"Guerre totale" à Gaza entre le Fatah et le Hamas
Le débat autour de la guerre des 6 jours sur la chaîne 24, auquel a
participé David Chemla, est désormais en ligne :
http://www.dailymotion.com/La_Paix_Maintenant/video/x28v7b_la-guerre-des-six
-jours-40-ans-apre
-----------------------------------------------
Ha'aretz, 12 juin 2007
http://www.haaretz.com/hasen/spages/870095.html
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Mardi, les violences inter-palestiniennes dans la bande de Gaza ont continué
de plus belle, faisant au moins 17 morts en 24 heures, après que des hommes
en armes ont attaqué le domicile du premier ministre palestinien Ismaïl
Haniyeh (Hamas). Le Hamas considère cette attaque menée à l'aide de RPGs
(rocket-propelled grenades) comme une tentative d'assassinat. Deuxième
attaque de la sorte en quelques jours. Le fils de Haniyeh, Abdel Salam, a
dit qu'une RPG avait frappé la maison, située dans le camp de réfugiés de
Shati, alors que sa famille se trouvait à l'intérieur. La maison a été
endommagée mais aucune victime n'est à déplorer, a-t-il ajouté.
Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a accusé le Fatah de viser les
institutions palestiniennes pour abattre le Hamas. "Ils ont franchi toutes
les lignes jaunes", a-t-il déclaré en parlant du Fatah.
Mardi après-midi, le Hamas, dans le cadre de la lutte pour le pouvoir qui
s'étend rapidement dans la bande de Gaza, a lancé une attaque contre le QG
des forces du Fatah au nord de Gaza, enjeu clé du conflit sanglant qui
oppose les deux parties.
Environ 200 miliciens du Hamas ont encerclé le QG, où sont pris au piège
quelque 500 hommes en armes du Fatah. Le Hamas tire sur l'immeuble à coups
de mortier et de RPGs. "Ils attaquent de tous les côtés, a dit l'un des
officiers, Khaled Awad.
Plus tôt dans la journée, le Hamas avait exigé que les forces du Fatah
abandonnent leurs positions, menaçant d'attaquer ceux qui demeureraient à
leur poste.
Des radios liées au Hamas indiquent que ses combattants ont déjà pris le
contrôle d'installations au nord au et centre de la bande de Gaza, ainsi que
dans la ville de Khan Younis, au sud. Ces informations n'ont pas pu être
vérifiées de source indépendante. Le colonel Nasser Khaldi, qui commande les
forces du Fatah au sud, a confirmé que ses hommes étaient sur la défensive.
Pour lui, Mahmoud Abbas, leader du Fatah, doit ordonner de répliquer. "Il y
a une faiblesse de la part de nos leaders", dit-il. "Le Hamas est en train
de prendre le contrôle de nos positions, et nous n'avons aucun ordre."
A Khan Younis, les rues se sont vidées. Un membre des forces liées au Fatah
a affirmé que le Hamas avait pris un certain nombre de positions du Fatah,
mais que le complexe principal était toujours contrôlé par le Fatah. Ce
officier dit que le Hamas s'est rendu maître d'un immeuble proche du
complexe, mais que "nos ordres sont de nous défendre s'ils arrivent, mais
pas d'attaquer."
Les combats ont aussi pris pour cible des personnalités des deux côtés, dont
l'enlèvement d'un vice-ministre du Hamas. Cet enlèvement, qui a eu lieu à
Ramallah, indique que les affrontements pourraient s'étendre à la
Cisjordanie.
A Gaza, l'ancien ministre palestinien Nabil Shaath (Fatah) a déclaré que des
miliciens du Hamas avaient mis à sac son domicile, et tiré sur l'un de ses
gardes du corps. Shaath, qui répondait aux médias par téléphone, est apparu
secoué, mais il a précisé qu'aucun des membres de sa famille n'avait été
touché. Toutefois, selon lui, les assaillants ont dérobé de nombreux objets
à son domicile, dans la ville de Beit Lahia, au nord de Gaza.
Toujours mardi, des miliciens du Hamas se sont emparés de l'hôpital de Khan
Younis, ce qui en fait le troisième centre médical à passer sous contrôle du
Hamas en deux jours, après celui de Dhifa à Gaza et celui de Beit Hanoun. Il
y a eu des échanges de tirs dans l'hôpital. Des sources du Hamas avaient
indiqué que des miliciens seraient envoyés dans les hôpitaux, de crainte que
des miliciens du Fatah s'attaquent à des hommes du Hamas qui y sont soignés.
Un muezzin a averti que le Hamas attaquerait le QG des forces préventives à
Gaza, loyales au Fatah : "L'avertissement que nous vous avions donné a
expiré, et nous allons attaquer cette position tenue par les collaborateurs
des sionistes."
Ce même mardi, le Hamas a déclaré que des hommes armés du Fatah avaient
enlevé un membre de l'aile militaire du Hamas qu'ils ont exécuté en pleine
rue. L'homme était un cousin d'Abdel Aziz Rantissi, leader du Hamas
assassiné par Israël en 2004.
Plus tôt dans la journée, trois femmes et un enfant ont été tués lors d'une
attaque au mortier et à la grenade du Hamas contre le domicile d'un haut
gradé du service de sécurité du Fatah, Hassan Abou Rabi. Abou Rabi a été
enlevé, et son fils âgé de 14 ans ainsi que trois femmes qui se trouvaient
dans la maison ont été tués. Par ailleurs, des hommes en armes du Fatah ont
livré assaut sur la maison d'un député du Hamas, maison qu'ils ont
complètement brûlée.
Cette violence, qui couvait depuis quelque temps, a explosé lundi matin en
combats violents. Les hôpitaux sont devenus des champs de bataille et les
rues des lieux d'exécutions publiques.
Le Fatah comme le Hamas, sur leurs sites web et par l'intermédiaire de SMS
envoyés à leurs militants, appellent à l'exécution de leaders de l'autre
bord, militaires et politiques. Les deux côtés qualifient ces combats de
guerre civile totale.
(...)
Dans la nuit du lundi au mardi, des miliciens ont assiégé la maison de Jamal
Abou
al-Jediyan, le plus haut représentant du Fatah au nord de Gaza, l'ont
entraîné à l'extérieur et l'ont tué. Les médecins affirment qu'il a reçu 45
balles. Al-Jediyan était le plus proche collaborateur de Mohammed Dahlan.
Son frère à également été tué de la même manière, à bout portant. Maher
Mikdad, porte-parole du Fatah, a durement condamné cet assassinat :
"Qu'est-ce que c'est, sinon une guerre?", a-t-il dit en appelant à la
vengeance.
Nabil Abou Roudeineh, collaborateur de Mahmoud Abbas, a affirmé qu'aucune
issue n'était en vue. "Vous pouvez constater par vous-mêmes qu'en ce moment,
il n'est pas question de cessez-le-feu", a-t-il dit par téléphone à
Associated Press, en faisant porter la responsabilité [des violences] sur le
Hamas.
Le chef de la délégation de sécurité égyptienne, le général Bourhan Hamad,
qui tentait de négocier une trêve, a déclaré à la télévision palestinienne
qu'il appellerait les gens à descendre dans la rue pour protester si les
deux parties ne trouvaient pas un accord pour cesser les combats.
participé David Chemla, est désormais en ligne :
http://www.dailymotion.com/La_Paix_Maintenant/video/x28v7b_la-guerre-des-six
-jours-40-ans-apre
-----------------------------------------------
Ha'aretz, 12 juin 2007
http://www.haaretz.com/hasen/spages/870095.html
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Mardi, les violences inter-palestiniennes dans la bande de Gaza ont continué
de plus belle, faisant au moins 17 morts en 24 heures, après que des hommes
en armes ont attaqué le domicile du premier ministre palestinien Ismaïl
Haniyeh (Hamas). Le Hamas considère cette attaque menée à l'aide de RPGs
(rocket-propelled grenades) comme une tentative d'assassinat. Deuxième
attaque de la sorte en quelques jours. Le fils de Haniyeh, Abdel Salam, a
dit qu'une RPG avait frappé la maison, située dans le camp de réfugiés de
Shati, alors que sa famille se trouvait à l'intérieur. La maison a été
endommagée mais aucune victime n'est à déplorer, a-t-il ajouté.
Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a accusé le Fatah de viser les
institutions palestiniennes pour abattre le Hamas. "Ils ont franchi toutes
les lignes jaunes", a-t-il déclaré en parlant du Fatah.
Mardi après-midi, le Hamas, dans le cadre de la lutte pour le pouvoir qui
s'étend rapidement dans la bande de Gaza, a lancé une attaque contre le QG
des forces du Fatah au nord de Gaza, enjeu clé du conflit sanglant qui
oppose les deux parties.
Environ 200 miliciens du Hamas ont encerclé le QG, où sont pris au piège
quelque 500 hommes en armes du Fatah. Le Hamas tire sur l'immeuble à coups
de mortier et de RPGs. "Ils attaquent de tous les côtés, a dit l'un des
officiers, Khaled Awad.
Plus tôt dans la journée, le Hamas avait exigé que les forces du Fatah
abandonnent leurs positions, menaçant d'attaquer ceux qui demeureraient à
leur poste.
Des radios liées au Hamas indiquent que ses combattants ont déjà pris le
contrôle d'installations au nord au et centre de la bande de Gaza, ainsi que
dans la ville de Khan Younis, au sud. Ces informations n'ont pas pu être
vérifiées de source indépendante. Le colonel Nasser Khaldi, qui commande les
forces du Fatah au sud, a confirmé que ses hommes étaient sur la défensive.
Pour lui, Mahmoud Abbas, leader du Fatah, doit ordonner de répliquer. "Il y
a une faiblesse de la part de nos leaders", dit-il. "Le Hamas est en train
de prendre le contrôle de nos positions, et nous n'avons aucun ordre."
A Khan Younis, les rues se sont vidées. Un membre des forces liées au Fatah
a affirmé que le Hamas avait pris un certain nombre de positions du Fatah,
mais que le complexe principal était toujours contrôlé par le Fatah. Ce
officier dit que le Hamas s'est rendu maître d'un immeuble proche du
complexe, mais que "nos ordres sont de nous défendre s'ils arrivent, mais
pas d'attaquer."
Les combats ont aussi pris pour cible des personnalités des deux côtés, dont
l'enlèvement d'un vice-ministre du Hamas. Cet enlèvement, qui a eu lieu à
Ramallah, indique que les affrontements pourraient s'étendre à la
Cisjordanie.
A Gaza, l'ancien ministre palestinien Nabil Shaath (Fatah) a déclaré que des
miliciens du Hamas avaient mis à sac son domicile, et tiré sur l'un de ses
gardes du corps. Shaath, qui répondait aux médias par téléphone, est apparu
secoué, mais il a précisé qu'aucun des membres de sa famille n'avait été
touché. Toutefois, selon lui, les assaillants ont dérobé de nombreux objets
à son domicile, dans la ville de Beit Lahia, au nord de Gaza.
Toujours mardi, des miliciens du Hamas se sont emparés de l'hôpital de Khan
Younis, ce qui en fait le troisième centre médical à passer sous contrôle du
Hamas en deux jours, après celui de Dhifa à Gaza et celui de Beit Hanoun. Il
y a eu des échanges de tirs dans l'hôpital. Des sources du Hamas avaient
indiqué que des miliciens seraient envoyés dans les hôpitaux, de crainte que
des miliciens du Fatah s'attaquent à des hommes du Hamas qui y sont soignés.
Un muezzin a averti que le Hamas attaquerait le QG des forces préventives à
Gaza, loyales au Fatah : "L'avertissement que nous vous avions donné a
expiré, et nous allons attaquer cette position tenue par les collaborateurs
des sionistes."
Ce même mardi, le Hamas a déclaré que des hommes armés du Fatah avaient
enlevé un membre de l'aile militaire du Hamas qu'ils ont exécuté en pleine
rue. L'homme était un cousin d'Abdel Aziz Rantissi, leader du Hamas
assassiné par Israël en 2004.
Plus tôt dans la journée, trois femmes et un enfant ont été tués lors d'une
attaque au mortier et à la grenade du Hamas contre le domicile d'un haut
gradé du service de sécurité du Fatah, Hassan Abou Rabi. Abou Rabi a été
enlevé, et son fils âgé de 14 ans ainsi que trois femmes qui se trouvaient
dans la maison ont été tués. Par ailleurs, des hommes en armes du Fatah ont
livré assaut sur la maison d'un député du Hamas, maison qu'ils ont
complètement brûlée.
Cette violence, qui couvait depuis quelque temps, a explosé lundi matin en
combats violents. Les hôpitaux sont devenus des champs de bataille et les
rues des lieux d'exécutions publiques.
Le Fatah comme le Hamas, sur leurs sites web et par l'intermédiaire de SMS
envoyés à leurs militants, appellent à l'exécution de leaders de l'autre
bord, militaires et politiques. Les deux côtés qualifient ces combats de
guerre civile totale.
(...)
Dans la nuit du lundi au mardi, des miliciens ont assiégé la maison de Jamal
Abou
al-Jediyan, le plus haut représentant du Fatah au nord de Gaza, l'ont
entraîné à l'extérieur et l'ont tué. Les médecins affirment qu'il a reçu 45
balles. Al-Jediyan était le plus proche collaborateur de Mohammed Dahlan.
Son frère à également été tué de la même manière, à bout portant. Maher
Mikdad, porte-parole du Fatah, a durement condamné cet assassinat :
"Qu'est-ce que c'est, sinon une guerre?", a-t-il dit en appelant à la
vengeance.
Nabil Abou Roudeineh, collaborateur de Mahmoud Abbas, a affirmé qu'aucune
issue n'était en vue. "Vous pouvez constater par vous-mêmes qu'en ce moment,
il n'est pas question de cessez-le-feu", a-t-il dit par téléphone à
Associated Press, en faisant porter la responsabilité [des violences] sur le
Hamas.
Le chef de la délégation de sécurité égyptienne, le général Bourhan Hamad,
qui tentait de négocier une trêve, a déclaré à la télévision palestinienne
qu'il appellerait les gens à descendre dans la rue pour protester si les
deux parties ne trouvaient pas un accord pour cesser les combats.
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