1932-1936

Publié le par david castel

Graphique La Chambre en 1932-1936

1919-1924 / 1924-1928 / 1928-1932 / 1936-1940 /

Dernière mise à jour le 28/11/98
Par Dominique Chathuant
Vendredi 03 Décembre 2004

Dans «Désiré», où il imagine un majordome qui séduit son employeuse, Guitry règle ses comptes avec la domesticité - même si les maîtres ne sont guère épargnés.

Telle que montrée ici, la pièce n'est pas exempte de mesquinerie et d'une certaine vulgarité de pensée, ce qui est un comble pour ce maître de l'élégance - jusque dans la goujaterie - qu'était Guitry. Sa misogynie provocatrice sonne faux; son «analyse» sociale désabusée s'égare trop souvent dans l'affectation et le lieu commun.

Dans le personnage titre, il faut bien le dire, Michel de Warzée «flottait» le soir de la première. Le rôle est délicat et le maître d'oeuvre du spectacle - il le met aussi en scène - nous a paru manquer du doigté nécessaire, soulignant certains effets et flirtant avec le cabotinage. Manquant de sincérité, son Désiré devient finalement plus pervers que touchant, comme dans une de ses dernières répliques: «Servir, c'est quelque chose de merveilleux. C'est le droit d'être sans volonté...»

La dame à laquelle s'adresse ce doux aveu est incarnée par Delphine Moriau qui se sort avec les honneurs d'une composition de demi-mondaine aspirant au mariage et à la respectabilité. Le personnage d'Odette (écrit en 1927 pour Yvonne Printemps) se coupe de cruelle manière, rêvant tout haut - et à répétition - d'étreintes avec le bien-nommé Désiré, ce qui finit tout de même par agacer son ministre d'amant (Bruno Georis, très IIIe République). À noter que cette touche psychanalytique ainsi que la mise en perspective des jeux de pouvoir entre maîtres et valets semblent annoncer en filigrane l'ambiguïté d'un Pinter.

Scènes de boulevard

En définitive, le meilleur du spectacle réside sans doute dans les scènes de boulevard à la Feydeau qui agrémentent ces trois actes non dénués de longueurs. Michel de Warzée s'est entouré de seconds rôles épatants: l'irrésistible Mme Corniche sourdingue et vorace de Monique Clémont, l'industriel flambeur et égrillard de Gérard Duquet, la cuisinière de Laure Godisiabois, toute en gouaille parigote, saisissante réincarnation de Pauline Carton jeune. Elle en vole presque la vedette à Stéphanie Moriau, un rien forcée dans le rôle (en or) de la femme de chambre, immortalisé à l'écran en 1937 par Arletty.

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Publié dans 1932

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