Israël Meïr Lau

Publié le par david castel

mercredi 8 août 2007, par Eliane Ketterer

Israël Meïr Lau, né en 1937, ancien grand rabbin ashkénaze (1993-2003) a obtenu le prix d’Israël en 2005.

Israël Meïr Lau est né en Pologne. A l’âge de 8 ans, après avoir survécu à la shoa, il immigra en Israël. Devenu adulte, Israël Meïr Lau travailla dans l’éducation et comme rabbin, au commencement dans les écoles, puis dans des cadres communautaires. Il fut d’abord rabbin dans des communautés de Tel-Aviv, ensuite le rabbin de la ville de Netanya, puis celui de la ville de Tel-Aviv-Jaffa et enfin le grand rabbin d’Israël. Depuis 2004, il est le grand rabbin de la ville de Tel-Aviv-Jaffa.

Biographie

Israël Meïr Lau est né en 1937 en Pologne à Piotrkov. Son père Moshe Hayim Lau était le grand rabbin de cette ville. Enfant, il passa la plupart des années de la shoa dans le getto de sa ville, et eut comme surnom “Loulak”. En 1942, son père fut envoyé à Treblinka. Il y fut assassiné en même temps que beaucoup d’autres Juifs de sa ville. Deux ans plus tard, en novembre 1944, alors qu’il avait 7 ans, Loulak fut parmi ceux qui furent sélectionnés, en même temps que sa mère et son frère Naphtali, “Toulak”, alors agé de 16 ans. Sa mère, qui fut envoyée à l’extermination, poussa au cours de la sélection son plus jeune fils vers son frère, Naphtali, avec l’espoir qu’il serait envoyé avec lui dans un camp de travail. C’est ce qui se passa et grâce à cette action, l’enfant Israël Meïr fut sauvé de l’extermination. Depuis lors, et jusqu’à la fin de la guerre, Naphtali continua à avoir le souci de son jeune frère, et vers la la fin de la guerre, ils arrivèrent tous deux au camp de concentration de Buchenwald. Là Israël Meïr fut aidé par l’un des prisonniers russes, et c’est ainsi qu’il survécut jusqu’à la fin de la guerre et la libération du camp par les combattants de l’armée américaine. Israël Meïr-Loulak, qui avait 7 ans au moment de la libération, fut considéré comme le plus jeune prisonnier du camp de Buchenwald.

Quelques mois après la guerre, Israël Meïr et son frère Naphtali immigrèrent en Israël, dans le cadre de l’action de l’immigration de la jeunesse. En Israël il grandit dans la maison de son oncle, le rabbin, Mordekhaï Pogelman, rabbin de Kyriat Motzqin. Là, il apprit qu’il était la dernière génération d’une longue lignée de rabbins. Israël Meïr étudia dans plusieurs collèges talmudiques : Qol Torah (Jérusalem), Knesset Hizqiyahu (Zikron Yaakov) et Ponibj (Bne Brak). Devenu adulte, il épousa Hayah-Ita, la fille du rabbin Itzhak Yedidiah Frankl, qui était alors le rabbin de la ville de Tel-Aviv-Jaffa. A l’âge de 23 ans, il fut ordonné rabbin. Le rabbin Israël Meïr Lau enseigna la Bible, la Mishna et le Talmud dans les écoles secondaires Brenner et Ahad Ha-‘Am de Petah Tikva et ensuite dans l’école secondaire religieuse Tzeitlin de Tel-Aviv. En parallèle, il fut rabbin des communautés Tiferet Zvi du nord de Tel-Aviv, et Or Torah du sud de Tel-Aviv. Après quelques années, il commença de présenter le vendredis après-midi le programme télévisé Shalom Lavo Shabbat sur la section hebdomadaire de la Torah.

En 1979, Israël Meïr Lau fut nommé grand rabbin de la ville de Netanya, et quatre années plus tard, il devint membre du conseil du grand rabbinat. En 1988, il fut élu grand rabbin de la ville de Tel-Aviv-Jaffa, fonction qu’il occupa environ cinq années. En 1993, il fut nommé grand rabbin ashkénaze d’Israël, à côté du rabbin Eliyahu Bakshi Doron qui fut nommé grand rabbin sépharade. Le rabbin Israël Meïr Lau exerça cette fonction dix années : les cinq premières années, il fut le président du conseil du grand rabbinat et les cinq dernières années, il fut le président du tribunal rabbinique suprême. Le rabbin Bakashi Doron remplit les mêmes fonctions, mais dans le sens inverse. En 2003, les deux finirent leur mandat et, à leur place, furent nommés le rabbin Yona Yehiel Metzger et le rabbin Shlomo Moshé Amar.

En 2004, Israël Meïr Lau fut de nouveau élu grand rabbin de la ville de Tel-Aviv-Jaffa, fonction qu’il remplit encore aujourd’hui. Lors de son élection à cette fonction il dit : “C’est un très grand défi d’être le rabbin de toutes les idées et opinions du monde. Tout est une question de point de vue. On parle d’un défilé qui a lieu une fois par an, mais de la marche qui a lieu chaque matin vers les 600 synagogues, on ne parle pas.”

En avril 2004, la ministre de l’Education, Limor Livnat, annonça sa décision d’accorder au rabbin Israël Meïr Lau le prix d’Israël pour l’action de sa vie et sa contribution particulière à la société et à l’Etat. Le prix lui fut accordé le soir de l’Indépendance 2005. Parmi les raisons données par le jury : “Le rabbin Israël Meïr Lau, anciennement grand rabbin d’Israël, est une personnalité centrale et estimée de la société israélienne et du monde, et sa personnalité est un exemple du rapprochement des coeurs entre religieux et laïcs, entre le judaïsme en Israël et le judaïsme dans la diaspora, et entre le judaïsme et les autres religions.”

Activités et conception du monde

Le rabbin Israël Meïr Lau a agi, au-delà de sa fonction comme rabbin, durant des années dans divers cadres sociaux. Il fut entre autres choses membre du conseil national ayant pour but d’empêcher les accidents de la circulation, membre du conseil public du bel Israël et membre du conseil national en faveur des Juifs en Union Soviétique. Il participa également au congrès de Helsinki, qui traita entre autres des aspects religieux et moraux des expériences médicales de fécondation en dehors des corps humains. Il est membre du conseil supérieur pour les expériences médicales sur les êtres humains, qui traite de ce problème de manière courante.

Le rabbin Israël Meïr Lau est considéré comme l’un des spécialistes dans le domaine de la relation de la halakha juive à la question de l’euthanasie. Lors de son mandat comme grand rabbin d’Israël, il proclama, que, à côté de l’interdiction halakhique claire sur ce sujet, la halakha permet de ne pas mener d’actions démesurées dans le but d’allonger la vie d’un malade en stade final. C’est ainsi qu’il fixa que “le judaisme croit que l’âme a été donnée par le Créateur du monde, qui a façonné l’homme, et que Lui seul a le droit de la reprendre. Aucune créature humaine n’a le droit de trancher un fil de vie, ni de son prochain, ni de soi-même ... Cependant, la halakha permet dans le cadre d’une maladie en stade final de répondre à la demande du malade qui ne souhaite pas que lui soit administré un soin médical démesuré, comme une opération, pour sauver sa vie. La halakha oblige à accorder à ce malade le soin habituel, eau, nourriture, oxygène et médicaments jusqu’au bout”.

En tant que grand rabbin, Israël Meïr Lau a agi en faveur du rapprochement entre la direction de l’Eglise catholique et la communauté juive dans le monde. Dans ce cadre, il fut le premier grand rabbin à rencontrer le chef de l’Eglise, le pape Jean-Paul II. Il continua d’agir en faveur d’un établissement des relations entre les religions même après la fin de son mandat comme grand rabbin, et encore aujourd’hui sous le pontificat du pape actuel, Benoit XVI.

Le rabbin Israël Meïr Lau a publié au cours des années plusieurs livres. Son premier livre, “Judaïsme, la halakha dans la pratique” porte sur l’ordre du jour d’un Juif qui garde les commandements durant tous les jours de l’année. Il publia également une série de livres sous le titre “Espère Israël” sur la Haggada de Pâque, sur les verdicts du grand tribunal rabbinique, et sur les “Chapitres des Pères”. En 2005, il publia son livre “Ne porte pas la main contre l’enfant”, où il décrit la période de son enfance durant la shoa. Concernant la question sur la place de Dieu, lors de la shoa des Juifs d’Europe, le rabbin Israël Meïr Lau a raconté dans le passé : “Lorsque j’avais 13 ans, je suis monté à Jérusalem afin d’étudier dans des collèges talmudiques, et là commencèrent les questions intérieures, et la plus grande d’entre elles était : pourquoi tout cela avait-il dû avoir lieu ? Au fur et à mesure que j’ai étudié, ma connaissance des sources juives m’a enseigné que le Créateur est tellement grand et si insaisissable à nos limites humaines, qu’aucun être de chair et de sang ne peut le comprendre. Jamais je ne comprendrai la signification de la shoa, mais je sais que la foi est au-delà d’une compréhension rationaliste. La conduite de Dieu nous est cachée. Elle n’est pas comprise au moyen des instruments de la considération ou de la compréhension.”

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Publié dans Biographies

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