LORSQUE L’EXTRÊME DROITE PRÉPARAIT LA CHUTE DE LA RÉPUBLIQUE

Publié le par david castel

dimanche 20 novembre 2005, par Jean Christophe Grellety

Gilles et Brigitte Delluc résident dans le Périgord. Ils forment un couple de chercheurs. Brigitte Delluc (docteur en préhistoire, rattachée au département de Préhistoire du Museum national d’Histoire naturelle et chercheur à l’abri Pataud aux Eyzies, Dordogne) aide Gilles Delluc (médecin des hôpitaux et anthropologue) dans ses travaux, et ils ont publié, en mars de cette année, "Jean Filliol, du Périgord à la Cagoule, de la Milice à Oradour" (Editions Pilote 24).


Comme le rappelle Alain Fauvage, « A la suite de l’assaut manqué contre la Chambre des députés le 6 février 1934, deux dissidents de l’Action française, Eugène Deloncle et Jean Filliol, fondent le "Comité secret d’action révolutionnaire" (CSAR), organisation secrète, structurée, qui s’étend à toute la France et qui prépare la guerre civile en tentant d’y entraîner l’armée. Elle passe à l’acte en organisant un attentat le 11 septembre 1937 contre la Confédération générale du patronat français et du groupe des industries métallurgiques : la police passe alors à l’action et arrête l’état-major civil en juillet 1938, alors que les militaires compromis rentrent dans les rangs. Certains de ses éléments les plus actifs font partie de l’équipe dirigeante de la Milice ou des mouvements collaborationnistes gravitant autour ».

Gilles Delluc au travail - 8.8 ko

Gilles Delluc au travail


S’il y eut un mythe actif de la France résistante après-guerre, la victoire du Front Populaire en 1936 laisse croire à une France anti-fasciste, anti-raciste, généreuse...
Or la pression cagoularde, ajoutée aux ligues, au verbe haineux de l’Action Française, aux articles du Figaro, ont probablement étouffé le gouvernement de Léon Blum dans une serre et un mirage quant au rapport de forces en France et en Europe. Car chacun sait que les atermoiements et le principe de prudence de ce gouvernement ont notamment permis aux Nazis de constituer une armée prête pour la guerre - mais seulement en 1939...
En 1936, le régime national-socialiste était encore un géant aux pieds d’argile. Parmi ces Français souvent catholiques, prêts à faire tomber le gouvernement de gauche, souvent taxé de « communiste », et qui, pour certains, appelaient de leurs vœux une prise du pouvoir fasciste en Europe, se tient en bonne place le bergeracois puis angoumois Jean Filliol.


GD :

Je suis périgordin, bergeracois, originaire de Cadouin (entre Bergerac et Sarlat). J’ai vécu cette époque, puisque j’avais 10 ans en 1944. Sur cette période que j’ai donc connue à un âge encore tendre, j’ai toujours entendu tout et son contraire et surtout des points de vue manichéens, tout blanc ou tout noir.
J’ai beaucoup lu sur le sujet, pendant mon adolescence et ensuite. Et puis, nous avons eu la chance de connaître la « révolution paxtonienne », du nom de cet historien américain qui nous a offert, à nous Français, un regard tout nouveau sur notre Histoire et la période du gouvernement de Vichy.
Il y eut aussi, depuis, l’historien anglais Bryan Jackson ou le Suisse Burrin. En faisant des recherches, je me suis rendu compte qu’un nom revenait parfois : Filliol.
Et un jour, j’ai lu cette phrase, « Filliol, ce Bergeracois ».
J’ai donc commencé avec mon épouse à travailler à ce livre, avec deux buts : faire connaître et, je l’espère, détester Filliol, un serial killer d’envergure nationale, et faire mieux connaître cette époque sur laquelle, vous le savez comme moi, il y a encore en France, des tabous, des secrets, des interdits...

Gilles et Brigitte Delluc - 8.8 ko

Gilles et Brigitte Delluc


Jean Filliol est un personnage secret. Longtemps, il s’est caché derrière Eugène Deloncle. Et puis, il y a, dans cette histoire d’une mouvance d’extrême-droite, des figures connues, comme un certain François Mitterrand, qui flirta avec les Cagoulards. Son nom figurait-il sur les listes des Cagoulards de province ? Nous ne le savons pas, puisqu’elles n’ont pas été décryptées.
Jean Filliol finira son parcours au sein de l’Oréal, multinationale qui fut le refuge d’un nombre important de Cagoulards.
Mes sources ? Outre une abondante bibliographie sur cette époque, dont les références sont rappelées dans mon texte, l’ouvrage propose des copies de documents originaux, l’extrait de naissance de « Filiol » [sic], un nouveau-né qui est déclaré à la mairie avec pour témoin un agent de police - bonne ou mauvaise fée, je ne sais.
J’ai fait appel, également, à des Mémoires oubliés, toujours subjectifs bien sûr et à prendre avec prudence, et qu’il faut peser, soupeser, comme ceux de deux Cagoulards : Henri Charbonneau, ulmiste, neveu de Darnand, et ami de Filliol ; Corre, son ennemi, qui a écrit 7.000 pages sur cette aventure (il a été fusillé au Cherche-Midi, en 42-43).


Il faut le dire d’emblée, il y aura Cagoulards et Cagoulards : certains sont si patriotes que, la guerre et la défaite venues, ils s’engageront dans la Résistance.
D’autres choisissent au contraire la collaboration active la plus noire, qui semble aller dans le droit fil de leurs convictions des années 30. J’ai retrouvé d’autres témoignages directs aussi et, il y a peu, j’ai reçu une longue lettre de Marc Parrotin, un résistant creusois, qui a été arrêté, emprisonné et torturé par Jean Filliol, alors que celui-ci était le patron du sinistre deuxième service de la Milice à Limoges, au début 44.
Nous en reparlerons, en raison, bien sûr, d’Oradour...


Vox Populi : Qui est donc ce Jean Filliol ?

GD :

C’est le fils d’un sergent, qui vit à Bergerac et travaille à la caserne. Il est resté dix ans à Bergerac. Il fait de médiocres études. Il déménage à Angoulême ; Angoulême, une ville centrale pour plusieurs néo-Cagoulards qui y font connaissance.
Il est papetier et part à Paris. Le 6 février 34, il fait partie du commando armé qui est préparé et prêt pour s’emparer de l’Assemblée et en finir avec « la gueuse ».
Ils sont stoppés par la police, au dernier moment et par la défection des Croix de Feu. Filliol est bientôt arrêté. C’est d’ailleurs sa seule arrestation. De Filliol, nous ne possédons que deux photographies, prises par la police le même jour, face et profil.


Vox Populi : Un visage qui exprime une volonté et une colère intérieure impressionnantes...

GD :

Membre de l’Action Française, il juge que cette organisation est trop molle, et il fonde un parti, qui deviendra vite la Cagoule. Il rentre dans la clandestinité. Eugène Deloncle est sur l’avant-scène, et Jean Filliol est l’homme de l’ombre. Deloncle est un ingénieur du génie maritime, polytechnicien, féru d’ésotérisme. Il y a le docteur Martin, auquel Pierre Péan a consacré un ouvrage, le seul Cagoulard qui n’arrêtera pas ses activités clandestines et criminelles à la Libération, puisqu’il finit par rejoindre et soutenir l’OAS. Pour cela, il sera arrêté.
Il y a Méténier, amant de l’une des sœurs de François Mitterrand. Corrèze, un bellâtre, amant de la femme de Deloncle, Jeantet, Charbonneau, Bouvyer, Locuty (qui va faire exploser les immeubles du patronat), Mohammed El Maadi, un universitaire qui crée en 1939 le groupe « Algérie Française » : il revendique le droit de vote pour les Algériens, recrute pour la Cagoule les trop célèbres « bicots » qui s’illustreront de manière dramatique dans le Sud-Ouest à la fin de la guerre avec la bande Lafon-Bony.
Après les émeutes de 34, les Républicains comprennent que la menace est réelle. Les Cagoulards de Filliol sont des hommes d’action. A l’enterrement d’un historien royaliste, ils réalisent un attentat contre Léon Blum. Ce dernier est blessé et transporté à l’Hôtel-Dieu. Les ligues monarchistes sont dissoutes. La Cagoule ne va pas lâcher le Front Populaire, au pouvoir en 1936. Dans le bois de Boulogne, Navachine, un russe (une « taupe » soviétique), qui vivait à Paris et fréquentait le grand monde, est assassiné, ainsi que son chien, avec un long poignard. C’était une baïonnette que Filliol avait raccourcie pour son usage personnel.
Devant un cinéma de Clichy, des anciens combattants de 14 se réunissent pour voir un film de guerre. Face au nombre, la police est présente, il y a des coups, puis des coups de fusil, des civils tombent. La police est mise en cause. Léon Blum, qui assistait à un concert, se rend un peu plus tard à l’hôpital, au chevet des blessés, en habit de soirée. Maurice Thorez fera de lui un portrait peu flatteur et la presse titrera : « La police du Front populaire a tiré sur le peuple ». Or il semble bien (à partir des documents et des armes saisis après l’arrestation d’une majorité des Cagoulards) que les policiers n’étaient pas en cause, mais qu’il s’agissait d’un coup fourré de la Cagoule pour discréditer le Front Populaire aux yeux des patriotes : une provocation signée de Filliol.
Le Front Populaire a du plomb dans l’aile. Mais les Cagoulards veulent plus, ils veulent prendre le pouvoir...
La Cagoule a de l’argent, celui que lui donnent largement beaucoup d’industriels. Filliol veut des armes. On n’en demande pas à l’Allemagne, mais on s’adresse à l’Italie de Mussolini.
Et, pour s’attirer ses faveurs, Filliol et quelques sbires tuent deux antifascistes réfugiés en Normandie. Les Italiens autorisent l’achat de mitraillettes Beretta, armes inconnues des troupes françaises à l’époque. Les Cagoulards mènent la même démarche à l’égard des Espagnols franquistes. Jean Filliol, déguisé en officier aviateur, fait sauter (et ce fut la première explosion connue avec du plastic), un hangar qui contenait, à Toussus-le-Noble, des avions destinés à aider les Républicains.
Personne ne sait d’où viennent ces coups. En outre, la Cagoule donne le change et entend faire accuser la Gauche. _ Filliol, toujours lui, fait sauter deux immeubles du Patronat, près de l’Etoile à Paris. Boum, bada, Blum, ricanent les humoristes. Hélas, deux agents de ville sont tués dans la destruction de l’immeuble.
Les conjurés montent en puissance et se prennent à rêver. La République, la Gueuse, tuer Blum, renverser le pouvoir, faire un putsch. Hitler a échoué dans une telle entreprise, mais pourquoi échoueraient-ils ? Il s’en faudra de peu qu’ils ne réussissent. L’armée, qui n’était plus si massivement réactionnaire, finalement, ne suivra pas. C’est l’échec. Les objectifs étaient fixés : la prise de Paris, une liste de ministres à arrêter ou à tuer, de gros moyens, des stocks d’armes, des cachots pour les prisonniers...
On le sait aujourd’hui, les Cagoulards ont été « trahis » par le policier Bony (son fils le dit dans ses Mémoires).
Des listes des Cagoulards de la région parisienne sont décodées. On arrête les Cagoulards de Paris, les arsenaux sont saisies (dans une villa de Rueil ou une pension de vieilles dames), constitués sur ordre de Filliol.
En Périgord, dans le château de Saint-Vincent-le-Paluel, brûlé en 44 par les Allemands, les Cagoulards avaient entreposé, avec l’accord du prince de Croÿ, dans le souterrain du château, un stock très important d’armes. En 42, lorsque les Allemands passent la ligne de démarcation et envahissent la zone sud, le prince s’inquiète du sort de ces armes. Il va voir le juge à Sarlat et lui avoue qu’il possède cet arsenal. En fait, ces armes, transférées dans le tribunal, finiront par servir la Résistance !
Max Dormoy est alors ministre de l’Intérieur. Sa détermination est importante dans l’échec du complot. Il le paiera, puisque les Cagoulards se vengeront, pendant l’Occupation, en le faisant assassiner. Ils étaient nombreux, déterminés, et beaucoup furent arrêtés, mais la guerre empêchera leur procès et ils seront libérés.
Filliol s’eclipse alors en Espagne.

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Gilles Delluc


Lorsque la guerre survient, il y a ceux qui, parmi eux, sont avant tout patriotes. Ils vont se battre, souvent fort bien. Avec la défaite, comme François Mitterrand le dira plus tard, « la Cagoule explose » : les uns vont à Vichy puis rejoindront la Résistance, un ou deux passent à Londres, et enfin quelques autres deviennent les plus noirs des « collaborateurs » parisiens.
Début 1941, Filliol revient en France, après son exil en Espagne, alors que Jacques Doriot fonde le PPF et Marcel Déat le RNP. Filliol fonde, lui, le MSR, Mouvement social ( !) révolutionnaire. Il est toujours un « chrétien pratiquant ». Son goût des coups médiatiques le pousse à interrompre une représentation des Enfants terribles de Cocteau dans une salle parisienne. Lorsque la Légion des Volontaires Français organise une parade à Versailles, il est présent, et il est sans doute celui qui a guidé le jeune homme qui blesse Laval et Déat de quelques coups de revolver.
Filliol est cette fois-ci arrêté par la police de Vichy. Il est interné au camp de Saint-Paul d’Eyjeaux, près de Limoges, et il y reste un an. Laval accepte de le laisser partir, à condition qu’il se tienne « tranquille ». Il devient, en fait, le patron du deuxième bureau de la Milice, à Limoges, un service chargé des renseignements, des interrogatoires et des tortures. Il participe sans aucun doute à l’une des réunions qui précède l’arrivée de la division Das Reich et quatre de ses sbires participent au choix de la malheureuse cité d’Oradour-sur-Glane qui est brûlée avec ses habitants.
Et puis c’est la débandade. Le gouvernement Pétain part en exil...
Il y a des tentatives, qui échouent, de maquis blanc (des maquis anti-maquis), conduites par Filliol depuis l’Allemagne. Les derniers défenseurs du bunker de Hitler seront des miliciens français, ce qui indique le niveau d’engagement de l’extrême-droite dans la défense du régime nazi. Les autres fuient. Filliol part se battre en Italie du Nord avec Darnand, est blessé et s’enfuie alors que tous ses compagnons sont faits prisonniers. Il rejoint les Pyrénées et les traverse. Il s’installe en Espagne. Il y devient sous-directeur de la filiale espagnole de l’Oréal. _ Ensuite, nous perdons sa trace...
Pendant la guerre, il s’était marié, et avait eu deux enfants. Le vieillard de 96 ans qu’il serait aujourd’hui a-t-il gardé contact avec sa femme et ses enfants ? Deux douzaine de Cagoulards ont été jugés après la guerre, et Jean Filliol a été condamné à mort par contumace. Mais comme il n’a pas été condamné pour crime contre l’humanité, sa condamnation est prescrite.
Il est toutefois le visage le plus caractéristique et le plus sanglant de cette extrême-droite qui, dans les années 30, a voulu faire tout ce qui était en son pouvoir pour détruire la République et qui a vu son rêve exaucé temporairement par la victoire des armées allemandes.
Quelques-uns ont eu un sentiment patriotique suffisant pour ne pas tomber dans le déshonneur.


Vox-Populi :

Jean Filliol est un homme à jamais déshonoré par ses crimes. Nous vous remercions.


Interview de Jean-Christophe Grellety - Septembre 2005


Maurice Ravel (1875-1937)









Science et foi: Citations de chercheurs français du début du 20e siècle qui questionnaient déjà la théorie de l'évolution
(Science-et-Verite.fr)
date: 2006-01-04 | rapporteur d'info: nicolas


Créationnisme
Evolution
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NDLR: Extrait du très intéressant site de Christian Lefèvre Science et Vérité.

La critique de l’évolution est-elle seulement d’origine récente et américaine ?
Contrairement à ce que l’on pense souvent, la majorité des biologistes français du début du XXe siècle avaient déjà fait suffisamment d’observations scientifiques pour constater le manque de fondement de la théorie, à tel point que celle-ci fut officiellement reconnue comme non crédible et parue sur le point d’être abandonnée.

Voici quelques citations de chercheurs français de l’époque. Presque tous étaient transformistes (évolutionnistes).

Les fossiles les plus anciens sont ceux d’animaux aussi complexes que les animaux actuels.
Ce sont des êtres déjà élevés, et ayant une organisation définitive bien caractérisée (Polypiers, Mollusques, Arthropodes, Brachiopodes, Poissons). Les types francs d’organisation s’impo-sent donc dès le début.
Jules Lefèvre, Directeur du Laboratoire de Bio-Énergétique, Manuel critique de biologie.
(Masson, 1938), p. 41.


Si nous pouvions nous transporter sur les bords des mers cambriennes, les plus vieilles dont nous connaissions la faune, nous verrions ramper ou courir, sur un sable et au milieu de rochers semblables à ceux de nos grèves, des animaux différents, certes, des animaux actuels, mais appartenant clairement aux mêmes groupes et vivant dans les mêmes conditions physiologiques...
Boule et Piveteau, Les fossiles. (Masson, 1935), p. 51.


Ils apparaîssent brusquement, sans signes annonciateurs.
Parmi les exemples de brusque apparition et de rapide expansion de tout un ensemble d’êtres, il n’en est pas de plus impressionnant que la survenue des Mammifères placentaires au début de l’Éocène, pour laquelle les paléontologistes ont créé le mot significatif d’Explosion. Ces Mammifères ne se montrent pas au Crétacé ; ils ne sont annoncés par aucune forme de passage ; ils apparaissent, en grand nombre et à peu près simultanément, dans trois régions que séparent de vastes espaces : les États-Unis, la Patagonie, la France ; et déjà, ils sont différenciés en Ordres parfaitement distincts, et l’on y reconnaît des Ongulés, des Carnassiers, des Primates.
Pierre Termier - Les grandes énigmes de la Terre. (Flammarion, 1935), p. 33-34.


Ils forment des groupes bien distincts, sans relation entre eux.
Les classes de Vertébrés qui apparaissent aux diverses époques et sans transition sont nettement des Poissons, des Batraciens, des Reptiles, des Oiseaux, des Mammifères : ils représentent, d’emblée, les classes actuelles.
Jules Lefèvre - Manuel critique de biologie. (Masson, 1938), p. 41


Les grandes lignes du règne animal sont déjà tracées aux époques les plus anciennes, et les divers groupes sont séparés les uns des autres par des discontinuités de l’ordre de celles que nous constatons aujourd’hui.
Maurice Caullery - Les étapes de la biologie. (PUF, 1941), p. 59.


Rien n’indique que ces animaux ont dérivé des uns des autres.
On ne trouve pas, dans l’observation directe, la preuve que les causes naturelles puissent aller jusqu’à modifier profondément ces caractères (les caractères généraux qui constituent les types d’organisation).
Paul Broca, Bulletin de la Société d’Anthropologie de Paris. (Masson, 1870), tome V, 2e série, p. 203.


Les recherches récentes, contrairement à ce que l’on pouvait imaginer il y a une cinquantaine d’années, ont bien plutôt renforcé l’idée de la stabilité présente des formes animales et végétales, et ramené leurs variations, soit à des phénomènes purement individuels, sans retentissement dans la lignée, soit à une diversification limitée et virtuellement contenue dans le type de chaque espèce.
Maurice Caullery - Le Problème de l‘Évolution. (Payot, 1931), p. 401.


La biologie moderne, et c'est là une de ses acquisitions les plus essentielles, peut-être la plus imprévue, a définitivement mis en lumière la stabilité organique. La Vie a pour régime normal la constance ; changer est, pour elle, un extraordinaire.
Jean Rostand - La nouvelle biologie, (Fasquelle, 1937), p. 84.


On ignore, également, tout de l’origine de la vie.
La Paléontologie ne nous apporte aucune lumière sur le plus grand des problèmes, celui de l’origine de la Vie.
Boule et Piveteau, Les fossiles. (Masson, 1935), p.851.


Sur l’origine de la vie, convenons sans ambages que nous ne savons rien.
Jean Rostand - Ce que je crois. (Grasset, 1953), p. 41.


Aucune théorie ne peut expliquer un phénomène d’évolution. Ce fait est admis par les biologistes français dès le début du siècle dernier.
Parlant du Lamarckisme, Jean Rostand écrit :
“ Ils préfèrent concéder à la formation des espèces, des milliers et des milliers de siècles, afin de noyer en quelque sorte, le mystère dans la durée... ”
Jean Rostand, La nouvelle biologie. (Fasquelle, 1937), p. 57.


Après une longue période d’ardentes polémiques, on admet généralement aujourd’hui qu’aucune des grandes théories, Lamarckiste, Darwinienne ou Mutationniste, n’est capable de fournir une explication intégrale et satisfaisante du grand phénomène de l’Évolution.
Boule et Piveteau - Les fossiles. (Masson, 1935), p. 873.


Aujourd’hui, le darwinisme ne nous paraît plus acceptable ; sa chaîne logique a été définitivement brisée lorsqu’on reconnut que la mort n’avait nullement cette fonction de triage automatique qui est la clé de voûte du système : il y a bien quelques tarés et anormaux qui sont éliminés dès le début, mais leur disparition a plutôt un effet conservateur du type moyen de l’espèce.
Même si la sélection darwinienne existait, elle ne saurait expliquer la genèse graduelle d’une adaptation morphologique simple ou complexe...
Lucien Cuénot - L’adaptation chez les animaux. « Bulletin de la Société des Sciences de Nancy »,
(n° 9, déc. 1937), p. 276.


L’aveu officiel en 1937, des plus hauts représentants de cette discipline.
Le Tome V de l’Encyclopédie Française marquera certainement une date dans l’histoire de nos idées sur l’Évolution : il ressort de sa lecture que cette théorie semble à la veille d’être abandonnée...
Il résulte de cet exposé que la Théorie de l’Évolution est impossible. Au fond, malgré les apparences, personne n’y croit plus, et l’on dit, sans y attacher autrement d’importance, “évolution” pour signifier “enchaînement”, ou “plus évolués”, “moins évolués”, au sens de “plus perfectionnés”, “moins perfectionnés”, parce que c’est un langage conventionnel, admis et presque obligatoire dans le monde scientifique.
L’Évolution est une sorte de dogme auquel ses prêtres ne croient plus, mais qu’ils maintiennent pour leur peuple. Cela, il faut avoir le courage de le dire, pour que les hommes de la génération future orientent leurs recherches d’une autre façon.
Paul Lemoine, ancien Directeur et Professeur au Muséum, Encyclopédie Française. (1937),
Tome V, p. 5-82-3 et 5-82-8.


Pourtant, malgré cet aveu officiel, la théorie continuera d’être enseignée et finira même par s’imposer.
Constatant, comme la plupart des personnes ayant étudié ces questions, un abandon total ou partiel du système transformiste par les leaders des sciences de la vie, j’ai toujours été choqué de voir cependant continuer, dans l’instruction de la jeunesse, l’enseignement des doctrines transformistes, présentées comme une synthèse définitivement acquise au patrimoine intellectuel de l’humanité.
Eugène Raguin, Professeur de Géologie à l’École Nationale Supérieure des Mines.
Préface de l’ouvrage : L’évolution régressive. (voir ci-dessous).


On peut affirmer en toute objectivité que l’enseignement scientifique français est actuellement totalement transformiste.
Quoi d’étonnant, dès lors, à trouver, au Palais de la Découverte, encyclopédie vivante organisée par le Gouvernement Français, le fameux “Cône de la Vie”, ayant à son sommet l’Être monocellulaire, duquel descendent, le long de courbes savantes, les représentants de tous les êtres animés. Des milliers de visiteurs ont pu emporter, gravée dans leur souvenir, cette synthèse en relief, résumé suggestif de l’Enseignement officiel.
Georges Salet et Louis Lafont - L’évolution régressive. (Éditions Franciscaines, 1943), p. 21.


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Pourquoi la théorie n’a-t-elle pas été abandonnée ? Deux raisons à cela :

I - La science se doit de donner une explication au problème du vivant.

Le biologiste Jean Rostand adhère à la théorie de l’évolution, tout en reconnaissant qu’elle est insuffisamment fondée.
Pour ma part, je crois donc fermement à l’évolution des êtres organisés. Mais je n’ai garde, pour cela, de méconnaître le caractère extraordinaire, voire fantastique, des transformations que nous sommes tenus d’imaginer dans le passé de la vie, et dont il semble que ne s’étonnent suffisamment ni les profanes, qui ne se doutent pas des difficultés qu’elles soulèvent, ni peut-être certains spécialistes, trop familiarisés avec l’idée transformiste.
Jean Rostand - Ce que je crois. (Grasset, 1953), p. 24-25.


Un aveu stupéfiant : L’évolution ne repose sur aucunes preuves, mais la théorie est tellement belle que l’on peut se passer de ces dernières.
S’il est vrai que ni le lamarckisme ni le mutationnisme ne nous font comprendre le mécanisme de l’évolution, il faut avoir le courage de reconnaître que nous ignorons tout de ce mécanisme. [...] Certains, peut-être, estimeront que, par un tel aveu d’ignorance, on laisse la partie belle à ceux qui combattent encore la doctrine transformiste. Mais, outre que la plus élémentaire probité intellectuelle commande de dire : « Je ne sais pas » partout où l’on croit ne pas savoir, je pense que cette doctrine est maintenant assez solide par elle-même pour qu’on n’ait pas besoin de l’étayer d’une représentation illusoire.
Jean Rostand - Ce que je crois. (Grasset, 1953), p. 36.


Pour nombre de scientifiques, l’évolution est la seule hypothèse plausible et on est contraint d’y croire, faute de mieux.
S’il existait une hypothèse scientifique autre que la descendance pour expliquer l’origine des espèces, nombre de Transformistes abandonneraient leur opinion actuelle comme insuffisamment démontrée.
Yves Delage - L’Hérédité et les grands problèmes de la Biologie générale, (2e édition, 1903), p. 204.


Certes, nous conviendrons, en toute objectivité, qu’on n’a pas le droit de tenir l’évolution organique pour une certitude dès lors qu’il s’agit d’événements révolus sans témoins et dont il est permis de douter que la nature actuelle nous fournisse encore l’exemple ; mais, si l’on ne peut que croire en l’évolution, il est quasiment impossible pour le biologiste, de ne pas y croire, et il serait fâcheux qu’un excès de scrupule positiviste jouât au bénéfice d’hypothèses somme toute beaucoup moins plausibles que celle de l’évolution.
Jean Rostand - Ce que je crois. (Grasset, 1953), p. 23.


Cette opinion n’est cependant pas partagée par tous les biologistes.
Alors – objection classique des darwiniens – vous ne voulez pas du darwinisme, et vous n’avez rien à mettre à sa place ? Ce n’est pas la question. Cette objection, comme l’a dit un ingénieux critique, revient à garder en prison un homme pourvu d’un excellent alibi, sous prétexte qu’il faut trouver le vrai coupable avant de le libérer ! La réponse, c’est qu’il reste à faire notre métier, c’est-à-dire à chercher autre chose...
Rémy Chauvin, ancien Professeur honoraire à la Sorbonne - Le darwinisme ou la fin d’un mythe.
(Éditions du Rocher, 1997), p.10-11.


I I - La théorie de l‘évolution repose sur un présupposé philosophique.

Les scientifiques ne peuvent faire totalement abstraction de leurs opinions philosophiques.
On dit souvent qu’il faut expérimenter sans idée préconçue. Cela n’est pas possible ; non seulement ce serait rendre toute expérience stérile, mais on le voudrait qu’on ne le pourrait pas. Chacun porte en soi sa conception du Monde, dont il ne peut se défaire aisément. Il faut bien, par exemple, que nous nous servions du langage, et notre langage n’est pétri que d’idées préconçues et ne peut l’être d’autre chose. Seulement ce sont des idées préconçues inconscientes, mille fois plus dangereuses que les autres.
Henri Poincaré - La Science et l’Hypothèse, (Flammarion, 1912), p. 170.


Dans ce domaine, consciemment ou inconsciemment, tout savant est influencé par ses opinions métaphysiques. Le système philosophique auquel adhère son esprit l’imprègne malgré lui, et tend à le guider dans son exploration de l’inconnu. [...] cet aspect de la question est très généralement passé sous silence, les théories évolutionnistes étant présentées comme d’origine et de nature exclusivement expérimentales et scientifiques...
Georges Salet et Louis Lafont - L’Évolution régressive. (Éditions Franciscaines, 1943), p. 26.


Je prends ici la première personne, pour montrer que je parle en mon nom et non en celui des Transformistes dont beaucoup seront scandalisés en lisant cette déclaration. Je suis cependant absolument convaincu qu'ont est, ou qu'on n'est pas Transformiste, non pour des raisons tirées de l'Histoire Naturelle, mais en raison de ses opinions philosophiques.
Yves Delage (zoologiste et transformiste), L'hérédité et les grands problèmes de la biologie générale.
(1903), p. 204.


Dix ans seulement après la sortie du livre de Charles Darwin, les biologistes avaient été mis en garde. Un grand scientifique avait vu le danger.
Ce que Darwin a présenté comme la théorie de l'origine des espèces, ce n'est pas le résultat graduellement conquis de recherches pénibles, s'appliquant a la solution de quelques points de détail pour s'élever ensuite à une synthèse générale et compréhensive ; non, c'est une doctrine qui de la conception descend aux faits, et cherche des faits pour soutenir une idée. Il n'est pas surprenant qu'un tel ensemble de vues ait été décoré du nom d'Unisme. Est ce un éloge, est-ce un blâme ? Je ne sais, mais le fait reste. Le Darwinisme sera une des phases par lesquelles l'Histoire naturelle aura passé dans le cours de ce siècle. Je reconnais dans le caractère et la portée de cet enseignement une certaine analogie avec ce qui s'est produit lorsque les physio-philosophes, s'inspirant de Schelling, appliquèrent sa philosophie à l'histoire naturelle. Alors aussi, on vit acclamer une doctrine toute faite, embrassant la nature tout entière, et dont le point de départ était que l'Homme est le résumé et la synthèse individualisée de toute la création animale. [...] Toute la science acquise jusqu'à cette époque-là, au prix des plus longues et des plus laborieuses recherches, fut mise de côté et remplacée par des conceptions purement théoriques. L'infatuation alla si loin que les travaux les plus spéciaux et les mieux faits de l'époque contemporaine n'étaient accueillis, dans l'École, qu'après avoir été recouverts du vernis de la Doctrine. Je crois qu'il en sera de l'enseignement de Darwin comme de celui de cette secte.
Louis Agassiz, naturaliste américain d’origine Suisse, spécialiste mondial en glaciologie,
De l'Espèce et de la Classification en Zoologie. (Balliere, 1869), p. 375-391, Partie 3, Chapitre 7.


D’autres scientifiques avaient fait la même constatation.
Dans son ouvrage : Les Transformations du Monde Animal, M. Depéret expose le développement historique des idées transformistes et montre que Lamarck, Darwin et Haekel se préoccupèrent beaucoup plus de construire un système que de chercher à contrôler leurs idées par les données paléontologiques.
Georges Salet et Louis Lafont, L’Évolution régressive. (Éditions Franciscaines, 1943), p. 24.



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Le mythe de l’évolution a toujours été combattu en France par de nombreux chercheurs, et non des moindres.
Mais considérez l’exemple de Pierre-Paul Grassé, auteur de "L'évolution du vivant. Matériaux pour une nouvelle théorie transformiste". Theodosius Grigorievich Dobzhansky, une sommité de la synthèse néo-darwinienne, a écrit au sujet du livre de Grassé :
“ Le livre de Pierre-P. Grassé est une attaque directe contre toutes les formes du darwinisme. Son but est de détruire le mythe de l’évolution comme phénomène simple, bien compris et expliqué, et de démontrer que l’évolution est un mystère au sujet duquel on ne connaît – et peut-être on ne peut connaître – que peu de chose. Maintenant, on peut ne pas être d’accord avec Grassé, mais on ne peut l’ignorer. C‘est le plus distingué des zoologistes français, le rédacteur des 28 volumes du Traité de Zoologie, l‘auteur de nombreuses recherches originales, et l’ex-président de l’Académie des Sciences. Sa connaissance du monde vivant est encyclopédique. ”
Cité par les Professeurs George Aldhizer, Gary Johnston et Douglas Krull
(membres du Sénat de Faculté, à la Northern Kentucky University (NKU) aux USA),
dans un article publié dans The Kentucky Post, le 4 janvier 2000.


Ce dernier point est partagé par le biologiste français, Rémy Chauvin, qui écrit au sujet de Grassé :
Mais il accomplit tout de même une prouesse que je n’ai jamais vu réalisée ailleurs : il avait quasiment digéré toute la zoologie, au point de mettre en chantier son illustre Traité de Zoologie, le seul qui soit au monde. […] Mais quand Grassé donne son avis sur l’évolution, en tant que zoologiste, il mérite au plus haut point d’être écouté : personne, j’ose le dire, ne connaissait mieux que lui l’évolution animale dans son ensemble.
Le darwinisme ou la fin d’un mythe. (Éditions du Rocher, 1997), p. 19.



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Pour conclure, voici quelques citations de Philip E. Johnson, juriste américain :

Le darwinisme reste un échec scientifique.
En dépit d’un triomphalisme conventionnel, les savants darwinistes ne sont toujours pas parvenus à produire les confirmations empiriques qu’ils cherchent : les archives fossiles montrent trop de discontinuité dans l’évolution, et les découvertes de la biologie moléculaire obligent à conclure, avec Yves Coppens, que “le hasard fait trop bien les choses pour être crédible”. Mais la crise qui secoue actuellement l’édifice darwinien reste largement ignorée du public.
Postface du livre Le Darwinisme en question, (Éditions Exergue, 1997).


Mais il continue toujours d’être enseigné.
Si le darwinisme continue d’être le catéchisme enseigné dans les manuels, c’est parce qu’il est l’unique concurrent à l’hypothèse d’une Intelligence créatrice (œuvrant éventuellement de façon progressive). Mais n’est-t-il pas lui-même un acte de foi, faisant du hasard un dieu créateur, alors même que la thermodynamique l’a reconnu comme le maître du chaos ?
Postface du livre Le Darwinisme en question, (Éditions Exergue, 1997).


Un mauvais présupposé philosophique peut conduire à une aberration.
Pour les scientifiques naturalistes, reconnaître une réalité surnaturelle est faire preuve de superstition, et donc trahir la science. Pour les théistes en revanche, le concept d’un esprit surnaturel, à l’image duquel nous avons été créés, constitue la base métaphysique essentielle pour croire que le cosmos est rationnel et, dans une certaine mesure, compréhensible. Pour les naturalistes scientifiques, paradoxalement, le cosmos ne peut être compris par un esprit rationnel que s’il n’a pas été créé par un esprit rationnel. Cette méprise grotesque sur la théologie et sur l’histoire de la science nous enseigne que le monde scientifique est imprégné de mauvaise philosophie...
Phillip E. Johnson - Le Darwinisme en question, (Éditions Exergue, 1997), p. 222.


A méditer :
Les darwinistes nous disent qu’il est inutile de considérer la possibilité que les plantes et les animaux dussent leur existence à un créateur surnaturel, parce que des mécanismes naturels comme la mutation et la sélection sont capables d’accomplir l’œuvre de la création. Ce que je veux savoir, c’est si cette affirmation est vrai, et non pas si c’est la meilleure spéculation naturaliste disponible. Je ne doute pas que les biologistes évolutionnistes soient dévoués à la théorie par laquelle ils définissent leur discipline, et je ne doute pas que les scientifiques considèrent le projet naturaliste comme une réussite fantastique. Il n’en reste pas moins que des personnes ne partageant pas leur engagement préalable au naturalisme philosophique peuvent correctement penser que la théorie régnante n’est pas simplement incomplète, mais contredite par les faits.
Ces questions ne peuvent être laissés à l’appréciation exclusive d’une classe d’experts, qui se comporteraient en prêtrise gardienne de l’orthodoxie ; des questions importantes de religion, de philosophie et de pouvoir culturel sont en jeu, et elles concernent tout le monde. L’évolution naturaliste n’est pas simplement une théorie scientifique : c’est devenu le récit officiel de la création dans la culture moderne. La prêtrise scientifique qui s’arroge l’autorité d’écrire et d’interpréter ce récit des origines y gagne une influence culturelle immense, et pourrait la perdre si le récit s’avérait un mythe sans fondement historique. C’est pourquoi les experts ont un intérêt, sinon une mission, à protéger ce récit, et à imposer des règles de raisonnement qui le rende invulnérable. Lorsque nous demandons “votre récit est-il vrai ?”, nous ne pouvons pas être satisfait de nous entendre dire : “C’est de la bonne science, telle que nous la définissons.”
Phillip E. Johnson - Le Darwinisme en question, (Éditions Exergue, 1997), p. 215-216.
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Publié dans LAETITIA

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