Il y a 50 ans: la découverte du crime de Vinnytsia

Publié le par david castel


(par J. Chevtchenko )

Les historiens ont beaucoup étudié les crimes de Katyn où des milliers d'officiers polonais ont été liquidés par le NKVD sur ordre de Staline. Le 13 avril 1990, Mikhaïl Gorbatchev reconnaissait la responsabilité de l'U.R.S.S. dans ce meurtre collectif de l'élite polonaise. Mais qui connaît le crime de Vinnytsia en Ukraine ?

La découverte des charniers

En mai 1943, alors que les Allemands occupaient encore une partie de l'Ukraine, des responsables de l'administration locale de Vinnytsia vinrent trouver les autorités d'occupation pour leur révéler la présence de fosses communes à l'ouest de leur cité, dans la rue Litynska. Vinnytsia était alors une ville de plus 100 000 habitants et la capitale régionale d'un oblast agricole du même nom au sud-ouest de l'Ukraine. Les responsables locaux ukrainiens apprirent aux Allemands que le NKVD russo-soviétique du régime communiste avait enterré des corps de prisonniers politiques exécutés cinq ans auparavant.
Les Allemands menèrent alors une enquête et les autorités municipales ukrainiennes entreprirent les travaux aux endroits indiqués par les témoins, un verger, un parc et un cimetière. Le témoin Skrepko désigna trois rangées de tombes dans le verger, difficiles à découvrir car recouvertes sous des buissons. Le témoin Weis se rappelait si bien l'emplacement des fosses communes qu'on commença immédiatement leur ouverture. Localisées, les fosses communes ne furent officiellement ouvertes qu'en juin 1943. On ouvrit d'abord les charniers du verger. Trente-huit tombes furent découvertes,le long de l'ancienne palissade qui clôturait le verger, seize tombes . Les autres tombes furent retrouvées dispersées un peu partout dans le verger. Les tombes avaient deux mètres sur trois et trois à quatre mètres de profondeur. A deux mètres de profondeur, on touchait déjà les vêtements, puis les corps empilés. Dans certaines fosses, les cadavres étaient allongés par rangés, dans d'autres, ils avaient été jetés pêle-mêle. Lorsqu'on ouvrait les fosses communes, on trouvait toujours la même manière de procéder des fossoyeurs du NKVD: une couche de terre, puis une couche de vêtements et en dessous les cadavres. La fosse présentant plusieurs épaisseurs. Dans le cimetière et dans le parc, l'ouverture des fosses eut lieu le 25 juin 1943. Quatorze tombes furent ouvertes dans le cimetière au cours d'une première opération. Les témoins en indiquèrent une vingtaine d'autres. Dans le parc municipal, vingt-quatre charniers furent ouverts. En l'espace d'un mois, 9439 corps furent retirés des fosses communes du parc municipal et d'un verger voisin bien que plusieurs tombes collectives localisées ne furent pas ouvertes.

Contrairement aux officiers polonais exécutés dans la forêt de Katyn, les corps trouvés à Vinnytsia étaient ceux de civils, essentiellement des paysans et des ouvriers. Un rapide examen montra que tous les corps masculins avaient les mains liées dans le dos comme les Polonais de Katyn. Au contraire des cadavres masculins toujours vêtus, les corps d'un certain nombre de jeunes filles étaient nus. Tous avaient été tués d'une balle de pistolet automatique de calibre 22 dans la nuque, ce qui était la marque habituelle des exécuteurs du NKVD.

Les commissions médicale et internationale et les examens médico-légaux

Dès l'ouverture des fosses communes, des médecins ukrainiens examinèrent les premiers corps.
Le 15 juin 1943, le professeur Schräder de l'Université de Halle (Allemagne), fut nommé président d'une Commission médicale Le professeur Schräder et son assistant le docteur Kamerer furent aidés des médecins ukrainiens de Vinnytsia lorsque ces derniers avaient du temps libre.

Ces spécialistes examinèrent 95 fosses communes et autopsièrent un grand nombre de corps. En comptant les autopsies, ce sont 1670 corps qui furent examinés en détail par les médecins.
Le professeur Schräder publia un rapport intitulé:

" Rapport médico-légal sur les meurtres collectifs de Vinnytsia "

1. Le nombre de tombes trouvées dans le jardin appartenant au NKVD, qui ont été ouvertes, s'élève à trente huit. Dans une d'entre elles, en plus des vêtements, il n'y avait que dix-huit cadavres ; dans la seconde soixante-quatorze ; dans les autres, de cent à cent trente. Dans deux d'entre elles, on trouva jusqu'à deux cent cinquante et deux cent quatre-vingt cadavres. Dans le cimetière, près de l'hôpital Pirogov, on découvrit quarante deux tombes. Tenant compte de la proximité de l'hôpital, toutes ces tombes ne furent pas ouvertes complètement, mais plusieurs corps furent exhumés de chacune, à toute fins d'examen. Dans le parc national, parmi les arbres, on trouva quatorze fosses et dix dans l'autre partie du parc; quarante corps furent retirés des quatorze tombes pour être examinés.

2. L'examen détaillé de mil six cent soixante dix corps fournit les raisons exactes de la mort. Tous les cadavres portaient à la nuque les traces d'un coup de feu qui avait paralysé les vertèbres du coup ou l'action du cerveau. Dans presque tous les cas on remarqua deux, trois ou même quatre blessures. Ceci ne peut s'expliquer que par l'emploi du pistolet à petit calibre et de balles de plomb. L'arme était si petite et si légère qu'on devait tirer plusieurs fois pour tuer un être humain.

Il est remarquable que, dans tous les cas, on observa les traces d'une balle tirée sur la victime, mais aucune trace de sa sortie. Les exemples où la balle traversa la tête sont très rares. Dans soixante cas environ, en plus des blessures de balles, se trouvaient des crânes écrasés. Cela prouve que les victimes avaient été tuées avec une arme lourde, crosse de fusil ou matraque, alors qu'elles vivaient encore après les coups de feu reçus.

3. Toutes les victimes avaient les mains liées derrière le dos. Il se trouva l'exemple d'une victime qui avait un bras sans poignée, n'empêcha que ce bras était également attaché avec l'autre main derrière le dos. Trois jeunes femmes d'environ trente quarante ans n'étaient pas attachées, mais elles aussi avaient des traces de balle dans la nuque. Elles étaient jetées dans la fosse toutes nues. Une femme d'environ trente ans, nue elle aussi, avait les bras liés derrière le dos. Les femmes d'âge moyen, au nombre d'environ quinze, étaient, comme les hommes, vêtues.

4. Les âges des victimes examinées :
a) le verger
de 20 à 30 ans - 274;
de 30 à 40 ans -3508 ;
de 40 à 50 ans et plus âgées - 827
b) le cimetière
de 20 à 30 ans - 294 ;
de 30 à 40 ans - 1436 ;
de 40 à 50 et plus âgées - 451 ;
c) le parc national
de 20 à 30 ans - 58 ;
de 30 à 40 ans - 1038 ;
de 40 à 50 et plus âgées - 88.

5. Les fosses communes du parc national et du cimetière, une fois ouvertes et examinées en partie, révélèrent les mêmes faits que celles du verger. Les cadavres avaient les mains liées derrière le dos, deux ou trois blessures à la têtes, causées par la même arme aux balles de plomb.

6. Après avoir compté les corps dans les tombes ouvertes, les chiffres minima sont :
a) le verger - 5644 (dont 33 femmes) ;
b) le cimetière - 2405 (dont 85 femmes) ;
c) le parc national - 1393 (dont 31 femmes) ;
Ensemble 9442 victimes.

[Le nombre total de cadavres dans les trois sites de Vinnytsia s'élève à 11.000-12.000.]

7.La date des crimes Les cadavres furent découverts à divers stades de décomposition. Grâce aux deux mètres d'argile qui empêchaient l'eau de pénétrer, et aux quelques vêtements que portaient les cadavres, la plupart des corps avaient commencé à se momifier. Dans la plupart des crânes examinés, on remarqua une calcification du cerveau. Ces conditions, d'après l'examen des experts médico-légaux, certifient que la mort était survenue cinq ou six ans auparavant, en d'autres termes, que les crimes avaient eu lieu entre 1937 et 1939. (...)"

Les 13 et 14 juillet 1943, une commission internationale d'experts composée de médecins légistes de pays alliés, occupés et neutres, les docteurs Seonon (Gent, Belgique), Mychajlow (Sofia, Bulgarie), Pesonen (Helsinki, Finlande), Cazzaniga (Milan, Italie), Jurak (Zagreg, Croatie), de Poorten (Amsterdam, Hollande), Birkle (Bucarest, Roumanie), Häggqvist (Stockholm, Suède), Kresek (Bratislava, Slovaquie), Orsoz (Budapest, Hongrie) et Duvoir (Paris, France), préalablement sollicitée par les Allemands pour examiner les corps, rendit un rapport:

" Les membres de la Commission ont inspecté tous les endroits où les tombes ont été découvertes. La plupart des tombes avaient même forme, même étendue et même profondeur. Dix d'entre elles étaient plus vastes et plus profondes que le reste. Les cadavres étaient couchés n'importe comme dans toute les tombes examinées. Les membres de la Commission eux-mêmes ont fait les autopsies de 24 cadavres examines par les experts médico-légaux. On procéda à l'autopsie de tous les corps trouvés à l'emplacement N°1 ainsi que d'un cadavre provenant de l'emplacement N°3 (parc national).

Tous les corps masculins étaient habillés et avaient les mains liées derrière le dos. Trois corps de femmes étaient nus, les mains n'étant pas liées (tombes 24-26).

Tous les corps avaient des blessures, principalement à la nuque, causées par l'emploi d'un pistolet de petit calibre: 5,6 millimètres. Toutes les balles étaient en plomb. Il a été prouvé que dans la plupart des cas, elles ont été tirées à bout portant. Généralement les balles étaient restées dans la tête. Sur la plupart des victimes, il y avait deux ou même trois blessures distinctes.
En plus des blessures, à la tête, causées par des armes lourdes et épaisses, quelques victimes avaient la mâchoire inférieure fracassée, quelques-unes le crâne écrasé", etc... Dans un cas, le crâne avait été écrasé par plusieurs balles tirées dans la nuque. Dans la majorité des cas, la mort avait été causée par le coup de feu. Mais personnes assassinées appartenaient à la classe ouvrière ou paysanne, et étaient d'âge moyen.
Les buissons épais, qui avaient poussé sur quelques tombes, la dureté du sol où elles étaient creusées, et surtout l'aspect des cadavres et leur état de décomposition, indiquent que ces gens avaient été enterrés cinq ans auparavant. Et ceci fut confirmé par la population locale et spécialement par les parents des morts et les fonctionnaires des bureaux locaux.

Remarques générales : les membres soussignés de la Commission examinèrent soixante-six tombes, sur le territoire de la ville de Vinnytsia. Tous les cadavres portaient des blessures d'arme à feu, à la nuque, sauf un qui reçut le coup de face à la tempe. On découvrit beaucoup de victimes tuées sur le coup par l'emploi d'objets lourds, telles que des barres de fer. A la suite des témoignages des parents et des témoins, des documents trouvés dans les vêtements et de l'état des cadavres, il fut établi que les crimes furent commis en 1938.

Dr. Soenon, Gent, Belgique.
Dr. Mychajlow, Sofia, Bulgarie.
Dr. Pesonen, Helsinki,, Finlande.
Dr. Duvoir, Paris, France.
Dr. Cazzaniga, Milan, Italie.
Dr. Jurak, Zagreb, Croatie.
Dr. de Poorten, Amsterdam, Hollande.
Dr. Birkle, Bucarest, Roumanie.
Dr. Häggqvist, Stockholm, Suède.
Dr. Kresek, Bratislava, Slovaquie.
Dr. Orsoz, Budapest, Hongrie."

L'identification des victimes

Sur les 1670 corps étudiés, on parvint à identifier formellement 679 personnes grâce aux vêtements,des chemises brodées notamment, aux divers documents trouvés sur elles ou par la reconnaissance visuelle des restes humains par des membres de leur famille. En effet, les populations, alertées par les bruits qui couraient que des fosses communes avaient été découvertes et que l'on exhumait des corps venaient nombreuses à Vinnytsia et un certain nombre de familles purent reconnaître un proche parent.
Le quotidien Les Nouvelles de Vinnytsia publiait tous les jours les noms des victimes identifiées et des parents de personnes arrêtées ou disparues dans les années 1938-1939 venaient sur les lieux afin de trouver une réponse.
Parallèlement des témoignages de parents de victimes furent recueillis sur les conditions des arrestations et des disparitions de leurs proches. Les familles qui avaient formellement identifié des corps témoignèrent toutes que les victimes avaient été arrêtées par le NKVD en 1937 et en 1938 comme " ennemis du peuple " et avaient été soi-disant condamnées à 10 ans de camp de concentration. Aucune raison ne pu être avancée par les familles de ces victimes pour expliquer leur arrestation et condamnation. Aucun des suppliciés n'avait d'activité politique ou commis de crime quelconque ou de délit même mineur. Parfois des témoignages de proches firent penser que la jalousie de membres du parti communiste, des accusations absurdes de sabotage ou d'espionnage, de pratiques religieuses, de correspondance avec de parents à l'étranger entraînèrent la mort de milliers d'innocents. La seule chose qu'on savait vraiment d'eux c'est qu'ils étaient tous Ukrainiens et paysans ou ouvriers, en dehors de quelques prêtres et fonctionnaires. Les autorités ukrainiennes estimèrent qu'en plus des 9439 corps exhumés, il y en avait encore au moins 3000 dans des fosses communes non ouvertes dans une zone proche.

Les arrestations et les exécutions

En interrogeant des habitants de Vinnytsia et des environs qui avaient eu connaissance de ces faits tragiques, on a pu reconstituer le scénario de ce qui s'était passé.
En 1937 et 1938, des équipes du NKVD écumèrent les villes et les villages de la région, arrêtant les gens. L'épouse d'une des victimes témoigna des paroles adressés à son mari par les sbires du NKVD lors de son arrestation : " Eh, toi, chien ! Tu as assez vécu… ".
D'autres témoins rapportèrent que des vengeances personnelles semblent avoir été les causes de certaines arrestations, comme la convoitise d'une maison ou d'un appartement ou encore une menace verbale proférée à un simple membre du parti communiste. Il apparaît donc que la majorité des arrestations le fut pour des motifs personnels mais souvent liés au caractère ethnique. Pour les Ukrainiens cela n'était pas à proprement parler nouveau, depuis plus de vingt ans déjà ils étaient regardés avec suspicion par les citadins, essentiellement russes ou juifs et membres du parti communiste, et leur opposition à la collectivisation les avaient à jamais mis au ban de la société soviétique.
La paysannerie ukrainienne indépendante, partisane de la libre entreprise et autosuffisante en faisait une cible privilégiée depuis la révolution. Après la famine-génocide de 1932-1933 ordonnée par Staline et organisée par Lazare Moïseïevitch Kaganovitch, "le boucher de l'Ukraine", mort dans son lit à plus de 90 ans au début des années 90, il était peut-être temps pour le Kremlin de frapper à nouveau en 1937-1938.
A cette période, 30 000 personnes furent arrêtées dans la seule région de Vinnytsia et la plupart d'entre elles emprisonnées par le NKVD dans la prison de la ville. La prison de Vinnytsia était normalement d'une capacité de 2000 prisonniers mais au cours des années 1937 et 1938, plus de 18 000 personnes y furent enfermées simultanément. Au cours de l'année 1938, des douzaines de prisonniers furent extraites chaque nuit de leurs cellules et conduits vers un garage du NKVD tout proche. Là, les mains attachées dans le dos, les prisonniers étaient emmenées un par un, à quelques centaines de pas de là, sur la piste de lavage des véhicules du NKVD. La piste était munie d'une grille d'évacuation des eaux usées. Arrivé au bord de la piste de lavage, le prisonnier était exécuté d'une balle tirée dans la nuque presqu'à bout portant et, lorsque la victime s'écroulait sur la piste, son sang s'évacuait tout naturellement par le système d'évacuation des eaux usées. C'est ce que les exécuteurs du NKVD appelaient entre eux le " travail humide " (mokraya rabota) dont ils avaient la pleine maîtrise.
Un camion dont le moteur tournait à plein régime était garé à côté du lieu des exécutions pour couvrir le bruit des tirs. Alors qu'un nouveau prisonnier était emmené pour être exécuté, deux hommes du NKVD ramassaient le cadavre du précédent supplicié et l'entassait à l'intérieur du camion parmi les autres corps.
Lorsque le quota des exécutions de la nuit était atteint, le camion chargé de corps partait pour le parc clos ou le verger voisin où les fosses étaient déjà creusées, prêtes à recevoir les corps en grand nombre.
D'après A. Sutton (1), Nikita Sergueïevitch Krouchtchev aurait supervisé les exécutions de Vinnytsia, comme il supervisa avec certitude celles de la reprise de l'Ukraine par les forces soviétiques à la fin de la Seconde guerre mondiale en 1943 et 1944.
Nuit après nuit, jour après jour, mois après mois, " le travail humide " se prolongea tout au long de l'année 1938.

La dissimulation du crime

On apprit sans peine les étapes de la création des fosses communes. Une double palissade en bois de trois mètres de haut fut érigée le long de la rue Litynska. Elle intriguait les gens et les plus hardis posaient des questions et recevaient toutes sortes de réponses. Le bruit se répandit très vite que le NKVD occupait les lieux et qu'il y avait une fosse destinée aux cadavres. L'odeur des cadavres en décomposition, un oeil jeté en cachette par un trou dans la palissade, le passage incessant des camions bâchés jusqu'en 1941, date de l'occupation allemande, des traces de sang sur la chaussée, la présence permanente de gardes confirmaient la destination du lieu. L'endroit fut transformé en zone interdite par les autorités locales sous contrôle communiste. Un extrait de la minute N°1 du Praesidium du Soviet municipal de Vinnytsia du 1er avril 1939 l'atteste:

"Ordre du jour:

Une information du Commissariat national à la Sécurité intérieure (NKVD) quant à l'interdiction au public du terrain situé près de la laiterie Slowianska à Vinnytsia.
Adopté: fermer au public le terrain susdit qui est la propriété du Soviet municipal, d'une superficie de 27 hectares et 9,151 mètres carrés, et le réserver à l'usage du Commissariat national à la Sécurité intérieure (NKVD).
Il est interdit de bâtir toute construction sur ce terrain sans autorisation spéciale du Commissariat national de la Sécurité intérieure. Les limites sont les suivantes:

a)au nord, le bois et la terre du village Piatnychany;
b)à l'est, le bâtiment N° 646;
c)au sud, la rue Lytinska.
Le coût de tous les bâtiments sera couvert par le Commissariat national.

Signé: le Président du Soviet municipal: Foursa
le secrétaire: Slobodianiouk "

Malgré ces précautions, les témoins furent nombreux. Un hôpital jouxtait les lieux et les nombreux déplacement des personnels les faisaient rencontrer ce qu'ils n'auraient pas du voir. Les communistes fermèrent donc le plus beau parc de Vinnytsia, rempli de monde les jours de congé, en interdisant l'accès aux habitants. Comble du cynisme, à l'emplacement de fosses communes mises à niveau du sol dans le parc, les communistes aménagèrent au printemps 1939 une piste de danse en plein air et installèrent des balançoires et autres jeux pour les enfants.

Epilogue

Début 1944, l'Armée rouge reprit la région lors d'une des offensives vers l'ouest et un voile recouvrit les atrocités de Vinnytsia, l'Ukraine redevenant soviétique pour près d'un demi-siècle. L'occupation nazie cessa et fut remplacée par l'occupation russo-soviétique. Aussitôt, plus d'une centaine de personnes ayant témoigné lors de la découverte des charniers fut arrêtée et rapidement exécutée par les organes de répression.

Si le crime de Vinnytsia fut officiellement découvert en mai 1943, il ne donna pas lieu à beaucoup d'études contrairement au massacre de Katyn.
Aujourd'hui on connaît bien la vérité sur le crime de Katyn mais toujours pas celle sur celui de Vinnytsia, sans oublier les révélations sur les charniers de Kyiv, Jitomir, Kamienets-Podolsky et très récemment Ternopil où, pour la première fois et au grand jour, des fosses communes remplies de cadavres d'enfants exécutés par les organes de répression soviétiques ont été mis à jour (Voir Mirel Bran, "En Ukraine, la découverte de charniers datant de l'ère stalinienne inquiète la Russie", Le Monde, 26 juilet 2002).
En Europe, et particulièrement en France, dans les années de l'immédiat après-guerre, le temps ne s'y prêtait pas. Aujourd'hui, il semble ne pas s'y prêter encore.
Le mensonge perdure et si le 3 juin 2002 des Ukrainiens ont commémoré le crime soviétique de Vinnytsia, en 2003, la municipalité communiste de la ville de Vinnytsia rejette toujours la vérité et s'oppose à l'installation d'un monument du souvenir à l'emplacement des fosses communes.

Note

(1) A.Sutton, "The best enemy money can buy", Studies in Reformed Theology, 2000.


Bibliographie

Le crime de Moscou à Vinnytzia, Introduction de John Stewart, Union des Ukrainiens de France, Paris, 1953 (48 pages)
Vinnitsa. Crime et expiation, sl, sd (80 pages)

Filmographie

L'INA Institut National de l'Audiovisuel -Paris-Inathèque de France, Bibliothèque François Mitterrand, Quai François Mauriac, 75706 Paris cedex 13 ) détiendrait, d'après le catalogue en ligne, un film d'actualité sur le service religieux qui eut lieu le 30 juillet 1943 après la découverte des fosses communes de Vinnytsia.
(INA - Histoire et société - Archives de guerre.
Mots-clés: Obsèques et Charnier
)
[Note de l'INA: "De nombreux militaires et civils découvrent les fosses communes de Vinnitsa. Une cérémonie religieuse est célébrée en mémoire des victimes. 29 sec."]

Voir la galerie de photographies consacrés à Vinytsia.

Copyright 2003 J. Chevtchenko

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