L'or échappe à Manaudou

Publié le par david castel

31/03/2007 - 12:53 Par LAURENT DUYCK
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A la conquête d'un Grand Chelem 200-400-800 mètres nage libre que seul Ian Thorpe, rattrapé à Melbourne par le soupçon du dopage, a réussi au niveau mondial, Laure Manaudou a échoué d'un rien dans sa tentative de grand écart. En dépit d'un record d'Europe battu (8'18"80), la protégée de Philippe Lucas doit se contenter de la médaille d'argent du 800 mètres, derrière l'Américaine Kate Ziegler, déjà sacrée sur la distance en 2005. Sa copine d'entraînement, Esther Baron, est quant à elle restée au pied du podium du 200 mètres dos.

Déçue, Laure Manaudou décroche tout de même sa cinquième médaille à Melbourne.Déçue, Laure Manaudou décroche tout de même sa cinquième médaille à Melbourne.
Non, Laure Manaudou n'est pas infaillible. La Française a aussi ses faiblesses que la pression qu'elle supporte depuis la France et l'annonce du contrôle positif de Ian Thorpe, l'icône de la natation et l'idole de l'Australie, n'ont pas manqué de révéler. La fuite du contrôle positif du quintuple champion olympique, dévoilée dans la nuit de vendredi à samedi par L'Equipe, avait eu vite fait d'inonder samedi matin la Rod Laver Arena de Melbourne, prenant dans sa vague une Laure Manaudou à la conquête d'un Grand Chelem 200-400-800 mètres nage libre que seul... Ian Thorpe a réussi au niveau mondial.

De Thorpe à Manaudou, la presse australienne, aussi réputée que celle de Grande-Bretagne, n'a pas tardé à faire le grand écart, tentant de jeter le trouble sur les performances exceptionnelles de la nageuse du Canet-en-Roussillon pour mieux dédouaner son héros local. Un procédé de vase communicant peu étonnant dans ce monde de la natation où les luttes intestines pullulent. Pour preuve, la gestion de cette affaire Thorpe que la Fédération australienne avait décidé de noyer avant que la Fédération internationale (Fina) ne se décide à porter, au vu des éléments recueillis par l'Agence australienne anti-dopage (ASADA), devant le Tribunal arbitral du sport (TAS).

L'or à la touche

C'est donc dans ce climat pesant, et sous les yeux d'un Ian Thorpe tout sourire dans les tribunes au milieu de la délégation australienne, que Laure Manaudou se présentait au pied du bassin lors de cette septième et avant-dernière journée des championnats du monde. Les traits fermés, les yeux rivés sur couloir, la Française ressassait déjà la tactique élaborée avec Philippe Lucas, à savoir coller à l'Américaine Kate Ziegler avant d'accélérer dans les deux dernières longueurs. Ce scénario se vérifiait dans l'eau. Au coude à coude pendant l'essentiel de la course, les deux nageuses se rendaient coup pour coup, avant que l'Américaine ne s'impose de 28 centièmes. L'Américaine Hayley Peirsol complète le podium tandis que Sophie Hubert prend une belle cinquième place, record personnel à la clé (8'28"23).

"Je savais que j'allais souffrir, avouait l'ancienne pensionnaire de Melun. Ziegler est une très bonne nageuse. Philippe m'avait dit que cela se déroulerait de cette manière. Je suis totalement satisfaite par cette médaille d'argent, même si l'or s'est joué à la touche." "Laure a livré une très belle course, répondait Philippe Lucas, conscient que sa protégée a livré son maximum, en atteste son nouveau record d'Europe (8'18"80). Il n'y a rien à dire, c'était du très haut niveau, mais Ziegler était trop forte. La tactique a été appliquée à la lettre."

Sans regret, Manaudou termine donc ses Mondiaux avec une médaille d'argent qui vient compléter une collection de quatre médailles (deux en or sur le 400 et 200 mètres nage libre, argent sur le 100 mètres dos et bronze avec le relais 4x200m nage libre). Ajoutez à ces récompenses, un record du monde (200m nage libre), deux records d'Europe (100m dos, 800m nage libre) et huit références nationales, et la Française est bien la reine de Melbourne.

Phelps dans le sillage de Spitz

Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver son roi. Si Luca Marin est Monsieur Manaudou à la ville, l'Italien doit s'incliner devant Michael Phelps, l'empereur de la natation. L'Américain a conquis, samedi, un sixième titre en six courses, remportant le 100 mètres papillon devant son compatriote Ian Crocker et le Vénézuélien Albert Subirats Altes. Il ne reste à l'étudiant du Michigan que deux courses, les relais 400 mètres 4 nages et 4x100 mètres 4 nages avec les Etats-Unis, pour réaliser le sans-faute et rejoindre Mark Spitz, le prince des Jeux Olympiques de Munich (*), dans la légende de la natation.

L'autre doublé américain de cette septième journée a été réalisé lors de la finale du 50 mètres nage libre. Benjamin Wildman-Tobriner et Cullen Jones ont pris, dans cet ordre, les médailles d'or et d'argent sur la distance devant le Suédois Stefen Nystrand. Enfin, Margaret Hoelzer a complété cette nouvelle razzia de la nation à la bannière étoilée en s'imposant dans le 200 mètres dos. Une course que la copine d'entraînement de Laure Manaudou, Esther Baron, a terminé à la quatrième place.

(*) L'Américain a remporté sept médailles d'or lors des JO 1972 de Munich (200m papillon, relais 4x100m nage libre, 200m nage libre, 100m papillon, 4x200m nage libre, 100m nage libre et relais 4x100m 4 nages).
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