Ne comparez pas les Arabes aux colons
[dans le débat public israélien sur les territoires, l'un des arguments
habituels de la droite colonisatrice est que les Arabes construisent eux
aussi de façon illégale (comme les colons). Dror Etkes démonte cet argument
fallacieux]
Yediot Aharonot, 23 février 2007
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3368653,00.html
Ne comparez pas les Arabes aux colons
Dror Etkes *
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Le débat sur l'avenir des colonies illégales suscite souvent une question
qui combine idiotie et mauvaise foi : et les constructions illégales des
Arabes? Au mieux, ce sont des intervenants de forums, déboussolés et
hystériques. Au pire, il s'agit d'une odieuse campagne qui caractérise
l'incitation systématique à la haine menée par certains journalistes et
politiciens de droite contre tout le public arabe. Les faits, bien entendu
sont totalement différents.
Depuis des dizaines d'années, Israël utilise ses propres autorités, chargées
de la planification ou des permis de construire, pour limiter la capacité
des Palestiniens, où qu'ils se trouvent, à établir et développer eux-mêmes
leurs lieux de résidence. L'objectif était et demeure le même : réduire le
nombre d'Arabes vivant dans les territoires contrôlés par Israël.
A cette fin, plusieurs moyens sont employés : désignation extrêmement
inégale de "terres d'Etat", expropriations et "prises de contrôle de terres
pour raisons de sécurité" (cette dernière technique n'étant utilisée qu'en
Cisjordanie) quand il 'agit de terres appartenant à des personnes physiques
palestiniennes, et remise de ces terres, dans la plupart des cas, à des
juifs. Enfin, absence d'avancement des plans-maîtres concernant des
communautés arabes, empêchant ainsi celles-ci de construire légalement.
Pour clarifier l'extrême asymétrie qui est à la base de la comparaison
idiote entre constructions illégales par les colons et constructions
illégales par la population palestinienne de Jérusalem et de Cisjordanie, il
faut souligner certains points.
La construction dans les colonies, légales et illégales, comme l'a noté le
rapport Sasson, a été pour la plus grande part effectuée par les autorités
gouvernementales ou, malheureusement, avec leurs encouragements et leur
financement. Cette intervention du gouvernement dans les violations
effectuées par l'Etat d'Israël touche à des questions fondamentales
concernant la nature du régime israélien. En revanche, les constructions
illégales palestiniennes ont été dans tous les cas effectuées par des
individus privés.
La plus grande partie des constructions illégales des Palestiniens sont
entreprises sur des terres qui leur appartiennent. En revanche, les
constructions dans les colonies sont effectuées sur des terres "appartenant
à l'Etat" ou sur dans des zones dont la propriété n'a pas été clarifiée et
dont l'Etat, avec l'aide des colons, s'est rapidement approprié la
propriété. Et le plus scandaleux : certaines de ces constructions ont été
effectuées sur des terres privées palestiniennes (1) !
L'objectif de la construction dans les colonies est de s'emparer du maximum
de terres pour empêcher les Palestiniens (qui ne représentent "que" 90% de
la population de Cisjordanie) de les utiliser à leur profit. En revanche, la
construction palestinienne est, dans la plupart des cas, destinée à fournir
un abri à des familles qui n'ont aucun autre choix de résidence.
Contrairement à ce qu'affirment les porte-parole de la droite, l'application
de la loi à l'égard des constructions palestiniennes définies comme
illégales est beaucoup plus fréquente qu'ils ne le disent. Ce qui n'empêche
pas lesdits porte-parole de la droite de compter (et ils ont raison de leur
point de vue) sur les médias israéliens, qui en général ne rapportent que
très peu ces faits.
Mais le point essentiel, qui réduit complètement toute tentative de
comparaison entre les deux phénomènes, est bien entendu le fait que la
population palestinienne de Cisjordanie et de Jérusalem Est n'a pas le droit
de vote. Ce qui revient, en pratique, à ce qu'ils n'ont aucune possibilité
de prendre part aux décisions politiques concernant la planification et la
construction dans des zones où ils habitent depuis des générations.
Les plaintes des colons et de leurs partisans, qui prétendent que les
Palestiniens construisent là où ils le souhaitent, alors que les colons
seraient soi-disant persécutés par les autorités, seraient beaucoup plus
crédibles s'ils insistaient pour que les droits qui leur sont accordés le
soient également à leurs voisins arabes. En attendant que cela se produise,
qu'ils nous épargnent leur hypocrisie et qu'ils appellent le système
qu'Israël a créé dans les territoires occupés par son nom explicite :
apartheid.
(1) Voir "Les terres volées aux Palestiniens : Rapport de Shalom Arshav sur
la construction des colonies sur des terres privées palestiniennes"
http://www.lapaixmaintenant.org/article1451
* Dror Etkes est le responsable de l¹Observatoire de la colonisation de
Shalom Arshav (La Paix Maintenant).
habituels de la droite colonisatrice est que les Arabes construisent eux
aussi de façon illégale (comme les colons). Dror Etkes démonte cet argument
fallacieux]
Yediot Aharonot, 23 février 2007
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3368653,00.html
Ne comparez pas les Arabes aux colons
Dror Etkes *
Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant
Le débat sur l'avenir des colonies illégales suscite souvent une question
qui combine idiotie et mauvaise foi : et les constructions illégales des
Arabes? Au mieux, ce sont des intervenants de forums, déboussolés et
hystériques. Au pire, il s'agit d'une odieuse campagne qui caractérise
l'incitation systématique à la haine menée par certains journalistes et
politiciens de droite contre tout le public arabe. Les faits, bien entendu
sont totalement différents.
Depuis des dizaines d'années, Israël utilise ses propres autorités, chargées
de la planification ou des permis de construire, pour limiter la capacité
des Palestiniens, où qu'ils se trouvent, à établir et développer eux-mêmes
leurs lieux de résidence. L'objectif était et demeure le même : réduire le
nombre d'Arabes vivant dans les territoires contrôlés par Israël.
A cette fin, plusieurs moyens sont employés : désignation extrêmement
inégale de "terres d'Etat", expropriations et "prises de contrôle de terres
pour raisons de sécurité" (cette dernière technique n'étant utilisée qu'en
Cisjordanie) quand il 'agit de terres appartenant à des personnes physiques
palestiniennes, et remise de ces terres, dans la plupart des cas, à des
juifs. Enfin, absence d'avancement des plans-maîtres concernant des
communautés arabes, empêchant ainsi celles-ci de construire légalement.
Pour clarifier l'extrême asymétrie qui est à la base de la comparaison
idiote entre constructions illégales par les colons et constructions
illégales par la population palestinienne de Jérusalem et de Cisjordanie, il
faut souligner certains points.
La construction dans les colonies, légales et illégales, comme l'a noté le
rapport Sasson, a été pour la plus grande part effectuée par les autorités
gouvernementales ou, malheureusement, avec leurs encouragements et leur
financement. Cette intervention du gouvernement dans les violations
effectuées par l'Etat d'Israël touche à des questions fondamentales
concernant la nature du régime israélien. En revanche, les constructions
illégales palestiniennes ont été dans tous les cas effectuées par des
individus privés.
La plus grande partie des constructions illégales des Palestiniens sont
entreprises sur des terres qui leur appartiennent. En revanche, les
constructions dans les colonies sont effectuées sur des terres "appartenant
à l'Etat" ou sur dans des zones dont la propriété n'a pas été clarifiée et
dont l'Etat, avec l'aide des colons, s'est rapidement approprié la
propriété. Et le plus scandaleux : certaines de ces constructions ont été
effectuées sur des terres privées palestiniennes (1) !
L'objectif de la construction dans les colonies est de s'emparer du maximum
de terres pour empêcher les Palestiniens (qui ne représentent "que" 90% de
la population de Cisjordanie) de les utiliser à leur profit. En revanche, la
construction palestinienne est, dans la plupart des cas, destinée à fournir
un abri à des familles qui n'ont aucun autre choix de résidence.
Contrairement à ce qu'affirment les porte-parole de la droite, l'application
de la loi à l'égard des constructions palestiniennes définies comme
illégales est beaucoup plus fréquente qu'ils ne le disent. Ce qui n'empêche
pas lesdits porte-parole de la droite de compter (et ils ont raison de leur
point de vue) sur les médias israéliens, qui en général ne rapportent que
très peu ces faits.
Mais le point essentiel, qui réduit complètement toute tentative de
comparaison entre les deux phénomènes, est bien entendu le fait que la
population palestinienne de Cisjordanie et de Jérusalem Est n'a pas le droit
de vote. Ce qui revient, en pratique, à ce qu'ils n'ont aucune possibilité
de prendre part aux décisions politiques concernant la planification et la
construction dans des zones où ils habitent depuis des générations.
Les plaintes des colons et de leurs partisans, qui prétendent que les
Palestiniens construisent là où ils le souhaitent, alors que les colons
seraient soi-disant persécutés par les autorités, seraient beaucoup plus
crédibles s'ils insistaient pour que les droits qui leur sont accordés le
soient également à leurs voisins arabes. En attendant que cela se produise,
qu'ils nous épargnent leur hypocrisie et qu'ils appellent le système
qu'Israël a créé dans les territoires occupés par son nom explicite :
apartheid.
(1) Voir "Les terres volées aux Palestiniens : Rapport de Shalom Arshav sur
la construction des colonies sur des terres privées palestiniennes"
http://www.lapaixmaintenant.org/article1451
* Dror Etkes est le responsable de l¹Observatoire de la colonisation de
Shalom Arshav (La Paix Maintenant).
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