Rebondissement dans l'assassinat d'un diplomate israélien aux USA il y a 34 ans

Publié le par david castel

 

AP | 28.06.2007 | 18:31

 

 

Le 1er juillet 1973 avant l'aube, le colonel Yosef Alon, ex-pilote de l'armée de l'air israélienne reconverti dans la diplomatie, était abattu en banlieue de Washington. Trente-quatre ans après ce qui paraissait être le crime parfait, des documents déclassifiés de la CIA et du FBI obtenus par l'Associated Press pourraient confirmer la piste du "terrorisme arabe".

Sur la base de ces nouveaux éléments, plusieurs anciens agents du FBI qui ne s'étaient jamais exprimés publiquement sur cette affaire considèrent que le dossier devrait être rouvert.

Dès la mort du diplomate de 43 ans, chargé d'une mission militaire auprès de l'ambassade d'Israël à Washington, les enquêteurs s'étaient orientés vers la piste arabe. Mais officiellement rien n'avait permis d'étayer cette hypothèse et, faute de preuve, les investigations du FBI avaient été closes en 1976.

Le dossier de 7.000 pages du FBI, que l'AP a pu se procurer en vertu du Freedom of Information Act, fait pourtant apparaître que la balle qui a tué Alon devant son domicile du Maryland, alors qu'il rentrait d'une soirée avec sa femme Dvora, a été tirée à une distance de deux mètres par un calibre 38 de fabrication étrangère.

Pour Frank Corn, agent du FBI aujourd'hui retraité, il s'agit indubitablement d'un travail de professionnel. "C'est le sentiment que j'ai eu. Le ou les auteurs connaissaient ses mouvements."

Après avoir dressé une liste d'environ 90 personnes répertoriées comme "terroristes arabes" ou membres d'"organisations arabes extrémistes", le FBI s'est mis en quête de tout nom à consonance arabe dans les registres d'hôtels, de compagnies aériennes et de sociétés de location de voiture. Sans résultat.

D'autres documents déclassifiés du FBI révèlent qu'en février 1977, soit plus de trois ans après les faits, la CIA a reçu un renseignement très détaillé sur les commanditaires potentiels de l'assassinat et sa mise en oeuvre.

"Une source sensible a désigné l'organisation Septembre noir comme responsable de ce crime", peut-on lire dans le dossier déclassifié, qui fait référence au groupe radical palestinien auteur de l'assassinat du Premier ministre jordanien Wasfi Tall en novembre 1971 et de la prise d'otage d'athlètes israéliens en septembre 1972 pendant les Jeux olympiques de Munich.

De même source, il est ajouté que la CIA avait appris par "un haut responsable fedayin" que deux étudiants titulaires de passeports libanais ou chypriotes étaient entrés aux Etats-Unis via le Canada. Ils auraient alors pris contact avec un "professeur" qui les aurait aidés à mener leur mission, notamment en leur fournissant armes et voiture de location.

Une fois leur forfait accompli, ils auraient loué un autre véhicule, pris un avion à destination de la côte ouest, d'où ils auraient rejoint le Moyen-Orient.

Dès lors, le FBI a tenté de vérifier toutes les listes de passagers des vols qu'auraient pu emprunter les suspects. Vainement. De même, la traque du mystérieux professeur n'a rien donné. L'enquête a définitivement été abandonnée en 1977 et la plupart des "preuves potentielles" ont été détruites l'année suivante, acte "regrettable" que déplore Stanley Orenstein, l'agent qui avait mené les premières investigations sur la mort d'Alon. Pour cet ex-agent âgé de 70 ans et retraité depuis 1986, il est néanmoins "temps de jeter un nouveau regard" sur l'ensemble du dossier.

Compte tenu du temps écoulé et de la capacité qu'a le FBI à opérer à l'étranger, "l'affaire devrait pouvoir être résolue", estime lui aussi Fred Burton, qui avait brièvement enquêté sur cet assassinat à la fin des années 80 en tant qu'agent du département d'Etat en charge du contre-terrorisme. Les informations dont disposait la CIA paraissaient en effet solides.

Reste que le cerveau du massacre de Munich, Mohammed Oudeh, qui réside aujourd'hui en Syrie, a assuré à l'AP qu'il ne savait rien de l'opération Alon ni d'une quelconque mission de son groupe aux Etats-Unis. En 1973, il se trouvait dans une prison jordanienne. AP

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Publié dans Munich Selon Spielberg

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