Migaud-Carrez, les duettistes de la commission des finances

Publié le par david castel

Le député socialiste Didier Migaud, le 24 octobre 2006 à l'Assemblée nationale à Paris. | AFP/DOMINIQUE FAGET
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Le député socialiste Didier Migaud, le 24 octobre 2006 à l'Assemblée nationale à Paris.
LE MONDE | 29.06.07 | 16h21  •  Mis à jour le 29.06.07 | 16h21
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Didier Migaud ? "Le groupe socialiste en a fait son candidat à la présidence de la commission des finances parce qu'il est majoritairement-compatible. C'est un homme avec qui l'on peut travailler". Il n'est pas sûr que cet hommage ambigu rendu par Michel Bouvard, vice-président UMP de la commission des finances, au président PS de cette même commission soit allé droit au coeur de l'intéressé. Mais qu'importe !

En ce jour où, par la volonté du président de la République - qui en a emprunté l'idée à Ségolène Royal - et pour la première fois dans l'histoire de l'Assemblée nationale, la présidence de la commission des finances a été confiée à un élu de l'opposition, Didier Migaud, 55 ans, et Gilles Carrez, 58 ans, désigné à nouveau rapporteur général (UMP), semblaient, jeudi 28 juin, s'être donné le mot : "Nous travaillerons ensemble dans un état d'esprit constructif", ont-il dit séparément.

"C'est nouveau dans l'histoire de notre République, surtout de la Ve. Mais cela fonctionne très bien dans d'autres pays", a relevé le fabiusien, réélu pour la cinquième fois consécutive dans l'Isère. "Au Royaume-Uni, c'est un parlementaire de l'opposition qui préside le National Audit Office. Dans les parlements scandinaves, l'opposition joue un rôle important. A la commission des finances, nous valorisons depuis plusieurs années déjà son rôle. Nous sommes l'avant-garde d'un Parlement moderne", s'est réjoui M. Carrez, élu du Val-de-Marne depuis 1993.

M. Migaud assure travailler "en confiance et en loyauté" avec son rapporteur général qu'il connaît bien pour avoir été, avec l'UMP Alain Lambert, l'un des pères de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001. Tous deux veulent moderniser leurs méthodes de travail et améliorer la procédure budgétaire, la rendre plus transparente et renforcer le pouvoir de contrôle et d'évaluation du Parlement. Pour le reste, tout les sépare : leurs convictions politiques, leur conception de l'économie et de la fiscalité, le jugement qu'il porte sur le premier projet de loi du quinquennat, le "paquet fiscal".

"Mais certains sujets méritent qu'on dépasse les clivages partisans pour rendre l'action publique la plus efficace possible", pense le fabiusien qui se dit décidé à exercer ses fonctions dans un esprit "républicain et responsable" tout en profitant de son "pouvoir d'impulsion" et de sa "capacité d'initiative", le président de la commission des finances pouvant, par exemple, demander l'audition d'un ministre...

CONCURRENCE

"C'est une fonction intéressante et stimulante. Elle sera regardée de près par tous", note cet homme calme, conscient de s'exposer. "Il y a aura une autorité politique bicéphale à la commission", tempère un de ses vice-présidents UMP, comme pour l'encadrer.

Une chose est sûre : les deux rivaux potentiels de la commission se font déjà concurrence sur la communication. A peine élu, M. Migaud a confié tout le mal qu'il pensait du "paquet fiscal". Peu après, M. Carrez en a dit du bien, avant d'annoncer le report au 16 juillet de l'examen du projet de loi de règlement et du débat d'orientation budgétaire, négocié dans la matinée par M. Migaud. Chacun marque son territoire et celui de l'autre en prévision des inévitables confrontations à venir.

Claire Guélaud
Article paru dans l'édition du 30.06.07.
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Publié dans Politique Politicienne

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