Ancien premier ministre français de 1972 à 1974, chancelier de l'ordre de la Libération, chancelier honoraire de l'Institut de France et membre de l'Académie française, Pierre Messmer est décédé aujourd'hui à l'hôpital du Val de Grâce de Paris, il avait 91 ans. Né dans une famille alsacienne qui avait opté pour la France en 1871, Pierre Messmer étudie à l'école Massillon et au lycée Charlemagne. Breveté de l'École nationale de la France d'Outre-mer (1934-1937), diplômé de l'École des langues orientales (1934-1936), il obtient son doctorat en droit en 1939. Mobilisé en 1939, il rejoint Marseille où il embarque en juin 1940 avec Jean Simon sur le Capo Olmo qu'il aide à détourner sur l'Angleterre pour rejoindre les Forces françaises libres. Officier dans la 13e demi-brigade de Légion étrangère, il participe aux combats en Afrique, à la Bataille de Bir Hakeim, à la campagne de France et à la libération de Paris. Parachuté en Indochine en août 1945, Pierre Messmer est fait prisonnier par le Viet Minh et s'évade. Pierre Messmer exerce ensuite plusieurs missions en tant qu'administrateur de la France dans les territoires d'outre-mer. Sous la Cinquième République, il devient le ministre des armées de Charles de Gaulle, confronté à la révolte des généraux d'avril 1961 et mettant en œuvre la force de frappe voulue par le président. Georges Pompidou le choisira ensuite comme son deuxième Premier Ministre, en 1972, à la suite de Jacques Chaban-Delmas. Deux ans plus tard, Pierre Messmer se déclare prêt à se présenter à l'élection présidentielle de 1974 si Chaban-Delmas, Giscard et Edgar Faure acceptent d'abord de se retirer. Retiré de la vie politique, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques en 1988, dont il est le secrétaire perpétuel de 1995 à 1998. En 1995, il devient président de l'Institut Charles de Gaulle. Il est élu à l'Académie française le 25 mars 1999, au fauteuil de Maurice Schumann (13e fauteuil). Il a été chancelier de l'Institut de France du 1er janvier 1999 au 1er janvier 2006 puis est nommé en juin 2006 chancelier de l'ordre de la Libération pour une période de quatre ans, en remplacement du général d'armée Alain de Boissieu. Jacques Chirac a immédiatement réagi parlant d'un "homme d'Etat passionnément engagé .... d'un homme de grande culture au service du rayonnement de la France". | |