Antisémitisme et négationnisme sont-ils solubles dans le soutien à la cause
[En Grande-Bretagne, le mouvement pour la solidarité avec la Palestine a
rejeté deux motions contre l'antisémitisme et le négationnisme. Nos amis
d'Engage, tout en défendant la cause d'un Etat palestinien viable à côté de
l'Etat d'Israël, ne fraient pas avec n'importe qui. Nous non plus
d'ailleurs, même si le paysage français n'est pas celui du Royaume-Uni, un
peu effrayant à certains égards. Restons fermes et vigilants sur les
valeurs, en république comme en monarchie parlementaire. Et si cet article
nous vaut un certain nombre de désabonnements furieux (sur les 4.725 à ce
jour), nous ne les regretterons pas.]
Engage, 12 mars 2007
http://www.engageonline.org.uk
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Tony Greenstein est antisioniste. Il pense que le sionisme équivaut au
nazisme, que les sionistes ont aidé les nazis à perpétrer la Shoah, et
qu'Israël est par essence un Etat raciste.
Sue Blackwell est antisioniste. Elle s'est fait connaître en militant pour
l'exclusion des universitaires israéliens des campus, des conférences et des
revues scientifiques dans le monde. Elle pense qu'Israël est un Etat
"illégitime".
Roland Rance est antisioniste. Il milite pour "le démantèlement de la
structure sioniste de l'Etat d'Israël".
Pendant des dizaines d'années, tous les trois ont diabolisé Israël, avec
passion et constance. Ils se sont battus très dur pour tous les principes
antisionistes, sans répit. Israël est un Etat d'apartheid, disent-ils, les
syndicats ne sont pas de vraies organisations de travailleurs, disent-ils,
les universités sont des instruments d'oppression, disent-ils, ses civils ne
sont pas vraiment des civils, ses antiracistes sont en réalité des racistes,
déclarent-ils.
Mais aujourd'hui, la Campagne pour la Solidarité avec la Palestine (CSP) au
Royaume-Uni les rejette, parce qu'ils ont osé s'élever contre
l'antisémitisme ouvertement prôné au sein du mouvement.
Le week-end dernier, ils sont venus à la conférence de la CSP porteurs de
deux motions qui demandaient l'exclusion de ceux qui poussent au
négationnisme et prônent ouvertement l'antisémitisme. Leurs motions ont été
repoussées à la quasi unanimité.
L'antisionisme britannique se bat pour un monde qui singularise et diabolise
Israël, comme s'il était le seul mal du monde. Il évolue dans un monde où la
plupart des antisionistes, des staliniens au jihadistes en passant par les
néo-nazis et les nationalistes arabes, sont ouvertement antisémites. Il est
évident qu'une telle diabolisation, constante et qui s'étend partout, a le
potentiel de mener à la montée d'un antisémitisme à ciel ouvert. Et
aujourd'hui, nous le voyons en train de se produire au sein du mouvement de
solidarité avec la Palestine.
Greenstein et Rance ont été attaqués, et ils ont pensé réagir en mettant de
leur côté la conférence antiraciste de la CSP. Ils se sont trompés. La
conférence s'est prononcée contre. Sue Blackwell, semble-t-il, est
aujourd'hui isolée et fait partie des rares antisionistes antiracistes qui
restent à la CSP. Elle est l'une des seules à s'élever pour défendre ses
camarades juifs.
Greenstein, Rance et Blackwell paraissent ne pas comprendre comment leurs
obsessions anti-israéliennes ont conduit à une situation où eux-mêmes ont
été marginalisés au sein de leur CSP par une bande d'antisémites. Ce
week-end, ce que nous avions prévu s'est réalisé, plus tôt que nous le
pensions.
Avant le vote, Roland Rance en avait appelé aux antiracistes de la CSP pour
venir à la conférence et voter : un appel à quiconque est membre de la CSP,
ou désireux d'en faire partie, d'être présent à la conférence. Il y avait
deux motions (l'une émanant de nous et de Les Levidow, l'autre de Tony
Greenstein et Sue Blackwell, qui s'opposaient à l'infiltration des
antisémites et des négationnistes au sein du mouvement. Les opposants sont
devenus enragés, et ont posté sur Internet des textes de plus en plus
hostiles. Il était important que ces motions soient adoptées, et que la
motion truquée du bureau exécutif soit repoussée, car autrement, les
"ordures" qui se sont introduites chez nous et utilisent une soi-disant
solidarité avec la lutte des Palestiniens à leurs propres fins, auraient
gagné. Nous demandions d'avaler toutes réserves sur la tactique sur la
formulation. Ce qui était en jeu, c'était le principe, et il fallait rallier
le plus de partisans possible.
Mais ce sont le "ordures" qui ont gagné.
Pour lire la suite, commentaires et textes des motions (en anglais), cliquer
sur le lien en haut de l'article.
rejeté deux motions contre l'antisémitisme et le négationnisme. Nos amis
d'Engage, tout en défendant la cause d'un Etat palestinien viable à côté de
l'Etat d'Israël, ne fraient pas avec n'importe qui. Nous non plus
d'ailleurs, même si le paysage français n'est pas celui du Royaume-Uni, un
peu effrayant à certains égards. Restons fermes et vigilants sur les
valeurs, en république comme en monarchie parlementaire. Et si cet article
nous vaut un certain nombre de désabonnements furieux (sur les 4.725 à ce
jour), nous ne les regretterons pas.]
Engage, 12 mars 2007
http://www.engageonline.org.uk
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Tony Greenstein est antisioniste. Il pense que le sionisme équivaut au
nazisme, que les sionistes ont aidé les nazis à perpétrer la Shoah, et
qu'Israël est par essence un Etat raciste.
Sue Blackwell est antisioniste. Elle s'est fait connaître en militant pour
l'exclusion des universitaires israéliens des campus, des conférences et des
revues scientifiques dans le monde. Elle pense qu'Israël est un Etat
"illégitime".
Roland Rance est antisioniste. Il milite pour "le démantèlement de la
structure sioniste de l'Etat d'Israël".
Pendant des dizaines d'années, tous les trois ont diabolisé Israël, avec
passion et constance. Ils se sont battus très dur pour tous les principes
antisionistes, sans répit. Israël est un Etat d'apartheid, disent-ils, les
syndicats ne sont pas de vraies organisations de travailleurs, disent-ils,
les universités sont des instruments d'oppression, disent-ils, ses civils ne
sont pas vraiment des civils, ses antiracistes sont en réalité des racistes,
déclarent-ils.
Mais aujourd'hui, la Campagne pour la Solidarité avec la Palestine (CSP) au
Royaume-Uni les rejette, parce qu'ils ont osé s'élever contre
l'antisémitisme ouvertement prôné au sein du mouvement.
Le week-end dernier, ils sont venus à la conférence de la CSP porteurs de
deux motions qui demandaient l'exclusion de ceux qui poussent au
négationnisme et prônent ouvertement l'antisémitisme. Leurs motions ont été
repoussées à la quasi unanimité.
L'antisionisme britannique se bat pour un monde qui singularise et diabolise
Israël, comme s'il était le seul mal du monde. Il évolue dans un monde où la
plupart des antisionistes, des staliniens au jihadistes en passant par les
néo-nazis et les nationalistes arabes, sont ouvertement antisémites. Il est
évident qu'une telle diabolisation, constante et qui s'étend partout, a le
potentiel de mener à la montée d'un antisémitisme à ciel ouvert. Et
aujourd'hui, nous le voyons en train de se produire au sein du mouvement de
solidarité avec la Palestine.
Greenstein et Rance ont été attaqués, et ils ont pensé réagir en mettant de
leur côté la conférence antiraciste de la CSP. Ils se sont trompés. La
conférence s'est prononcée contre. Sue Blackwell, semble-t-il, est
aujourd'hui isolée et fait partie des rares antisionistes antiracistes qui
restent à la CSP. Elle est l'une des seules à s'élever pour défendre ses
camarades juifs.
Greenstein, Rance et Blackwell paraissent ne pas comprendre comment leurs
obsessions anti-israéliennes ont conduit à une situation où eux-mêmes ont
été marginalisés au sein de leur CSP par une bande d'antisémites. Ce
week-end, ce que nous avions prévu s'est réalisé, plus tôt que nous le
pensions.
Avant le vote, Roland Rance en avait appelé aux antiracistes de la CSP pour
venir à la conférence et voter : un appel à quiconque est membre de la CSP,
ou désireux d'en faire partie, d'être présent à la conférence. Il y avait
deux motions (l'une émanant de nous et de Les Levidow, l'autre de Tony
Greenstein et Sue Blackwell, qui s'opposaient à l'infiltration des
antisémites et des négationnistes au sein du mouvement. Les opposants sont
devenus enragés, et ont posté sur Internet des textes de plus en plus
hostiles. Il était important que ces motions soient adoptées, et que la
motion truquée du bureau exécutif soit repoussée, car autrement, les
"ordures" qui se sont introduites chez nous et utilisent une soi-disant
solidarité avec la lutte des Palestiniens à leurs propres fins, auraient
gagné. Nous demandions d'avaler toutes réserves sur la tactique sur la
formulation. Ce qui était en jeu, c'était le principe, et il fallait rallier
le plus de partisans possible.
Mais ce sont le "ordures" qui ont gagné.
Pour lire la suite, commentaires et textes des motions (en anglais), cliquer
sur le lien en haut de l'article.
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