paix. Si tout cela est ignoré,
c'est en grande partie parce que beaucoup, et peut-être la majorité des
Israéliens, croient qu'une paix est impossible de leur vivant, ou même
impossible tout court. Certains croient cela par idéologie, et ni des
circonstances nouvelles ni des faits nouveaux ne les feront bouger.
D'autres le croient parce qu'ils ont perdu leurs illusions avec les échecs
des efforts de paix passés, et en particulier à cause de la violence de
l'intifada Al-Aqsa. Les uns comme les autres trouvent aujourd'hui
"confirmation" de leurs croyances avec l'accession du Hamas au pouvoir
dans les territoires palestiniens. Il ne sert à rien de noter le rôle
qu'Israël a joué pour que cette situation se produise, ni de se demander
ce qu'Israël aurai dû faire ou ne pas faire pour renforcer Mahmoud Abbas.
La vraie question est : accepte-t-on le défaitisme qui portera Kadima au
pouvoir mais nous assurera encore des années de massacres, ou y a-t-il une
voie (et un besoin) pour aller dans une autre direction, celle d'un
règlement négocié ?
D'une certaine manière, c'est comme si nous nous retrouvions au milieu des
années 80, quand nous refusions de parler à l'OLP jusqu'à ce que celui-ci
reconnaisse le droit d'Israël à exister et renonce à l'usage de la terreur
(ce qu'elle a finalement fait en 1988). Mais il y a des différences.
Aujourd'hui, Israël a rajouté un certain nombre de conditions : 1. le
Hamas doit reconnaître le droit d'Israël à exister en tant qu'Etat juif,
ce que peu de Palestiniens seraient prêts à faire pour la simple raison
que vivent en Israël plus d'un million de Palestiniens musulmans ou
chrétiens (et ce quelles que soient les motivations idéologiques) ; 2. le
Hamas doit modifier sa charte, ce qui n'a été exigé de l'OLP, dans le
cadre des accords d'Oslo, qu'en échange d'une série de mesures du côté
israélien ; et 3. le Hamas (parti au pouvoir) doit désarmer, ce qui n'a
jamais été exigé de l'OLP. Une autre différence importante, bien sûr,
réside dans le fait qu'à la différence de l'OLP, le Hamas est un mouvement
religieux, ce qui place le conflit dans un contexte bien plus
problématique. Mais il est tout à fait clair que si les Palestiniens ont
voté Hamas, ce n'est pas parce qu'ils sont devenus "h'ozrim betshouva"
(nouvellement religieux), mais plutôt parce qu'ils ont voté contre la
corruption et contre les échecs du Fatah, y compris son échec à conquérir
l'indépendance et à mettre fin à l'occupation. De plus, non seulement la
majorité des Palestiniens ne sont pas des fondamentalistes musulmans, mais
ils ne sont pas favorables non plus à un retour aux violences de
l'intifada ni au rejet d'un règlement négocié avec Israël. Quoi que
puissent nous souhaiter les Palestiniens au fond de leur coeur (et nous
pour eux, en l'espèce), la majorité des deux peuples est toujours
consciente qu'une solution à deux Etats viable est vitale pour que les
deux société se portent bien. C'est là la différence essentielle entre la
situation apparente d'aujourd'hui ("pas de partenaire") et celle de la
période pré-Oslo. On peut rajouter à cela d'autres facteurs extrêmement
importants : la coopération qui s'est développée entre Israël et l'Egypte
et entre Israêl et la Jordanie, et le fait que les Etats de la Ligue arabe
soient prêts à normaliser leurs relations avec Israël (une fois qu'Israël
se sera retiré des territoires et sera parvenu à une solution acceptée par
les deux parties à la question des réfugiés). De plus, il existe également
des projets d'accord, comme les paramètres Clinton ou Genève ou toutes les
autres initiatives que Sharon a cherché à éviter en ayant recours à des
mesures unilatérales.
Il est fort possible qu'au lendemain des élections en Israël, nous ne
puissions pas nous plonger dans des négociations. Il se peut qu'Israël
n'accepte pas l'idée de négocier avec "quiconque est prêt à négocier avec
nous", formule qui, de fait, implique une reconnaissance. Il se peut que
le Hamas n'accepte pas cette formule. Mais renoncer à ces possibilités a
priori serait aussi fou que destructeur, pour notre avenir comme pour
celui des Palestiniens.
(1) militante féministe, specialiste de l'ex-URSS et ancienne présidente
du département de science politique de l'Université Hébraïque de
Jérusalem, Galia Golan est membre fondatrice de Shalom Arshav (La Paix
Maintenant) et fait partie des principaux responsables du mouvement.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
LE MONDE | 06.02.06 | 14h08 • Mis à jour le 06.02.06 | 14h08
TEL-AVIV ENVOYÉE SPÉCIALE
oogle ne se bornera bientôt plus à être le moteur de recherche le plus en vogue en Israël, il a décidé d'y implanter aussi son cinquième centre de recherche et développement (R & D) en dehors des Etats-Unis. Sergei Brin, l'un des deux fondateurs de l'entreprise américaine, vient de l'annoncer à Davos (Suisse) lors du Forum économique.Google n'est pas la première société étrangère de high-tech à s'installer en Israël. D'autres groupes, européens (SAP, Siemens...) mais surtout américains (IBM, Motorola, Cisco ou Micro soft), y ont également implanté d'importants centres de R & D.
Intel est celui qui y a investi le plus d'argent. Depuis 1974, le numéro un mondial des fabricants de microprocesseurs y a établi quatre centres de R & D et deux usines. "C'est là qu'ont été mis au point les microprocesseurs vedettes d'Intel : le pentium, le centrino et dernièrement le dual core", souligne Alex Kornauser, directeur général d'Intel Israël.
En août 2005, cette entreprise a par ailleurs annoncé son intention d'engager 3,5 milliards de dollars (2,9 milliards d'euros) — le plus gros investissement jamais réalisé dans le pays — dans la construction d'une troisième usine dont la production démarrera en 2008. La législation du pays encourage l'investissement étranger. C'est ce qui a permis à Israël d'emporter cet appel d'offres face à l'Irlande et Singapour. Le gouvernement a consenti 525 millions de dollars de subventions à Intel, qui a bénéficié, depuis 1974, d'une aide totale de 1,275 milliard sur 5,5 milliards d'investissements. Sans compter les allégements d'impôts.
Tous ces groupes étrangers sont attirés par une main-d'oeuvre hautement qualifiée — avec 6,8 millions d'habitants, le pays concentre le taux le plus élevé au monde d'ingénieurs, 140 pour 10 000 habitants, loin devant les Etats-Unis (83) — et dont le coût est inférieur de moitié à à la plupart des pays européens.
Ils sont surtout attirés par un tissu industriel électronique qui emploie 58 000 personnes et qui compte pas moins de 2 500 entreprises. Depuis quinze ans, une Silicon Valley "bis" s'est développée au bord de la Méditerranée.
Israël peut ainsi se targuer d'avoir des centres universitaires d'excellence comme le Technion Haïfa. L'armée a aussi longtemps joué le rôle d'incubateur. De nombreux créateurs d'entreprises, spécialisés dans la sécurité et les télécommunications, ont passé des années dans les centres de r echerche des unités d'élite de Tsahal. C'est le cas de Checkpoint, leader mondial de la sécurité informatique, ou encore de Comverse, le premier au monde pour les répondeurs téléphoniques destinés aux opérateurs de téléphonie mobile.
"Au début des années 1990, les agrumes étaient la première industrie du pays. Aujourd'hui, c'est la haute technologie. Celle-ci représente plus de 12 % du produit intérieur brut (PIB) dont plus de 80 % va à l'exportation, indique Yaïr Amitay, directeur de Matimop, le centre industriel israélien pour la R & D. Mais les débouchés seront encore plus élevés lorsque nous aurons fait la paix avec nos voisins arabes."
Près de six ans après l'éclatement de la bulle Internet, qui a vu la disparition de centaines de jeunes pousses, l'économie des nouvelles technologies a repris des couleurs. Selon l'association israélienne des industries de l'électronique et de l'information, le s ventes dans ce secteur ont atteint 16,6 milliards de dollars (+ 6 % en 2005). Et les prévisions pour 2006 sont prometteuses avec une croissance de 10 % à 18,2 milliards de dollars.
Face à la menace chinoise et indienne, le gouvernement continue à tout mettre en oeuvre pour qu'Israël reste un des leaders mondiaux de la haute technologie. "Nos dépenses en recherche et développement s'élèvent à 4,8 % du PIB", affirme Yair Ofek, directeur général de l'Institut israélien d'exportation, un ratio qui s'établit à 2,1 % en France. Entre 2004 et 2005, quelque 70 sociétés de capital risque (venture capital) ont levé 1,5 milliard de dollars. C'est moitié moins qu'en 2000 mais c'est quasiment le double de 2003. "Chaque année, nous étudions 500 dossiers mais nous n'investissons que dans 5 à 10 sociétés", affirme Guy Horowitz, associé chez Gemini, la première société de capital risque israélienne à avoir été créée en 1993.
Parallèlem ent, les incubateurs — 24 aujourd'hui qui portent entre 8 et 10 projets chacun — continuent de jouer un rôle crucial dans l'émergence des jeunes entreprises de haute technologie. Pour acquérir une notoriété internationale, ces dernières n'hésitent pas à se faire coter au Nasdaq, à New York. "Nous sommes deuxième en nombre derrière les Etats-Unis mais devant le Canada", souligne M. Ofek. Parallèlement, les activités de fusion et acquisition des sociétés israéliennes ont connu en 2005 un regain, atteignant les niveaux d'avant 2000. Au total, 118 entreprises (contre 62 en 2004) ont été rachetées pour 8 milliards de dollars.
Nathalie Brafman
Article paru dans l'édition du 07.02.06
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
3 février 2006
communiqué de La Paix Maintenant
La victoire du Hamas est une mauvaise nouvelle pour tous les peuples de la
région.
Les partisans palestiniens d¹une solution négociée n¹ont été ni assez forts
ni assez convaincants. Ils ont été battus et leur défaite devient notre
défaite.
Le peuple palestinien a peut-être émis un vote protestataire. Il n¹empêche
que son choix pour un mouvement qui, depuis sa création, sabote toutes les
tentatives de rapprochement entre les deux peuples, est un mauvais choix.
Déjà, certains nous expliquent que l¹exercice du pouvoir imposera au Hamas
réalisme et pragmatisme. Il n¹en sera rien : la direction du Hamas
n¹abandonnera pas ses objectifs : la destruction de l¹Etat d¹Israël et une
Grande Palestine musulmane.
Les louvoiements tactiques ne tromperont que ceux qui veulent être trompés.
Un mouvement fondamentaliste religieux, qu¹il soit majoritaire ou
minoritaire, ne renonce pas aux objectifs qu'il s'est fixés.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Le rejet d¹un régime en place marqué par
la corruption, le népotisme et l¹incurie n¹explique pas tout. Le caractère
unilatéral du retrait israélien de Gaza a permis au Hamas de revendiquer ce
retrait comme sa victoire.
L¹incapacité des gouvernements successifs d¹Israël à renforcer et à
crédibiliser le camp palestinien modéré a aussi donné des arguments de poids
au Hamas pour lequel seule la violence paie.
Dans l¹état de surprise et de désarroi actuels, le monde entier attend
quelque chose du Hamas, qui se retrouve de facto dans la position de celui
qui serait en mesure de dicter l¹ordre du jour.
Or, même s¹il peut paraître paradoxal de le rappeler aujourd¹hui, les
peuples palestinien et israélien souhaitent, dans leur grande majorité, et
en dépit de leur méfiance réciproque, un règlement négocié sur la base de
deux Etats séparés pour deux peuples souverains.
Nous le disons clairement : à court terme, si tout retrait non négocié est "
bon à prendre ", son caractère unilatéral s¹avérera néfaste à long terme
pour un règlement définitif qui ne saurait être que global et négocié entre
les deux parties.
Il va falloir mobiliser tous nos efforts pour que les forces politiques
israéliennes et palestiniennes qui se sont engagées dans la voie du dialogue
ne se sentent pas isolées et ne se découragent pas. Même minoritaires, ils
ont eu raison, ceux qui, en Palestine et en Israël, affirment, aujourd¹hui
comme hier, la nécessité d¹une négociation rapide pour un règlement global
du conflit. Comment ne pas voir que les politiques des petits pas, les
accords progressifs et conditionnels ont toujours placé les bâtisseurs de
paix en position d¹otages des extrémistes ?
Ces militants de la paix et du dialogue, nous devons les aider pour éviter
que ce conflit politique ne dégénère en un conflit religieux attisé par les
extrémistes des deux bords.
Au sein de l¹Autorité palestinienne, la conduite de la politique étrangère
est toujours du ressort de son président, Mahmoud Abbas. S¹il se dessinait
demain une initiative diplomatique conjointe d¹Israël, de l¹Autorité
palestinienne représentée par Mahmoud Abbas, du Quartet et de certains Etats
arabes, en vue dOun règlement politique global du conflit, initiative qui
court-circuiterait le Hamas, il nous appartiendrait d¹appeler à la soutenir.
Les extrémistes ne seront vaincus que par l¹union et la détermination des
forces de paix.
Le bureau de La Paix Maintenant
communiqué de La Paix Maintenant
La victoire du Hamas est une mauvaise nouvelle pour tous les peuples de la
région.
Les partisans palestiniens d¹une solution négociée n¹ont été ni assez forts
ni assez convaincants. Ils ont été battus et leur défaite devient notre
défaite.
Le peuple palestinien a peut-être émis un vote protestataire. Il n¹empêche
que son choix pour un mouvement qui, depuis sa création, sabote toutes les
tentatives de rapprochement entre les deux peuples, est un mauvais choix.
Déjà, certains nous expliquent que l¹exercice du pouvoir imposera au Hamas
réalisme et pragmatisme. Il n¹en sera rien : la direction du Hamas
n¹abandonnera pas ses objectifs : la destruction de l¹Etat d¹Israël et une
Grande Palestine musulmane.
Les louvoiements tactiques ne tromperont que ceux qui veulent être trompés.
Un mouvement fondamentaliste religieux, qu¹il soit majoritaire ou
minoritaire, ne renonce pas aux objectifs qu'il s'est fixés.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Le rejet d¹un régime en place marqué par
la corruption, le népotisme et l¹incurie n¹explique pas tout. Le caractère
unilatéral du retrait israélien de Gaza a permis au Hamas de revendiquer ce
retrait comme sa victoire.
L¹incapacité des gouvernements successifs d¹Israël à renforcer et à
crédibiliser le camp palestinien modéré a aussi donné des arguments de poids
au Hamas pour lequel seule la violence paie.
Dans l¹état de surprise et de désarroi actuels, le monde entier attend
quelque chose du Hamas, qui se retrouve de facto dans la position de celui
qui serait en mesure de dicter l¹ordre du jour.
Or, même s¹il peut paraître paradoxal de le rappeler aujourd¹hui, les
peuples palestinien et israélien souhaitent, dans leur grande majorité, et
en dépit de leur méfiance réciproque, un règlement négocié sur la base de
deux Etats séparés pour deux peuples souverains.
Nous le disons clairement : à court terme, si tout retrait non négocié est "
bon à prendre ", son caractère unilatéral s¹avérera néfaste à long terme
pour un règlement définitif qui ne saurait être que global et négocié entre
les deux parties.
Il va falloir mobiliser tous nos efforts pour que les forces politiques
israéliennes et palestiniennes qui se sont engagées dans la voie du dialogue
ne se sentent pas isolées et ne se découragent pas. Même minoritaires, ils
ont eu raison, ceux qui, en Palestine et en Israël, affirment, aujourd¹hui
comme hier, la nécessité d¹une négociation rapide pour un règlement global
du conflit. Comment ne pas voir que les politiques des petits pas, les
accords progressifs et conditionnels ont toujours placé les bâtisseurs de
paix en position d¹otages des extrémistes ?
Ces militants de la paix et du dialogue, nous devons les aider pour éviter
que ce conflit politique ne dégénère en un conflit religieux attisé par les
extrémistes des deux bords.
Au sein de l¹Autorité palestinienne, la conduite de la politique étrangère
est toujours du ressort de son président, Mahmoud Abbas. S¹il se dessinait
demain une initiative diplomatique conjointe d¹Israël, de l¹Autorité
palestinienne représentée par Mahmoud Abbas, du Quartet et de certains Etats
arabes, en vue dOun règlement politique global du conflit, initiative qui
court-circuiterait le Hamas, il nous appartiendrait d¹appeler à la soutenir.
Les extrémistes ne seront vaincus que par l¹union et la détermination des
forces de paix.
Le bureau de La Paix Maintenant
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
Yediot Aharonot, 2 février 2006
Après les violences qui ont accompagné l¹évacuation de la colonie sauvage
d¹Amona, des proches d¹Ehud Olmert s¹expriment de façon très dure contre
l¹extrême droite et laissent présager de futures évacuations.
L¹un des proches d¹Olmert a comparé l¹extrême droite [israélienne] à un
"Hamas juif" : "les représentants de l¹extrême droite, qui sont le Hamas
juif, tentent de délégitimer Ehud Olmert à travers les incidents d¹Amona".
Ce proche a également rejeté l¹argument selon lequel les incidents d¹Amona
favoriseraient le parti Kadima et a annoncé qu¹il serait procédé à d¹autres
évacuations dans un futur proche : "il existe une décision de justice
d¹évacuer deux autres colonies sauvages : le 725 et la colline de Sakali. Ce
qui est illégal est illégal, et aucun autre ordre n¹est nécessaire. Nous
devons évacuer". "Cela n¹a rien à voir avec les élections ou quoi que ce
soit d¹autre. S¹il y a une décision d¹évacuer, cela doit être fait, même si
cela ne nous aide pas dans notre campagne. Il vaudrait mieux que le calme
règne, mais une décision est une décision", a-t-il, ajouté.
De hauts responsables de Kadima ont violemment attaqué Benjamin Netanyahou,
président du Likoud, lui reprochant notamment de ne pas s¹être exprimé sur
ce sujet.
Olmert lui-même a affirmé que les événements d¹Amona avaient "atteint une
dimension que nous ne connaissions pas auparavant. Il s¹agit d¹une action
organisée de la part des colons pour des buts politiques. L¹Etat d¹Israël ne
le tolérera pas".
Shalom Arshav : évacuer d¹autres colonies sauvages
Le mouvement Shalom Arshav (La Paix Maintenant) attend la réponse de l¹Etat
à la requête déposée auprès de la Haute cour il y a 5 mois environ et qui
exige l¹application des ordres de démolition concernant les colonies
sauvages de Harasha et Hayovel. Hayovel compte 17 bâtiments en dur, et
l¹ordre de démolition a été émis il y a trois ans. De même pour les 6
bâtiments de Harasha.
L¹évacuation d¹Amona a été en grande partie le résultat de l¹action de
Shalom Arshav. En réponse à une requête déposée par ce mouvement, l¹Etat a
déclaré qu¹il comptait évacuer cet avant-poste, déclaration qui a conduit
aux violents heurts de mercredi.
Yariv Oppenheimer, secrétaire général de Shalom Arshav a déclaré que son
mouvement suivait attentivement l¹action du gouvernement en la matière : "si
le gouvernement n¹évacue pas les colonies sauvages de sa propre initiative,
il y en a un certain nombre contre lesquels nous intenterons une action en
justice".
Dror Etkes, responsable de l¹Observatoire de la colonisation de Shalom
Arshav, continue à photographier et à recueillir des informations sur les
avant-postes illégaux, informations qui serviront de base à de futures
actions en justice.
Mais de son côté, Yariv Oppenheimer sait que d¹après le rapport Sasson, il
existe 105 avant-postes illégaux que l¹Etat doit évacuer, et que la Haute
cour sera dans l¹incapacité de traiter tous les cas, car chaque délibération
peut prendre au moins plusieurs mois. Dror Etkes : "je pense que les moyens
juridiques sont limités. Si nous voulons résoudre le problème des colonies
sauvages à la racine, cela ne peut être fait que par une décision
gouvernementale et non par une décision de justice. Mais aussi longtemps que
le gouvernement ne le fera pas, nous nous tournerons vers la Haute cour. Ce
n¹est pas à Shalom Arshav de veiller à ce que la loi soit respectée, mais au
gouvernement, et nous ne sommes pas ravis d¹avoir à recours à la justice.
D¹un autre côté, le pouvoir judiciaire est le seul qui, de fait, constitue
un outil efficace qui prouve qu¹il est capable de forcer le gouvernement à
évacuer des avant-postes".
L¹évacuation d¹un certain nombre de bâtiments en dur construits sur de
lointaines collines justifie-t-elle les scènes très dures auxquelles nous
avons assisté mercredi ? Oppenheimer pense qu¹il n¹y a pas d¹autre solution
: "je regrette les violences qui ont eu lieu aujourd¹hui, de part et
d¹autre. Mais elles sont le résultat de la négligence du gouvernement
vieille de plusieurs années face à l¹état de non-droit qui règne dans les
territoires. Un groupe entier de jeunes est éduqué pour être une jeunesse de
pogroms ".
"Il faut résoudre ce problème une bonne fois pour toutes", a conclu
Oppenheimer.
Après les violences qui ont accompagné l¹évacuation de la colonie sauvage
d¹Amona, des proches d¹Ehud Olmert s¹expriment de façon très dure contre
l¹extrême droite et laissent présager de futures évacuations.
L¹un des proches d¹Olmert a comparé l¹extrême droite [israélienne] à un
"Hamas juif" : "les représentants de l¹extrême droite, qui sont le Hamas
juif, tentent de délégitimer Ehud Olmert à travers les incidents d¹Amona".
Ce proche a également rejeté l¹argument selon lequel les incidents d¹Amona
favoriseraient le parti Kadima et a annoncé qu¹il serait procédé à d¹autres
évacuations dans un futur proche : "il existe une décision de justice
d¹évacuer deux autres colonies sauvages : le 725 et la colline de Sakali. Ce
qui est illégal est illégal, et aucun autre ordre n¹est nécessaire. Nous
devons évacuer". "Cela n¹a rien à voir avec les élections ou quoi que ce
soit d¹autre. S¹il y a une décision d¹évacuer, cela doit être fait, même si
cela ne nous aide pas dans notre campagne. Il vaudrait mieux que le calme
règne, mais une décision est une décision", a-t-il, ajouté.
De hauts responsables de Kadima ont violemment attaqué Benjamin Netanyahou,
président du Likoud, lui reprochant notamment de ne pas s¹être exprimé sur
ce sujet.
Olmert lui-même a affirmé que les événements d¹Amona avaient "atteint une
dimension que nous ne connaissions pas auparavant. Il s¹agit d¹une action
organisée de la part des colons pour des buts politiques. L¹Etat d¹Israël ne
le tolérera pas".
Shalom Arshav : évacuer d¹autres colonies sauvages
Le mouvement Shalom Arshav (La Paix Maintenant) attend la réponse de l¹Etat
à la requête déposée auprès de la Haute cour il y a 5 mois environ et qui
exige l¹application des ordres de démolition concernant les colonies
sauvages de Harasha et Hayovel. Hayovel compte 17 bâtiments en dur, et
l¹ordre de démolition a été émis il y a trois ans. De même pour les 6
bâtiments de Harasha.
L¹évacuation d¹Amona a été en grande partie le résultat de l¹action de
Shalom Arshav. En réponse à une requête déposée par ce mouvement, l¹Etat a
déclaré qu¹il comptait évacuer cet avant-poste, déclaration qui a conduit
aux violents heurts de mercredi.
Yariv Oppenheimer, secrétaire général de Shalom Arshav a déclaré que son
mouvement suivait attentivement l¹action du gouvernement en la matière : "si
le gouvernement n¹évacue pas les colonies sauvages de sa propre initiative,
il y en a un certain nombre contre lesquels nous intenterons une action en
justice".
Dror Etkes, responsable de l¹Observatoire de la colonisation de Shalom
Arshav, continue à photographier et à recueillir des informations sur les
avant-postes illégaux, informations qui serviront de base à de futures
actions en justice.
Mais de son côté, Yariv Oppenheimer sait que d¹après le rapport Sasson, il
existe 105 avant-postes illégaux que l¹Etat doit évacuer, et que la Haute
cour sera dans l¹incapacité de traiter tous les cas, car chaque délibération
peut prendre au moins plusieurs mois. Dror Etkes : "je pense que les moyens
juridiques sont limités. Si nous voulons résoudre le problème des colonies
sauvages à la racine, cela ne peut être fait que par une décision
gouvernementale et non par une décision de justice. Mais aussi longtemps que
le gouvernement ne le fera pas, nous nous tournerons vers la Haute cour. Ce
n¹est pas à Shalom Arshav de veiller à ce que la loi soit respectée, mais au
gouvernement, et nous ne sommes pas ravis d¹avoir à recours à la justice.
D¹un autre côté, le pouvoir judiciaire est le seul qui, de fait, constitue
un outil efficace qui prouve qu¹il est capable de forcer le gouvernement à
évacuer des avant-postes".
L¹évacuation d¹un certain nombre de bâtiments en dur construits sur de
lointaines collines justifie-t-elle les scènes très dures auxquelles nous
avons assisté mercredi ? Oppenheimer pense qu¹il n¹y a pas d¹autre solution
: "je regrette les violences qui ont eu lieu aujourd¹hui, de part et
d¹autre. Mais elles sont le résultat de la négligence du gouvernement
vieille de plusieurs années face à l¹état de non-droit qui règne dans les
territoires. Un groupe entier de jeunes est éduqué pour être une jeunesse de
pogroms ".
"Il faut résoudre ce problème une bonne fois pour toutes", a conclu
Oppenheimer.
publié par David CASTEL dans: Peace in Middle East
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